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Pectus est quod disertos facit

Dimanche 02 Mars 2008

ThéâtrOpérage « Luisa Miller » à l’Opéra Bastille

Classé dans: ThéâtrOpérage — Tags: , @ 22:54:32

Ah ça faisait longtemps que je n’étais pas allé voir (et écouter) un opéra, et surtout un Verdi. Il ne s’agissait pas d’un Verdi hyper connu (de moi) : « Luisa Miller ». L’histoire est la plus mièvre qui soit, et pour nous mettre encore plus dans l’ambiance romanesque le décor est un remake de Heidi dans les montagnes… Ah ça se passe dans le Tyrol, et on en a une vision bien caricaturale et presque drôle. Comme l’a justement fait remarquer Oli on se croirait dans une boule à neige en plexiglas, et vous comprenez pourquoi en regardant l’illustration d’Akynou : la scène a pour fond un gigantesque paysage peint, mais le tout est découpé en demi-disque. Les costumes sont tout aussi classiques, et on ne peut pas dire que l’opéra soit décoiffant dans sa mise en scène. Donc du classique de chez classique qui confinerait presque (?) au kitsch.

Et puis cette histoire !!! Luisa est amoureuse de Rodolfo, ce dernier a menti sur son identité, il est le fils du seigneur du coin. Le méchant Wurm est aussi amoureux de Luisa, et Rodolfo est promis à Federica, une cousine, qui le kiffe grave. Wurm prévient le père de Rodolfo, et ils montent un odieux stratagème. Ils font enfermer le père de Luisa, et cette dernière adooooorent son papounet (un mec super moderne qui veut que sa fille soit heureuse en amour), et font du chantage à notre héroïne. Son père sera libéré si elle écrit une lettre pour expliquer qu’elle a toujours kiffé Wurm, et qu’elle n’était intéressé que par la thune de l’autre cheuri de Rofolfo. Cela met ce dernier dans une colère noire quand il l’apprend…

Bon c’est raconté grosso modo évidemment, mais vous voyez à quel point les passions se déchaînent, et dans les relations père-fille, les amants éconduits, les amoureux transis, la jeune et belle fille de soldat retraité, la duchesse amoureuse etc. Et pour expliquer tout cela, ça chante et ça tchatche, et ça se plaint, se lamente, complote, pleure et s’extasie ! Mais bizarrement cette débauche de sentiments ne se matérialisent pas par des airs marquants, en tout cas rien qui ne m’ait bien convaincu. Dans l’ensemble, j’ai plutôt aimé l’opéra, j’ai passé un bon moment. J’ai trouvé que les musiciens étaient ok, et les chanteurs et chanteuses à la hauteur, mais tout cela manquait de peps et de « tension ».

C’est vrai que cela en plus d’un décor en couvercle de boite à bretzels, ça n’a pas contribué à rendre le spectacle plus saisissant. Donc c’était bien, mais sans plus. Pourtant je dois tout de même ajouter que j’ai été très sensible au père. Le personnage, comme Kozlika aussi le souligne, est éminemment sympathique et presque étonnant de modernité, et j’ai trouvé que son interprète, Paolo Gavanelli, était vraiment au-dessus du lot.

« Luisa Miller » à l’Opéra Bastille

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