On croit être parvenu à un sommet de l’art, et Pixar à chaque fois, quasiment, arrive pousser le bouchon un petit peu plus loin. Même si j’ai une petite préférence pour WALL-E, je dois avouer que j’ai été subjugué par la qualité de « Là-Haut ». Son inventivité, sa tendresse, sa drôlerie, mais aussi sa capacité à nous surprendre, à nous emmener là où on ne pensait pas aller, et même à évoquer des sujets graves, tellement loin des dadas de Disney…
Carl est un vieux monsieur seul, veuf depuis que sa femme a été emportée par la maladie, et foncièrement misanthrope. Le début du film évoque en astucieuses et habiles ellipses, la manière dont ils se sont rencontrés, et leur rêve inachevé : aller installer leur maison à « Paradise Falls » en Amérique du Sud. Alors que la situation en ville s’envenime sérieusement, le vieux bonhomme équipe sa maison de centaines de milliers de ballons d’hélium et fonce dans son curieux aéronef vers le sud. Seulement, il a aussi emporté avec lui par erreur un jeune scout, Russell, qui veut gagner son badge d’aide aux personnes âgées. Ces deux là vont devoir communiquer et se découvrir, et surtout affronter bien des épreuves pour atteindre leurs rêves.
Un peu comme dans WALL-E, le film est en deux parties assez distinctes, et force l’admiration dans sa capacité à mêler des propos très « adultes » avec des moments cocasses et purement jubilatoires. Pour cela on trouve encore une galerie de personnages principaux et secondaires très drôles et hauts en couleur. Et aussi incroyablement que cela paraisse, les auteurs ont réussi à faire passer une mort horrible (mais bon le début de Bambi après tout est aussi un bon exemple), et un acariâtre en plus d’un scout obèse dans le scénario. Je ne vous dis pas tout des autres personnages car ils sont une trop belle découverte pour la déflorer ainsi.
En tout cas, ce mélange passe très bien et donne un véritable film, en plus d’un divertissement puéril. La technologie est juste parfaite, avec ce style dans les personnages qui est à peu près celui des « Incredibles », et une 3D (je parle du rendu, par du relief) dont la beauté et le réalisme dépassent l’entendement. La réalisation me paraît aussi de plus en plus soignée et importante pour ce genre d’oeuvre. En revanche, je ne suis pas fan de la 3D avec les lunettes, ça me fait mal aux yeux, ça n’apporte rien, ça assombrit l’écran. Et puis, on est au cinéma donc l’effet d’immersion me paraît évident, et superflu d’en ajouter plus. J’avais eu un avis identique pour Bolt, que j’avais aussi vu en 3D avec des lunettes.
Enfin, Pixar dépasse largement à présent le cadre du Tex Avery qui est encore le fait de leurs concurrents. En cela, ils viennent avec leurs derniers films de largement donner leurs lettres de noblesse au film d’animation pour gamins.















