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  • Boukinage
A mon coeur défendant (Thibaut de St Pol)

Publié le Vendredi 28 Mai 2010 - 1:01
Catégorie: Boukinage

J’avais lu le second roman de Thibaut de St Pol, Pavillon noir, et je n’avais pas été emballé malgré quelques qualités. En tout cas, j’étais assez curieux pour lire ce roman-ci. Je ne peux pas dire que j’ai adoré, mais j’ai trouvé que le roman était vraiment mieux ficelé, et bénéficiait surtout d’une histoire très prenante et originale. En revanche, c’est dommage qu’avec une idée de base aussi fantastique, on a l’impression que l’auteur se contente du minimum syndical en terme de prose et d’écriture.

Car cette histoire, je me demande même si Hollywood ne l’achèterait pas pour en faire un film !! Il y a vraiment tout ce qu’on trouve dans un de ces romans amerloques, mais sans le page-turner qui aurait pourtant pu inscrire le roman dans une veine assez efficace. L’histoire est en fait triple, puisque nous suivons en parallèle trois narrateurs. Le personnage principal c’est d’abord Madeleine en 1940 qui fuit l’occupation. Elle est une employée assez insignifiante du Ministère des Affaires Etrangères, à qui l’on confie l’incroyable tâche de protéger et transporter l’original du Traité de Versailles (justement parce qu’elle n’attirera pas l’attention). En effet, Hitler a pour objectif premier en s’emparant de la Capitale de récupérer et détruire ce témoignage de l’humiliation des allemands. Madeleine n’écoute que son courage, et on va suivre son périple dans cette France vaincue et sans dessus dessous.

En alternance avec ces chapitres, nous avons deux autres protagonistes. Heinrich est à la recherche de Madeleine, cet officier allemand de la Wehrmacht doit récupérer le traité, et il traque la jeune fille sans merci. Il s’agit de son journal que nous lisons, et ce même journal a été lu par son petit-fils, Théo, de nos jours, qui est le troisième narrateur. Ce dernier cherche à savoir ce qu’a été la vie de son grand-père, et qui est cette mystérieuse jeune fille que le journal évoque. Il va jusque dans le sud de la France pour le découvrir…

Evidemment, les trois récits se répondent, et cette fascinante course-poursuite dans la France occupée est propice à des scènes d’action très efficaces dans un cadre original. En outre, cela permet aussi une approche assez traditionnelle du thriller ou du roman de suspense, puisque c’est une époque dans moyens de communication ou de transport ultra-modernes. J’ai beaucoup aimé ce mélange de ton et de rythme, entre récit historique, péripéties à la blockbuster de base, et la petite histoire d’amour qui va bien.

En somme, comme je le disais précédemment, lorsque j’ai commencé le bouquin j’ai jubilé sur l’inventivité de l’histoire et de sa mise en place, mais j’ai aussi rapidement déchanté. Et là c’est le côté négatif de mon opinion sur ce livre. En effet, la narration n’est pas toujours à la hauteur de l’histoire, ou du moins de ce que j’en attendais, alors que je voulais des détails, des anecdotes, une action soutenue et haletante, je n’ai eu que des jolis passages très factuels et descriptifs. Il y avait là matière à en délayer des centaines de pages, avec n personnages et épisodes intermédiaires, mais au lieu de cela c’est un livre très (trop) court et qui laisse sur sa faim. Même le retournement final (le fameux twist de nos séries made in USA) est décevant car il arrive trop vite, alors qu’on s’attache à peine à Madeleine, et son amour de la France qui lui fait tenir le coup pour sa mission périlleuse.

Mais bon, je ne boude pas mon plaisir, et je reconnais avoir passé quelques bonnes pages, et avoir cru que ce roman récolterait tous les suffrages. Ce n’est pas encore ça, mais au moins je suis intimement persuadé qu’il y a de quoi faire un film génial à partir de ce scenario, certes plutôt convenu mais qui possède un ton vraiment original et sympathique.

A mon coeur défendant (Thibaut de St Pol)

  • Boukinage
Pavillon noir

Publié le Jeudi 13 Septembre 2007 - 16:06
Catégorie: Boukinage

Une certaine dose de déception pour ce bouquin, qui n’est pourtant pas dénué de qualités, mais qui ne m’a au final pas accroché. J’ai cru que ça allait décoller, et que j’allais vraiment me mettre dans le roman, et que ça me parlerait vu le sujet, mais non.

Thibaut de Saint Pol est un jeune auteur qui publie là son second roman, déjà chroniqué par Ron d’ailleurs. Je n’avais pas lu le premier, et celui-ci m’a été envoyé par l’éditeur (PLON). Mon principal énorme problème à la lecture de « Pavillon noir » est lié au style de l’écrivain. Le truc c’est que j’ai trouvé qu’il manquait justement de relief, de souffle, de langue, de charme… Le texte est assez plat selon moi d’un point de vue littéraire. Or, en général, un style modeste est compensé par une histoire qui décanille et dépote, alors que là ce n’est pas le cas. Je pense que j’aurais plus apprécié le livre s’il avait été un peu plus fleuri en style, ou intrigant dans son récit.

Car le roman a quelque chose d’aride et de simple, qui aurait pu me plaire, s’il ne voguait pas dans des eaux troubles entre « piraterie informatique » et « hôpital psychiatrique ». En effet, le défi lorsqu’on parle informatique dans un roman, c’est d’être assez précis pour être crédible, mais pas trop pour ne pas être chiant. Mais là typiquement, je pense que les gens un peu versés en informatique doivent trouver son scénario peu réaliste (et bourré de clichés, mais ça ne me dérange pas), tandis que les néophytes ne sont pas forcément passionnés par une vulgarisation de tels concepts. Et au final, l’aspect psy est touché de la même manière, avec les mêmes maladresses (que Ron met beaucoup mieux en exergue évidemment).

Cyril est un pirate informatique de talent qui s’est complètement perdu dans la toile de l’internet, et qui en a quelque peu perdu la boule. Il évolue donc dans un univers clos où son contact avec autrui est réduit au strict minimum, il ne communique que via son ordinateur et dans des mondes virtuels. Il s’est lancé dans un projet d’envergure, et ne va pas tarder à le mettre en route. Sans tout révéler, disons qu’on se retrouve ensuite dans un hôpital psychiatrique, et que le point de vue de Cyril est complété par celui de la directrice de l’institut.

Je me dis que ce bouquin va peut-être plaire à des gens qui voient d’un oeil si noir l’univers du web ou des « geeks », en pensant que ce sont tous des otakus en puissance aux dangereuses tendances schizophréniques. Et après tout, je ne critique pas ce choix pour le bouquin. Mais certains passages peu crédibles m’ont trop décontenancé.

Malgré une chute qui est une des grandes qualités du livre, lorsque je l’ai refermé, je me suis dit qu’il ne s’était pas passé grand-chose. Et c’est dommage car on sent le potentiel de l’histoire, et de la forme du récit (avec cet intéressant regard en diptyque). Et les deux personnages sont au final assez attachants, même s’ils se dessinent peu à peu en « inversant » leurs penchants. Mais les métaphores sur la piraterie et les thématiques psy ne m’ont vraiment pas convaincu.

Pavillon noir - Thibaut de Saint Pol

  • Boukinage
Vous descendez ?

Publié le Vendredi 19 Août 2005 - 2:31
Catégorie: Boukinage

J’ai lu la quasi-totalité des ouvrages de Nick Hornby et celui-ci m’a bien plu, même si je ne l’ai pas trouvé aussi truculent et percutant que les autres. Pourtant l’histoire est excellente et l’idée de base originale. L’auteur crée aussi, comme à son habitude, des personnages aussi attachants qu’inadaptés sociaux ! Mais j’ai lu le bouquin avec un plaisir plutôt neutre, et il manquait pour moi d’aspérités à la narration pour vraiment retenir mon attention et éveiller un peu mes méninges.

Nous sommes la veille du jour de l’an, quatre personnes se retrouvent sur le toit d’un immeuble opportunément nommé « la Tour du Saut » afin de se suicider. Ce sont quatre personnalités complètement distinctes mais qui sont unies dans ce même désespoir qui pousse à la fin. Mais rapidement, plutôt poussé par la faim, ils échangent quelques phrases et mangent les pizzas qu’un d’eux avait apporté (il est livreur de pizzas), avant de décider de redescendre ensemble pour mieux échanger leurs expériences. Mais ils ne font que différer leur suicide, toujours convaincus du bien-fondé de cette ultime solution, et veulent se retrouver dans trois mois, le soir de la saint Valentin.

Martin est un présentateur télé quinquagénaire qui a tout perdu, famille, réputation, job, parce qu’il a couché avec une fille de 15 ans. Maureen est une femme mûre dont l’enfant, handicapé physique et mental, ne lui permet pas d’avoir d’autre vie que celle vouée à s’occuper de lui. Jess est une jeune fille perturbée et hystérique, une chieuse de première, stupide et vulgaire, qui vient se faire larguer par son mec. JJ est un jeune américain, ne vivant que pour la musique, qui livre des pizzas, car son groupe de rock et sa petite amie l’ont laissé tomber. Et voilà ces quatre olibrius qui sont des personnes totalement différentes et qui par la force du destin, et cette envie commune de « sauter », sont amenées à se parler et se fréquenter.

Le livre est une succession de chapitre dont le narrateur change, et le lecteur suit ainsi l’histoire racontée par les quatre points de vue successifs. Les quatre énergumènes et leur rencontre sont l’occasion de dialogues et de saynètes vraiment drôles et enlevés. Martin joue les vieux cons salauds, Jess est une pétasse insupportable et gâtée pourrie, Maureen une anglaise typique coincée, et enfin JJ un jeune américain désespéré de la vie qui se profile devant lui.

Nick Hornby écrit plutôt bien et encore une fois construit une oeuvre qu’on imagine aisément adaptée à l’écran, mais à laquelle j’ai trouvé qu’il manquait un brin de piment. C’est dommage car le début du livre laissait présager une histoire bien anglaise et tragicomique. Au final, j’ai trouvé le roman sympa et divertissant, mais donc manquant un peu de relief.

Vous descendez ? - Nick Hornby