Sur les traces de Mélanie Daniels

Je suis un immense fan des « Oiseaux » d’Hitchcock depuis tout gamin, et j’ai absolument adhéré à l’idée de mon chérichou d’aller à Bodega Bay. Car si j’aime particulièrement certains films d’Alfred Hitchcock, A. en est féru jusqu’à les connaître tous par coeur. Aller jusque Bodega Bay comme Mélanie Daniels, par la route qui longe la côte, était vraiment marrant. On avait tous les deux en souvenirs toutes les images du film…

Que ce soit du tout début à Union Square dans le film :

Birds - Union Square (San Francisco)

Ou en réalité !

Vue de Union Square - San Francisco

Cette route qui serpente le long de l’océan et qui fait découvrir cette baie fantastique, plus bretonne que jamais, a encore été une impressionnante copie-carbone d’un des mythiques passages du film.

Mélanie Daniels arrive à Bodega Bay, et comme nous elle va dans le bourg et se renseigne sur le chemin pour aller à la maison de Mitch, de l’autre côté de la baie.

Birds - Melanie Daniels

Dans le film, on voit bien la baie avec la maison des Brenner de l’autre côté.

Birds - Bodega Bay

En réalité, nous avons aussi vu de l’autre côté, et même le ponton où elle prend son hors-bord.

Vue de Bodega Bay

Et les oiseaux qui sont bel et bien présents !

Oiseaux à Bodega Bay


Pélican de Bodega Bay

On retourne au film :

Birds - Melanie Daniels

Birds - Bodega Bay

Mélanie rencontre Annie Hayworth, l’institutrice de l’école de Bodega Bay. J’adore ce personnage, et j’ai toujours trouvé que ce duo de femmes était extraordinaire.

Birds - Melanie Daniels et Annie Hayworth

Il y a la scène certainement la plus connue et culte avec les corbeaux sur la cage à poules qui attaquent les enfants de l’école. On la voit bien cette école…

Birds - Bodega Bay School

Birds - Bodega Bay School

Eh bien, voilà l’élément le plus authentique du film, puisque « Birds » est avant tout composé de décors peints totalement hollywoodiens, mais l’école est bien réelle (et a bien servi d’école). Je ne vous dis pas l’émotion que nous avons ressenti en arrivant devant ça :

Bodega Bay School

On est resté vingt minutes à regarder ça, et le décor environnant avec cette atmosphère incroyablement bretonne (le vent, les embruns, les paysages, la végétation), et c’était génial ! J’imagine que ça ne touche pas grand-monde en réalité, mais c’était vraiment pénétrer dans un vieux film et reconnaître les lieux sans y avoir jamais mis les pieds avant. Rhaaaaaaaaaaaaaa !!!! :mrgreen:

Les rues de San Francisco

Rha là là, je suis rentré depuis 15 jours et j’ai complètement perdu le fil du blog. Pfff, le taf, la flemme et hop, c’est la Bérézina (« nougat et chocolat, j’ai le coeur en verglas » je veux te dire mon lecteur adoré !!). Mais je persiste et je vous collerai mes deux posts que je veux encore faire sur mon voyage estival chez nous en Amérique.

Parce que nous avons fini comme nous avons commencé : San Francisco. Et comme nous voulions vraiment changer d’ambiance, et pas vraiment nous retrouver à l’hôtel, j’ai essayé de réitérer l’expérience « chez l’habitant » comme nous l’avions si heureusement fait pour New York. Eh bien encore une fois, le site AirBnB nous a permis de trouver la perle rare. Ce n’était pas aussi splendide que la chambre de Harlem, mais tout de même pour 69 dollars par nuit, nous avions une chambre séparée du reste de la maison avec une salle de bain privative, et l’accès direct au jardin. Un truc vraiment sympa, et l’hôte était un garçon adorable, serviable et très très sympathique. Outre cela, c’était à un quart d’heure à pinces du Castro pédé, endroit dans lequel je pensais naturellement passer quelques temps. Hé hé hé.

Voilà la maison en question, une vielle baraque que le gars retape, et qui date de 1899.

L'appartement de San Francisco - 26th St et Noe St

Et la chambre en question :

Chambre à San Francisco

Chambre à San Francisco

Elle donne sur un charmant jardinet très calme et ensoleillé :

Jardin de la chambre de SF

Et j’ai adoré la salle de bain toute neuve qu’il venait juste de terminer.

Salle de bain - chambre de SF

Salle de bain - chambre de SF

Donc en terme de logement, nous avons encore eu pas mal de chance en passant par ce genre de plan au rapport qualité/prix vraiment imbattable.

A San Francisco, nous voulions visiter un brin, mais surtout nous reposer et ne pas faire grand-chose. A. voulait faire du repérage des lieux de tournage de « Vertigo » et des « Oiseaux » d’Hitchcock, et moi ça me bottait bien. Nous avons donc parcouru les 49 miles de la « scenic drive » qui permet de visiter SF en voiture, et qui en faisant bien des circonvolutions dans la ville, a eu le mérite de vraiment nous en mettre plein la vue.

Que ce soit les fameuses rues de San Francisco qui montent et qui descendent vertigineusement vers l’océan.

Rue de San Francisco

Ou bien la fameuse Transamerica Pyramid dont le profil est un des symboles de la skyline du coin.

Vue de Transamerica Pyramid - San Francisco

Evidemment dans les symboles incontournables, il fallait en plus avoir la Coit Tower :

Skyline classique de San Francisco - Coit Tower et Transamerica Pyramid

L’île d’Alcatraz et le Golden Gate :

Île d'Alcatraz - San Francisco

Golden Gate - San Francisco

Mais un peu moins connu et vraiment immanquable, j’ai adoré l’architecture romanesque du Palace of Fine Art (soooo Vertigo !).

Palace of Fine Arts - San Francisco

Et le Golden Gate Park est un endroit dans lequel j’aurais aimé passé beaucoup plus de temps. Il est gigantesque, avec un tas de pelouses, bois et bâtiments intéressants.

Golden Gate Park - San Francisco

Enfin c’est certainement de Twin Peaks qu’on a la vue la plus époustouflante sur la ville.

Panorama de San Francisco de Twin Peaks

Panorama de San Francisco - Nuit de Twin Peaks

Et si on zoome…

Panorama de San Francisco (Twin Peaks) - détail

Et si on zoome :

Panorama de San Francisco - Zoom sur Castro St

Nan mais vous avez vu la taille de ce drapeau gay (on se rend compte avec la proportion des autres éléments de la photo) ??? Oui oui c’est Castro St !!

Castro St. - San Francisco

J’ai aussi eu le grand bonheur de rencontrer deux lecteurs de ce blog, Loïc et Arnaud. C’est marrant ça !! Régulièrement quand je pars dans un endroit, j’ai l’opportunité de rencontrer des gens qui me connaissent mais que je ne connais pas. C’est un sentiment très agréable et presque grisant, et il s’agit souvent de personnes qui ne commentent pas les articles. Ces deux français à San Francisco ont des copains depuis plusieurs années, et nous avons passé deux soirées à quatre vraiment chouettes.

On a aussi éclusé les bars de Castro, et c’était assez sympa. D’ailleurs globalement, j’ai beaucoup accroché avec SF. La ville est vraiment super belle, et il y règne une espèce d’atmosphère baba-cool et européenne qui diffère terriblement de l’Amérique profonde que nous avons précédemment traversée. Je me verrais vraiment bien habiter là, même si en terme de climat, Los Angeles est probablement beaucoup plus clément. C’est marrant ce truc des quartiers en tout cas, car ils sont vraiment délimités et officiellement reconnu par la ville. A la manière du quartier de Chinatown avec des écriteaux en chinois et des bannières distinctives, le quartier gay est clairement aussi balisé par des drapeaux gays « municipaux » ce qui est tout bonnement stupéfiant pour moi.

Nous sommes aussi allés dans le nord de San Francisco pour nous rendre à Bodega Bay par la «Highway 1 », la route mythique qui longe l’océan Pacifique. Sur le chemin, nous avons fait un arrêt à Muir Woods National Monument qui est une belle forêt de séquoias. Rien d’extraordinaire sinon ces immenses arbres qui paraissent ne pas avoir de fin. Mais c’était cool, j’ai bien aimé ! Huhu.

Muir Woods National Monument

Bon là les arbres sont un peu tordus mais c’était pour faire un panorama qui me permette de les avoir en entier ! :mrgreen:

Muir Woods National Monument

Les dessous de Palm Springs

Comme l’immense feignasse que je peux parfois être, j’ai arrêté de parler de mon roadtrip américain quand on a arrêté de batifoler dans les canyons. Mais le voyage s’est ensuite poursuivi par un peu plus de farniente et d’un repos bien agréable. D’abord avec cette halte de trois nuits à Palm Springs, puis nous avons terminé notre séjour avec quatre jours à San Francisco.

Palm Springs est une de ces hérésies écologiques typiquement américaine, c’est une ville qui pousse au milieu d’un brûlant désert, et dont la spécialité est de posséder des kyrielles de terrains de golf luxuriant aux dépenses en eau des plus scandaleuses. Il s’agit aussi d’une ville qui accueille nombre de retraités, et enfin d’une ville « gay ». Comme nous ne sommes pas à un segment près, on peut aussi par recoupement estimer que c’est une ville de retraités gays. Et c’est le cas !!!

La ville est entourée de montagnes, et juste au-dessus il y a un mont qui propose aussi du ski l’hiver. Mais là nous avions dans les 40°C à l’ombre la journée, et on supportait largement les brumisateurs…

Palm Springs

Il n’y a rien à faire dans cette ville, sinon profiter d’un soleil de plomb et de « resort » pédé qui offre des villas très plaisantes et aux moeurs tout à fait libérées. Nous avions trois nuits dans ce genre d’endroit avec une majorité de pédés quarantenaires qui nous regardaient comme de jeunes brebis égarées le premier jour, comme des garçons aguerris le second, et comme des salopes françaises le troisième. Hu hu hu. Voilà une petite vue de notre « resort », notre chambre donnait sur la piscine, comme toutes les chambres (il y avait deux piscines, deux jacuzzis et un hammam).

Palm Springs - Dolce Vita Resort

Lorsque nous sommes arrivés et que les responsables nous ont fait faire le tour, nous avons remarqué avec surprise qu’aucun des résidents n’avaient de maillot de bain. Ambiance naturiste donc ! Tout est ouvert toute la nuit et en gros, le message c’était qu’on faisait ce qu’on voulait tant que c’était raisonnable, et donc c’est agréable d’être dans une résidence où l’on peut piquer une tête à trois heures du matin. Nous en avons largement profité en sortant dans des bars ou boites, et en nous baignant (il fait plus de 30°C la nuit) ou en se régalant d’un jacuzzi à pas d’heure.

Evidemment, se balader à poil (quand nous avons vu qu’aucun des types n’avaient de maillot, on s’est dit qu’on aurait l’air bizarre si on en mettait) lorsqu’on en n’a pas vraiment l’habitude est un appel criant à faire du sexe, ce dont nous ne nous sommes pas privés. Nous avons notamment fini par consommer dans la piscine à trois heures du matin (seul et dans la pénombre… ), ce qui a provoqué d’étrange mouvement de rideaux dans la nuit, et a contribué à nourrir le plaisir exhibitionniste que nous expérimentions pour la première fois !!! Huhu.

Palm Springs est une ville de vieux jusque dans les bars et boites, mais on y trouve sur le coup aussi des endroits avec une population plus bigarrée que jamais. Et surtout, c’est assez étrange de se retrouver avec des gens de 85 ans, ou dans un bar comme « Spurline » où nous étions de loin les plus jeunes. La soirée du samedi était blindée de chez blindée et il était difficile de circuler. Le bar diffuse des clips vidéos qui sont des extraits de comédies musicales des années 50, et tout le monde chante à tue-tête des standards d’anciennes générations. C’est tout bonnement incroyable et très chouette ! D’autres bars étaient investis, surtout le samedi soir, par beaucoup plus de jeunes (de notre âge, et moins jeunes évidemment) de Los Angeles, pour qui Palm Springs est une destination classique de week-end.

Nous avons passé quelques jours de repos complet, dans une chaleur écrasante qui n’est supportable que par les brumisateurs anti-écologiques qui couvraient la résidence, et une bonne partie de la ville elle-même (hallucinant). Les climatiseurs y font un bruit de chars d’assaut et sont toujours réglés sur des températures glaciales. L’endroit est plaisant, un peu comme Las Vegas peut l’être (donc tout est relatif…), mais vraiment pour se déconnecter et pour faire fonctionner deux neurones et demi (surtout dans un « resort gay »). Mais c’était sympa de pouvoir faire des câlins en plein air et de ne pas être vu d’un mauvais oeil, ou de risquer la crucifixion.

En fait, on aimerait y retourner en plein hiver, pour profiter de ce climat si clément alors qu’il fait un temps de chiotte à Paris. Mais ce côté hérésie écologique me dérange, et malgré une végétation luxuriante par endroit, il suffit qu’il n’y ait pas d’arrosage sur un mètre-carré pour tout de suite voir quelques herbes rabougris et sèches sur une terre sablonneuse. En revanche, le principe de ces endroits pédés bien sympas (les gens étaient tous souriants, polis et cools) nous a bien plu.

Grand Canyon National Park

Là, nous étions en terrain connu puisque c’était la seconde fois que nous y allions ensemble avec A. Mais cette fois, nous avons prévu deux nuits dans le parc même, et c’était génial de se retrouver dans le lodge à quelques minutes du Grand Canyon. Le Grand Canyon qui est toujours aussi… grand !! Ah je suis toujours autant ému et abasourdi par un truc aussi gigantesque et tellement pas à taille humaine.

Comme nous connaissions bien les vues « classiques » du canyon, nous avons rattrapé quelques lacunes comme les superbes images que l’on peut avoir du début du parc, vers le désert (« Desert view point »), avec un canyon moins profond et qui permet de bien voir le Colorado. Car un peu plus loin, le fleuve a tellement creusé profondément qu’il passe totalement inaperçu au fond de gorges créant un dénivelé d’un kilomètre !!!!!! D’ailleurs, les rangers déconseillent fortement la descente à la rivière et la remontée en une seule journée, il faut pour cela prévoir une nuit de campement dans le Grand Canyon. Voilà une de ces vues avec le Colorado serpentant :

Grand Canyon National Park - Desert View

Mais siiii, si on zoome un peu, on le voit fort bien le Colorado.

Grand Canyon National Park - Desert View (Zoom sur le Colorado)

Evidemment c’est encore au coucher de soleil que les couleurs se révèlent, et que les ombres mettent en exergue le relief très accidenté et l’immensité du lieu.

Grand Canyon National Park - Vue globale au coucher du soleil

Et la journée, c’est encore autre chose, et on a reparcouru une partie du sentier qui borde la faille, et permet d’halluciner encore et encore sur ce truc incroyable, totalement inhumain.

Grand Canyon National Park - Vue globale journée

Nous avons aussi fait une petite randonnée en descendant pendant une heure et demie le sentier qui mène au fond de la faille. C’était plutôt un test pour juger un peu de nos capacités. Finalement, nous étions assez content de notre petite marche, et on aurait adoré concocté un aller-retour au Colorado, mais ce sera pour une prochaine fois.

On y a même rencontré des écureuils espiègles qui me faisaient terriblement penser à Kronk !! (Squicky, squicky, squicky !!)

Un écureuil animé !

J’ai adoré dormir sur place, et là parc national oblige, l’organisation était impeccable. Les chambres étaient non seulement très bien, mais tous les sentiers sont hyper signalés et documentés, le parc propose des magasins et des restaurants (self-service) efficaces et finalement pas très chers.

En revanche, j’ai été choqué et ce n’est pas la première fois que je l’évoque par la présence de personnes âgées pour le service. Et quand je parle de personnes âgées, j’évoque des femmes (je n’ai pas vu d’hommes, A. me dit qu’ils sont morts tout simplement) entre 75 et 85 ans qui travaillaient au self à ramasser les plateaux et nettoyer les tables. On ne voit pas en France des gens de cet âge bosser, et c’est assez choquant car on le voit couramment partout aux USA.

Comme d’habitude, tout n’est pas tout noir, tout n’est pas tout blanc, et en France à cinquante ans, on ne peut même plus trouver le moindre job, tandis qu’aux USA des gens qui ont besoin de travailler peuvent le faire. Néanmoins, ces femmes âgées ne devraient pas avoir à travailler ainsi, surtout celles que l’on voyait grimacer à porter les plateaux, et se pencher à nettoyer en fournissant des efforts terribles à cet âge.

Upper et Lower Antelope Canyon

Nous étions à Page près du Lac Powell après avoir visité « Monument Valley ». J’ai été déçu par le lac Powell, parce que j’imaginais que l’endroit avait vraiment été remodelé par la présence d’eau en plein désert. Et en fait non, il s’agit juste d’une énorme étendue d’eau dans le lit d’un canyon, et les rives en sont tout aussi arides et nues. Du coup, on a encore l’impression d’une installation humaine décalée et superfétatoire. En tout cas, ce sont des images plus que jamais sorties de la « Planète des singes » (et j’ai lu qu’en effet, des scènes avaient été tournées dans la région).

En repartant de là nous avons fait une petite halte pour visiter les deux Antelope canyons, le Upper plus connu mais bondé, et le Lower moins fréquenté et plus escarpé.

Ce sont des canyons qui ont la particularité d’être des anfractuosités dans la roche qui sont régulièrement envahies par des pluies torrentielles, et donc érodées en profondeur. Ces canyons se visitent donc par le fond, et présentent une fissure supérieure peu épaisse en comparaison des canyons que nous avons visités. En revanche, l’intérieur ressemble plus à des grottes, avec des murs usés par les années et des eaux tumultueuses. L’intérêt esthétique de ces canyons est de profiter d’une lumière qui pénètre par cette fente supérieure, et vient se polariser, se diffracter, se projeter sur ces murs marrons clairs en donnant un spectacle d’une stupéfiante beauté.

Nous avons commencé à visiter le Upper Antelope Canyon. Voilà pour vous donner une idée de la taille des parois et du dessins de ses formes érodées. Vous pouvez voir la taille des gens qui visitent, et les rais de lumières, ainsi que l’effet très photogéniques sur les murs.

Upper Antelope Canyon - visiteurs en contexte

Le problème majeur de ce canyon est sa popularité, et encore une fois l’usine à pognon pour les indiens qui gèrent aussi ce monument. Donc on se retrouve dans des groupes de touristes et on visite avec un guide navajo, tout en évoluant pas à pas dans le canyon, et en laissant assez de temps au groupe précédent pour faire ses photos.

Voilà ce qu’on peut voir en levant la tête : des rais de lumière et le jour qui pénètre.

Upper Antelope Canyon - vue de la faille supérieure

Upper Antelope Canyon - vue de la faille supérieure

Et quelques exemples des différents effets lumineux…

Upper Antelope Canyon - rais de lumière sur les parois

Upper Antelope Canyon - rais de lumière

Nous avions assez de temps pour progresser jusque Lower Antelope Canyon et nous avons bien fait, car nous redoutions autant de monde et une ambiance tout aussi « industrielle ». C’est tout le contraire pour le Lower qui est à quelques centaines de mètres de son homologue, mais qui a deux différences : il est moins photogénique, il faut grimper à des échelles et des escaliers pour le visiter. Ces deux éléments changent tout, et c’est tant mieux. Nous avons ainsi pu faire une découverte à une poignée de touristes curieux, et guidé par un jeune navajo qui n’en avait rien à battre. Il nous a donc rapidement abandonné à l’entrée, et nous ne l’avons jamais revu ! Le canyon est surtout très différent de l’autre dans son étroitesse, c’est souvent que l’on passe à peine entre les deux parois, et cela fait un sacré effet !!

Lower Antelope Canyon - un chemin très étroit

En revanche, la faille supérieure est bien souvent plus évasée, et donc l’atmosphère est moins tamisée, moins propice aux photos. Mais on obtient de superbes nuances de couleurs lumineuses dans ce grès navajo (du sable pétrifié en fait, c’est pourquoi il s’érode si facilement) si typique de tous les sites visités lors de ce voyage.

Lower Antelope Canyon - Effets de lumière sur les parois

Et contraire au Upper Antelope Canyon, on perçoit le bleu du ciel à plusieurs reprises. Le Lower est certes moins spectaculaire, mais compense par sa progression originale et parfois périlleuse (il y a toujours des gens pour aller là-dedans avec des béquilles ou trois enfants en bas-âges, voire les deux en même temps). Le chemin est beaucoup plus biscornu et tortueux, mais plus marrant et agréable.

Lower Antelope Canyon - vue du ciel

Monument Valley

Comment faire un roadtrip dans le sud-ouest des USA sans passer par Monument Valley ? Eh bien, non, on y est allé. Hé hé hé. Il me fallait bien voir ces images d’Epinal de la conquête de l’Ouest, des westerns de mon enfance (ceux du mardi soir, de la « Dernière séance » évidemment), et ne pas forcer sur mes méninges pour me figurer un Lucky Luke ou bien des indiens qui débarquent à brides rabattues.

« Monument Valley » n’est pas bien différent des autres parcs visités de cet énoooormissime plateau du Colorado (340 000 km2 tout de même…), et on y retrouve donc des roches érodées par la pluie et le vent. Mais le lieu est unique parce qu’il se visite véritablement comme une suite de « monuments », étant donné la grandeur et la majesté de ces impressionnants monolithes. On embarque donc dans son 4×4, et on peut suivre une route chaotique (ce n’est rien de le dire) pour passer parmi ces géants de pierre dont les vues sont plus familières que jamais. Autant les parcs précédent permettaient de s’approcher et de toucher les rocs, autant là, on défile et on reste coit de tant de beauté. Tiens, c’est pas connu ça comme image ?

Monument Valley

Et le panorama immortel et universel du John Ford Point :

Monument Valley - John Ford Point

Allez encore deux photos, et j’abandonne. Mais c’était vraiment impressionnant. Néanmoins je dois avouer qu’après tous ces parcs et visions de bonheur, « Monument Valley » ne m’a pas fait le petit côté « waouh » auquel je m’attendais. Evidemment c’est leur taille et leur immensité qui frappent l’esprit des visiteurs, mais c’est aussi un paysage moins détonnant et coloré que ce que j’ai pu voir précédemment. Reste que l’imaginaire populaire et mon assuétude cinématographique ont bien fait leur boulot, et je suis ravi d’être passé par là.

Monument Valley

Monument Valley

Sinon, on est bien dans la réserve indienne Navajo, donc ce n’est pas un Parc National américain, et à la manière dont les pistes sont entretenues, ou dont le tourisme est géré, c’est en effet le jour et la nuit. Cet afflux de touristes est une manne financière importante pour des indiens qu’on sent vraiment paumé dans ces « états unis ». Donc difficile de leur jeter la pierre, quand on connaît les tenants et aboutissants de cet état de fait.

Monument Valley - vue globale

Mesa Verde National Park

Nous voilà donc dans le Colorado, dans une ambiance toute autre, fini le désert et place à un plateau à la dense végétation à plus de 2500 mètres d’altitude. D’ailleurs, pour preuve que la sécheresse est terminée, voilà notre arrivée dans le parc :

Une putain de tempête, un orage de dingue qui a duré trois heures et a bien failli mettre en péril la visite. Ce parc, qui a aussi la particularité de présenter des canyons creusés par une rivière, se visite avant-tout pour son passé historique et culturel. En effet, les indiens Anasazi y ont habité de 700 à 1300 après JC, et ils ont laissé des traces d’une civilisation qui a disparu d’un seul coup d’une manière encore énigmatique aujourd’hui. Vers 1200-1300, ils avaient construit énormément de constructions troglodytiques dans les gorges de Mesa Verde, et ce sont ces artefacts que nous pouvons aujourd’hui (en partie) visiter.

A deux doigts de renoncer au parc, nous avons vu la pluie cesser et rapidement le soleil percer les nuages.

Mesa Verde National Park - Un arc-en-ciel après la pluie

Et juste après la pluie, nous avons pu voir de très près toutes les bestioles du parc qui s’ébrouaient, donc ce jeune cerf qui a traversé juste devant la voiture.

Mesa Verde National Park - Un cerf

On s’est dit qu’on allait au moins tenter la visite du site le plus connu et le plus grand, le plus impressionnant : « Cliff Palace ». Imaginez des habitations construites en pierres taillées et des murs montés au torchis, sous une crevasse naturelle…

Mesa Verde National Park - Panorama de Cliff Palace

En regardant de plus près, on voit que les murs se fondent dans la muraille de roche, et on réalise que les indiens anasazis ont construit là les habitations les plus naturellement intégrées qui soient.

Mesa Verde National Park - détail d'un mur de Cliff Palace

Voilà une vue plus proche de ce lieu que l’on peut visiter assez librement (accompagné d’un ranger qui n’y connaissait finalement pas grand-chose, en comparaison de ce que j’ai trouvé sur le net). On y voit des pièces qui servaient notamment de lieux de culte, d’entreposage ou encore d’habitation pure.

Mesa Verde National Park - Cliff Palace

En faisant le tour du coin, on peut voir une bonne dizaine de constructions troglodytiques plus petites mais tout aussi perchées et dissimulées dans les falaises. On ne sait même pas pourquoi exactement les indiens ont-ils fait cela… Apparemment, on avance des raisons de changement climatique ou encore d’attaques extérieures… De même qu’on ne sait absolument pas pourquoi ils ont abandonné l’endroit (d’après le ranger dans un premier temps massivement et avec ordre, et dans la fin précipitamment en laissant pas mal de choses derrière eux). En outre, ces habitations étaient regroupées dans une zone assez restreintes autour d’un autre bâtiment mystérieux aux épais murs, en surface lui, mais sans porte d’entrée…

Mesa Verde National Park - Habitations troglodytiques

Mesa Verde National Park - Habitations troglodytiques

Ce qui est curieux chez ce peuple, c’est qu’on en connait vraiment très très peu de choses, et qu’il est difficile à priori de les « classer ». Entre peuple primitif qui ne connaissait pas la roue et une civilisation qui créait poteries, textiles, demeures si incroyables, les scientifiques sont encore dubitatifs. C’est vrai que les restes d’habitations qu’on visite en surface sont très limitées (celles qui datent de 700 Ap. JC), et font vraiment penser à des huttes très sommaires. En revanche, les pueblos de dernières générations renversent complètement la tendance.

Le ciel bien lavé nous a gratifié d’une belle soirée et d’un chouette coucher de soleil. Encore une fois, nous quittons ce parc en ayant visité le minimum vital, car il y a encore des parties inexplorées que nous nous réservons pour une prochaine fois.

Mesa Verde National Park - Coucher de soleil

Nous repartons vers l’aridité de l’Utah et l’Arizona avec Monument Valley…

Canyonlands National Park

Comme je l’expliquais précédemment, nous avons profité de la proximité des deux parcs, Arches et Canyonlands, pour les visiter dans la foulée. Du coup, pour ne pas faire des visites éclair à la japonaise, nous avons délibérément limité nos investigations à ce que les guides nous conseillaient avant tout. On s’est dit que ça nous donnerait plutôt de quoi nous motiver à revenir pour mieux les apprécier.

Donc pour Canyonlands, il s’agissait de se faire le plus impressionnant et le plus tape-à-l’oeil : « Island in the Sky ». En effet, ce parc est un ensemble de canyons (des centaines je pense) qui ont été creusés par le Colorado et la Green River. Cela divise le parc en trois aires distinctes, et « Island in the Sky » est l’une d’entre elles. C’est encore le plateau du Colorado et ses strates que nous commençons à bien appréhender, nous sommes donc sur ce plateau, cette « mesa », et nous parcourons une route qui finit par être une bande de terre de quelques mètres de large, avec le Colorado à gauche et la Green River à droite.

Du coup cette partie du parc consiste surtout en des vues époustouflantes en jetant un coup d’oeil à gauche sur les multiples ramifications du Colorado. Comme par exemple ces vues au coucher du soleil :

Canyonlands National Park - Vue sur le Colorado (le soir)

Canyonlands National Park - Vue sur le Colorado (le soir)

Et de l’autre côté, c’est la Green River qui a modelé son propre réseau de canaux et circonvolutions dans la roche. Mais pour mieux les apprécier, il vaut mieux venir le matin, ce que nous avons finalement fait :

Canyonlands National Park - Vue sur la Green River (le matin)

Canyonlands National Park - Vue sur la Green River (le soir)

Nous avons aussi crapahuté un peu dans quelques chemins de randonnée, et cela laissait présager bien des découvertes et des vues fabuleuses. Mais nous n’avons pas plus en faire, et j’ai hâte d’y retourner maintenant. Il y a notamment cette piste pour 4×4 que nous avons à peine entamée, et qui fait plus de 100 miles dans les différents niveaux des plateaux. Car l’érosion a comme créé des grandes marches avec des couches de couleurs différentes.

Nous avons donc craqué et dépensé une matinée supplémentaire pour Canyonlands (notre dernière étape en Utah), mais nous avons ensuite filé vers Mesa Verde National Park (au Colorado) pour de toutes autres aventures.

Arches National Park

Chaque parc national que vous visitons est une occasion supplémentaire de regretter le peu de temps que nous y consacrons, mais aussi de réaliser à quelle point on ne peut pas se lasser de trucs aussi magnifiques. A peine me lamentais-je sur une possibilité de redondance dans nos visites, à peine je ravalais mon sarcasme pour me rendre à l’évidence : « putain, sa mère, sa race, c’est beau ».

A trois heures du précédent parc, nous avons donc découvert Arches National Park. Nous sommes toujours sur le fameux plateau du Colorado, et à cet endroit aussi nous assistons à une extraordinaire érosion qui fabrique des curiosités de la nature. Arches comme son nom l’indique est le parc qui en contient le plus, et on trouve des formes plus proches de Bryce puisque les roches sont du genre friables et se réduisant en poussières, dans un environnement tout à fait semi-désertique. Cela donne un décor à la Lucky Luke par moment, mais avec cette particularité de Arches de proposer des blocs monumentaux et, comme en opposition, des éléments dont les formes oblongues défient la gravité.

On trouve aussi là plus de formes biomorphiques qu’ailleurs. En effet, cette usure fine et râpeuse dessine des contours que l’on ne peut s’empêcher d’approcher de formes connues. Déjà que je trouvais que Capitol Reef offrait un joli bestiaire, pour Arches c’est toute la ménagerie et les rochers aux appendices les plus affriolants.

On arrive donc par cette première partie qui s’appelle Park Avenue parce qu’elle présente des monolithes massifs et grandioses qui peuvent rappeler des buildings (mouai…). J’ai été impressionné par certains rochers en effet monumentaux, même si celui-ci par exemple me faisait plutôt penser à une sorte de sphinx à tête de lion !

Arches National Park - Park Avenue

Ceux-ci encore m’ont impressionné par la finesse de leurs profils, comme ci l’usure du temps transformait d’épaisse murailles en de futures pulvérulentes cloisons. Notez la demi-tête de Moaï dans le fond… Ah mon imagination…

Arches National Park - Park Avenue

Ensuite, voilà le panorama à couper le souffle du parc à mon avis… En plus, nous avions en plus d’un grand soleil, un ciel azuréen parcouru de nombreux nuages qui donnent, je pense, encore plus de consistance aux photographies.

Arches National Park - Panorama de l'entrée du Parc

Ces trois « têtes » se nomment les « three gossips », mais cela vous donne surtout une idée des choses que l’on voit en jetant des coups d’oeil à droite ou à gauche. Ce sont des images curieuses, pleines de ressemblances et de jeux d’imagination, des visions extra-terrestres (très « planète interdite ») ou surréalistes (à la Dali), ou encore de purs décors de films.

Arches National Park - The Three Gossips

Voilà un groupe de petits géants dans une partie nommée « le jardin d’Eden » qui m’ont plu par leur ressemblance avec des petits êtres des forêts de Miyazaki (dans Mononoké notamment).

Arches National Park - Les petits bonhommes à la Miyazaki

Une des fameuses images du parc est ce roc en équilibre sur un pic : le « balanced rock ». A ses côté, il n’a pas de nom mais je trouve que « double gode » lui va très bien !!!

Arches National Park - Balanced Rock

Les fameuses arches commencent à faire leur apparition à la fin du « jardin d’Eden », et j’aime surtout la manière dont elles s’imbriquent dans d’autres concrétions.

Arches National Park - Arches du jardin d'Eden

Et voilà une des images les plus représentatives à mon avis du parc : un éléphant, un gros sexe turgescent, une arche double arachnéenne et des formes plus stupéfiantes les unes que les autres…

Arches National Park - Panorama avec la Double Arch

Cette arche double notamment, la seule du parc, est particulièrement fascinante.

Arches National Park - Détail de la Double Arch

Pour vous rendre compte de sa taille, me voici en son sein.

Arches National Park - Moi dans le trou de la Double Arch

L’arche la plus connue est aussi assez énorme, mais contraste par son élan et sa forme aérodynamique, il s’agit de « delicate arch ».

Arches National Park - Delicate Arch

Enfin, Fiery Furnace qui est ce labyrinthe d’aiguilles qui fait terriblement penser à Bryce Canyon, et en cela c’est évidemment un peu décevant. Il faut dire qu’on commence à être difficile…

Arches National Park - Fiery Furnace

Nous n’avons pas eu le temps de visiter tout le parc, car nous voulions vraiment passer ne serait-ce que quelques heures à Canyonlands National Park qui est tout proche. Il nous reste donc pas mal de choses à découvrir de ce parc, finalement assez méconnu, et très peu fréquenté.

Capitol Reef National Park

Je disais à A. que je commençais à saturer un peu avec les canyons, ce qui lui a fait énormément plaisir (c’est lui qui a absolument tout préparé de main de maître, hu hu hu). Et puis nous arrivons sur Capitol Reef qui n’a pas la réputation des grands parcs, mais qui était pourtant cité dans nos guides comme en valant largement la peine. Et à peine avons-nous pénétré dans le parc, que nous avons été saisis par la beauté des panoramas qui s’offraient à nous.

Capitol Reef National Park - Un panorama de l'entrée du site

Le temps commençait à se gâter, et les orages étaient prévus pour ce soir, mais au moment où nous sommes entrés, il n’y avait que de très photogéniques nuages. Du coup cela rendait la visite moins chaude et d’autant plus agréable. Nous nous sommes énormément arrêtés pour profiter du paysage, et encore une fois je me désole de ce que les photographies ne rendent pas mieux cette pure beauté. En tout cas, je ne peux pas me lasser d’un truc pareil, et depuis le début nous avons de la chance, car ces canyons ne se ressemblent vraiment pas.

Capitol Reef National Park

Capitol Reef National Park

Capitol Reef National Park

Cette fois-ci, la zone se compose d’un pli géologique, une sorte de boursoufflure de l’écorce terrestre, qui s’est érodé et qui donne ces paysages enchanteurs. La différence avec les autres canyons que nous avons visité jusque là, réside dans la diversité des minéraux et de leurs couleurs, mais aussi la grande visibilité des strates qui composent les reliefs.

Capitol Reef National Park - détail sur les strates géologiques

Une autre grande différence est que le mode d’érosion n’est pas le même. Alors que Bryce est composé de roches friables, Capitol Reef est tout en strates de grès et de schistes. C’est de la pierre dure et massive qui, lorsqu’elle est finalement usée par la nature, s’écrase en de fracassantes éboulées. Le lieu a l’air d’être le fait de tremblement de terre ou de volcans en éruption, on voit que les arrêtes sont nettes et que les couches de matière sont bien délimitées et séparées.

Capitol Reef National Park

Il s’agit aussi d’un lieu à taille humaine, encore beaucoup plus « petit » que les hauteurs et falaises de Zion, et on se promène facilement dans les lits des rivières, ou dans la gorge principale. On peut y observer des réserves d’eau naturelles, ou des roches monolithiques immenses. Le chemin se poursuit aussi avec une ambiance très « zone interdite de la planète des singes » que j’ai particulièrement appréciée.

Capitol Reef National Park - La gorge principale

Je suis souvent amusé par les noms que l’on donne à certaines formations rocheuses. Mais je me suis amusé à en voir beaucoup aujourd’hui. Et je vous livre donc ma sélection du jour.

Alors là par exemple, moi je vois un canard !! (A. y voyait plutôt une tortue…)

Rocher en forme de canard ? - Capitol Reef National Park

Et là c’est un singe, pas d’équivoque !

Un rocher en forme de tête de singe ? - Capitol Reef National Park

Bon là, je suis un peu sioux ok, mais vraiment j’y voyait un éléphant. En revanche sans la trompe, juste le commencement, mais on aperçoit bien un oeil et une oreille.

Rocher en forme d'éléphant ? - Capitol Reef National Park

Et là, c’est dingue mais quelques pas plus tard, j’aurais juré qu’on avait déplacé ici la suite de mon éléphant avec sa trompe !!! (J’en déduisais qu’il s’agissait d’un ancien artéfact atlante qui n’attendait que mes talents d’archéologue pour être découvert !!)

Rocher en forme d'éléphant ? - Capitol Reef National Park

Enfin, la « master piece » du jour :

Rocher en forme de sexe féminin ? - Capitol Reef National Park

Je l’appelle « The pussy monument ». Hu hu, ça resemble un peu à ça non (ça fait longtemps que j’en ai pas vu !!) ??

(Dire que j’avais commencé par un parc national…)