2 articles tagués avec “Romain Duris”

  • ThéâtrOpérage
“La Nuit juste avant les forêts” au Théâtre de l’Atelier

Publié le Lundi 25 Avril 2011 - 16:56
Catégorie: ThéâtrOpérage

Ce spectacle, j’en ai lu quelques lignes, les quelques mots clés qui font mouche et j’ai voulu y aller : Romain Duris seul sur les planches, Patrice Chéreau à la mise en scène, un texte de Bernard-Marie Koltès, une seule longue phrase, un monologue comme un long cri d’un homme solitaire et en souffrance…

Je pensais que j’allais adorer que j’allais rentrer dans ce texte un peu cryptique, très politique et humaniste, révoltant et choquant par moment. Je pensais que les gestes de Chéreau, son occupation de l’espace scénique, et le talent de comédien de Duris allaient faire ma conquête en quelques minutes. Putain de merde !!!! Au bout d’une heure et demie, j’ai cru que j’allais me tirer une balle tant je me suis emmerdé, tant je n’ai rien compris, tant j’ai trouvé ce texte aussi prétentieux qu’il se veut le soliloque d’un pauvre type paumé. Et pourtant les applaudissements ont jailli de toute part, et les gens étaient debout, et ça vrombissait à tout rompre autour de moi. Donc je suppose que c’était vachement bien, et tous les articles de journaux n’en pouvaient plus de se répandre en compliments et ovations. Bon j’en ai définitivement conclu que le souci vient bien de moi. Huhuhu.

Pourtant j’ai essayé de suivre hein, j’ai vraiment fait de mon mieux pour écouter attentivement et m’abandonner à cette mélopée que Romain Duris égraine avec un véritable talent. Ah ça, le comédien est vraiment bon et je ne peux lui retirer cela. Mais le texte ne m’a pas parlé du tout du tout du tout, et la mise en scène est aussi minimaliste qu’incompréhensible. Le pauvre Romain tourne et vire sur un lit d’hôpital sur une scène dépouillée, ce qui ne lui laisse pas grande liberté pour s’exprimer. Du coup, de temps en temps, il tombe du lit, et paf (le chien) !! Son soliloque est tellement décousu que je n’ai pas réussi à tenir plus de 20 secondes d’affilée sur une idée ou un début de narration, et cela m’a perdu à tel point que je me suis de temps en temps surpris à penser à autre chose… J’ai laissé mon esprit vagabonder pendant presque toute la pièce, et jamais je n’ai réussi à pénétrer le mystère de ce qui était récité, et je n’ai pas non plus été charmé par cette tonique logorrhée, ni ses sonorités ou son rythme. Je me dis que je suis un cas à part, et tant pis quoi !! J’aurais peut-être dû plus me renseigner sur le spectacle, et surtout sur le texte, voire le lire avant ou essayer de me familiariser avec les thèmes couverts et décortiquer quelques explications de texte pour néophytes.

En tout cas, là c’est sûr, je suis passé à côté. Et pourtant quel comédien et quelle interprétation…

"La Nuit juste avant les forêts" au Théâtre de l'Atelier

  • Cinéphage
Dans Paris

Publié le Dimanche 8 Octobre 2006 - 23:41
Catégorie: Cinéphage

On aurait pu croire que c’était le grand film de Christophe Honoré, avec un casting alléchant et une presse déjà conquise. Eh bien je ne serais pas aussi dithyrambique, mais tout de même j’ai beaucoup aimé ce moment passé « Dans Paris ». Car c’est un film qui a bien pour fond et pour essence cette Ville, en plus d’un clin d’oeil continu à la Nouvelle Vague. L’auteur redouble d’habileté pour utiliser tous les codes des maîtres des années 60, et cela donne un film intemporel vraiment charmant.

Romain Duris s’est séparé de son amie, et il tombe dans une grave dépression. On le retrouve un 23 décembre 2005 chez son père (Guy Marchand), avec son frangin (Louis Rhaa Lovely ! Garrel) qui tente par tous les moyens de le faire sortir de sa torpeur. Un peu comme mes coreligionnaires (de l’avis des copines plus bas), j’ai été un peu décontenancé par un début brouillon et saccadé, une succession de scènes qui ne riment pas à grand-chose. On comprend bien sûr la rupture et quelques éléments se posent, mais à renforts d’effets qui rendent l’image plutôt indigeste. Malgré tout j’ai bien aimé la comédienne qui joue de rôle de la nana de Duris : Joana Preiss.

Ensuite les choses se précisent et le film, en flirtant de plus en plus avec le langage cinématographique de la Nouvelle Vague, nous offre une excellente comédie dramatique en clair-obscur et doux-amer, un vrai oxymoron ! On y trouve un cabotinage charmant, drolatique et pimpant de l’excellent Louis Garrel, qui a l’air de se trouver dans ce film comme un poisson dans l’eau, et dont la bonne humeur est communicative. Clin d’oeil des clin d’oeil, la présence de deux acteurs de la Nouvelle Vague que sont Marie-France Pisier (dont je suis assez fan, et qui a le mérite de s’être faite lifter sans devenir une gorgone) et Guy Marchand est particulièrement bienvenue. En effet, ils sont excellents et il y a aussi un contraste drôle, et qui fonctionne étonnamment bien, entre eux deux et leurs fils : Garrel et Duris, les étoiles montantes de la génération actuelle.

Ensuite j’ai apprécié le fond même de l’histoire, et la peinture de cette famille à la fois soudée et qui ignore complètement les sentiments d’autrui. La soeur déprimée et suicidée, le fils qui en prend le chemin, l’autre qui fanfaronne et butine à 180° de son aîné, le père acariâtre et inquiet, et la mère fantasque et si parisienne. Mais on se surprend à rapidement s’attacher aux personnages et à cette singulière famille. Il y a vraiment quelque chose dans la manière de filmer et de raconter ce récit qui découvre beaucoup d’affection entre les personnages, tout en nous les montrant individualistes au possible.

Ce n’est pas le superbe chef-d’oeuvre de l’année, mais un film à ne pas manquer, car il est beau et singulier. Christophe Honoré montre très bien des parties de Paris qu’on connaît finalement peu dans les films. Mais surtout, il en fait l’écrin d’une histoire attachante, et qui alterne avec bonheur entre cocasseries et noires humeurs. Etrange et fort plaisant.

L’avis des copines : Niklas, Cyril, Chori.

Dans Paris