J’allais voir ce film avec un brin d’appréhension. En effet, autant j’avais adoré le tout premier opus des X-Men, Bryan Singer oblige, autant j’étais beaucoup plus critique sur les deux autres qui avaient perdu un peu de leur âme initiale, même s’ils sont tout à fait regardables. Mais ayant lu et m’étant grandement identifié aux X-Men de l’enfance à l’adolescence (à avant-hier plutôt… enfin demain on va dire !!), je suis assez difficile sur ces adaptations. Je veux que les intrigues soient plus ou moins conformes, avec de chouettes effets spéciaux, pléthore de mutants (parfois un petit rôle à la con, mais je sais que nous sommes peu à les reconnaître et identifier, je kiffe), et il faut un “truc en plus”. Bryan Singer avait apporté une des dimensions importantes des comics : la notion de différence (avec une claire parabole parfois à l’homosexualité), de tolérance et de difficile passage de l’adolescence à l’âge adulte.
Les deux autres films n’avaient pas autant de “souffle” malgré leurs qualités, et “X-Men Origins: Wolverine” est un navet intégral à mon avis, une vraie daube. Donc ce film était attendu, croyez-moi on ne badine pas avec les X-Men !!
Et bonheur, le film est, à mon humble avis, réussi !! Parce que le fait d’avoir ce prequel (nous sommes dans les années 60, juste avant les missiles de Cuba) avec deux passionnants mutants en figures de proue : Magnéto et Charles Xavier, fait vraiment la différence. Mais aussi parce que les effets spéciaux sont très bons (sauf les images de synthèse du panorama de Moscou… il faut arrêter ça, on n’est pas encore bon pour ces trucs là…), que les comédiens sont excellents, que le scénario est correctement adapté et rendu digeste tout en restant intelligent et intelligible (souvent les histoires de comics sont des imbroglios pas possibles).
On suit donc l’histoire de Magnéto et Charles Xavier, leur enfance (surtout celle de Magnéto) et leurs névroses principales, Mystique qui fait partie de l’enfance de Charles, Magnéto qui subit une torture psychologique terrible dans les camps de concentration, et qui recherche son tortionnaire. Ce dernier resurgit justement sous les traits d’un certain Sebastian Shaw, et alors que Charles Xavier travaille avec le FBI pour éviter une troisième guerre mondiale, Eric/Magnéto ne pense qu’à sa revanche, même s’il consent l’aide des mutants pour l’aider dans son entreprise. Rapidement, on sent poindre deux camps, et le film expose assez bien les traits principaux des deux alliés devenus ensuite ennemis.
On retrouve là une jolie équipe de mutants dont les pouvoirs sont plutôt bien mis en scène et comme d’habitude assez attachants, avec le Fauve (Nicholas Hoult) notamment qui n’accepte pas sa mutation, ou encore Mystique qu’on découvre là en “gentille”, il y a aussi Emma Frost (January Jones de Mad Men) en super méchante à la fois crédible et avec un excellent potentiel bitchyesque !! J’ai bien aimé Moira (jouée par la Rose Byrne de Dammages) aussi dans un rôle très différent des comics, mais pourquoi pas. Le film doit à la fois se mettre en place, présenter ses héros de base, plus les mutants, nous donner à voir une évolution de ces derniers et l’organisation des X-Men se monter, plus quelques historiettes sentimentales et hollywooderies obligatoires, et évidemment boucler l’intrigue de base avec le méchant. Tout cela est assez bien ficelé et plutôt correctement imbriqué (on arrive à suivre) même si on n’a rien d’original. Je sais que pas mal de gens reprochent une histoire avec trop d’anecdotes et de digressions, mais moi ça m’a beaucoup plu justement !!
Globalement une histoire qui tient la route, de chouettes comédiens et des effets spéciaux sympas, je n’en demandais pas plus… Mission réussie pour un divertissement de qualité (et en 2D alléluiaaaa !) qui tient en haleine tout en n’étant pas non plus un chef d’oeuvre impérissable. Avec même un petit plus pour l’ambiance sixties “James Bond” à mort qui est assez drôle et plutôt assumée, on retrouve alors sans vergogne le second degré qui est aussi une des caractéristiques des X-Men.









du coup malgres la longueur je me ferais bien une intégrale...





