Retour à Saint Briac End

Les plus anciens lecteurs de mon blog se souviennent probablement de « M. ». J’étais en couple avec lui depuis plus d’un an lorsque j’ai commencé ce carnet, nous venions d’ailleurs juste d’emménager ensemble. M. m’avait fait découvrir ce village de Bretagne nord où il a une bonne partie de sa famille paternelle, et pour lequel il a beaucoup d’affection. Pendant un peu plus de deux ans, je suis donc régulièrement allé à Saint Briac, et j’ai aussi développé un certain attachement à cet endroit, la maison de famille de M. et les rituels de là-bas.

Du coup depuis le printemps 2004, et ma rupture qui fit les gros titres de mon blog, il n’y a plus un seul article qui évoque ce village. J’y avais fêté mes 27 ans, j’avais aussi inscrit mon empreinte sur unjourdanslavie.org (mais qui se souvient de cette géniale initiative de 2003 ??), nous y avions avec un certain bonheur passé nos vacances caniculaires 2003, fait du bateau, joué les enquêteurs et fins limiers, et passé pas mal de week-ends avec des potes.

Mais bon, quatre années se sont écoulées, et après bien des vicissitudes, M. et moi sommes devenus très amis. Cela fait bizarre de dire « ami » car on ne peut pas vraiment appeler cela de l’amitié, mais clairement ce n’est plus de l’amour, et jamais je ne pourrais refaire quoi que ce soit avec lui. C’est un savant mélange de considération mutuelle, de fascination, de tendresse et de bons souvenirs, tout un faisceau de sentiments qui fait que nous aimons passer du temps ensemble, que l’on se comprend en un clin d’oeil, et que notre relation a enfin trouvé un équilibre sain et épanouissant. Un autre facteur primordial qui vient rendre cela possible, c’est évidemment que j’apprécie son copain actuel, qu’il aime bien le mien aussi, et que nos moitiés comprennent notre lien affectif sans ambiguïtés.

M. nous avait donc conviés à Saint Briac pour une semaine de nos vacances bretonnes. J’ai donc retrouvé avec beaucoup d’émotion ce village, et la maison accueillante de mes souvenirs d’il y a quatre ans. En plus, nous avons eu la chance d’arriver sur une côte d’émeraude ensoleillée, et avec A. nous avons d’abord traîné nos guêtres à Saint Malo puis à Dinard.

Plage de Dinard

La semaine fut très agréable, et j’ai passé un excellent moment avec mon chérichou. Je suis content d’être revenu dans ce lieu tellement marqué dans mon imaginaire par ma relation avec M., et de constater que mon chéri s’y sentait aussi bien que moi, et que c’était « nous » qui compte tant aujourd’hui. Nous étions peu nombreux avec un ami d’enfance de M. que je connais bien, ainsi qu’un autre pote, sa femme et ses filles. Nous avons beaucoup glandé et mangé, les vacances quoi, et globalement le temps était assez clément, malgré quelques averses (et quelques coups de soleil).

La plage du Perron est toujours aussi belle, avec son île aux lapins qui devient presqu’île à marée basse (sur la photo, en pleine transition).

Plage du Perron à Saint Briac

Même si les choses sont très claires avec M., et que ni son chéri ni le mien n’a, je pense, de doute là-dessus, on ne peut pas dire que la situation était complètement banale. Je suppose que mon chéri regarde M. d’un oeil particulier et réciproquement, tout comme R. et moi nous nous jaugeons aussi inconsciemment. Je me souviens la première fois que je suis allé à Saint Briac, en 2002, c’était avec un ex de M., et qui est lui aussi aujourd’hui un proche. Une des choses que j’avais trouvée insupportable de la part de ce mec était qu’il connaissait mieux que moi les environs, et la famille de M. et ses amis. Je le voyais en train de discuter avec les potes de M. et parler de soirées auxquelles je n’étais pas, et j’avais envie de lui planter une brochette dans le dos. Hu hu hu. Je ne connaissais pas encore les gens, et ils l’identifiaient lui, alors que tout le monde me zappait (surtout dans ma tête). Bref, j’étais jaloux, pas bien confiant, et prêt à défendre mes plates-bandes en pissant partout où il le faudrait.

Dès le premier soir, j’ai eu conscience de ce que je faisais… mais c’était plus fort que moi. Putaaaain, c’était moi le relou d’ex qui faisait son kéké. R. n’a pas moufté, et il remonte encore plus dans mon estime pour cela, car j’ai été insupportable dans le genre. Toujours à raconter une anecdote, à demander des nouvelles des gens de la famille de M. (en plus c’est terrible mais je n’oublie pas grand-chose), à tchatcher avec les amis de M. comme si nous étions super potes etc. Ah là là, exactement ce que je ne supporterais pas d’un autre. Mouahahahahah ! C’est terrible de constater à quel point on peut se comporter en connard égoïste et sans tact, mais à vrai dire je pense que R. est un peu moins taré que moi, et s’en tamponnait certainement les amygdales.

Depuis avant-hier, nous avons migré vers le sud, vers la maison de chérichou à Clohars-Carnoët, près de Quimperlé. Le temps est plus breton que jamais, et nous alternons entre pluie et séquences ensoleillées. Cela donne lieu à de belles promenades le long du littoral, mais aussi à un énorme rhume que je me trimbale depuis quelques jours. Cela doit être un désordre karmique pour mon attitude de bitch la semaine dernière, ça a commencé par l’oreille gauche qui s’est bouchée, par une rhinite allergique qui m’a fait éternuer ma mère, et là je sombre dans la sinusite Dark Vador, c’est toi là-bas dans le noir ?.

Mon royaume pour un décongestionnant nasal !!!!!!!

Bon sinon comme d’hab, j’ai emmené trois bouquins et je n’ai rien lu. Enfin si, j’ai lu Closer, Voici, Gala, Muze, Courier International, Charlie Hebdo, Marianne, Libé. Bref, je me cultive. Huhuhu. Et j’ai même abandonné mon blogouné pendant une semaine, c’est fou ça, alors que j’ai plein d’articles en retard. Il faut que je me bouge avant de tout oublier.

Vue de l

Everyday pride

Je ne suis pas du genre à avoir honte de ce que je suis, je veux dire une bonne pédale parisienne bien de chez nous. Je crois qu’on peut aisément en présager en lisant ce que j’écris ici. Non seulement, je n’ai pas honte, mais j’en parle, en outre, avec naturel et franchise à mes amis ou collègues quand le sujet vient sur le tapis. Ce n’est pas non plus mon oriflamme, mais je m’exprime quand il s’agit d’évoquer mon copain, mes convictions ou bien plus simplement la banale réalité de mon quotidien. Comme certains l’ont aussi remarqué, je lis pas mal de littérature pédé, queer ou sur des sujets connexes. Or je passe deux heures dans les transports, et je les consacre justement à bouquiner, dans le RER A de Nation à La Défense, puis dans le Tram jusqu’à Suresnes.

Je lis Têtu tous les mois, M. l’achète ou bien c’est moi. Je ne m’abonne pas, car j’aime bien aller l’acheter dans un kiosque. Enfin, en vérité, je n’aime pas ça mais je me force. Acheter Têtu en kiosque c’est comme acheter une revue porno, on le fait discrètement et sans se faire remarquer… Je le fais sciemment car je me trouve ridicule à redouter le regard d’autrui, et pourtant instinctivement je suis embarrassé. Donc j’achète le magazine, et je le lis ostensiblement dans le train, j’essaie de ne pas me sentir rougir quand je sens des regards inquisiteurs et curieux qui reluquent l’alléchante couverture. C’est un peu ma revendication de tous les jours, de me montrer comme je suis, comme tous les gens qui vont bosser le matin, ni plus ni moins, mais avec mon Têtu sous le bras (sauf pour les photos à oilpé où là je m’empourpre carrément quand j’ai une personne à côté qui manque de s’étrangler).

Et clairement cette affirmation de tous les jours est bien la plus difficile à mettre en oeuvre, et pourtant la plus efficace et la plus probante de l’évolution des moeurs. Mais dans un autre genre, je me souviens un jour où j’achète Têtu au relais de la Gare de Lyon. Je prends le magazine, je le pose sur le comptoir, dis bonjour et sors ma thune. Le vendeur regarde le mag, et il est étonné, me fait un sourire bizarre et me dit : « je connais, je le lis moi aussi ». Je réponds un peu interloqué et indécis : « heu…. Ah bon, ouai ». Et il me tend la monnaie, je la récupère et ce gros naze me caresse la main avec son doigt pendant que je récupère mes pièces. J’hallucine. Je le regarde en rigolant (nerveusement) et lui dis tout haut « non mais oh, ça va pas, tu veux pas non plus que je te suce la bite derrière ton comptoir ??!!? ». Et puis, je me suis tiré vite fait n’osant regarder les gens qui faisaient la queue derrière moi, et qui n’ont pas du comprendre ce qui se passait. Arf ! Cet été aussi avec M., à Saint-Briac, un matin en allant au bourg pour acheter un journal, nous avons eu une vision surréaliste de ce village versaillais au possible. On arrive dans le centre qui fourmillait de monde, on voit une kyrielle de gens qui venaient du kiosque avec des sacs pleins de Figaro et valeurs actuelles. Pas n’importe quels sacs, des sacs qui faisaient de la réclame pour « TETU PLAGE ». Une manifestation de gay pride hors du commun ! D’ailleurs, la grand-mère de M. en utilise encore qu’elle avait mis de côté à l’époque…

Je lis actuellement « Les homosexualités » de Gonzague de Larocque. C’est un petit bouquin mais jaune pétant, avec une jolie photo qui dit tout, et surtout, tous les badauds s’ingénient à lire le titre et, ensuite, me regarder avec une tête cheloue. Vendredi soir, le tram était blindé de cailleras et j’ai eu le malsain réflexe de me dire « bon allez, j’ai plutôt envie d’écouter quelques mp3 là… ». Arf. Et puis, non, allez hop, j’ai sorti mon p’tit bouquin et j’ai lu comme d’habitude.

En fait, je me rends compte que si je suis aussi frileux et pusillanime quant à mon image de pédé en milieu « hostile », je me dis que cela doit être encore plus énorme pour quelqu’un qui s’assume un peu moins, ou bien qui habite en banlieue ou province. Et il ne s’agit pas tant de revendication militante que d’une simple affirmation de soi.

Deux jours c'est trop court

Ce week-end, nous sommes donc allés à Saint-Briac (et oui une fois n’est pas coutume, arf), et comme je n’aime pas recevoir de front le choc du retour au boulot après une fin de semaine sous les tropiques (heum heummm), j’ai pris mon lundi. Je me croyais donc à l’abri, dans mon petit lit totalement lové dans ma couette, avec un bon mari qui part sur la pointe des pieds pour pas me déranger. J’ai entendu la porte claquer, et j’ai juste ouvert un oeil qui s’est subrepticement glissé sur le réveil… 9h00, parfait, je ne me lève pas avant 11h30 au moins.

Or, à 9h00 et 32 secondes, putain de sa mère, un marteau-piqueur dans la rue qui me trombine les entrailles sans s’arrêter, et qui s’arrête, et qui reprend de plus belle. Et vas-y que je te casse les murs à coups de masse. Tout ce que j’ai pu tendrement susurré à l’adresse de ces assassins c’est « enculéééééééééééééééééé ». Mais comme personne ne m’entendait, j’ai décidé de les prendre à revers en passant au plan B. Ah ah ! Nous avons deux chambres dans le palace où j’habite dans mon 11ème adoré. Je me suis donc téléporté dans le chambre qui donne sur la cour, chambre où la quiétude et la paix sont reines. Je me couche avec un plaisir non dissimulé dans des draps tout frais, puis le silence et l’assoupissement envahissent peu à peu mon être béat. PUTAIN !!! Cette fois c’est un putain de voisin qui joue de la scie circulaire !!! J’ai encore patienté 10 minutes et puis j’ai renoncé. Voilà… oui je le reconnais, j’ai renoncé. J’ai perdu la bataille, je me suis douloureusement levé et ai filé sous la douche histoire de ne pas me laisser prendre aux tentacules infernales des centaines de chaînes du câble affalé comme un bien-heureux sur le canapé. Nous avons découvert cette joie récemment avec M. et découvrons la difficulté afférente à se retenir de zapper sans arrêt (on finit par voir 15 minutes de tout) et la frayeur de rapidement devenir des « couch potatoes ».

Qu’est-ce que je voudrais encore être en Bretagne… Je me rassure en me disant que de toute façon, il ne fait pas beau aujourd’hui et que je suis donc mieux ici. On a passé un putain de bon week-end (oh là là, je jure comme un charretier moi aujourd’hui).

Il a donc fait un temps superbe hier et avant-hier, et nous n’avons strictement rien fait sinon manger, dormir, discuter et, très important, faire d’incessants allers-retours (merci de me dire si l’accord est bon, j’arrive pas à me décider sur le nombre et l’emplacement des s) entre la maison et la piscine. Il y a eu une harmonieuse entente entre tous les mecs, et je crois que chacun a passé un bon moment, s’est bien reposé et a goûté avec délectation à cette parenthèse briacine à l’orée de l’automne. Diego et moi avons tout de même regretté la présence de quelques nanas, c’est toujours sympa d’avoir un équilibre garçons filles quand on part en groupe, mais ce sera pour la prochaine fois. Ce qui a été le plus délicat et dont je suis le plus content, c’est que se sont rencontrées des personnes qui ne se connaissaient pas ou alors simplement par conversations rapportées. Ainsi, nous avons pu faire la connaissance plus avant du copain de Diego, de mon frère (enfin moi, je le connaissais un peu avant, arf), et faire découvrir à Diego Saint-Briac dont il avait beaucoup entendu parler par moi et Virginie.

La soirée de vendredi a été très arrosée et fut encore le théâtre de bien des débordements, et beaucoup de rires. A. (notre ex-kolok) a été plus en forme que jamais et m’a vraiment fait rigoler tout le week-end, il s’est révélé très sympa avec mon frère et le copain de Dieg aussi, ce que j’ai beaucoup aprécié de sa part, car je sais qu’il peut apparaître comme un peu abrupte de prime abord. J’ai aussi pas mal fait la connaissance de S. que je ne connaissais que sur Paris, et lors de dîners à plusieurs. C’est autre chose que de passer des journées entières ensemble à tchatcher, et de voir les gens au réveil la gueule dans le cul. Ben oui, forcément ça crée des liens ! Et de voir le S. en speedo au bord de la piscine, c’est pas mal aussi… ah ouai tiens, c’était vraiment pas mal ça aussi (si je vous dis « Rhaaaâââa Lovely ! » ça vous évoque quelque chose ?).

Et aujourd’hui c’est relâche, mais finalement je crois que je suis bonne à marier moi ! Non, hein, paske bon hein… aujourd’hui j’ai mis en route et étendu trois machines, changé les draps du lit nuptial, et ma mission du jour a consisté à pécho 10 sacs à aspirateur chez Darty. Et ce dernier challenge n’était pas une sinécure !! ‘tain, j’ai bien fait de prendre ma journée moi, mais je ne vais pas me plaindre, je n’étais absolument pas obligé. Mein gott, je crois que je suis une femme d’intérieur !!!!! Aaaaaaaaaaaaaaah ! Vite, donnez-moi l’adresse d’un exorciste ! C’est encore un coup de M. ça, il a du user d’un philtre quelconque pour me rendre corvéable et abuser de mon corps sans défense (oh oui encore baby… abuse).

Du coup, la journée est passée trop vite, il faut absolument que je sorte avant ce soir, sinon je vais me taper la tête contre les murs. Allez un p’tit ciné ce soir ?

Le mystère Victoria Melita à Saint-Briac

Tout a commencé en me balladant avec M. dans les rue de Saint-Briac. Au détour d’une rue vers la croix des marins, nous croisons une sorte de stèle ou monument en granit surplombé d’un médaillon métallique représentant une femme, avec pour seule inscription un nom : Victoria Melita, une ville : Saint-Briac et deux années : 1921-1936.

le Monument à la mémoire de Victoria Melita Inscription sur le monument à la mémoire de V. Melita

Medaillon Victoria Melita

Le nom ne me disait vraiment rien, excepté une marque de filtre à café en papier. Le filtre à café, une invention briacine ? Arf arf. Mais trêve de balivernes, j’ai simplement fait des investigations sur google en rentrant et j’ai trouvé la clé du mystère.

L’histoire de cette dame est aussi simple qu’extravagante. Il s’agit de ce qu’on appela les « Russes Blancs ». Ce sont des immigrés souvent issus de la noblesse de l’ex Russie tsariste qui se sont réfugiés dans des pays européens car chassés ou menacés par la révolution bolchevique. Parmi ces gens, certains avaient vu leur famille tuée sous leurs yeux, comme c’est arrivé pour une partie de la noblesse tsariste lors de cette révolution. Beaucoup étaient presque ruinés et ont acheté des maisons de banlieue et des terrains en arrivant en France (ayant des bijoux et quelques possessions sur eux). La plupart avait des titres parfois ronflant et un arbre généalogique à faire pâlir Stéphane Berne, mais se sont retrouvés à devoir travailler et s’intégrer dans des pays étrangers sans ressources ni repères. Ma maman me disait qu’elle était à l’école avec des russes blancs sans le sou de ce type, les gamins n’étaient pas plus traumatisés que ça bien sûr, mais c’est pour les parents que c’était le plus dur d’assumer cette rude transition.

Victoria Melita (1876-1936) ou la Grande Duchesse Victoria Feodorovna était aussi surnommée « Ducky ». Elle était issue d’une lignée assez extraordinaire puisqu’elle était à la fois petite-fille de la reine Victoria et aussi du Tzar Alexandre de Russie. Sa soeur était la reine Marie de Roumanie, elle était aussi cousine du Roi Georges V, du Kaiser Guillaume et du Tsar Nicolas. Elle était mariée à Ernst Ludwig, Grand Duc d’Hesse et du Rhin. Elle divorça de lui pour de sombres raisons qui la plongèrent dans un grand désarroi et une grande tristesse. En fait, j’ai lu dans un autre site que son mari était manifestement homosexuel, c’est pourquoi elle divorça de lui. Chose assez extraordinaire pour l’époque, elle divorça donc, et se remaria de surcroît avec un cousin du tsar, Kiril Vladimirovitch (une sorte de cousin à elle donc). Ce mariage choqua tout le gotha mondial de la noblesse, par la suite ils furent démis de leurs biens et bannis de Russie.

Quand ils furent autorisés à revenir, ils furent pris dans le magma de la révolution de 1917 et durent quitter la Russie échappant de peu aux massacres des familles nobles. Après plusieurs étapes en Europe, ils finirent par s’installer à Saint-Briac dans une grande maison près de la mer, et Kiril se déclara prétendant au trône de Russie. Il rédigea alors un manifeste qui le déclarait « gardien du trône ». Un mois plus tard, il en pondit un autre qui le proclamait « empereur de toutes les Russies », et son fils comme héritier du trône avec le titre de Grand Duc. Ducky le soutenait dans ses velléités de reconquête monarchique et assumait son rôle d’impératrice d’opérette. Ce serait un peu long de le raconter ici, mais ils ont fait des pieds et des mains pour se faire reconnaître tzar et tzarine en tant que tels, et se sont mis à dos la monarchie russe en exil (dont le grand Duc Nicolas qui se disait aussi l’héritier du trône).

Mais ils ne se sont pas découragés et en 1926, ils ont décidé de s’installer à Saint-Briac de manière permanente. Ils achetèrent une maison et la nommèrent « Ker Agonid » (Villa Victoria). Kiril passait son temps à jouer au golf et à agir pour faire reconnaître son droit à l’accession au trône. Il avait beaucoup de détracteurs qui le considéraient comme un fou, mais aussi des gens qui le soutenaient dans ses appétences et lui envoyaient des missives pour demander son « impérial » conseil. Apparemment, il passait plusieurs heures par jour à répondre à ces lettres. En 1933, Ducky découvrit une chose terrible concernant son mari, elle en fut extrêmement touchée et blessée. Seule sa soeur fut au courant mais ne divulgua jamais le secret. Ce du être plus important qu’une simple infidélité car jamais plus elle n’eut de relation intime avec Kiril.

Au printemps 1935, Ducky rendit visite à sa soeur à Vienne. Cette dernière en dit : « Sa misère, à la fois physique, mentale et financière est si importante qu’elle a brisé sa volonté… Ses forces l’ont quittées. Une sorte de désespoir gris a pris la place, un sentiment que seule la mort pourrait la libérer de ce fardeau intolérable, écrasant et insurmontable… A travers l’horreur qu’elle a vécu durant sa vie d’épouse, elle a appris à douter de tous les hommes ». Elle vint en Allemagne pour passer les fêtes de Noël avec sa fille, tandis que Kiril restait à Saint-Briac. Sa fille attendait un enfant qu’elle eut le 2 janvier 1936, Ducky fut atteinte d’une attaque lors du baptême. Elle mourut finalement le 1er mars 1936. Kiril mourut deux ans et demi plus tard d’une gangrène.

Vladimir, le fils de Kiril et Ducky, revendiqua aussi le trône de Russie mais ne s’autoproclama pas comme son père. Il étudia à la London School of Economics et épousa une descendante de la famille royale de Georgie. Ils eurent un enfant, la grande Duchesse Marie, et vécurent à Madrid, tout en passant leurs vacances à « Ker Agonid ». Pendant 74 ans, Vladimir ne mit pas un pied en Russie, mais en 1991, quand le gouvernement a changé, il fut invité au 74ème anniversaire de la révolution bolchévique. Il mourut en 1992 et fut enterré comme un Romanov à la forteresse de Saint Pierre et Saint Paul. Aujourd’hui sa fille, Marie, petite-fille de Kiril et Ducky, est reconnue comme héritière du trône de Russie.

[source : http://hallbiographies.com/royalty/82.shtml
http://www.geocities.com/jesusib/Melita-3.html]

C’est un fameux trois-mâts…

Ouai bon, c’est plutôt une joli petite embarcation tout en bois. La coque est noire et les voilages sont rouges. On dirait le bateau de la pub pour Petit Navire de quand j’étais môme !

Hier nous y avons passé quelques heures avec M. et son père. Ce dernier nous a fait faire un tour sympa du coin et notamment le tour des Ebihens. Au début, nous n’avons pas eu un brin de vent et donc on a un peu fait de surplace mais heureusement, Eole a entendu nos supplications et nous a envoyé de sa divine énergie motrice. Ayant peut-être interprété trop librement nos suppliques, une heure après la pluie venait se mêler aux embruns océaniques…

C’était très agréable, j’adore cette sensation de voguer et de se sentir flotter sur l’eau. En outre, c’est un véritable voilier bien traditionnel, tout en bois et sans moteur. J’aime bien cette idée d’obéir quelque peu aux aléas du vent et d’aller loin et vite, puis revenir à deux à l’heure lorsqu’il n’y a plus rien.

Mardi soir, nous sommes allés dîner chez T., une cousine de M., qui tient un restaurant dans la ville voisine. Elle nous a invité à barbeuquer chez elle hier soir avec des cousins et consorts. Nous sommes arrivés un peu tard (obligations au restaurant) dans un coin totalement perdu au coeur de la campagne bretonne. Nous avons passé une soirée cool et pas mal arrosée. On est rentré total exténué vers 4h30 à Saint-Briac.

Matoo au pays des chapeaux ronds

Et bien, me revoilà à Saint-Briac avec M. pour quasiment deux semaines. Nous sommes arrivés hier dans l’après-midi avec le papa de M. qui nous a gentiment conduit en voiture. Il faisait un temps magnifique. Evidemment, à l’heure où je tape ces lignes, il pleut violemment des trombes de flotte. Arf.

Mais tout va bien, nous sommes seuls dans la maison avec M. pendant 5 jours, et puis les potes vont commencer à débarquer. C’est vachement plaisant de passer du temps comme ça avec mon p’tit loup, et c’est salutaire pour tous les deux, vu notre degré de stress avant de quitter la capitale.

Nous sommes sur nos gardes ici, car cernés de toute part par la familia. En effet, les parents habitent en face, la grand-mère rode derrière et les cousins veillent sur le côté… la grande-tante, les oncles et tantes et autres parents ne sont pas bien loin. C’est une situation un peu schizophrénique puisque M. est out auprès de tout le monde sauf la grand-mère. Cette dernière est adorable d’ailleurs, néanmoins le bécotage dans la cuisine est conséquemment formellement proscrit. Etant donné que M. est le dernier mâle à fièrement porter le nom de la famille, elle place beaucoup d’espoir en son petit-fils pour faire fructifier la lignée. Aïe.

Hummmm. J’ai un petit creux et je sens l’odeur de la galette croustillante au beurre frais que M. est en train de me préparer…

Amore mio.

Ciel de Bretagne

La fin est proche

Il ne fait pas beau aujourd’hui, ouai forcément ça ne pouvait pas durer. Ca me rend tout chose, je n’ai pas envie de rentrer, pas envie d’aller bosser.

Je passe vraiment un séjour génial entre les potes, la plage et M. avec qui je me sens particulièrement en osmose cette semaine. Et puis, c’est aujourd’hui mon anniversaire ! Ah làlàlà, 27 ans ! C’est pas que je sois un vieux machin mais tout de même quoi !!! :-)

On ne me dira plus que je suis vachement mature pour mon âge. Heureusement, je suis encore le plus jeune du groupe ! Arf arf.

Mais j’ai déjà reçu mon lot de SMS et de coups de fil, ça fait du bien mafois. Et ma mÔman a encore été la première à me le souhaiter. Sacrée mÔman va !

Saint Briac - Marée Basse

Sea, sex and sun

Nous sommes arrivés, avec M. et une amie à lui, hier après-midi à Saint-Briac en Bretagne, près de Saint-Malo. En fait, la famille du père de M. est originaire de là. M. y possède avec ses soeurs une maison de famille assez spacieuse et vraiment cosy. J’y suis déjà allé plusieurs fois, c’est pratique, pas cher et au bord de la mer. La maison est grande et c’est un peu la maison du bonheur pour M. et ses amis. A chaque fois qu’on s’y rend, M. y invite pas mal de potes et c’est la fête pendant quelques jours.

Là, nous y sommes pour toute la semaine. Une dizaine de personnes nous rejoint dès jeudi, pour le week-end de l’ascension.

Pour le moment, c’est grand soleil, alors je prie Râ et Hélios pour que ça dure un peu.

Nous ne faisons strictement rien de passionnant depuis hier, simplement farniente au soleil avec un bouquin, bonne bouffe et tchatche…

J’en profite pour prendre quelques photos avec mon appareil numérique à deux balles que j’ai toujours sur moi depuis un an.

Vue de Saint-Briac