2 articles tagués avec “Steven Spielberg”

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Super 8

Publié le Dimanche 21 Août 2011 - 21:58
Catégorie: Cinéphage

Cela fait déjà quelques années que je suis conquis par J.J. Abrams à qui l’on doit Lost, Fringe, Star Trek ou Cloverfield. Il a ce talent extraordinaire pour créer du blockbuster intelligent, oxymore cinématographique s’il en est… En cela et pour les thèmes abordés, on le compare souvent à Steven Spielberg, et voilà que Super 8 vient rapprocher les deux ! Eh bien, cette alliance est plutôt réussie sans donner lieu non plus au chef d’oeuvre du siècle.

Super 8 est un film qui mise avant tout sur la nostalgie et sur le détail qui fait mouche, ainsi on est plongé dans les USA de 1979 et on peut saluer un travail de reconstitution tout à fait pointilleux et impressionnant. L’hommage principal réside dans le titre même du film, car l’auteur a voulu ces caméras Super 8 comme élément central. Et on se retrouve en cette fin d’années 70, avec un groupe de gamins qui jouent à produire un film grâce à leur caméra et films Super 8. Charles joue les réalisateurs exigeants tandis que Joe maquille et s’occupe des effets spéciaux, et l’arrivée d’Alice en tant que jeune première rend Joe assez nerveux (premiers émois…). Ils sont 6 à participer, et décident d’aller un soir en secret près d’une gare pour filmer avec plus de réalisme pendant d’un train passe à côté d’eux. Mais manque de pot, une voiture vient barrer le chemin du train, et le déraillement provoque un véritable cataclysme. La caméra continue de filmer, et on aperçoit un “truc” inhabituel en un instant fugace. L’armée débarque, et les gamins retournent vite en ville sans se faire prendre. Dès le lendemain, les militaires sont sur le pied de guerre, et le père de Joe, policier municipal, essaie de comprendre ce que contenait cet étrange chargement qui intéresse tant l’armée. Les gamins eux essaient de finir leur film, mais ce n’est pas facile, surtout quand Alice est punie par son père…

On pense tout de suite aux “Goonies” (1985) qui était déjà un film de préados à qui il arrivait des tas d’aventures, mais là on est dans une oeuvre un peu mieux construite et ficelée. J’ai aussi pensé au “Géant de fer” pour la bestiole qui vient de l’espace et qui est crainte pour de mauvaises raisons, et puis comment ne pas penser directement à “E.T.”… Il y a globalement une kyrielle de références qui fait que l’on percute sur beaucoup de plans ou de situations. J’ai été épaté par l’excellent jeu des gamins, vraiment ils sont particulièrement bons et convaincants. D’ailleurs je trouve que les enfants comédiens sont de plus en plus crédibles, c’est assez dingue.

Les effets spéciaux sont vraiment très bons, mais surtout utilisés à bon escient, il n’y a rien de show-off ou tape à l’oeil. On est au contraire dans toute la première partie du film avec des jeux d’ombres ou des passages musicaux qui évoquent plus qu’ils ne montrent, et cela ne donne qu’un suspense grandissant et parfois des moments où l’on flippe sincèrement. On ne sait jamais trop d’ailleurs dans quel film nous sommes entre comédie familiale ou fantastique, et on a la chance d’avoir toutes ces facettes plutôt bien traitées et écrites.

Ce n’est pas un film indépendant ou qui brille par son originalité, mais plutôt une oeuvre de très bonne facture et qui assure un très bon moment de ciné. Le parfait divertissement qui faire sourire, doucement rigoler, rappelle quelques souvenirs et surprend légèrement avec quelques twists sympatoches. Rien de plus, mais tellement mieux faits que la plupart des blockbusters hollywoodiens que l’on a sur nos écrans à longueur d’année.

Super 8

  • Cinéphage
Indiana Jones et le royaume du Crâne de Cristal

Publié le Jeudi 22 Mai 2008 - 23:36
Catégorie: Cinéphage

*** Vous me connaissez, je suis un spoiler de ouf, donc ne lisez pas si vous n’aimez pas ça. ***

Ah là là, il était attendu celui-là, et il arrive malheureusement certainement un petit peu trop tard. Comme d’habitude pour les suites à succès, il faut à la fois se renouveler, tout en conservant ce qui était bien, en ne décevant pas les fans et en faisant la conquête d’autres… Et là, globalement, je suis déçu car c’est presque un film raté à mon avis.

Il reste bien quelques vestiges sympathiques de la série, on retrouve l’humour d’Indy et ses facéties, ainsi que quelques scènes burlesques (comme les « trois chutes ») ou même des conversations décalées (les fameuses engueulades avec ses nanas, alors que c’est la guerre autour) toujours aussi cocasses. Les comédiens sont tout à fait talentueux et campent parfaitement leurs rôles. Une mention particulière à Cate Blanchett, irrésistible en méchante russe à l’accent énoooorme, ou bien Shia LaBeouf qui se débrouille bien en Indiana Junior.

Et là l’idée d’ajouter une dimension extraterrestre à celle habituellement spirituelle ou divine ne me dérange pas. C’est même assez bien ficelé. Non ce qui m’a vraiment troublé, c’est que le scénario est bancal, que les raccords narratifs ont des fuites, que certaines scènes sont inutiles, et créent des ruptures de rythme insupportables, que les nazis c’est vachement mieux que les russes comme méchants, etc. Bref tout un faisceau de frustrations qui mises bout à bout ne m’ont vraiment pas fait adorer le film. Et du coup, les petits bons moments sont largement contrebalancés. Cela devient un blockbuster comme les autres, alors que merde, c’est Indiana Jones quoi !!

Peut-être que le concept même a vieilli, et c’est vrai qu’Harrison Ford ne peut plus vraiment assumer son rôle originel. Mais il y a pas mal de détails ou de pans du scénario qui m’étonnent, qui tranchent carrément avec l’esprit de base, et qui se détachent de l’intrigue principale. Tout le début par exemple dure un temps infini, et ne sert pas à grand-chose. Il y a cette cavalcade dans le Nevada pour aller ouvrir le corps de Roswell, et découvrir un truc important. Or par la suite, on se rend compte qu’il n’y a plus aucun lien, on n’utilise pas ce qu’on a récupéré là. Et il semble que cette virée n’a servi à rien, sinon à nous mettre dans le contexte des années 50. Ah ça on a compris, que les méchants étaient russes, et plus nazis !

Idem pour la scène de l’explosion nucléaire… Too much, too much. Et cette manière de s’appesantir sur la fausse ville, tous ces moments de latence sont signés Spielberg. Mais autant cela peut fonctionner dans un film d’auteur à la « Guerre des Mondes », autant dans Indiana Jones c’est décalé et chiant. De même, j’ai noté trois moments curieux qui correspondent à des scènes avec des animaux en images de synthèse. Un chien de prairie, un singe et une fourmis (qui font bien trop « La Momie », pas top). Dans ces trois moments totalement séparés, la caméra s’arrête pendant deux secondes de trop, et je n’arrive pas à savoir pourquoi… D’ailleurs, il y a quelques soucis avec les images de synthèse, qui ne sont pas extraordinaires, et font un peu penser à la sur-utilisation de King Kong. Ou même lorsque Shia LaBeouf se retrouve à copiner avec des singes, et à jouer à Tarzan dans les lianes… Ouh là là.

Cette plongée dans les années 50 est aussi très étonnante dans la minutie de sa reconstitution, ou même dans cette volonté de faire passer le professeur Jones pour un ancien médaillé qui a maille à partir avec le FBI en pleine montée de maccarthysme. On n’a pas besoin de cette dimension politique dans un Indiana Jones, car ça ne sert pas l’intrigue, et c’est rapidement évacué par un départ dans la jungle. Du coup, on sent que ces scènes sont là, mais n’ont pas grand intérêt, et alourdissent le récit.

Dans les autres films, les nazis sont les méchants, on est en gros dans les années 40, mais pas grand chose ne vient étayer l’époque, et tant qu’on n’est pas dans les anachronismes, ça roule. Il faut des aventures, des cascades, des passages secrets, de l’humour et des péripéties. On retrouve cela dans ce quatrième film, mais noyé avec d’autres trucs beaucoup moins utiles à mon avis. On a l’impression d’avoir Indiana chez « X Files », avec « La Momie », une bonne partie de « Stargate » et « Benjamin Gates », voire « Alien Vs Predator » (je sais, j’ai des références…). D’ailleurs, au final, Benjamin Gates ne s’en sort plus si mal, et le premier (car le second est vraiment une daube) apparaît comme une suite contemporaine correcte à Indiana Jones.

Alors évidemment, ça reste un bon divertissement, et je ne me suis pas fait chier. Mais c’est décevant… Trop de choses qui ne collent pas. Steven, George, z’avez déconné merde…

Indiana Jones et le royaume du Crâne de Cristal