Je m’étais fait remarquer lors d’un séminaire avec ma boite lorsque la consultant avait demandé un tour de table pour savoir ce qui nous motivait « dans la vie » . En effet, j’avais sincèrement rétorqué qu’une journée où j’avais ri, lui donnait alors toutes les chances de devenir une bonne journée ! Rire, exploser de rire, ne plus pouvoir retenir son diaphragme, sentir le sang qui monte à la tête, avoir les cellules grises qui pétillent d’euphorie, et entendre son propre rire qui se déploie naturellement et sans entrave…
Aaaaah, que c’est bon de rire.
(Si si)
Eh bien mes chers amis, hier soir, je n’avais pas ri comme cela depuis des lustres (sauf quand je fais des blagues à mon chérichou dans le lit avant de dormir, mais c’est une autre histoire). Je suis allé avec des potes au Tango, sur les conseils avisés de Floflochou, pour me régaler des propos follement drolatiques de la célèbre (mais je ne la connaissais pas, béotien que je suis) Mado ! Cette dernière est une drag-queen qui officie dans son propre cabaret à Montréal.
Nous ne sommes pas habitués à de tels spectacles en France, mais aux USA ou même en Angleterre, c’est plus courant. Et là c’est une véritable « stand-up comedian » version travelobitchiquébecoise ! Autant dire que c’est irrésistible… Mado a une répartie qui fait mouche la plupart du temps, mais surtout un extraordinaire à-propos qui lui fait élaborer des digressions d’une demi-heure entraînant son audience de rires en crises de rire. Ajoutez à cela une trame plutôt bien écrite et bien sentie, un accent québécois qui à lui seul nous apporte déjà le sourire, et un habile management interculturel qui lui aussi est sujet à bien des plaisanteries.
Mado a donc pris place dans cette mythique boite de nuit gay parisienne, et a enflammé l’ambiance pendant presque trois heures, avec un parterre de pédales qui riaient de bon coeur. Son humour fonctionne parce qu’il est vraiment basé sur sa tchatche et son babil effronté, mais en outre elle scande son spectacle de chansons dont elle change les paroles pour les rendre encore plus drôles. Normalement son spectacle parle de l’histoire de (“de” et pas “du”) Québec et de ses 400 ans, mais il faut avouer qu’elle n’arrive pas vraiment à suivre le fil de son récit. On apprend tout de même l’histoire des filles du roi, et de ces français incapables qui ont perdu la ville en trente minutes !!
Sinon elle est plus diserte sur Céline Dion ou Natacha Saint-Pierre ainsi que toutes ces chanteuses criardes qu’elle nous souhaite de garder le plus longtemps. Alors forcément la thématique est extrêmement gay et queer, et il faut un minimum de pédéculture pour apprécier le spectacle, mais je crois que mes lecteurs n’en manquent pas. Huhu. Je suis incapable de vous sortir le quart des blagues et calembours de la veille, mais ça m’a fait marrer comme une baleine, et ça fait un bien fou !! Et elle nous serine aussi sur notre façon de parler, sur les différences de vocabulaire entre français et québécois, sur nos manières aussi. Bref tout ce qui donne l’occasion de se moquer et d’en rajouter des tonnes, tout en glissant une remarque sexuelle dès qu’elle le peut.
Matorif en a fait une excellente chronique, et je vous conseille son article qui reprend verbatim de belles assertions. Un grand merci à Madame Hervé pour cette belle soirée !! Et dès que je vais à Montréal, je passe sans faute une soirée dans ce cabaret.
L’avis des copines : Matorif, Poulpi, Incipio.