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« Master Class » au théâtre de Paris

Publié le Samedi 20 Septembre 2008 - 19:55
Catégorie: ThéâtrOpérage

« Master Class » est une pièce mythique qui a besoin d’être portée par une sacrée actrice pour endosser le rôle de Maria Callas. C’est une pièce américaine de Terrence McNally, de 1995, et qui a été un grand succès à Broadway. Il s’agit d’un cours de chant donné par Maria Callas alors qu’elle a perdu sa voix, et qu’elle donne de rares “master class” à de chanceux étudiants. Pendant deux heures et demi c’est Marie Laforêt qui a litéralement incarné Maria Callas, et qui a prouvé là son talent de comédienne.

La pièce est une grande réussite à mon avis, d’abord pour son sujet qui est passionnant, à la fois ancien et en même temps proche, et qui réunit tout ce qui passionne : l’art, l’amour, le drame, la destinée d’une femme à l’énorme égo et véhément caractère. Mais il y a ce texte qui est vraiment très beau, et surtout cette veine américaine qui rend le spectacle prenant, émouvant, captivant. Non seulement on est intéressé par le fond, mais la forme est tellement distrayante et bien ficelée que l’on ne peut qu’adhérer au tout. Et évidemment, Marie Laforêt qui éclipse totalement les quelques comédiens-chanteurs qui participent à la pièce…

Marie Laforêt est Maria Callas. Elle paraît ensorcelée et hantée par son personnage, et on ne peut qu’applaudir cette performance. Elle allie une gestuelle, une manière de parler et surtout des intonations qui sont ce qu’on a retenu de la diva, et en même temps elle s’empare du texte pour le faire sien. Ce n’est plus une comédienne mais c’est Maria Callas qui vient nous faire son show, en même temps qu’une émouvante confession, celle de toute une vie.

Le spectacle est étonnant dans la manière dont il s’articule. J’ai été surpris de rire autant dans les manifestations de sublime bitcherie que nous offre la diva. Elle est tellement mauvaise avec les chanteuses et chanteurs, elle se met tout le temps en avant, que ce soit sa personne, son talent ou sa carrière. Et il faut avouer que ses réparties cinglantes et souvent méchantes sont très comiques. De plus, elle prend le public à parti, c’est comme si nous étions les élèves du cour, ce qui renforce encore notre “participation” au spectacle. Et de temps en temps, il y a un décrochage. Là c’est la femme qui parle, qui se souvient, qui revit ses vicissitudes, ses souffrances mais aussi ses grandes joies. Il y a les applaudissements de la Scala, la passion amoureuse d’Onassis, la perte de son enfant, les jalousies, les critiques, sa carrière et sa chute. Bref, elle se révèle et tout s’efface autour d’elle.

Ces moments encore une fois sont très très américains, et peuvent même paraître un peu “too much”, mais je crois que c’est LE personnage avec lequel on peut justement se permettre ce genre de chose. Je n’ai pas du tout été rebuté par la durée de la pièce, et certains moments où on l’entend chanter sont autant de rappels émouvants de l’artiste qu’elle fut.

Le seul souci avec Marie Laforêt c’est qu’elle a de moins en moins de “visage”, que sa bouche est tordue, son mythique regard part en couilles, et que de profil, elle ressemble à Johnny Halliday. Aïe aïe aïe, la chirurgie… Moi ça m’a un peu gâché certains passages, ou alors j’aurais aimé être quelques rangs plus loin. Heureusement son jeu est superbe, et elle fait rapidement oublier ce curieux masque blanc qui lui sert de visage.

Cette pièce est drôle, émouvante et captivante, on y retrouve vraiment ce qui fait la qualité des pièces de Broadway. Et il faut un talent certain pour nous tenir en haleine comme cela plus de deux heures. Mais comment ne pas aimer un spectacle qui présente la vie d’une bitchy diva totale fille à pédés, méchante comme une teigne, fière et talentueuse, déçue par l’amour et dont la vie n’a été que passions et drames. Bah justement, on aime !

Master Classe au théâtre de Paris

  • ThéâtrOpérage
Eurovartovision 2006

Publié le Mercredi 7 Juin 2006 - 16:55
Catégorie: ThéâtrOpérage

Jamais je n’aurais imaginé qu’il puisse exister un spectacle aussi pédé que ça ! Plus gay que tout ce que vous pouvez concevoir, plus que la Gay Pride, plus que les Follivores, plus qu’un concours international de coiffure ou un salon mondial du gode ! Eh bien voilà, il y a l’Eurovartovision !

Il s’agit d’un spectacle « musical et théâtral » créé et organisé depuis 1992 par Vartoch’, et qui propose donc un jubilatoire et euphorisant pastiche de l’Eurovision. On retrouve donc 19 équipes de chanteurs et danseurs (filles et mecs) par pays traditionnellement participants à l’émission mythique, ils chantent dans la langue du pays, et présentent aussi une courte vidéo d’introduction. Le show est présenté par deux personnages : un grand type, sorte de Monsieur Loyal, et une drag totalement bitchy et irrésistible : la pétulante Gertrüd. Ajoutez à cela un sémillant jury (par pays aussi) où l’on pouvait compter sur la présence et les votes (moins chauvins que dans la version originale du coup !) d’Armande Altaï, Chantal Ladessous, Catherine Arditi ou Desireless pour les plus connues.

Avant-hier c’était donc au Théâtre de Paris dans le 9e, et la salle (1164 places) était blindée de tapioles de tous les genres. Hallucinant !

eurovartovision_2006_theatre.jpg

Gertrüd et son compagnon ont donc présenté avec un certain panache cette 14ème édition de l’Eurovartovision devant une foule de tapettes extatiques. Les vidéos qui présentaient les groupes étaient tellement minables que c’en était pétant de rire, quand le vidéoprojecteur daignait fonctionner pendant plus de 21 secondes. Ensuite les groupes présentaient des performances d’un niveau tout à fait cohérent avec l’Eurovision. Donc drôles, parfois ridicules, pleines de créativité et de bon esprit, mais surtout d’un énième degré qui décoiffait carrément. Et les commentaires décalés et queerissimes de Gertrüd amélioraient encore l’effet hilarant des numéros.

Un petit tour des pays (ce n’est pas complet, et c’est mon portable donc pas terrible…), en commençant par la Norvège avec son inspiration très Magicien d’Oz… (aux US, les homos s’appellent aussi « friends of Dorothy »)

Eurovartovision 2006 - Norvège

J’ai adoré les italiennes qui ont présenté une fascinante histoire d’un amour déçu, et d’une fée des pizzas qui vient en aide à la pauvresse. Extraordinaire et super sexy !

Eurovartovision 2006 - Italie

La Suisse était représentée par un ange…

Eurovartovision 2006 - Suisse

La Belgique fut la grande gagnante de cette édition, avec un grand drag qui avait de superbes pompes en strass qui étincelaient dans toute la salle (je veux les mêmeuuuuuh).

Eurovartovision 2006 - Belgique

Et le Luxembourg avec Vartoch’ en Elvis, et un décor un peu fragile et brinquebalant…

Eurovartovision 2006 - Luxembourg

Et pour notre plus grande joie, Monaco était représentée par la mère de Vartoch’ qui interprétait tout simplement l’injustement recalée : « Coco Dance ».

Eurovartovision 2006 - Monaco

L’Islande avec une Madonna, une Britney et une Christina « new generation »…

Eurovartovision 2006 - Islande

Enfin, l’Albanie avec trois Britney en furie… qui ont terminé dans le plus simple appareil, mais qui mettait bien en valeur les jeunes hommes en question. ;-)

Eurovartovision 2006 - Albanie Eurovartovision 2006 - Albanie

Après un entracte qui a laissé le temps aux jurés pour délibérer, nous avons eu droit au traditionnel décompte des points, plus ou moins bilingue… et toujours aussi drôle.

Eurovartovision 2006 - Gertrüd

Ah vraiment, j’ai passé une excellente soirée (terminée à minuit passé), et on a ri comme des fous (folles). C’est étrange, je n’avais vraiment jamais entendu parler de ce truc là avant… Une soirée vraiment queer et délirante, qui ne se prend surtout pas au sérieux et avec plein de jolis garçons… Je serai là l’année prochaine ! :mrgreen:

Eurovartovision 2006