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Pectus est quod disertos facit

Mardi 11 décembre 2007

ThéâtrOpérage « Le Roi Lion » au théâtre Mogador

Classé dans: ThéâtrOpérage — Tags: @ 23:03:14

Je suis un grand grand fan du dessin animé de Disney, que j’ai vu tellement de fois que j’en connais les moindres lignes de dialogues ou refrains de chansons. Et quand des potes qui avaient vu la comédie musicale à New York ou à Londres m’en avaient parlé, je savais que je devais un jour le voir sur scène !! Quand j’ai appris que nous allions avoir droit à une version francisée, j’ai espéré le mieux, et je n’ai pas été déçu. J’ai même été conquis (il faut dire que j’ai connu le film en VF seulement), malgré quelques remarques négatives parce que je suis vraiment un chieur, mais j’avoue que je n’ai qu’une envie : y retourner.

Concernant le scénario, ce n’est pas compliqué, il s’agit de l’exacte reproduction du film de Disney, à deux trois pétouilles près, et quelques chansons additionnelles. On peut noter aussi que Rafiki est joué par une femme, et que la nourriture à base d’insectes a été zappée… Je ne vous ferai pas l’affront de vous raconter le Roi Lion !!

Et comme dans le dessin animé, ça démarre fort, ça démarre même très fort, avec un cercle de la vie qui met les larmes aux yeux tant il dégueule d’émotions et qu’on est bluffé par les décors. Car les décors… putain les décors… Les animaux, les costumes, les accessoires, la chorégraphie qui souligne le tout, et surtout le « Deus ex machina » de l’ensemble sont d’une beauté et d’une suggestion qui dépassent l’entendement. Non vraiment, c’est superbe, et évocateur du dessin animé avec un stupéfiant réalisme !! Le soleil qui descend sur la savane, le rocher aux lions, la végétation ou les animaux sont représentés par des artifices qui sont à la fois très convaincants, mais qui jouent aussi sur la grande poésie de l’histoire et des chansons. Ce ne sont pas des gens déguisés en lions ou en hyènes comme à Disneyland, mais des éléments qui mêlent habilement les chanteurs-danseurs et les animaux qu’ils incarnent.

Il s’agit d’un superbe spectacle qui a absolument ravi le public, qu’on sentait fébrile et émerveillé du début à la fin (tout le monde était débout à applaudir à tout rompre). La scène est peut-être parfois un brin trop petite, mais remarquablement occupé, et tout le temps en mouvements. Ca bouge dans tous les sens, et les trois heures du spectacle ne sont vraiment pas difficile à supporter.

J’ai aussi été agréablement surpris par les voix des protagonistes très proches des voix françaises. Notamment Mufasa (Jean Reno dans l’original) et Scar (Jean Piat dans le film de 1994) qui ont de très belles voix, mais aussi Zazu qui est très proche de l’original et révèle un chanteur-danseur diablement talentueux.

Tout concourt à nous emporter dans l’ambiance et le charme du dessin animé, et c’est franchement réussi tant on oublie parfois qu’on est en train de voir un spectacle vivant. Et même les challenges qu’on penserait évités pour plus de facilité sont abordés et résolus avec une simplicité (apparente) déconcertante. Ainsi la charge des gnous ou bien le rêve de Simba ont été figurés avec un talent et une inventivité qui forcent le respect.

Alors là comme ça, on pourrait penser que tout est parfait dans le meilleur des mondes… Mais non, car il y a aussi des défauts à cette comédie musicale. Déjà, comme je l’avais dit pour « Cabaret », il est impossible d’affirmer que ce spectacle joue dans la même cour que les shows de Broadway ou même Londres. C’est très bien, vraiment très bien, mais il y a un tas de petites imperfections qui viennent troubler le spectacle, ce n’est clairement pas l’excellence américaine que ce soit dans les prouesses vocales, la synchronisation des chorégraphies, ou même leur exécution.

Quand on voit que le bébé lion perd une patte au début du spectacle… Ou bien certains danseurs un peu fatigués… Mais surtout, le soir où nous y sommes allés, Simba jeune était simplement mauvais, mais mauvais !!! Le pauvre gamin était essoufflé et ne suivait pas du tout le rythme, en outre il chantait mal. Terrible… J’ai aussi beaucoup souffert d’une ingénierie du son qui faisait gueuler la musique et qui couvrait les voix des chanteurs, ou les rendaient incompréhensibles. Et cela couplé à des artistes qui articulent parfois plus que sommairement ce qui les rend parfaitement inintelligibles. D’ailleurs, ils ne jouaient en somme pas toujours très bien, à part Zazu.

Alors évidemment, ça ne gâche pas le spectacle, et je reste malgré tout impressionné et très content. Mais, ce sont des preuves pour moi qu’il est impossible de trouver en France des artistes capables de jouer, danser et chanter avec autant de talent qu’aux US. Ce n’est qu’une question de culture bien évidemment, et de débouchés !

Mais je ne boude pas mon plaisir pour autant, et comme je l’ai dit, je pense y retourner ! C’est indéniablement le genre de spectacle à ne pas rater !!

L’avis des copines : Bleu-Rouge, Laurent, Dfp.

« Le Roi Lion » au théâtre Mogador

Mardi 10 janvier 2006

ThéâtrOpérage Swan Lake au théâtre Mogador

Classé dans: ThéâtrOpérage — Tags: , , @ 01:16:59

Il ne faut pas aller voir ce spectacle en pensant qu’il s’agit d’un ballet, même moderne. Sinon on est forcément déçu. Il faut simplement voir cela comme un pur spectacle chorégraphié sur une musique à l’intemporelle excellence. Un peu comme Shakespeare revu par Baz Luhrmann dans « Romeo+Juliette », Matthew Bourne a réinterprété le ballet originel de Tchaïkovski en changeant quelques données (majeures !), et en y ajoutant de l’humour, une chorégraphie débarrassée de formalisme et une certaine audace.

Pour les petits côtés négatifs, je dirais que l’orchestre n’était pas d’une qualité extraordinaire, et que les adaptations modernes m’ont parfois un peu troublées. Il y a aussi une certaine hétérogénéité parmi les danseurs, qui parfois trouble un peu l’harmonie ou la symétrie d’un tel « show ». Mais sinon, j’ai absolument adoré l’ambiance dans laquelle on est plongée, ainsi que cette nouvelle histoire où les cygnes sont masculins, où le manque d’affection de la mère (la Reine) envers son fils (le Prince) est central, etc.

Les décors (très mobiles et modulaires) servent à merveille le récit, et tout le début est un remarquable théâtre dansant et muet dont l’humour et la dérision viennent étonnamment donner beaucoup d’énergie au spectacle. Et puis, un soir de débauche et de désespoir, alors que le Prince en vient à souhaiter la mort… On entend cet air, et on sait, on sent que tout va changer.


Le rêve et la puissance des émotions distillées là m’ont fait passé un merveilleux moment, sans longueur ni préciosité, tout en beauté et en lyrisme. Evidemment, on n’a pas la perfection des danseurs et danseuses de ballet, mais c’est largement compensé par l’audace, l’inventivité et le charme de l’œuvre. Bref, c’est trop de la balle !

L’avis des copines : Palpatine, Zvezdoliki, Patrick, Laurent et Niklas.

Swan Lake au théâtre Mogador

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