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Le Miami City Ballet au Théâtre du Châtelet (Les Étés de la Danse) pour une seconde fois !

Publié le Mardi 16 Août 2011 - 23:15
Catégorie: ThéâtrOpérage

Cela date un peu mais quelques jours après avoir été ébloui par ma découverte du Miami City Ballet au théâtre du Châtelet, et notamment pour le magnifique ballet de Twyla Tharp/Philip Glass que j’aime tant, j’ai repris une place pour y retourner avant le départ de la troupe. J’ai vraiment bien fait car les deux premières pièces étaient différentes, et je voulais surtout revoir “In the Upper Room”. Ce dernier ballet m’a paru un peu moins puissamment et parfaitement exécuté que la fois précédente, en revanche j’ai bénéficié de deux premiers spectacles proprement d’exception !!!

Il s’agissait de la même tactique pour la programmation avec deux premières oeuvres qui vont du plus classique au plus moderne, mais c’était beaucoup moins dépouillé et simple que la fois précédente. Là les décors et costumes étaient beaucoup plus travaillés donnant aux ballets un petit côté théâtrale très plaisant. J’ai d’abord retrouvé Balanchine avec “Theme and Variations” dont le titre est assez explicite, et qui présentait donc la partie la plus classique et traditionnelle. Dans un décor digne de Sisi Impératrice, il s’agit d’une oeuvre charmante et très harmonieuse, d’autant plus qu’il s’agit d’une musique de Tchaikovski particulièrement romantique. De plus j’ai trouvé les danseurs et danseuses meilleurs que la dernière fois, beaucoup plus synchrones et délicats.

Mais l’apothéose arriva vraiment avec la seconde pièce, In the Night, une chorégraphie de Jerome Robbins sur des musiques de Chopin (4 Nocturnes dont 2 était archi-connues). On a trois duos qui se succèdent sur chaque pièce, et se retrouvent à la fin de chaque “mouvement”. Les costumes sont très différents et assez contemporains dans le genre. La chorégraphie est à la fois moderne mais tout en déployant une harmonie globale bluffante. Je sentais les spectateurs autant sur un nuage que moi devant une telle manifestation de beauté et une alliance quasi-surnaturelle entre musique et danse. Les Nocturnes étaient justement posées devant un fond noir piqué d’une kyrielle d’étoiles, et les duos se détachaient dans un rond de lumière, tandis que les jeux entre les couples étaient tour à tour drôles, intrigants ou délicieusement romanesques. On a salué à la fin l’ensemble de l’oeuvre qui donnait ce sublime spectacle, et c’était des ovations autant pour la musique, la chorégraphie que le talent manifeste des danseurs. Sur le coup, la dernière fois les applaudissements n’avaient pas du tout été autant nourris, mais là ce fut un énorme succès avec des rappels et des artistes qui paraissaient très contents aussi de leurs performances.

Et je me demande si ce fantastique second temps n’a pas un peu entamé la concentration et l’attention des artistes car In the Upper Room n’était pas au même niveau que celui que j’avais vu (qui était déjà inférieur à celui de l’American Ballet Theater). Malgré tout, c’était génial et j’ai encore une fois bien pris mon pied !! Lorsque le dernier mouvement se met en branle et que tous les danseurs se retrouvent sur la scène, avec la musique en crescendo j’ai le coeur qui bat la chamade et le public était (malgré tout) encore debout pour les rappels !

Allez je la reposte !!! (Huhu.)



Le Miami Ballet Theater au Théâtre du Châtelet (Les Étés de la Danse)

  • ThéâtrOpérage
Le Miami City Ballet au Théâtre du Châtelet (Les Étés de la Danse)

Publié le Vendredi 15 Juillet 2011 - 19:25
Catégorie: ThéâtrOpérage

Le Miami City Ballet est une compagnie de danse américaine réputée, et ils ont offert un spectacle assez similaire à celui auquel j’avais eu la chance d’assister il y a quelques années au même endroit par l’American Ballet Theater. D’ailleurs j’ai réservé ce spectacle principalement pour me délecter à nouveau d’un In The Upper Room en live. Donc de la même manière, trois pièces se sont succédées avec trois typologies bien distinctes, du plus classique au plus moderne. D’abord, ce fut Square Dance de George Balanchine sur une musique de Vivaldi, ensuite le même George Balanchine mais avec un The Four Temperaments mis en notes par Paul Hindemith, et enfin mon fétiche In the Upper Room par mon adoré compositeur Philip Glass et magnifiquement chorégraphié grâce à Twyla Tharp.

On retrouve vraiment certaines caractéristiques de l’American Ballet Theater, c’est à dire que j’ai trouvé qu’ils étaient très athlétiques et de vrais “performers”, mais que ce n’était pas non plus la grâce et la prestance d’un ballet classique européen plus traditionnel. Malgré tout en comparaison à l’American Ballet Theater, ils sont un peu moins baraqués et plus fins, et un peu plus conformes aux standards du ballet classique. En toute logique, j’ai eu une opinion très positive mais qui est monté crescendo avec les oeuvres présentées.

La première, Square Dance, est très classique sur le fond et la forme, avec une musique de Vivaldi très (trop ?) easy-listening et une chorégraphie de Balanchine aussi magnifique que dans les canons du genre classique. On était vraiment dans les tutus, pointes et ballerines, mais c’était plutôt plaisant et bien senti. C’est la pièce en revanche qui paraissait la plus faible parce que ce type d’exercice est fatal à des danseurs un peu patauds, qui y vont en force, ou surtout quand la synchronisation globale pêche un peu… Et c’était le cas, donc on n’est pas forcément convaincu par l’excellence de la troupe en ce domaine, même si le tout était exécuté correctement.

Toujours Balanchine pour la seconde pièce, The Four Temperaments de Hindemith, qui est beaucoup plus moderne dans la musique et dans la chorégraphie. On a aussi des costumes qui restent classiques mais dans une dominante bicolore qui rime bien avec la musique aux relents jazzy ou qui ferait penser à certains musicals américain (du Bernstein notamment). L’orchestration était bonne pour cette musique rythmée et syncopée avec quelques dissonances modernistes plutôt bienvenues et agréablement soulignées par la danse. J’ai trouvé aussi que les danseurs prenaient leur marque et semblaient plus à l’aise avec une expression plus contemporaine et une déstructuration (gentille) des codes de la danse classique. Il y avait encore quelques manques de synchronisation, mais moins dommageables pour ce type de chorégraphie.

Enfin, ultime oeuvre présentée : In the Upper Room de Philip Glass pour la musique et Twyla Tharp pour la chorégraphie. J’ai déjà largement évoqué cette oeuvre qui est vraiment quelque chose de majeur dans mon petit univers personnel, donc je ne pouvais décemment pas le manquer. C’est drôle car on y retrouve un peu des qualités et défauts que j’évoquais plus avant. Du coup, j’ai trouvé la chorégraphie bien en phase avec le savoir-faire et le côté “athlète” de la compagnie, mais ils ne sont pas aussi “bons” que l’American Ballet Theater sur cet aspect purement “performance” et “waouh”. En revanche, il y a un petit plus pour une certaine grâce et légèreté, là où j’ai le souvenir avec les new-yorkais d’un spectacle beaucoup plus froid et mécanique (mais alors impeccable de chez impeccable). Je fais dans le détail mais globalement ils étaient excellents et j’étais totalement pris par l’émotion.

Cette pièce a un pouvoir extraordinaire sur le public, il fallait sentir tout les gens à bout de souffle alors que les danseurs effectuent une performance physique assez incroyable. Et le ballet se termine dans un paroxysme qui donne les larmes aux yeux, avec un public qui n’a pas tardé à se lever, et à applaudir comme jamais je ne l’avais expérimenté dans ce théâtre. Donc un Miami City Ballet qui a carrément assuré, et que je vais retourner voir jeudi prochain !! (Eh oui qui sait dans combien de temps, il me sera donné de revoir ce ballet !!!) Ces 38 minutes de danse me donnent un plaisir assez indicible, et j’assume mon assuétude !!

Pour voir et écouter ce dont je parle, en voilà une version intégrale magnifique.



Le Miami Ballet Theater au Théâtre du Châtelet (Les Étés de la Danse)

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  • Matooyage
In the Upper Room (Philip Glass / Twyla Tharp)

Publié le Lundi 31 Janvier 2011 - 0:58
Catégorie: Matage, Matooyage

J’ai déjà parlé de tout cela, et j’ai parfois l’impression de bien radoter au bout de 7 ans et demi à broder ici, mais j’ai une telle relation avec ce ballet, que je dois encore en reparler. Car j’ai évoqué en 2003 déjà comment j’ai été intronisé à Philip Glass par une de ces rencontres qui changent la vie, et plus tard mon père qui avait enregistré ce bout de ballet à la télé. Il est resté des années un simple extrait sur une antédiluvienne VHS jusqu’à ce que j’en parle ici et qu’un blogueur me confie que l’American Ballet Theatre allait le danser à Paris quelques semaines plus tard. J’ai alors pu enfin goûter au bonheur apporté par ce spectacle qui, pour moi, dépasse l’entendement, transcende tout ce que j’avais pu voir et ressentir jusqu’alors.

Au hasard de mes pérégrinations sur le web, j’ai trouvé une vidéo, manifestement enregistrée de la RAI, qui présente le ballet en entier. Je n’ai pas pu résister à l’encoder et à la poster ici.

Je suis une terrible bille en termes de ballet, mais je vis ce spectacle avec toute ma candeur et mes tripes. Je sais que Glass n’est pas considéré comme de la “grande musique” par les mélomanes, mais ce n’est pas grave, et dans ce cas précis, je n’ai jamais vu expression corporelle plus adaptée, plus en résonance avec la musique que cet “In the Upper Room”. L’ambiance vaporeuse sur la scène, les costumes blancs, rouges ou les zones dénudées, les danseurs et danseuses en solo, en couple, les oppositions, les ruptures ou les harmonies ainsi créées, tout me plait, m’intrigue, me fascine dans ce spectacle.

Les sentiments aussi varient avec des moments de tension extrême et d’autres plus calmes et parfois sombres. Mais il y a surtout cette énergie créatrice et vivifiante qui irradie tout au long de la chorégraphie, j’imagine d’ailleurs que les artistes sont complètement éreintés à la fin d’une telle dépense physique. Le ballet se joue autant d’un ensemble de corps en mouvement, que de petits détails qui viennent émailler une scène globale, et cette vitalité fait que l’on ne s’ennuie pas une seconde. Au-delà des performances athlétiques et chorégraphiques, la poésie qui se dégage est aussi troublante et émouvante, et c’est ce dernier point qui me paraît si extraordinaire. On peut exprimer des choses avec la danse, une histoire, des émotions ou une corrélation avec la musique. Mais pour moi ce ballet devient un pur moment de poésie, et j’en deviendrai proprement synesthésique en ne sachant plus quel sens me procure exactement cela.

Ok j’en fais des tonnes. Mais vraiment j’aime beaucoup beaucoup.

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  • Matage
  • ThéâtrOpérage
L’American Ballet Theatre Au Théâtre du Châtelet

Publié le Lundi 12 Février 2007 - 20:10
Catégorie: Matage, ThéâtrOpérage

Tout a commencé comme une de ces hasards du blog que j’adore. Il y a quelques temps j’ai remontré un extrait d’un ballet contemporain sur une musique de Philip Glass, ce dernier étant un compositeur que j’admire et dont j’ai beaucoup parlé ici. Je ne savais pas exactement qui avait chorégraphié ce ballet, ni s’il en existait des enregistrements vidéos. Et voilà que Laurent, que ses bontés envers moi lui soit rendu au centuple au paradis des pédés, m’apprend en commentaire que, non seulement, ce ballet est de Twyla Tharp, mais qu’en plus il va être visible au Théâtre du Châtelet ce dimanche. Ni une, ni deux, j’ai dégainé ma carte bleue et me suis dégoté deux excellentes places (en plein milieu d’orchestre), en pensant à ma Cici d’amûûûr dont c’était l’anniversaire.

La troupe de l’American Ballet Theatre m’a beaucoup fait penser aux danseurs du « Swan Lake » de Matthew Bourne, dans le sens où on trouve là des athlètes superbes qui magnifient des shows millimétrés, mais qui manquent peut-être un peu de la grâce et la perfection des ballets « traditionnels ». L’originalité de ce programme résidait vraiment pour moi dans une approche chronologique aussi divertissante que didactique. En effet, on y a vu trois ballets de trois époques et de trois genres, en démarrant par Mozart (18e), en finissant par Philip Glass (fin 20e, début 21e) et en passant par Gustav Mahler (fin 19e, début 20e).

La « Symphonie concertante » fut donc la première oeuvre de Mozart avec une chorégraphie très classique et superbe de Balanchine. Un vrai régal pour les yeux, et un apaisement de l’âme sont instillés par les mouvements de symétrie et les expressions ce ballet. Mais petit bémol, comme je le disais plus haut, il manquait un rien de grâce et de légèreté, une toute petite touche encore plus classique et éthérée en plus.

Ensuite, on a eu droit aux « Dark Elegies » de Mahler, avec une histoire à pleurer dans les chaumières (très bien racontée en allemand par un chanteur lyrique, même si évidemment, je n’y ai rien entravé) et une chorégraphie d’Anthony Tudor. Cette dernière était déjà sans doute très arty à l’époque (1937), et on ne peut pas dire que ça ait si bien vieilli que cela, comme Laurent le soulignait. Malgré cela, les danseurs et danseuses sont remarquables, et servent admirablement l’oeuvre. C’est juste vraiment trop dépressif, Mylène aurait adoré. (Gvgvsse va me tuer pour cette remarque, rhoooo !)

Et enfin l’apothéose, nous sommes en 1986, et Twyla Tharp crée cette chorégraphie extraordinaire sur l’extraordinaire musique de Philip Glass… « In the Upper Room ». Simplement magnifique et terriblement émouvant, j’ai été saisi, retourné, convulsé, excité, affolé, extasié pendant tout le ballet. Aaaaaah mon petit Philip, je t’adore !

Et là les performances physiques et artistiques de la troupe prennent toutes leur importance, et démontrent leur excellence avec un certain brio. Tout m’a plu. Tout ! Le décor fait de lumière et d’un fantomatique brouillard d’où les danseurs et danseuses surgissent, comme du néant. Mais aussi les costumes et les couleurs qui s’animent par les gestes précis et syncopés des hommes et des femmes. Tableaux par tableaux, ils composent une oeuvre rythmée, cadencée, formellement très belle et foncièrement remuante. On est alpagué dès les premières notes, et on n’est relâché qu’à la dernière, essoufflé, terrassé, et heureux d’avoir vécu cela.

Désolé, je ne peux être que dithyrambique, et c’est aussi sincère que totalement subjectif. Car je dois reconnaître que les ressors musicaux sont assez faciles, et que c’est de la musique plus « populaire » que « classique », que cela paraît même grossier à certains ou de « concierge ». Mais j’y suis sensible à un point que vous ne pouvez pas imaginer, et cette mise en mouvement de cette musique produit une oeuvre monolithique et indissociable qui m’a totalement conquis.

Encore, encore, encore !

Concierge poweeeeeer !