Je voulais absolument aller faire un tour à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, et « Vauban » était une bonne occasion. J’ai lu récemment avec délectation un magazine hors-série sur ce grand ingénieur, et j’avais bien envie de voir comment le musée pouvait le présenter.
J’avoue que j’ai été un poil déçu. Disons que l’exposition se focalise sur les arts guerriers de Vauban pour notre bon Louis XIV (enflure ouai !), sur la facette la plus connue du personnage, c’est-à-dire celle du bâtisseur de citadelles et de fortifications. Or quand j’ai lu le mag, j’ai été fasciné par les trouvailles scientifiques de cet homme, et aussi par ses talents d’essayiste. J’avais été notamment sur le cul en lisant qu’il avait proposé au roi dans un ouvrage « La Dîme Royale » :
[...]le remplacement de tous les impôts royaux existants par un seul impôt exigible de toute la population de la France, privilégiés compris.
Evidemment, la publication fut interdite, et Vauban puni de son outrecuidance… Mais c’est un homme qui apparaît aussi intelligent qu’il est libre, droit, indépendant et loyal. Bref, j’avais bien aimé en savoir plus dans d’autres domaines, mais là nous sommes dans le registre le plus classique qui soit : « Vauban et ses fortifications ».
Donc on voit quelques bustes et écrits qui retracent un peu l’histoire de l’époque, et la construction de toutes les citadelles et villes fortifiées en France. Mais ce qui est surtout intéressant et impressionnant c’est la somme de trouvailles et d’ingénierie sont est déployés par l’architecte et urbaniste pour inventer de nouveaux moyens de défense. Et il ne s’agissait pas tant de concevoir des forteresses imprenables, que de les rendre les plus tenaces possibles.
On voit ainsi exposé tout un tas de plans et de paperasses du 17ème siècle qui montrent comment les ingénieurs de l’époque imaginaient tous ces projets, parfois pharaoniques. Mais le plus chouette c’est sans conteste l’unique et fabuleuse collection française de plans-reliefs qui date largement de cette époque et de ces ministres (Louvois notamment). On en a là une bonne partie qui a été prêtée par le musée des Plans-reliefs aux Invalides, et que je dois aussi visiter un de ces quatre. La ville de Besançon notamment est incroyablement bien représentée, et force l’admiration.
L’exposition, il faut l’avouer, n’est pas vraiment excitante et passionnante, mais elle a le mérite de bien traiter son sujet (et bien circonscrit comme je le disais plus haut). Je n’ai pas été non plus spécialement fan de la scénographie ou des curieux choix typographiques, avec des phrases dont certains mots étaient écrits en beaucoup plus gros (C’est assez dérangeant pour moi, j’ai l’impression qu’on crie dans ma tête quand je lis !). Donc je recommande plus certainement le magazine dont j’ai oublié le nom, et qui n’est plus en vente. Dommage. (Huhuhu.)










