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Take my breath away

Publié le Mardi 16 Décembre 2008 - 23:29
Catégorie: Matooyage

Me voilà de retour à Paris, alors que j’ai passé le week-end à Berlin avec quelques potes. Cela avait commencé il y a quelques mois avec l’idée d’aller dans une capitale européenne, et de profiter d’une promo sur les vols. Nous partîmes à cinq ou six je crois au début, et au final, nous nous retrouvâmes quatorze en arrivant l’aéroport. C’est ainsi que Gonzague, Florian, Alexandre, Alexandre, Henri, Rémi, Houcine, FX, Clément, Charles, David, Olivier, Hervé et moi-même, soit quatorze tapioles certifiées ISO 9001, avons passé un peu plus de deux jours ensemble à (re)découvrir la capitale allemande.

Je vous laisse imaginer l’hilare compagnie que cela fut, et le fait que nous ne sommes pas passés inaperçus dans Berlin. J’ai pris beaucoup de plaisir à revoir la ville, avec toutes ses singularités, mais aussi à apprécier les changements orchestrés depuis quatre ans. Berlin est toujours aussi immense et peu peuplée, toujours aussi contrastée dans son urbanisme, et plus que jamais une étrange capitale, à la fois « grande ville » et finalement de peu d’importance au regard de certains pôles allemands.

La différence entre l’Ouest et l’Est est de plus en plus difficile à percevoir, de même que l’ancien no man’s land est presque complètement reconquis par les berlinois. Même la fameuse Alexander Platz qui m’avait tant marqué a beaucoup changé, avec plus de magasins, de publicités et de nouveaux bâtiments, qui contrastent avec l’ancienne place à l’atmosphère si soviétique et stalinienne. Mais j’aime toujours autant ce curieux assemblage, cette ville reconstruite qui se cherche, et ses symboles, à la fois de terreur et d’espoir mêlés, à la fois bourreau et victime de la guerre.

Métro Alexander Platz à Berlin

Il y a la fameuse porte de Brandebourg qui est l’image d’Épinal de l’Allemagne, mais un passage et un cliché obligatoire. Et d’autant plus quand on se rappelle des images de cette porte à l’Est, juste derrière le mur. Mais bon, j’ai une tendresse particulière pour la tour de télévision qui est juste un énoooorme truc qu’on voit de partout dans Berlin et dont l’aspect extraterrestre m’avait particulièrement troublé.

Porte de Brandebourg

Tour de télévision de Berlin

Nous avons marché surtout du côté Berlin-Est d’ailleurs, même si j’ai toujours un pincement quand on arrive à la Zoologischer Garten Banhof, et que je pense à ce roman de ma pré-adolescence « Moi Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée. »

Zoologischer garten bahnhof

A deux pas de là, l’église du souvenir qui est un monument que je trouve toujours très touchant et important. Une église intacte des bombardements subis, donc à moitié en ruines, et qui commémore la seconde guerre mondiale et ses atrocités. En 2004, nous avions aussi pu voir le chantier du mémorial de l’holocauste, qui est à présent terminé, et qui est très impressionnant.

Eglise du souvenir de Berlin

Bon sinon, les berlinois m’ont bien gavé avec leur putain de marché de noël !!! Nan mais c’est hallucinant, ces mecs ADORENT noël, mais vraiment ils n’en peuvent plus avec leurs cabanons en bois et leurs marchands de saloperies en tout genre. Il y en a partout, à chaque place, chaque coin de rue, et vas-y que je te colle de la musique débile, et que je te mets des pères-noël en faction, et des curry wurst en veux-tu en voilà !! J’ignorais que les allemands étaient à ce point passionnés par noël, et si prompts à le célébrer avec tant de faste et de barouf.

Unter den linden à Berlin

Rave de pères-noël sur Alexander Platz

Et samedi soir, après avoir trouvé un restaurant pour quatorze convives, nous avons débarqué dans un squat sur Oranienburger strasse. Et là une belle surprise nous attendait, avec une entrée glauquissime et tout pourrave. Le charme berlinois quoi !!

LUST

Ce « Lust » cachait une exposition d’oeuvres en métal parfois bien trashy, mais vraiment superbes et impressionnantes. Notamment ce superbe spécimen assez explicite…

Homme de métal

Mais ce que j’ai préféré ce sont ces corps de femme faits de minuscules bouts de métaux soudés les uns aux autres…

Femme en métal

Femme métal

Et juste derrière, Flo a poussé la porte d’un immeuble d’où sortait un mec louche… Un peu par hasard…

Squat Berlin

On a grimpé les étages pour découvrir de nouveaux murs tagués, et finalement c’était une soirée !!! La musique était de la bonne techno allemande, deux euros l’entrée, et en fait c’était une soirée bobo de base. Mouahahaha.

soirée squat Berlin

Ca c’était le samedi soir, et je n’ai pas eu le courage d’aller finir la nuit au « Berghain/Panorama bar », mais c’est con car ça avait l’air top. Fuck, fuck, fuck, je regrette (je suis trop ieuve, snifou) !! Par contre, j’avais le souvenir du dimanche soir au « Café Moskau » en 2004, et même si l’endroit est encore en travaux, un googlage m’a indiqué que la GMF se déroule au « Week12end » sur Alexander Platz (à côté de la mythique Karl Marx Allee). Nous avons bien fait d’y aller, car c’est un immeuble de bureaux tout ce qu’il y a de plus classique, avec deux étages dédiés à la teuf, les 12ème et 15ème. Le 12ème est dédié à la musique de tassepés, genre Madonna, Britney, et possède une vue imprenable sur Alexander Platz. Le 15ème n’a pas de vue, mais une excellente musique bien techno et enlevée. Pour ne rien gâcher, l’endroit était bien rempli et achalandé : plein de jolis mectons teutons tout partout !!!

Mais bon sinon, l’inspecteur Derrick est mort !!! C’est terrible !! Pour moi c’est toute l’Allemagne qui vient de perdre un symbole. Et c’est surtout le souvenir prégnant de ma grand-mère, qui a consciencieusement regardé Derrick et tous les inspecteurs allemands tous ses après-midis télévisuels de retraités qui se respectent.
:croa:
Heu voilà quoi, c’était le week-end à Berlin, avec quelques trucs zappés parce que je vais pas tout raconter non plus quoi !

  • Matooyage
Berlin, the gay experience !

Publié le Jeudi 10 Juin 2004 - 16:50
Catégorie: Matooyage

Et bien le voilà, l’ultime post de cette série berlinoise bien relou, mais bon c’est mon blog, je fais ce que je veux avec mes cheveux ! :mrgreen: Et si nous avons passé quatre jour dans la capitale allemande, c’était aussi pour expérimenter la vie gay de ce coin là.

En fait, il y a trois quartiers gays référencés dans les magazines que l’on a couramment trouvé. Diego connaissait le quartier principal d’un ancien séjour, et comme par hasard, c’était à 5 minutes à ièpe de l’hôtel ! A partir de ce « marais », nous avons établi un plan de campagne pour ratisser les autres quartiers et sentir un peu l’ambiance gay.

Donc le premier soir, nous avons décidé d’aller traîner nos guêtres à côté de l’hôtel et simplement faire la tournée des bars. Du coup, on va sur Wittenbergplatz et on se fait les bars de la rue Fuggerstraße qui est un peu la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie de Berlin. Là on croise la boite/backroom populaire qui est le « Connection » et plusieurs bars du type Cox, Bears’den, Quetzal… donc du genre mec-mec et pas Open/Okawa si vous voyez ce que je veux dire… On fait le tour du tiéquar et on ne voit pas vraiment où sont passés tous les points rouges du plan. Et surtout on est étonné du peu de monde dans les rues pour un vendredi soir. Mais bon c’est toujours le piège avec les plans gays, ils font figurer des endroits qui n’existent plus, ou des magasins et des sex-shops, ou encore ne mentionnent pas vraiment les endroits les plus en vue. Le danger est ainsi de passer à côté DU bar sympa, qui est dans une ruelle difficile à trouver. Et comme les tapioles ne pullulaient pas dans la rue, nous avons pris un premier verre dans le bar le plus rempli (et assez bondé même). Comme les noms des bars sont en allemand et que je n’y comprends rien, nous appellerons ce bar le Cox, parce que c’était le Cox dans l’ambiance et la clientèle.

C’est le bar qui est accolé au Connection et qui est assez cool dans le genre. Les beaux mecs sont malheureusement derrière le bars à servir. A un moment, je m’exclame : « damned, c’est Noël Mamère !! ». Mais je croyais qu’il devait célébrer un mariage de dèpes à Bègles !! Et après quelques minutes, je vois plein de Noël Mamère tout autour de nous. Waow l’angoisse !

Un truc m’a un peu surpris, c’est que les gens ne se marraient pas vraiment en groupe. Je comprends que les mecs seuls jouent leur plan méchant/séducteur/je souris pas, mais en général quand on vient avec des potes, on se parle, on se sourit et on se marre. Mais là, y’avait que moi et Diego qui nous marions grave en critiquant les uns et les autres et en minaudant et fanfaronnant. Parce que il faut l’avouer, et puis vous ne pourrez jamais vérifier, mais on était les deux bombasses de la réssoi ! :mrgreen:
On a voulu trouvé un endroit un peu plus « jovial » et du coup, on a continué nos investigations plus loin dans la rue, après avoir traversé Martin-Luther Straße. Et là, on trouve quelques 5 ou 6 bars gays en enfilade un peu minable et désuet genre Thermik ou Feeling (lol je vais me faire des ennemis), avec un étrange mélange… des vieux moches et horribles allemands et de jeunes plutôt mignons souvent turques. Mein gott !! On est tombé sur des bars manifestement de tapins ! C’était tellement évident que c’en était choquant en fait. Je n’ai pas résisté à l’envie de rentrer dans un bar pour prendre un verre. On a choisi le plus kitsch : le Blue Bar avec la méga déco à base de fleurs en plastique. Et là, la réalité faisait peur à voir. Au bar étaient accoudés des vieux mecs, et dans le fond des tapins attendaient patiemment, et de temps en temps, quelques couples bancals sortaient comme ça… :berk:
Quand nous sommes rentrés : 1, 2, 3, Soleil ! Personne ne bouge, tout le monde nous regarde avec incompréhension. Tapin ou client ? On s’est assis au bar comme des clients, mais certains nous regardaient avec avidité et leur concupiscence sexagénaire comme des tapins. Nous n’avons pas tenu bien longtemps et sommes allés voir ailleurs… J’ai tout de même voulu voir le bar d’en face le « Pinocchio », et même topo, avec les mêmes groupes de mômes turques très louches et trop jeunes. En fin de compte, nous sommes revenus vers le début de la rue, un peu désespérés de passer de l’ambiance butch à l’ambiance teupu, sans vraiment de transition.

Avant de rentrer, car on voulait avoir une première journée en forme le lendemain, nous avons testé un autre bar en face du Cox. C’était genre le Mario’s bar un truc comme ça. Et là le fin du fin, une ambiance Quetzal de fin de soirée, avec quelques mecs trashy cuirs et un bon film de soumission, torture en figure de proue. On est pas resté longtemps, mais on a tellement ri que ça en valait bien le coup.

Gay Berlin Gay Berlin

Samedi matin, on décide de se balader dans Kreuzberg à l’est qui est un quartier qu’on a adoré. On se croirait dans le 11e arrondissement, c’est très sympa avec de vieux immeubles qui ont du cachet et des restos, des cafés très agréables. Et bien sûr, on y trouve quelques bars gays, mais rien de vraiment concentré, le plan fait croire le contraire, mais vraiment la vie gay est anecdotique. On est tombé sur un café assez sympa (on a même retrouvé le barman en backroom le soir même lol) sur Oranienstraße (que j’ai appelé Oberkampf du début à la fin pour m’en souvenir) en plein quartier turc un peu space. Ensuite, on est allé vers Mehringdamm où on a trouvé un bar gay sympa et bien fréquenté, encore quelques têtes qu’on a retrouvé le soir même dans les lieux malfamés de la ville. Et là, quelques bars, boutiques et même une sorte de CGL qui constituent une extension du milieu gay un peu plus fournie, mais rien de transcendant.

Gay Berlin

Le soir, nous sommes retournés boire un verre au Cox et puis Diego voulait me faire découvrir le Connection. Aheum… j’ai simplement trouvé que c’était le Dépôt mais à Berlin et en plus grand. :langue: Mais le Dépôt à la sauce berlinoise, c’est forcément un peu plus trash et un peu plus cul, et sur trois niveaux. Alors en effet, les mecs sont plus cash et la tension sexuelle est plus tangible et manifeste (nan chuis pas un expert !).

Le lendemain, nous avons crapahuté dans le dernier quartier, celui de Schönhauser Allee en plein Berlin-Est, un quartier complètement bohème et vraiment cool. On se voyait super bien habiter là avec Diego, et d’ailleurs si on doit retourner à Berlin, on ira certainement dans ce coin. On est tombé sur une pension gay où on a tardivement déjeuné, avec une serveuse adorable à qui on a tenté de demander quelques précisions sur la soirée au Café Moscou (oui oui j’écoute les conseils de mes commentateurs !).

Mais en gros, on s’est rendu compte que le vrai quartier gay était celui du premier jour et de Berlin-Ouest. Le soir, on est retourné à Alexanderplatz pour faire une teuf plus fun, techno et jeune au Café Moscou, et la soirée était vraiment cool. Par contre, l’arrivée à Alexanderplatz a été des plus originales. Genre personne… gris, désert et vide. On va même comme deux oufs à prendre un souterrain glauque pour traverser la place où sur Paris on aurait imaginé se faire étrangler mille fois. L’ambiance reste tellement stalinienne dans ce coin, c’est dingue. En face du café Moscou, il y a même un cinéma énorme avec un style super RDA vraiment désuet et superbe.

Cette boite est un endroit incroyable, génialement organisé pour faire une fête. Et puis, on était dimanche soir, et j’aime bien sortir en dehors du week-end pour sentir un peu plus les gens et l’ambiance de teuf. La musique en plus était fantastique, une techno un peu hardos mais avec un DJ dont la virtuosité m’a fait dansé sans m’arrêter. Et les gens étaient un peu plus cools, souriants et pas mal du tout. Le bâtiment est énorme et du coup il y a plusieurs salles avec des ambiances différentes, une cour intérieure en plein air et une déco encore très Berlin-Est.

Lundi, nous avons voulu faire un dernier tour dans le premier quartier, et puis en passant en métro à Nollendorfplatz, j’ai remarqué une énorme devanture de magasin aux couleurs du drapeau gay qui avait pignon sur rue. Donc on a sauté du métro, et on est allé voir plus avant. Il s’agissait de Bruno’s, un supermarché gay avec librairie et vidéos et tout ce que vous voulez dans de genre consommation homo. En discutant avec le caissier, on s’est rendu compte qu’on avait zappé toute une partie du quartier en se contentant d’aller sur Wittenberplatz. Du coup, on a découvert quelques bars vraiment agréables qu’on aurait aimé avoir connu avant ! Et là c’était plus genre Okawa/Amnésia… cool quoi ! :ok:
Voilà, le gay tour est terminé, n’oubliez pas le guide merci.

  • Matooyage
Berlin, souviens-toi !

Publié le Mercredi 9 Juin 2004 - 23:42
Catégorie: Matooyage

Je sais que c’est très cliché, mais pour un béotien comme moi, Berlin est la ville du mur, et Berlin est la ville de l’holocauste. Avec Diego, nous avons donc choisi de porter notre dévolu sur deux musées qui nous tenaient à coeur : Le musée du Mur « Check-Point Charlie » et le Musée Juif. On avait pas spécialement envie de visiter les traditionnels « Louvre-like » grands musées européens, je regrette par contre d’être pas allé faire un tour au Moma. Enfin, je n’avais pas non plus pour objectif d’en faire le plus possible, mais de faire ce que nous voulions tous les deux. Et clairement, nous avons fait un choix qui est plus basé sur notre émotion face à certains événements politiques qui nous ont marqués, ainsi qu’à des drames dont le devoir de mémoire est encore plus marquant dans ce pays et cette ville.

En fait, la chute du Mur de Berlin en 1989 est un événement dont le souvenir est encore complètement prégnant dans mon esprit (j’avais 13 ans), je me souviens de cette vague d’émotion et de l’importance politique, idéologique et philosophique de cela. D’ailleurs je me souviens l’avoir déjà évoqué lorsque je m’interrogeais sur la date clef du XXe siècle.

Nous sommes donc allés voir certains restes du mur, dont on peut encore percevoir les stigmates à plusieurs endroits. Diego a d’ailleurs fort habilement dégoté un morceau de mur très long qui fait à présent partie d’une oeuvre d’art vraiment magnifique. Et puis, à certains endroits, le vide de l’ancien no man’s land n’a pas encore été conquis par l’immobilier luxuriant de cette ville, et une vraie limite divise encore les deux anciens mondes de la guerre froide.

Restes du Mur de Berlin

Le musée du Mur se tient au lieu mythique de Check Point Charlie où se situait la limite entre l’est et l’ouest et la seule voie de communication officielle entre les deux pays. C’est un petit musée, dans le genre associatif en fait, mais qui du coup a beaucoup de charme. L’immeuble est assez vieillot, et on a vraiment l’impression de parcourir les pièces d’un gigantesque appartement qu’on aurait recyclé à cet effet. L’histoire est simple, et le musée expose de manière chronologique et explique avec beaucoup de détails et d’anecdotes cette funeste période berlinoise de 1961 à 1989 où l’Allemagne était divisée en deux. Nous connaissions pas mal la partie historique qui est vraiment contemporaine et proche de nous, mais ça change de voir tout cela avec le point de vue allemand.

La partie la plus émouvante de l’expo est sans conteste le récit circonstancié des évasions réussies ou pas qui se sont succédées pendant toutes ses années. Certaines histoires peuvent mettre les larmes aux yeux d’émotions lorsque l’évasion réussit, de tristesse quand il y a la mort à (ou avant) l’arrivée, et puis aussi un tas de machineries et de stratagèmes comiques pour déjouer les surveillances militaires draconiennes. Et la fin apporte une vraie émotion, à avoir été plongé pendant deux heures dans cette ambiance, on peut ressentir le soulagement et la joie que ce peuple a pu ressentir lorsque le mur est tombé.

Le musée Juif de Berlin est un bâtiment d’un autre genre, et une réussite totale en la matière. Je n’ai jamais vu endroit qui puisse ainsi concilier le fond et la forme avec une telle maîtrise, sensibilité et sens artistique. Le bâtiment est composé de deux bâtisses complètement différentes puisque l’une est un ancien tribunal de Frédéric Guillaume I (1735), tandis que l’autre partie est une prouesse de l’architecte Daniel Libeskind. Il s’agit d’un très grand ensemble recouvert de métal avec des ouvertures pratiquées de manière assez aléatoire, comme des balafres sur toute la surface métallique. Le tout forme un bâtiment qui de haut a la forme d’une étoile de David complètement destructurée. Cette forme et les scarifications de métal symbolisent avec beaucoup de force et d’émotion les souffrances du peuple juif. Pour une description du musée : made in Arte.

Musée Juif vu d'en haut facade du musée Juif de Berlin

Et s’il en impose déjà de l’extérieur, l’intérieur est un concept encore plus abouti et fabuleux. La visite commence en sous-sol, on trouve alors trois axes qui sont trois couloirs rectilignes qui se coupent en deux points. Il y a l’axe de l’Exil qui mène aux jardins de l’Exil et symbolise la continuelle diaspora juive. Il y a l’axe de l’Holocauste qui mène à la Tour de L’Holocauste, et représente le massacre de la seconde guerre mondiale. Enfin l’axe de la continuité nous mène vers les étages supérieurs et le musée plus traditionnel qui explore et rassemble l’histoire juive sur plusieurs millénaires. Ces « couloirs » narrent des histoires personnelles à travers un choix de photos, témoignages, objets qui rappellent certains événements avec pudeur et beaucoup d’émoi.

Le jardin de l’Exil est un jardin de 49 colonnes carrées de béton pleines de terre et avec des arbres au sommet, terre d’Israël pour celui du centre, terre d’Allemagne pour les autres. La Tour de l’Holocauste est un gigantesque puit silencieux en béton avec un interstice de lumière qui figure l’isolement et la désolation. Il y a aussi un truc dingue qui nous a énormément « choqué » avec Diego, c’est à un étage supérieur, il s’agit d’une pièce sombre en béton encore, mais recouverte de centaines de morceaux de métaux en forme de visage qui crie. On marche sur ces visages, et le bruit du métal qui s’entrechoque et crisse est insupportable, on entend comme des hommes qui marchent avec des chaînes aux pieds, on se croit revenu aux temps médiévaux de la question.

Le jardin de l'exil

Enfin, nous avons visité le musée (qui remplit l’ancien tribunal du 18e) en tant que tel. Du coup, on a bien du rester deux heures dans la place. J’ai beaucoup appris sur l’histoire du judaïsme qui ne m’est pas particulièrement familière. L’endroit est extrêmement bien documenté et pédagogique. C’est peut-être un peu long pour un non-initié, mais je comprends que ce soit un must pour un juif qui n’a pas vraiment eu d’éducation religieuse. En tout cas, à part quelques parties un tantinet sionistes, j’ai été enchanté par ce que j’ai découvert ici.

Et puis en nous baladant, on est aussi tombé sur ce projet de mémorial européen pour les juifs victimes de l’holocauste. Un projet incroyable un « champ » de 2700 stèles de béton qui disposées à différentes hauteur sont la manifestation du deuil officiel de l’Allemagne à ces personnes injustement disparues.

Memorial Holocauste Berlin Memorial Holocauste Berlin

Tout ça pour montrer que l’Allemagne assume son passé et part d’un bon pied. Enfin j’ai envie d’être optimiste à ce propos. On doit continuer à aller de l’avant, se souvenir de ses fautes, les assumer, et progresser.

[And Wooooooooorld peaaaace !!! Arf je sais, je suis trop gnan-gnan sur la fin, mais j'assume mes émotions]

  • Matooyage
Berlin, tu fumes !

Publié le Mercredi 9 Juin 2004 - 18:48
Catégorie: Matooyage

J’ai halluciné pendant tout le séjour sur la multitude de publicités pour le tabac qui constelle Berlin. On a tellement plus l’habitude en France de cette publicité, que j’ai aussi sans doute été un peu trop réceptif à cela.

Et comme l’a aussi justement commenté Hengsen : les distributeurs de paquets de clopes à chaque coin de rue !!

Et toutes les ficelles du marketing sont utilisées sans vergogne, il y en a pour les hommes les vrais, les fumeurs de cigare… et même les femmes âgées !!!

Berlin - pub pour les clopes

  • Matooyage
Berlin, lève toi et marche !

Publié le Mardi 8 Juin 2004 - 23:45
Catégorie: Matooyage

On prend un taxi pour l’hôtel, et quel hôtel !! Diego m’a invité au Swissôtel à Kurfürstendamm, donc en plein centre de Berlin (Ouest) pour quatre jours à se vautrer dans le stupre et le luxe. J’aime. Un hôtel hyper moderne avec des oeuvres contemporaines dans chaque recoin, beaucoup de jeux de lumière, des ascenseurs transparents en verre et métal, salle de sport, sauna, hammam, produits de beauté dans tous les coins, peignoirs…

Ah oui, une chose que j’ai trouvé assez délicate (y’a que moi pour retenir ces trucs là). Lorsque nous sommes arrivés à la réception et avons confirmé notre réservation, la réceptionniste nous a demandé si nous voulions un lit double ou s’il fallait bien deux lits jumeaux. J’ai aimé qu’elle nous pose la question avec un tel naturel. Evidemment, elle avait du repéré les tapioles en week-end à trois kilomètres ! :mrgreen:
On nous a proposé dès notre arrivée de payer une somme « modique » supplémentaire pour obtenir une meilleure chambre et quelques avantages. Arf. Nous avons alors cédé aux charmes de l’Executive Lounge. Une chambre au neuvième étage et l’accès à un « private lounge » avec boissons et bouffe gratos toute la journée. Du coup, on a joué les parasites, et on a pris nos p’tits-déjs et dîners là-bas tous les jours gratos. Fabuleux ! Mouarf.

Nous avons pendant ces quatre jours arpenté la ville de long en large, mais c’est tellement énorme, que je n’ai pas finalement vu grand-chose. En même temps, on se rend rapidement compte que les bombardements de la seconde guerre mondiale ont tellement ravagé la ville que d’un point de vue monument historique, je n’ai pas du rater grand-chose. Et du coup, je me suis pris une grande claque d’urbanisme et de modernité architecturale.

La rupture entre l’est et l’ouest n’est pas si énorme que cela. Je pense que c’est pas mal du au fait que cela fait maintenant 15 ans que le mur est tombé. Et puis, nous avons eu un temps relativement clément, ce qui rend les constructions staliniennes un peu moins austères, et met surtout en exergue un cachet vraiment exceptionnel de certains quartiers de Berlin-Est, tandis que l’ouest se retrouve affadi par une succession de secteurs modernes dont on se lasse.

Nous sommes arrivés sur Zoologischer Garten et Diego m’a rappelé ce bouquin que tout le monde a lu : « Wir Kinder Von Bahnhof Zoo », plus connu (pour moi) sous le nom de « Moi Christiane F. 13 ans, droguée, prostituée… ». On voit alors les lieux de prostitution du bouquin et du film éponyme. Ca m’a fait tout zarbi… Vestige des bombardements, cette église à moitié détruite fait une drôle d’impression au milieu de ce quartier qui rappelle plutôt les Champs Elysée avec sa classique ronde de grands magasins.

Ce premier soir, nous avons marché et marché pour s’approprier un peu la ville et passer à pied de l’ouest à l’est. Du coup, cela nous a mené de Kurfürstendamm, Zoologischer Garten, Großer Sterne (La Bastille si vous préférez… lol), jusqu’à Brandenburger Tor (la porte de Brandebourg) et le Reichstag. Cette immense straße du 17 juin, et ces monuments qui rappellent un peu trop les défilés hitlériens des années 30 des vieilles images noir et blanc à foutre des frissons dans le dos. Nous avons donc traversé la porte qui marquait l’ancienne limite du mur de Berlin, et avons rejoint la célèbre Alexanderplatz en passant par des quartiers complètement rénovés. Alors on est au pied de la tour de télévision de 365m de haut que l’on voit de toute la ville, et sur une place gigantesque. Ce coin est l’archétype même de ce qu’on imagine de la RDA, de grands immeubles en bétons gris, certainement autant fonctionnels que moches. Mais aujourd’hui, cette place a presque un certain charme désuet, comme le vestige d’un autre temps qui est tellement empreint d’historicité qu’il ne peut laisser indifférent (mais je préfère maintenant tout de même).

Mais bon il y a une chose qui nous a vraiment surpris avec Dieg, c’est le fait que Berlin soit vide. Il n’y a personne dans les rues, personne dans les transports, pas d’embouteillage… On a pris le métro à 20h un samedi soir en plein centre-ville, et nous étions seuls ! Evidemment tout cela est perçu en comparaison à Paris, qui n’est pas non plus la plus « busy » des capitales, mais vraiment il est manifeste que la densité de population n’est pas du tout la même. Dès qu’on marche un peu tard le soir, ou bien dans un quartier un peu excentré, alors il n’était pas rare de ne pas apercevoir un chat à l’horizon. Un chauffeur de taxi nous a d’ailleurs confirmé le phénomène. Et c’est vrai que j’ai regardé toute à l’heure… Paris fait 100km2 pour 2.1 millions d’habitants et Berlin en fait 880, pour 3.8 millions de teutons ! Donc 8 fois plus de surface pour moins de deux fois plus d’habitant. CQFD.

Et je ne sais pas si c’est un phénomène de cause à effet, mais jamais nous n’avons ressenti la moindre agressivité dans la rue, pas une caillera, ou de sentiment d’insécurité même seuls sur Alexanderplatz à 2h du mat à chercher une boite gay. :langue:

  • Matooyage
Berlin, Ta gueule !

Publié le Mardi 8 Juin 2004 - 22:36
Catégorie: Matooyage

Bon, je me suis dit que je n’allais pas tout résumer en un seul post, parce que sinon ça va vraiment être trop chiant, enfin long quoi ! Arf. Je sais bien que ce sera aussi long comme ça, mais je ferai illusion en en faisant plusieurs thèmes. Et pis, j’vé même faire des efforts pour être concis !

Tout d’abord, un événement de la plus haute importance. Nous sommes arrivés à l’aéroport et Lara Fabian partait pour Nuremberg et avait enregistré ses bagages au même comptoir que nous trois minutes plus tôt, alors que nous partions pour Berlin. Je trouve que c’est un drôle de concours de circonstances, je me suis alors dit que je n’avais vraiment pas une vie vaine. Et l’hôtesse de rajouter d’un air complice et entendu : « Lara est vraiment une femme charmante et extrêmement aimable. ». Rhaaa, je le savais !

L’avion est envahi d’américains, on se demande quelle en est la raison. J’ai deux bonhommes texans de 187kg à ma droite et à ma gauche, qui débordent sur mon propre siège. Charmant… Je discute avec l’un d’eux et j’apprends ainsi qu’ils vont faire un échange avec une ville allemande. C’est pour cela qu’ils sont accompagnés d’une ribambelle d’étudiants made in USA, plutôt pas mal… hum. Je pensais qu’ils venaient pour D-Day au début, même si cela me paraissait un peu bizarre, et je l’évoque au prof texan à ma droite. On se met à tchatcher et le gars se révèle vraiment adorable. Il me renseigne donc sur la nature de l’échange et de la joie qu’il a de montrer l’Europe à ses élèves. Moi je joue mon lèche-cul (mais j’étais sincère) et lui explique que les célébrations sont énormes en France, et donc en Normandie, et qu’on doit beaucoup aux américains pour cela. Je sens qu’il comprend mon geste, et la manière dont je l’exprime, puisqu’il me sourit et me répond qu’en effet, il aimerait que ce soit encore le cas maintenant. Et lui le texan me dit qu’aujourd’hui, il a honte de l’image que les US donnent au monde avec la guerre et leur manque d’humilité global, et qu’il espère bien que ça va changer.

J’en prends pour mon grade ! Voilà un texan de 187kg avec un accent de garçon-vacher qui me redonne espoir en la grande et belle Amérique. Je le lui dis et nous nous quittons en très bons termes !

L’avion amorce sa descente et l’hôtesse cheftaine décroche son bigo pour nous faire son annonce : « Mesdames, Messieurs, nous arrivons à l’aéroport de Berlin… TA GUEULE ! » et là silence… elle s’arrête, on entend un gargouillis, et elle reprend mais en se retenant de rigoler. Moi interloqué, je ne comprends pas vraiment, et me mets à rire très fort. Diego, derrière moi, répond tout haut : « Hey mais toi-même la meuf ! ». Et là je comprends que ce n’est que le nom de l’aéroport « TAGEL » qu’elle a dit de la même manière qu’on aurait dit « ta gueule » en français. La répétition dans les trois langues fut laborieuses, mais la cheftaine est restée le plus stoïque possible. Merde, c’est Air France tout de même !

Aéroport de Berlin - Tegel