« Sigur Rós » au Zénith
Je me suis dit « Ooooh on va y aller à la cool, pas la peine d’arriver en avance. Ils sont pas si connus que ça, et puis je ne pense pas que tous les gradins vont être ouverts ! ». Et puis, voilà quoi :

Bon donc j’avais tout faux, et du coup on s’est retrouvé bien perché, mais on profite tellement bien de la scène au Zénith que c’était nickel. Le Zénith est vraiment une salle géniale pour offrir à plus de 6000 personnes un spectacle de qualité et sans de réelle mauvaise place. J’ai été particulièrement étonné de la qualité sonore irréprochable pendant tout le concert, et surtout concernant ce groupe et ce chanteur qui utilisent beaucoup d’instruments à la limite de la saturation. Outre cela, la voix de Jónsi qui part aussi allègrement dans le fausset, et son jeu de guitare carrément sauvage à l’archet sont autant d’occasions casse-gueule pour l’ingé son, mais force fut de constater que la régie était drôlement à la hauteur du challenge.
J’ai découvert Sigur Rós grâce à Freaky y’a quelques années maintenant. Et depuis, j’avoue que je me délecte autant que possible de ce son si unique et singulier de ce groupe islandais. Sigur Rós c’est beaucoup de mélodies, des paroles inaudibles en forme de mélopées à la beauté incroyable, et encore magnifiées par la manière de chanter de Jónsi, un truc à la Antony (and the Johnsons) ou à la Chris (Garneau ) selon les moments. Les paroles sont en islandais donc totalement décoratives pour la plupart des gens, ou même inexistantes et la voix du chanteur est plutôt à prendre comme un son supplémentaire, un instrument unique et magique qui vous emporte loin, loin, loin. Un son post-rock qui est pointu dans son usage des gimmicks du genre, mais ils utilisent aussi des accords plus classiques, des volutes électros ou des sons plus folklos, bref ça part dans tous les sens. Avec pour point d’orgue une sensibilité à fleur de peau et les décors de l’Islande qui s’imposent à mon imaginaire musical (mon clip perso que je me fais dans ma tête).
Le Zénith était donc blindé samedi dernier, et les Sigur Rós ont été simplement parfaits. Les choix de morceaux étaient plutôt habiles en donnant la part belle à quelques chansons connues du public, et finalement une surreprésentation de leurs chansons-avec-paroles en comparaison avec leur œuvre (tant mieux pour un concert). Ils ont donné un spectacle superbe, visuellement et musicalement au top. Ni trop, ni trop peu, leur interprétation est très conforme aux disques tout en étant un brin décalée, originale et retravaillée. Les effets visuels étaient sobres, créatifs et tout en subtilité. La scène était plongée dans le noir, avec deux rideaux noirs latéraux, et un rideaux blanc central qui servait d’écran de projection. Il y avait aussi 7 gros ballons lumineux derrière cet écran, et qui apparaissaient en transparence (même lors de la projection s’ils étaient allumés). On peut se rendre compte de l’effet sur la vidéo suivante :
Les effets consistaient donc simplement en ces quelques artifices. Des ballons derrières un écran, de chouettes vidéos, et des éclairages vraiment bien dosés et soulignant très efficacement les musiciens et le chanteur. Il faut ajouter aussi un rideau de pluie… hé hé, soooo Mylène ! Voilà un exemple d’un de leurs tubes avec l’effet “pluie” : Sæglópur (à tes souhaits !), perdu en mer en français.
Je n’imaginais pas être autant ravi par ce concert qui était à mon avis une vraie réussite. D’ailleurs les applaudissements étaient très nourris, et nous avons eu droit à une fin de concert en apothéose.














