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« Sigur Rós » au Zénith

Publié le Mardi 18 Novembre 2008 - 23:35
Catégorie: Concertage, Matage

Je me suis dit « Ooooh on va y aller à la cool, pas la peine d’arriver en avance. Ils sont pas si connus que ça, et puis je ne pense pas que tous les gradins vont être ouverts ! ». Et puis, voilà quoi :

Sigur Rós au Zénith

Bon donc j’avais tout faux, et du coup on s’est retrouvé bien perché, mais on profite tellement bien de la scène au Zénith que c’était nickel. Le Zénith est vraiment une salle géniale pour offrir à plus de 6000 personnes un spectacle de qualité et sans de réelle mauvaise place. J’ai été particulièrement étonné de la qualité sonore irréprochable pendant tout le concert, et surtout concernant ce groupe et ce chanteur qui utilisent beaucoup d’instruments à la limite de la saturation. Outre cela, la voix de Jónsi qui part aussi allègrement dans le fausset, et son jeu de guitare carrément sauvage à l’archet sont autant d’occasions casse-gueule pour l’ingé son, mais force fut de constater que la régie était drôlement à la hauteur du challenge.

J’ai découvert Sigur Rós grâce à Freaky y’a quelques années maintenant. Et depuis, j’avoue que je me délecte autant que possible de ce son si unique et singulier de ce groupe islandais. Sigur Rós c’est beaucoup de mélodies, des paroles inaudibles en forme de mélopées à la beauté incroyable, et encore magnifiées par la manière de chanter de Jónsi, un truc à la Antony (and the Johnsons) ou à la Chris (Garneau ) selon les moments. Les paroles sont en islandais donc totalement décoratives pour la plupart des gens, ou même inexistantes et la voix du chanteur est plutôt à prendre comme un son supplémentaire, un instrument unique et magique qui vous emporte loin, loin, loin. Un son post-rock qui est pointu dans son usage des gimmicks du genre, mais ils utilisent aussi des accords plus classiques, des volutes électros ou des sons plus folklos, bref ça part dans tous les sens. Avec pour point d’orgue une sensibilité à fleur de peau et les décors de l’Islande qui s’imposent à mon imaginaire musical (mon clip perso que je me fais dans ma tête).

Le Zénith était donc blindé samedi dernier, et les Sigur Rós ont été simplement parfaits. Les choix de morceaux étaient plutôt habiles en donnant la part belle à quelques chansons connues du public, et finalement une surreprésentation de leurs chansons-avec-paroles en comparaison avec leur oeuvre (tant mieux pour un concert). Ils ont donné un spectacle superbe, visuellement et musicalement au top. Ni trop, ni trop peu, leur interprétation est très conforme aux disques tout en étant un brin décalée, originale et retravaillée. Les effets visuels étaient sobres, créatifs et tout en subtilité. La scène était plongée dans le noir, avec deux rideaux noirs latéraux, et un rideaux blanc central qui servait d’écran de projection. Il y avait aussi 7 gros ballons lumineux derrière cet écran, et qui apparaissaient en transparence (même lors de la projection s’ils étaient allumés). On peut se rendre compte de l’effet sur la vidéo suivante :

Les effets consistaient donc simplement en ces quelques artifices. Des ballons derrières un écran, de chouettes vidéos, et des éclairages vraiment bien dosés et soulignant très efficacement les musiciens et le chanteur. Il faut ajouter aussi un rideau de pluie… hé hé, soooo Mylène ! Voilà un exemple d’un de leurs tubes avec l’effet “pluie” : Sæglópur (à tes souhaits !), perdu en mer en français.

Je n’imaginais pas être autant ravi par ce concert qui était à mon avis une vraie réussite. D’ailleurs les applaudissements étaient très nourris, et nous avons eu droit à une fin de concert en apothéose.

Sigur Rós en concert au Zénith

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Hubert-Félix Thiéfaine au Zénith – Scandale Mélancolique

Publié le Dimanche 19 Novembre 2006 - 23:53
Catégorie: Concertage, Ecoutage

J’avais déjà parlé d’Hubert-Félix Thiéfaine parce qu’il est un indéniable repère dans mes années Lycée. Je l’avais découvert à travers la passion d’un copain pour le chanteur, et à mon tour j’ai été conquis par ce mec. Il chante depuis 1978, et a l’extraordinaire capacité d’être à la fois connu et inconnu. Il a ses fans depuis presque 30 ans, et en conquiert d’autres tous les ans. Et y’avait donc aussi moi et Blandine, au milieu de barbus qui pouvaient être notre père, de vieux rockeux tradis en cuirs et bières à la main, de jeunes fumeurs à la cool, de gens plus branchés et des quidams totalement neutres ! Le Zénith était donc à l’image même du type : rempli de gens de tous les âges et de tous les styles.

Car Thiéfaine lui-même est un auteur-compositeur-interprète des plus singuliers. Il écrit de vraies chansons à textes, complexes et poétiques, dotées d’un vocabulaire riche et de références littéraires chiadées. Mais souvent il dérive dans des phrases quasi-incompréhensibles et fait des mélanges improbables, aux échos humoristiques, romantiques, érudits ou simplement décalés et poétiques. En outre, il a clairement écrit et composé alors qu’il était défoncé, et ça se ressent dans ses textes, en plus d’une humeur dépressive et noire qui transparaît dans l’ensemble de son oeuvre, souvent grinçante et neurasthénique. Ajoutez à cela, un rock qui dépote, de la guitare qui sature, une voix qui porte et un style vocal et musical facilement reconnaissable, et des paroles toujours en français.

Du coup, Hubert-Félix n’a jamais été en phase avec une mode ou avec les habitudes des gens. Son oeuvre est tout en contrastes et en éléments qui ont du mal à trouver un public classique. Il n’a jamais non plus vraiment été invité à la télé, et lorsque c’est arrivé, a plutôt décliné. Il reste indépendant et iconoclaste, et même si, comme beaucoup d’aficionados, je ne suis pas fanatique des albums de ces dernières années, je reconnais qu’il a produit des disques d’une qualité globale vraiment impressionnante.

Et moi j’adore ce mélange épicé et chaotique, entre sexe, vulgarité, métaphores psychédéliques, poésie, jeux de mots, rock bien vieillot, et cette complicité avec un public qui lui est fidèle depuis des années.

Le concert était le reflet de tout cela. Le Zénith était loin d’être plein, mais il était « diminué » pour l’occasion, et il y a avait encore un peu plus de monde que la dernière fois que je l’avais vu dans cette même salle de concert. J’ai beaucoup aimé les éclairages pendant le concert, vraiment très simples et efficaces, beaucoup de magie, d’atmosphères variées et d’énergie se dégageaient grâce à cela.

Et puis, il y a le chanteur : toujours aussi impeccable, chantant avec une voix intacte et ses textes incroyables (il doit avoir une mémoire dingue pour retenir tout cela…). Les musiciens distillaient leur rock bien violent et percutant, et en particulier HFT interagissait beaucoup avec le guitariste qui était le musicien charismatique. Le mec a une dégaine directement sortie des années 80, cheveux longs, fute en cuir et ticheurte noir moulant, mais surtout une pêche et une dextérité qui ont scandé toutes les chansons.

Thiéfaine a chanté des chansons récentes, en alternance avec des anciens « tubes ». Et évidemment, la dernière chanson (avant le rappel) était « La fille du coupeur de joints ». Pour ce morceau d’anthologie, Tryo et Didier Wampas sont venus sur scène et ont chanté avec Thiéfaine.

Hubert-Félix Thiéfaine au Zénith - Scandale Mélancolique

Mais moi c’est plus pour Alligator 427, Mathématiques souterraines, Sweet amanite phalloïde queen, Loreleï sebasto cha ou Narcisse81, que j’ai jubilé. Fantastique !

Un petit florilège personnel…

J’arriverai par l’ascenseur de 22 h 43
En provenance de Babylone
Les quais seront encombrés de pendus
Laissant claquer leurs mâchoires dans le vent
En guise de discours de bienvenue
[...]
Veuillez dégager le vide-ordures s’il vous plaît
Et ne pas laisser les enfants s’amuser avec les fils
A haute tension
Tout corps vivant branché sur le secteur
Etant appelé à s’émouvoir

J’arriverai par l’ascenseur de 22 h 43
Et je viendrai relever le compteur de ton ennui
Il te faudra sans doute changer de tête
Et puis brancher ton cerveau sur ton coeur
Rien ne sera plus jamais comme avant

L’ascenceur de 22h43

Je descends aux enfers
Par l’entrée des novices
Offrir à Lucifer
Mon âme en sacrifice
Je boirai dans un crâne
Le sang du déshonneur
En piétinant les mânes
Des marchands de bonheur

Première descente aux enfers par la face nord

Les vagues mourraient, blessées,
A la marée sans lune
En venant féconder
Le ventre des lagunes
Et nos corps écorchés
S’immolaient en riant
Sous les embruns glacés
D’une chambre océan.

Lui, dans sa nuit
D’un automne à Tanger,
Lui qui détruit
Son ombre inachevée.

D’ivresse en arrogance,
Je reste et je survis,
Sans doute par élégance,
Peut-être par courtoisie
Mais j’devrais me cacher
Et parler à personne
Et ne plus fréquenter
Les miroirs autochtones.

Un automne à Tanger (Antinous nostalgia)

L’avis de la copine : Blandinouchette.

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Massive Attack

Publié le Samedi 26 Avril 2003 - 11:32
Catégorie: Concertage

Hier, énooooOOrme concert de Massive Attack au Zénith.
Vraiment j’ai pris mon pied !!
Je ne sais pas si vous aimez le dernier album, moi pas vraiment. M. nous avait acheté les places pour Noël en fait, bien avant la sortie de 100th Window. Donc, je n’étais pas super enchanté par y aller, et finalement je ne regrette pas du tout.

Le concept de l’écran géant n’est pas très innovant mais l’affichage des infos en français et en contexte (news de l’après-midi) est génial. Bien sur c’est très peace et écolo… (ça va pas plaire à Xarro çaaa !)

Les chansons du nouvel album m’ont beaucoup dans ce contexte avec des basses genre vrillage de tympans et des lumières fantastiques, en outre le public était très motivé et le faisait entendre. Et puis cette musique…

Je me demande une seule chose…

Tout le concert n’a été que deux heures de manifeste anti-guerre et pro-écolo etc. avec des tableaux de chiffres de budgets d’armes (les US en tête), de pollution (les US en tête), des questions sur la guerre (les armes de destructions massives existe-t-elle ? Sommes-nous dans un monde plus sûr ? etc.) et tout en gaulois de chez nous.
Alors Massive Attack ont-ils eu la même politique partout dans le monde ? Diffusaient-ils les mêmes messages aux US ou en Grande-Bretagne ?