• Citage
Vers une insondable déprime

Publié le Mardi 19 Juillet 2011 - 23:38
Catégorie: Citage

Les domestiques dînaient à 19 heures, au fond d’une sorte d’alcôve en face des cuisines. Trois hommes et deux femmes mangeaient autour d’une grande table en chêne, aussi inattentifs les uns aux autres qu’une bande de gargouilles. Le jardinier étaient un vieillard desséché, un fagot d’os jetés pêle-mêle à l’intérieur d’une salopette élimée. La tête chenue et l’oeil recru, il mettait plus de temps à porter sa cuillère à sa bouche qu’un louchon à introduire un fil dans le chas d’une aiguille. Il se tenait à l’écart, fantomatique, recroquevillé sur son assiette, et il boudait son monde avec une sourde animosité. Les deux femmes de ménage se serraient dans le coin, la figure ratatinée et le menton rentré, visiblement indisposées par la proximité des mâles. Agacés par ma curiosité, les deux autres larbins enfournaient leurs parts, visiblement pressés de débarrasser le chantier.

Une nouvelle recrue suscite toujours de la méfiance au début. J’ai pensé qu’à la longue, j’allais finir par obtenir un sourire, ou un frémissement de sourcils. Au bout d’une semaine, c’était le même accueil glacial, le même rejet. J’avais beau dire bonjour, bonsoir, salut tout le monde, pas l’ombre d’un regard, pas le moindre grognement, sauf peut-être le grincement d’une chaise ou l’arrêt momentané d’un cliquetis de fourchette, trahissant la gêne que suscitait ma manifestation intempestive. Je m’installais à l’autre bout de la table ; on me servait furtivement dans un silence significatif, parfois on débarrassait avant que j’aie terminé mon repas. En un tournemain, mes voisins se retiraient sur la pointe des pieds ; je me retrouvais seul au milieu des cuisines, avec un sentiment de dépaysement qui se transformait au fil de la soirée en une insondable déprime.

Citation extraite de “A quoi rêvent les loups” de Yasmina Khadra. Page 35.

  • Linkage
Le lien des Baskerville

Publié le Dimanche 17 Juillet 2011 - 20:01
Catégorie: Linkage

Petite semaine de récolte pour cause de week-end de 14 juillet j’imagine !! C’est la liste de lien #12 que voici.

Les Etats-Unis me fascinent toujours par leur faculté de nous montrer des visages extrêmes, et plus le temps passe, plus j’ai l’impression que les extrêmes s’éloignent encore. Je trouve souvent chez Joe. My. God. pas mal de perles, et là c’est encore terrible… Il s’agit d’une ancienne comédienne reconvertie dans la politique (Tea Party comme par hasard), Victoria Jackson, qui évoque Obama et le compare purement et simplement à… Hitler. C’est hallucinant et choquant de lire une telle haine s’exposer ainsi et avoir pignon sur rue… #haine #obama #teaparty

Le Portugal a vu récemment sa fameuse “note” être dégradée par l’organisme Moody’s. En représailles des hackers ont piraté leur site internet et ont instillé ça et là leurs “notes” personnelles. Ainsi le Portugal retrouve ses galons, mais en plus, quelques mentions complémentaires bien senties sur le métier de Moody’s. Un peu de désobéissance civile, ça ne fait jamais de mal dans une société comme la nôtre. #portugal #dégradation #finance

Les journaux belges sont privés de Google depuis quelques jours, et ça paraît complètement dingue. Il s’agit de la réponse de Google aux attaques légales pour les empêcher de reprendre et exploiter les news des journaux belges sur internet. Donc ces sites internet ne sont désormais plus spoliés par Google News mais plus crawlés non plus par Google tout court ! Yann Lebout [Via Franc Belge] a écrit un billet à ce propos, et on a en effet du mal à comprendre l’intérêt pour les journaux au final. Google est bien le moteur principal du trafic de ces sites internet qui vivent justement en monétisant ce trafic, et ce qui était récupéré sur Google News était une ligne et demi d’un contenu bien souvent tiré d’une dépêche d’une autre agence… #belgique #presse #google

J’ai été plus que surpris par ce récit de Gay Pride de Toronto où non seulement cela fait plusieurs années que les raéliens défilent (WTF!!?), mais cette année ces illuminés ont décidé de se réapproprier la croix gammée nazie, et ont donc arboré un magnifique svastika sur fond de drapeau rainbow. Bon dans le fond, j’avoue que l’association immédiate aux nazis est assez tragique pour ce symbole d’éternité chez les hindous et bien d’autres civilisations. Mais que les raéliens se chargent d’une telle mission (à la Gay Pride !!), c’est surréaliste au possible !!! #nawak #raëlisme #gaypride #toronto

Joli témoignage d’un homme qui est poursuivi par Hadopi pour des téléchargements dont il témoigne être bien incapable. Ce n’est ni dans ses capacités techniques, et les téléchargements sont loin d’être dans ses goûts (Guetta, Rihanna…), ou comment on prouve encore une fois l’ineptie de cet arsenal législatif. #hadopi

J’ai été sensible à la toute récente polémique lors du 14 juillet. Mon côté antimilitariste célèbre cette idée d’Eva Joly de supprimer le défilé militaire pour le remplacer par une fête citoyenne et aux valeurs plus positives, même si je trouve ça bien aussi de marquer une fois dans l’année l’attachement à la Défense Nationale dans son acception la plus républicaine (c’est aussi cela l’Etat). Mais le post de Titem qui parle de son expérience montréalaise (il est français) ne me laisse pas indifférent. J’aime beaucoup ce qu’il raconte de la Fête nationale du Québec ou du Canada Day et j’aimerais beaucoup que le 14 juillet ressemble (aussi ?) à cela. #14juillet #fêtenationale #armée #frenchpride

Une étude de l’université de Columbia qui se penche sur la manière dont Google a modifié notre manière de réfléchir… Les habitudes maintenant bien répandues qui consistent à appuyer toute réflexion ou appel de mémoire à un moteur de recherche ne sont pas anodines, et risquent bien de bouleverser les schémas de penser et de cogitations des générations futures !! #google #réfléchir #mémoire

Nouveau !! Après le MILF ou le TILF (Twitterer…), maintenant le WILF !! Le Wizzard I’d Like to Fuck en la personne de Neville Longbottom (Néville Londubat en français) dont l’évolution ces dernières années a de quoi étonner (rassurer ? faire peur ?) ! Il a certainement dû bénéficier d’une petite aide à l’image… Cristina ??? #bogosse #extrememakeover

Un deuxième lien de Joe. My. God. et proprement dingue puisqu’on y lit l’anecdote d’un prête catholique espagnol qui propose qu’on lui mesure l’anus pour prouver qu’il n’est ainsi pas homosexuel. Tout cela arrive après la publication de quelques photos assez ambiguës avec un candide séminariste cubain (c’est vrai qu’ils ont l’air intimes là-dessus). Pour proposer un truc aussi con, je me demande vraiment si le curé est pédé ou pas… #homophobie #anus #catholicisme

J’aime bien les profs blogueurs et blogueuses, et ils racontent souvent des anecdotes gratinées. Dans le genre Princesse Soso nous raconte une de ses histoires dont il faut les lire pour les croire. C’est une mère complètement teubée qui donne à ses gamins du café et du coca toute la journée, et ensuite ne comprend pas pourquoi ils sont légèrement énervés et ingérables… Incroyable ! #educator #histoiredeprof #genscons

Je n’y croyais pas quand on m’en a parlé, mais il faut se rendre à l’évidence, on trouve au Japon des pornos gays dédiés aux jeunes femmes (Qui se branlent dessus ? Oui j’imagine !)… Pourquoi pas hein !? #pornogay #japon #filles

Les citatouites de la semaine :

Cliquez pour lire la suite »

  • ThéâtrOpérage
Le Miami City Ballet au Théâtre du Châtelet (Les Étés de la Danse)

Publié le Vendredi 15 Juillet 2011 - 19:25
Catégorie: ThéâtrOpérage

Le Miami City Ballet est une compagnie de danse américaine réputée, et ils ont offert un spectacle assez similaire à celui auquel j’avais eu la chance d’assister il y a quelques années au même endroit par l’American Ballet Theater. D’ailleurs j’ai réservé ce spectacle principalement pour me délecter à nouveau d’un In The Upper Room en live. Donc de la même manière, trois pièces se sont succédées avec trois typologies bien distinctes, du plus classique au plus moderne. D’abord, ce fut Square Dance de George Balanchine sur une musique de Vivaldi, ensuite le même George Balanchine mais avec un The Four Temperaments mis en notes par Paul Hindemith, et enfin mon fétiche In the Upper Room par mon adoré compositeur Philip Glass et magnifiquement chorégraphié grâce à Twyla Tharp.

On retrouve vraiment certaines caractéristiques de l’American Ballet Theater, c’est à dire que j’ai trouvé qu’ils étaient très athlétiques et de vrais “performers”, mais que ce n’était pas non plus la grâce et la prestance d’un ballet classique européen plus traditionnel. Malgré tout en comparaison à l’American Ballet Theater, ils sont un peu moins baraqués et plus fins, et un peu plus conformes aux standards du ballet classique. En toute logique, j’ai eu une opinion très positive mais qui est monté crescendo avec les oeuvres présentées.

La première, Square Dance, est très classique sur le fond et la forme, avec une musique de Vivaldi très (trop ?) easy-listening et une chorégraphie de Balanchine aussi magnifique que dans les canons du genre classique. On était vraiment dans les tutus, pointes et ballerines, mais c’était plutôt plaisant et bien senti. C’est la pièce en revanche qui paraissait la plus faible parce que ce type d’exercice est fatal à des danseurs un peu patauds, qui y vont en force, ou surtout quand la synchronisation globale pêche un peu… Et c’était le cas, donc on n’est pas forcément convaincu par l’excellence de la troupe en ce domaine, même si le tout était exécuté correctement.

Toujours Balanchine pour la seconde pièce, The Four Temperaments de Hindemith, qui est beaucoup plus moderne dans la musique et dans la chorégraphie. On a aussi des costumes qui restent classiques mais dans une dominante bicolore qui rime bien avec la musique aux relents jazzy ou qui ferait penser à certains musicals américain (du Bernstein notamment). L’orchestration était bonne pour cette musique rythmée et syncopée avec quelques dissonances modernistes plutôt bienvenues et agréablement soulignées par la danse. J’ai trouvé aussi que les danseurs prenaient leur marque et semblaient plus à l’aise avec une expression plus contemporaine et une déstructuration (gentille) des codes de la danse classique. Il y avait encore quelques manques de synchronisation, mais moins dommageables pour ce type de chorégraphie.

Enfin, ultime oeuvre présentée : In the Upper Room de Philip Glass pour la musique et Twyla Tharp pour la chorégraphie. J’ai déjà largement évoqué cette oeuvre qui est vraiment quelque chose de majeur dans mon petit univers personnel, donc je ne pouvais décemment pas le manquer. C’est drôle car on y retrouve un peu des qualités et défauts que j’évoquais plus avant. Du coup, j’ai trouvé la chorégraphie bien en phase avec le savoir-faire et le côté “athlète” de la compagnie, mais ils ne sont pas aussi “bons” que l’American Ballet Theater sur cet aspect purement “performance” et “waouh”. En revanche, il y a un petit plus pour une certaine grâce et légèreté, là où j’ai le souvenir avec les new-yorkais d’un spectacle beaucoup plus froid et mécanique (mais alors impeccable de chez impeccable). Je fais dans le détail mais globalement ils étaient excellents et j’étais totalement pris par l’émotion.

Cette pièce a un pouvoir extraordinaire sur le public, il fallait sentir tout les gens à bout de souffle alors que les danseurs effectuent une performance physique assez incroyable. Et le ballet se termine dans un paroxysme qui donne les larmes aux yeux, avec un public qui n’a pas tardé à se lever, et à applaudir comme jamais je ne l’avais expérimenté dans ce théâtre. Donc un Miami City Ballet qui a carrément assuré, et que je vais retourner voir jeudi prochain !! (Eh oui qui sait dans combien de temps, il me sera donné de revoir ce ballet !!!) Ces 38 minutes de danse me donnent un plaisir assez indicible, et j’assume mon assuétude !!

Pour voir et écouter ce dont je parle, en voilà une version intégrale magnifique.



Le Miami Ballet Theater au Théâtre du Châtelet (Les Étés de la Danse)

  • Outside
Vue de la terrasse du Salon Nijinski du Théâtre du Châtelet

Publié le Jeudi 14 Juillet 2011 - 2:15
Catégorie: Outside

Je suis allé au théâtre du Châtelet il y a quelques jours, et habituellement je vais au bar où il y a déjà une jolie vue sur l’extérieur, avec le théâtre de la Ville en face, la fameuse fontaine du Palmier avec ses Sphinx, le Sarah Bernhardt etc. Mais là on a poussé au dernier étage avec la terrasse du Salon Nijinski, et j’ai été bluffé par la vue panoramique qu’on a… Du coup on se reçoit en plus en pleine tête la tour Saint Jacques, Notre Dame et le Tribunal de Commerce ! (Merci Autostitch pour le collage de photos panoramiques !!)

Vue panoramique de la terrasse du Théâtre du Châtelet

  • Boukinage
Les profondeurs de la terre (Robert Silverberg)

Publié le Mercredi 13 Juillet 2011 - 0:47
Catégorie: Boukinage

Etrange et fascinant roman de Robert Silverberg (c’est donc le 5ème de lui que je lis) qui m’a bien agréablement transporté pendant quelques jours. Apparemment, il s’agit d’un hommage à Joseph Conrad, mais comme je n’ai jamais rien lu de cet écrivain, ça ne m’a pas vraiment sauté aux yeux (ouuuuh la honte). On est dans la SF américaine bien classique que je révère, une période avant les ordinateurs et les réseaux, où les humains vont sur de lointaines planètes et tentent d’apprendre des choses sur des étranges civilisations. Evidemment c’est sur eux qu’ils en apprennent le plus sur le chemin…

Là c’est une planète loin de la Terre qui était une colonie, largement exploitée pour la sécrétion d’une bestiole qui donne un médicament anticancéreux des plus efficaces et permet de catalyser les repousses d’organes pour les humanoïdes (très pratique). Nous sommes huit ans après que la planète ait gagné son indépendance, et un des anciens pontes, Gundersen, revient sur Belzagor pour un motif flou. On comprend que les hommes ne se sont pas forcément bien comportés envers les autochtones, et le livre nous découvre peu à peu une civilisation locale très archaïque et sauvage. Il ne reste plus que quelques centaines d’hommes sur toute la planète, et avec eux une poignée de robots et d’installations sommaires, à peine fonctionnelles pour recevoir des touristes en mal de sensations fortes.

Belzagor possède étonnamment deux espèces dominantes (normalement il n’y en a qu’une), on les voit illustrées sur la couverture ci-dessous. Il y a les nildoror et les sulidoror (on dit respectivement un “nildor” et un “sulidor”). Les premiers paraissent les plus évolués et ressemblent à des éléphants, tandis que les seconds sont plus mystérieux et plus humanoïdes… Gundersen s’interroge sur la notion de “renaissance” que les nildoror semblent tous avoir connu et qui est clef dans leur développement. Lorsqu’ils en ressentent le besoin ils se dirigent vers le Pays des Brumes (dominés par les sulidoror), et ils renaissent sans qu’aucun homme n’en connaisse plus intimement le sens ou le processus. Gundersen demande officiellement à un chef nildor d’aller au Pays des Brumes pour en savoir plus, mais on devine que son voyage a un but bien plus personnel, initiatique et en somme celui d’un véritable pénitent…

Rhaaaa que c’était sympa comme lecture, avec un choc de civilisations comme je les aime, une forte importance de la nature que Clifford D. Simak n’aurait pas renié, et une énigme qui se découvre peu à peu jusqu’à un twist final bien troussé (je me doutais un peu de la fin, mais je n’ai pas boudé mon plaisir). Ce n’est pas de la littérature de haut-vol, et Robert Silverberg, avait déjà fait montre d’une plume un peu plus affutée, mais l’histoire et les personnages compensent cette faiblesse. Les personnages extraterrestres surtout sont bien campés et m’ont beaucoup plu.

Les profondeurs de la terre (Robert Silverberg)

  • Magazinage
Par le pouvoir du prisme lunaire

Publié le Mardi 12 Juillet 2011 - 0:40
Catégorie: Magazinage

Hé hé, vous vous souvenez peut-être mais j’ai posté il y a quelques temps sur une erreur dans Fluide Glacial à propos de Sailor Moon et Saint Seiya. J’en avais profité pour écrire, comme j’ai eu souvent envie de le faire depuis quinze ans que je lis ce magazine, à Movida le journaliste ibère cool. :) Je me suis donc fendu d’une remarque avec grand renfort de publicité :

Hello,
Juste une petite erreur dont j’aimerais bien connaître l’origine (?). Sailor Moon alias qui donc ? Et Saint Seiya entre parenthèses alors que c’est un des animes majeurs de la période (ok je ne dis pas non plus que tout cela était hautement intellectuel…). ;))
Cela m’a au moins donné de la matière pour bloguer un truc.

http://blog.matoo.net/index.php/archives/2011/04/13/sailor-moon-alias-saint-seiya/

Merci !
Matoo

Apparemment je n’étais pas le seul, et mon stratagème viral n’est pas non plus passé inaperçu (Carrrramba jé souis démasqué !!).

Rubrique de Movida "ma boite est pleine" - Fluide Glacial N° 422

  • ThéâtrOpérage
Lettre d’une inconnue (Stefan Zweig) au Théâtre des Mathurins

Publié le Lundi 11 Juillet 2011 - 23:44
Catégorie: ThéâtrOpérage

J’ai lu la plupart des romans de Stefan Zweig et la “Lettre d’une inconnue” est certainement l’une des histoires qui m’a le plus marqué. Les oeuvres de Zweig se prêtent assez bien au théâtre puisqu’elles font souvent une belle part aux dialogues et proposent des études psychologiques délicatement ciselées. Il a très souvent exploité la passion amoureuse, et a livré en cela de fabuleux récits qui ne vieillissent évidemment pas. La passion amoureuse a-t-elle pris une ride ces trois mille dernières années ? J’avais déjà vu au théâtre une chouette adaptation du célébrissime “Joueur d’échec” et aussi d’”Amok“, mais là c’est indéniablement la meilleure qu’il m’ait été donné de découvrir.

Le roman est très court et très simple, assez linéaire même, mais d’autant plus frappant et percutant que son intrigue est passionnante et passionnelle. Un homme reçoit une lettre d’une inconnue, et il découvre à a lecture de ce courrier mystérieux, qu’il a rencontré la même jeune fille à plusieurs reprises, pendant vingt ans. Gamine, elle est tombée amoureuse, alors qu’ils étaient voisins, puis elle a dû déménager, mais elle est revenue jeune fille. Elle s’est même donnée à lui plusieurs fois, mais il ne l’a jamais reconnu. Elle a même eu un enfant de lui… Et l’homme, un écrivain vieillissant, ex casanova et tombeur de ces dames, découvre page après page, l’existence de cette femme pour qui il fut tout, mais qui ne conservera qu’une image fugace et floue de l’inconnue.

Sarah Biasini (fille de Romy Schneider dont la ressemblance est certaine, mais au final très différente) endosse remarquablement le rôle de l’inconnue, et on a en face un aussi excellent (et très beau) Frédéric Andrau. Les deux sont possédés par ce texte qui consiste à la lecture des lettres mais est mis en valeur et en “passion” par le jeu même des comédiens, et des phrases dites comme des répliques et parfois des joutes verbales. On oublie donc rapidement la forme romanesque et épistolaire, puisque la comédienne surtout vit complètement son personnage, dans sa folie amoureuse et sa passion dévorante et autodestructrice. Il y a un côté très “Actors Studio” dans son jeu (je ne suis pas étonné de constater qu’elle en est une ancienne étudiante), mais cela sied parfaitement au rôle et au texte de Zweig, elle reste donc juste et n’en fait pas “trop”.

Le décor est d’une simplicité déconcertante : quelques ampoules suspendues à différentes hauteurs au bout de fils, et qui s’allument différemment (et d’intensité variable) selon les moments. Le procédé est habile car il permet de savants éclairages des personnages et la plongée dans des atmosphères variées en très peu de temps. La mise en scène est assez dynamique et mobile, avec surtout Sarah Biasini qui occupe remarquablement l’espace. Elle commence même carrément dans le public, elle passe d’un côté à l’autre des rangées, assez inhabituel pour être notable et plutôt réussi, et on entre ainsi mieux en “contact” avec elle. Une fois que le poisson est ferré, elle monte sur scène, et on reste captivé pendant tout le spectacle. Une heure de pièce, c’est très bien pour ne pas se lasser et garder son attention, plus long serait chiant, plus court aurait paru bâclé.

On se laisse surtout porter par les deux comédiens et cette histoire géniale et terrible qui les laisse sur le carreau, et nous tient en haleine en délivrant un chouette petit moment de théâtre.

Lettre d’une inconnue (Stefan Zweig) au Théâtre des Mathurins

  • Linkage
Autant en emportent les liens

Publié le Lundi 11 Juillet 2011 - 0:03
Catégorie: Linkage

Revue de liens #11 avec beaucoup moins de thématique gay cette semaine. Oh là là, si je continue je ne vais faire que des posts comme ça moi. Huhuhu. Mais ce n’est pas grave, j’essaie encore de m’y tenir tant que je peux ! (Les vacances approchent !!)

D’abord [via Anceps] une petite image en forme de jolie métaphore philosogeek qui touchera je pense le coeur et l’esprit de tout un chacun (non ?). #philosogeek

Life is too short to remove USB safely

Mais aussi cette blague qui m’a fait mourir de rire, même si je suis certain qu’on pourra trouver des fâcheux pour s’en plaindre. [Via Soulfirebang]. #comic #gayteen #seconddegré

But he's so cute

On a vu cette semaine le tout dernier lancement par la NASA d’Atlantis, et pour l’occasion TechCrunch évoque un sujet aussi passionnant que préoccupant, les déchets dans l’espace… Les débris des anciens satellites ou les déchets variés des équipages depuis les années 60 sont en orbite comme le reste et ne sont pas prêts de se dégrader, et ils gravitent à d’impressionnantes vitesses en représentant de conséquents potentiels de collision avec gros dégâts à la clef. #espace #déchets

Je me réfère à cette source avec quelques pincettes vu que je n’en connais pas trop le sérieux ou l’affiliation, mais le site “Enquête & Débat” évoque donc un membre du CSA, Christine Kelly, qui serait en procès contre une personne qui se trouve être tétraplégique. L’article m’a intéressé à bien des égards. D’abord pour la news en elle-même, apparemment l’homme aurait écrit sur Facebook “Christine Kelly au CSA, et pourquoi pas Steevy Boulay à l’Académie française ?”. Franchement c’est très drôle et ça ne casse pas trois pattes à un canard, donc j’ai du mal à comprendre la diffamation et pourquoi elle ira jusque là. Ensuite, l’article en lui-même me paraît assez fumeux puisqu’il met en exergue à la fin l’inhumanité de la femme parce qu’elle poursuit un tétraplégique. C’est complètement con, elle poursuit qui elle veut, et le handicap de la personne ne la dédouane pas non plus d’un délit potentiel. Bref, je suis intrigué par ce truc qui n’a aucun écho dans la presse, et qui émane d’un site qui est très maladroit dans son article mais qui a l’air d’avoir quelques “bases”. Je suis circonspect ! #presse #christinekelly #diffamation

Moi qui ai toujours rêvé de posséder la voiture volante de Fantomas, il semblerait que ce soit aujourd’hui parfaitement possible grâce à une voiture-avion à un prix relativement raisonnable (150 000 euros). Il faut une minute pour déplier les ailes, et hop on s’envole ! #voitureavion #fantomas

Une affaire qui a fait du bruit sur les réseaux sociaux, et qui a été comme d’habitude un peu rapidement montée en épingle. Il s’agit d’un employé d’un Monoprix qui a pris, apparemment très candidement, quelques aliments qui lui paraissaient en très bon état dans une benne à ordures à la sortie du magasin. C’est évidemment interdit, et l’homme risque son job (il est employé depuis 8 ans et gagne 1100 euros par mois selon l’article…). #monoprix #poubelles #miseàpied

Korben nous explique la nouvelle marotte de Christian Vanneste. Ce dernier a dû trouver l’inspiration du côté des traditionalistes américains puisqu’il propose, comme on peut le lire couramment outre-atlantique, de bloquer les sites pornos à priori au niveau des FAI pour protéger les mineurs. Mais oui mais oui… #porno #vanneste

Aaaah nos amis les japonais !! Entre celui qui met 3’52 secondes pour se déshabiller (respect, man!), et ces “bagelheads” qui se font infiltrer du liquide physiologique sous la peau pour ressembler à des monstres sataniques, on est verni cette semaine ! #japon #original

Fred Cavazza qui est une de mes références favorites dans le domaine du web a publié un article passionnant où il explique les leviers d’innovation du web pour les 5 prochaines années. Ses propos sont comme toujours très documentés, réfléchis, visionnaires et intelligents. Ils ouvrent sur bien des spéculations… #webdedemain #société

Je suis étonné de lire tous les jugements et procès en cours sur des histoires de licences et brevets déposés. On voit notamment des accords étranges avec Microsoft qui gagnerait énormément d’argent puisque HTC et Samsung lui payent une somme forfaitaire (importante) pour chaque mobile Android fabriqué. Rene Ritchie d’Android Central s’en étonne aussi et surtout du fait que Google ne pipe mot à ce sujet !! #android #google #brevets

Jean Quatremer en remet une couche sur DSK, je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit, mais son propos se tient. Il a le mérite de résumer les circonstances et certaines conséquences de l’affaire dans les moeurs journalistiques et au-delà. Je trouve un peu prématuré de conjecturer déjà sur la fin de cette saga glauque et dont je pense qu’une saison de Damages pourrait à merveille illustrer. #dsk #quatremer

C’est à l’occasion du décès de Vamara Kamagaté, que Pascale Robert-Diard revient sur l’histoire sordide d’une erreur judiciaire, qui avait mené cet ivoirien SDF en prison. Il avait été décrit et accusé par une jeune femme cherchant à attirer l’attention sur elle, et l’ayant reconnu coupable pour ne pas avoir à assumer dans un premier temps son affabulation. A lire d’urgence !!! #erreurjudiciaire #eolas

David-Xavier Weiss (Secrétaire National de l’UMP en charge des Industries de la Presse et des médias) porte plainte contre le Canard Enchaîné pour outing. Le Canard le cite en effet comme le compagnon de Roger Karoutchi. Eh oui en politique aussi, les pédés sont exactement égaux aux hétéros. Ça couche (avec le patron) au boulot, et tutti quanti ! Je suis par principe opposé à l’outing sauf pour des personnalités qui se sont montrées clairement et publiquement homophobes, mais j’avoue ne pas être trop désolé pour lui. #outing #canardenchaîné

François-Marie Banier porte plainte contre un SDF qui a refusé de se faire photographier, et avec lequel il a eu quelques échauffourées. Difficile de savoir qui a fait quoi, mais la plainte est mesquine dans tous les cas ! #françoismariebanier #plainte #sdf

Le conseil indispensable de la semaine est dispensé par Jonathan D. : comment ne pas laisser un gramme de Nutella dans votre pot ? #nutella

Une vidéo du projet Entourage LGBT m’a bien plu, il s’agit de Zach Wahls, un américain qui témoigne de son statut de jeune garçon ayant été élevé par deux mamans. #homoparentalité

The Magic Button, ou encore un lien éminemment philosogeek pour recouvrer un peu de paix et de sérénité dans ce monde de brutes. Cela ne sert à rien mais c’est déjà beaucoup. Huhu. #philosogeek #magicbutton

Numerama fait un point très intéressant sur ces sites internet ou ces marques qui interdisent qu’on les nomme sur internet (sans autorisation). Eh oui, ça paraît dingue et d’un autre temps, mais ça existe !! L’article propose une liste, donc formellement hors là loi, de ces sites qui usent de la clause Voldemort. #numerama #voldemort

Grande émotion chez les fans de Kylie et Madonna (Des gays vous pensez donc ? Oui oui on peut le dire !!) ! En effet, c’est Perez Hilton qui souligne cette jolie complicité sur Twitter des deux divas. Kylie la douce, gentille et vertueuse australienne s’émerveille que la madone reprenne le studio, et l’impétueuse, mauvaise et méchante Madonna la remercie avec son habituelle chaleur. Huhu. #madonna #kylie #twitter

Je suis de plus en plus épaté par ces exosquelettes futuristes qui sont présentés ces jours-ci et paraissent permettre des miracles ! Il y a notamment ce japonais (49 ans) handicapé par un accident de voiture depuis 27 ans. On peut lire la manière dont il a réussi lui-même à visiter le Mont St Michel grâce à cet équipement. #cestbeaulascience #japon #exosquelette

Et maintenant, les citatouites de la semaine !

Cliquez pour lire la suite »

  • Outside
She loves cats (not sure)

Publié le Dimanche 10 Juillet 2011 - 20:17
Catégorie: Outside

A la base, cette vidéo d’une jeune fille pour un site de rencontre, elle y exprime avec une certaine éloquence son amour des chats. (Poke Laurent !)

(Bon je pense que c’est du second degré de sa part hein…)

Mais le fin du fin c’est la vidéo remixée et agrémentée de passages idoines. Huhuhu. [via Joe My God]

  • Outside
Rendez-vous avec Lady Gaga !!!

Publié le Jeudi 7 Juillet 2011 - 19:00
Catégorie: Outside

J’ai un rendez-vous demain avec une nana de ma boite pour parler d’un projet lié à l’intranet. C’est une des directrices d’ici, et elle est assez “sérieuse”. En regardant son agenda (qu’elle partage avec moi, je suis un privilégié), je constate qu’elle a bien accepté mon meeting (pfff je vais jamais réussir à tout lui expliquer en trente minutes) mais je vois qu’elle en a un autre collé juste avant :

Rendez-vous avec Lady Gaga !!!

J’espère qu’elle ne va pas me zapper pour un créneau “Lady Gaga” ou que cette dernière ne bénéficiera pas d’un traitement du faveur parce qu’elle a 11 465 281 abonnés (and counting…) à son twitter !! Mais tout de même j’ignorais que ma collègue avait de telles accointances… Ça le fait. :)