Les amis biologiques

L’homosexualité a transformé les règles. L’intimité a changé de camp. Il n’a pas pu y avoir solidarité familiale au sens le plus strict, de mon ascendance à ma descendance : de ce point de vue, le seul enfant qu’il y a eu entre mes parents et moi, c’est demeuré moi. Alors l’affection est restée mais l’intimité entre nous est devenue obscène, égarée entre l’enfance et la sexualité, ayant perdu le contact avec la réalité, plus fausse que les choses survenant à Hervé. Elle s’est à la fois circonscrite et élargie à ma famille amicale, cette famille fictive qui est devenue la vraie, à croire que j’avais enfin découvert, après une longue quête, mes amis biologiques. Et aucune malédiction de cet ordre n’a frappé cette intimité-là, elle se transmet à travers les générations si bien que notre relation à Daniel et moi, nous l’avons chacun héritée de Michel.

Citation extraite de “Ce qu’aimer veut dire” de Mathieu Lindon.

L’attaque sociovasculaire

De plus, Twitter en France est trusté par une communauté professionnelle qui prend le service pour un IRC perso. C’est devenu épuisant, aussi. Il n’y a pas plus corporate que cette communauté (elles le sont toutes, j’ai bossé avec des médecins, des enseignants) mais il n’y a pas mieux organisé sur Twitter pour se repérer, se fliquer, se balancer des piques ou des chiffres d’audiences ou le bon lien qui tue. C’est devenu la dictature du New (VS Old), du LOL (la version moderne du cynisme) et de la lèche/haine permanente via les Favoris ou les bons mots servis avec @ ou non.

Ce partage d’ego public, c’était mon Nutella. Et mes artères ne lui disent pas merci. Mon cerveau reptilien déteste l’idée que cette came abondante, infinie, surprenante, disruptive n’offre au final qu’un intérêt mineur dans la vie d’un adulte connecté. Il me susurre que je devrais chasser ces pensées impures et rentrer dans la danse, avec les autres. Las, je suis un addict au web comme je le fus pour d’autres substances légales : quand je fume, c’est deux paquets minimum, quand je mange, c’est pour deux et quand je tweete, c’est toute la journée. Je ne connais pas la demi-mesure. Alors il faut agir.

[Source : Wiliam Rejault]

William teste pas mal de choses en ce moment, et il remet notamment en question son assuétude manifeste (comme la mienne) aux réseaux sociaux. Je suis tellement mais tellement d’accord avec à peu près tout ce qu’il poste à ce sujet. ¯\_(ツ)_/¯

Cirkafrika au Cirque Phoenix

Je suis de plus en plus féru de ce cirque contemporain qui mêle grâce, prouesse acrobatique et performance athlétique dans un souci constant d’esthétique et de recherche artistique. Le cirque Eloize m’avait plus qu’enchanté dans ce domaine (j’ai vu deux fois leur spectacle « iD »), et j’espérais beaucoup de Cirkafrika dont l’originalité est de proposer un spectacle avec des artistes originaires de divers pays d’Afrique.

Cirkafrika est avant tout un show complet et magnifique qui joue sur les arts du cirque évidemment, mais aussi sur la musique, la danse, la chanson et sur une ambiance africaine, sur des rythmes noirs et tout un champs lexical de ces pays d’Afrique qui s’égrène pendant deux heures. J’ai absolument adoré tout ce qui entoure les numéros en eux-mêmes, et le public était tout aussi réactif. Les percussions, les instruments traditionnels, les chanteurs et chanteuses sont omniprésents et donnent une énergie folle à tout le chapiteau. En revanche, le fil rouge imaginé pour tenir le spectateur dans un simulacre d’histoire est raté mais comme rarement !!! On est censé suivre un pilote d’avion qui s’écrase en Afrique (genre courrier postal) et qui passe de personnes en personnes en cherchant son chemin. Mais on n’y comprend rien, ce n’est pas scénarisé ou bien posé, tout au plus alambiqué et superfétatoire. Mais comme ça passe inaperçu, ce n’est pas très grave.

Les numéros sont bien articulés, et il y a une belle fluidité tout au long du spectacle, ainsi qu’une bonne mise en scène qui fait agréablement alterner acrobates, groupes d’artistes, contorsionnistes ou athlètes avec « machinerie ». On trouve à la fois des numéros traditionnels mais aussi des adaptations à la sauce africaine (jonglerie avec des bassines bigarrées) ou carrément des innovations locales. Je pense que le plus impressionnant reste le numéro des mâts chinois que je n’avais simplement jamais vu aussi beau et aérien. Les acrobates étaient tous plus splendides et développant une force surhumaine avec la gracilité d’un flamand-rose… Mohamedi Ramadhani Makuka (Tanzanie) effectue un passage remarqué alors qu’il prend la forme d’une grenouille dans un numéro de contorsion tout bonnement exceptionnel et tellement drôle. Globalement, le niveau est un chouïa inférieur à un cirque Eloize et la recherche esthétique et artistique certes un peu moins aboutie. Mais tout cela est compensé par la beauté intrinsèque des tableaux, ainsi que par l’ambiance tonitruante instillée par les musiciens et les danseurs.

Le spectacle surfe malgré tout sur pas mal de clichés ou d’Images d’Epinal de l’Afrique, mais j’ai l’impression que c’est fait avec une certaine bienveillance et une envie de partage qui ne gâchent donc pas le plaisir. On a droit à un certain patchwork du best-of des représentations de l’Afrique entre les chansons de Touré Kounda ou Mory Kanté, et un défilé de bestioles qui ressemblent au Roi Lion… En revanche, toujours dans ce domaine et décalé avec le cirque, une troupe présente une très chouette démonstration de gumboots. Il s’agit de cette danse d’Afrique du Sud, inventée par les mineurs pendant l’Apartheid, et qui dansaient et tapaient en rythme sur leurs bottes en caoutchouc.

Enfin voir ce spectacle est aussi l’occasion de tomber amoureux toutes les minutes et demi, à la fois de ces mecs aux culs incroyablement rebondis, aux muscles immoralement saillants, et proposant à l’envi toutes les délicieuses nuances du chocolat au lait au chocolat noir 70% !!! MIAM !!! Bon mais les filles sont bien aussi hein, mais je ne sais pas pourquoi, elles ne me font pas le même effet. Huhuhu.

Cirkafrika au Cirque Phoenix

Les bêtes du sud sauvage

Il est difficile de ne pas être aussi dithyrambique que tous les gens dont j’ai lu les papiers à droite et à gauche, et avec tous les prix aussi collectés par ce film, je vais vraiment passer pour un rabat-joie. Mais force est de constater que je n’ai pas été touché comme les autres par cette oeuvre, pour autant non dénuée de charmes, mais trop percluse de maladresses et d’une poésie bancale (selon moi).

Nous sommes en Louisiane au bord d’une zone de mangrove appelée la baignoire (the « bathtub ») par les locaux. Ces derniers sont une bande de paumés qui se sont adaptés tant bien que mal à une vie rude, faite de violence, d’alcoolisme et d’une certaine lutte pour leur survie. Parmi eux, il y a la petite Hushpuppy et son père qui entretiennent une relation familiale à la fois orageuse et pleine d’amour. La petite fille cherche sa mère qui est partie un beau jour, tandis que les eaux montent et menacent d’envahir complètement le bathtub.

Le film prend des airs de conte ou de fable avec la vision toute fantasque et enfantine de Hushpuppy, et l’actrice Quvenzhané Wallis est sans aucun doute l’immense point positif de ce film. Elle joue incroyablement bien pour son âge, et l’incursion du fantastique ou d’une certaine fantaisie dans cette oeuvre donne une patte très particulière et plutôt sympathique à l’ensemble. En revanche, j’ai trouvé que l’histoire tenait dans un mouchoir de poche, et je me suis un peu fait chier. Les intrigues partent un peu dans tous les sens et on ne sait pas trop pourquoi, jusqu’au bout d’ailleurs on est dans ce même flou artistique, et malgré l’arrivée des aurochs (vraiment ridicules, mais bon je n’étais pas là pour un truc crédible non plus) je n’ai pas été convaincu par le scénario.

Ensuite j’ai un problème avec la manière dont les personnages sont figurés. J’ai l’impression d’une vision bobo-américaine de film indépendant avec des gens à la vie miséreuse dont on montre à la fois la violence et l’incurie, mais dont le mode de vie est défendu et presque « loué » par l’auteur. J’ai été gêné par cela, on se demande vraiment si on peut envier ou s’identifier à cela. J’ai trouvé ça bien hypocrite du coup. De la même manière, le mélange entre nature et des hommes complètement en décalage fonctionne étrangement. On pourrait croire de temps en temps à la fable écologique, mais ce qu’on voit ce sont des vies et attitudes polluantes absolument dans les standards américains, et des images qui ne sont pas belles du tout.

Donc je n’ai pas aimé du tout, et j’ai du mal à comprendre l’engouement général… Je ne dois vraiment pas être assez sensible !! Arf.

Les bêtes du sud sauvage

Le langage de la solitude

Il s’était, comme ce soir, senti solitaire, mais bien vite avait découvert la richesse d’une telle solitude. Le message de cette musique venait à lui, à lui seul parmi les médiocres, avec la douceur d’un secret. Ainsi le signe de l’étoile. On lui parlait, par-dessus tant d’épaules, un langage qu’il entendait seul.

Citation extraite de “Vol de nuit” d’Antoine de Saint-Exupéry. Page 30.

La Maison d’Anne Frank (Amsterdam)

Le journal d’Anne Frank fait partie de mes nombreuses lacunes, mais comme tout le monde je connais l’histoire de cette jeune fille juive qui s’est cachée avec sa famille à Amsterdam, et a finalement été dénoncée. Elle est morte dans un camp de concentration quelques mois seulement avant la fin de la guerre… Ce lieu « La Maison d’Anne Frank » est aujourd’hui un musée qui permet de se replonger dans cette histoire au sein de l’Histoire, et plus encore puisque l’endroit propose aussi une réflexion globale sur la tolérance avec d’intéressants dispositifs pédagogiques.

N’ayant pas lu le bouquin, j’ai pu mieux comprendre la vie d’Anne Frank avant, pendant et après ces deux ans où la famille a vécu dans la clandestinité. Le père, Otto, possédait une entreprise, et « l’annexe » a été aménagée dans des locaux attenants. Ce qui est extraordinaire dans ce musée c’est qu’on est vraiment dans l’annexe et qu’on la parcours du début à la fin pour découvrir ce qui s’est passé en même temps que la manière dont les gens ont vécu là pendant la guerre. On réalise donc l’exiguïté du lieu, la décoration, les aménagements, on monte ces escaliers à l’impressionnant dénivelé et on imagine ce qu’a été de vivre là reclus pendant deux ans… Il s’agissait d’une structure en parallèle de l’endroit originel qui permettait de camoufler le lieu avec un habile trompe l’oeil sur la profondeur du bâtiment. Le père de famille est le seul survivant, et il a décidé de publier le journal de sa fille en même temps qu’il a milité pour la conservation de l’annexe et le projet de ce musée.

C’est intéressant, c’est touchant évidemment, voire bouleversant, et le parcours muséologique est vraiment très bien fait. Ensuite, on peut trouver pas mal de resources et de possibilités de réfléchir et se poser au-delà de cette histoire tragique. J’ai beaucoup aimé cette pièce qui expose des sujets de société et qui permet aux visiteurs de voter selon leur âme et conscience sur des questions de sexisme, racisme, xénophobie, homophobie etc. C’était assez cocasse de constater que le mariage homo n’avait pas la majorité des voix alors qu’on venait de présenter un exemple d’homophobie assez criant, et que les avis sur le port du voile aussi étaient drôlement partagés… On était une bande bigarrée de touristes et cela reflétait des idées assez décalées pour un endroit pareil !!!

La Maison d'Anne Frank (Amsterdam)

Grândola, Vila Morena

Je suis tombé sur ce touite hier qui explique et montre que des militants anti-rigueur (le Portugal vit une politique d’austérité drastique qui réduit énormément les budgets publics) ont entonné le fameux Grândola, Vila Morena coupant la chique du Premier Ministre en plein hémicycle. J’ai découvert cette chanson emblématique de Zeca Afonso dans le film « Capitaine d’Avril » de Maria de Medeiros qui raconte la révolution des Œillets portugaise du 25 avril 1974. C’est une de ces chansons militantes qui racontait un épisode de fraternité et solidarité dans la ville de Grândola, et qui avait été censurée puisque trop bel exemple d’attitude communiste pour le gouvernement salazariste. Lorsque le mouvement des capitaines (c’est une partie de l’armée qui a libéré le Portugal) a lancé l’offensive, ils ont joué cette chanson à la radio comme symbole du changement et illustration de leur lutte.

https://twitter.com/lio_l/status/302475232982212608

Je connais peu la situation au Portugal ou le rapport des portugais à cette chanson qui n’est pas l’hymne national non plus, mais j’imagine qu’il était impossible de faire taire ces militants. Cette chanson incarne la révolution des Œillets et les idéaux portés par celle-ci, elle est à la base même de ce qu’est devenu le Portugal depuis la fin de la dictature. C’est un peu comme si on se mettait à chanter la Marseillaise dans l’hémicycle, je pense que personne ne saurait comment réagir, et serait aussi gêné que ce Premier Ministre. Mais autant la Marseillaise est un chant guerrier auquel j’ai du mal à adhérer (à replacer somme toute dans son contexte), autant Grândola, Vila Morena est une chanson d’une troublante beauté. Il faut dire que j’ai un grand amour de la langue portugaise, et là les paroles et cette musique très simples prennent immédiatement aux tripes. En outre, la solennité et la dignité qui s’en dégagent renforcent encore son impact.

Grândola, Vila Morena – Zeca Afonso

Grândola, vila morena
Terra da fraternidade
O povo é quem mais ordena
Dentro de ti, ó cidade
Dentro de ti, ó cidade
O povo é quem mais ordena
Terra da fraternidade
Grândola, vila morena
Em cada esquina um amigo
Em cada rosto igualdade
Grândola, vila morena
Terra da fraternidade
Terra da fraternidade
Grândola, vila morena
Em cada rosto igualdade
O povo é quem mais ordena
À sombra duma azinheira
Que já não sabia a idade
Jurei ter por companheira
Grândola a tua vontade
Grândola a tua vontade
Jurei ter por companheira
À sombra duma azinheira
Que já não sabia a idade

Grândola, ville brune
Terre de fraternité
Seul le peuple ordonne
En ton sein, ô cité
En ton sein, ô cité
Seul le peuple ordonne
Terre de fraternité
Grândola, ville brune
À chaque coin un ami
Sur chaque visage, l’égalité
Grândola, ville brune
Terre de fraternité
Terre de fraternité
Grândola, ville brune
Sur chaque visage, l’égalité
Seul le peuple ordonne
À l’ombre d’un chêne vert
Dont je ne connaissais plus l’âge
J’ai juré d’avoir pour compagne
Grândola, ta volonté
Grândola, ta volonté
J’ai juré de l’avoir pour compagne
À l’ombre d’un chêne vert
Dont je ne connaissais plus l’âge

[Source Wikipédia]

Je vous conseille encore une fois le film « Capitaines d’Avril » qui raconte cette journée extraordinaire du 25 avril 1974 qui a vu une poignée de capitaines (les généraux et autres gradés étaient complices ou soumis à la dictature) renverser ce gouvernement fascisant (régime autoritaire, conservateur, catholique et nationaliste), au pouvoir depuis 1933. J’ai toujours été épaté de cette révolution par son ampleur et son souffle de liberté, mais aussi parce que pour une fois l’armée libère le peuple, et ne s’en sert pas pour prendre le pouvoir et placer une junte à la tête de l’état. Non seulement ce fut une révolution qui n’a pas versé une goutte de sang mais elle a aussi eu le mérite de proposer une concorde nationale et une incroyable transition démocratique.

C’est aussi génial que surprenant quand on réalise comme ce pays a été muselé, comme la police secrète (la PIDE) a épié, enfermé, torturé, censuré ce peuple. On imaginerait une forme de vengeance ou bien un « nettoyage » de l’état, des dignitaires, et des administrations en place, même si cela mène forcément à une « Terreur » comme nous l’avons vécu dans notre pays dans les années (17)90. Au lieu de cela, le choix qui a été fait, et dont je ne reviens toujours pas, c’est de « pardonner » et d’accepter, pour éviter le bain de sang ou la guerre civile, que la démocratie s’instaure mais sans bouleverser les forces en présence. Ainsi les généraux salazaristes sont restés en l’état, et j’imagine que les collabos et les oligarques d’hier sont encore aujourd’hui en place (ou comme dans toute « bonne » société occidentale moderne — et donc népotiste — leurs enfants et petits-enfants). Mais quelle révolution !!!

Apprivoise-moi !

Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :

– S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il.

– Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.

– On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !

– Que faut-il faire ? dit le petit prince.

Citation extraite de « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry. Page 62.

La solitude m’est une amie qui me délivre de la peine d’en chercher d’autres

Je n’ai aucune place dans le monde, alors, comme l’esprit de combativité de mon père, cette évidence s’applique à chaque élément de ma vie : je suis le seul à vouloir avoir des amis, faire l’amour, la réciprocité n’est pas envisageable. A croire que chaque relation serait une conquête, une prise faite sur un ennemi, qu’il faut arracher un consentement par force ou habileté, compromission avec le réel. Je n’ai aucune stratégie, aucun manuel de guérilla sociale pour apprendre comment me dépêtrer de cette jungle, alors je renonce, laissant s’en mêler un hasard que je prends soin de ne pas provoquer. Pour mon bonheur et mon malheur, j’adore lire, la solitude m’est une amie qui me délivre de la peine d’en chercher d’autres.

Citation extraite de « Ce qu’aimer veut dire » de Mathieu Lindon.

Le Mariage pour Tous a été voté à l’Assemblée Nationale

La première étape consistait à voter le projet de loi du Mariage pour Tous à l’Assemblée, depuis hier avec 329 voix « pour », c’est chose faite !! On se réjouit donc, mais j’attends avec circonspection le passage au Sénat qui risque d’être plus difficile à négocier. En attendant, Orphéus propose une compilation géniale des interventions de Christiane Taubira. Je vous le conseille, c’est fabuleux !!