Nomen gentilicium et cognomina

Un des trucs qui me fascine le plus depuis que je m’intéresse à la généalogie, c’est sans doute le nombre impressionnant de patronymes que cela fait (ré)apparaître. Entre cela et la kyrielle de noms de villes, villages et lieux-dits les plus exotiques ce sont des invitations à la rêverie et aux fantasmes historiographiques microfamiliaux les plus fous. Evidemment je ne me fie que très peu à ces informations, même si j’ai pu vérifier quelques centaines d’actes de naissance, décès ou mariage en ligne (merci la France !!), on se retrouve facilement avec des erreurs (quand on pense que sur mon propre livret de famille le mois dernier mon année de naissance n’était pas la bonne !!), des états civils perdus, ou plus simplement des orphelins, des filles-mères, et toutes sortes de tromperies qui ont fait perdre le fil de l’hérédité.

Malgré tout, de Georges Grandidierné vers 1540 dans les Vosges, ou bien Belchior Alfonso Santos en 1535 à Sao Bartholomeu de Messines en Algarve (sud du Portugal), à aujourd’hui, voilà tous les noms que l’on peut trouver (Algérie en gras, Portugal en italique, France pour le reste).

ADAM AFONSO ALBERTO ALFONSO ALLONGÉ ALVARES ANES ANNOY ANVENDER ARCHEN ARNOULD AUGER BADEL BALAY BALVET BARBAS BARBIER BARIL BAROYER BARRY BASTIEN BAUMÜLLER BELLET BELOUAR ‘BEN SEGHAIER BEN SAYAD’ ‘BÉRARD – CHARTIER’ BERNARD BERTIN BERTRINGER BIONNE BLASIN BLONDEL BOETZ BONNEL BONTEMPS BOUCHER BOULANGER BOULENGEOT BOURGUIGNON BOUTEQUOY BRAUN BRETENAKER BRETON BRIAT BRIDOUX BROCHE BURTIN CABRITA ‘CABRITA NETO’ CAILLE CALAIS CARION CARLO CATHERINE CHAFFIN CHANÉ CHAPELIER CHATTELART CHESEL HIMEZ CHRETIEN CLAUDE CLERC COLLE COLLIGNON COLLIN COLLOT CONUS CORNEMENT CORNY CORTA COURMON COURMONT CREPIEUX CUNICET ‘DA SILVA LEANDRO’ DAMIEN ‘DAS DORES’ ‘DAS DORES SEQUEIRA’ ‘DAS NEVES’ DAVANCE ‘DE ANDRADE’ ‘DE CONCEIÇAO’ ‘de FRETIN’ ‘DE JESUS’ ‘DE JESUS MARIA’ ‘DE OLIVEIRA NARCISO’ ‘DE SEQUEIRA’ DEBACQUES DEBAYE DEBOUT DECOBERT DEFAUCHEUX DEFIVES DEJANTE DELATRAUX DELEPLACE DELEPLANQUE DELOR DELPLACE DENOYERS DESBOEUFS DESJARDINS DESPLANCQUE DESRUELLES ‘DIAS SEQUEIRA’ DIDIER DIDOT DILLENSENGER DIRSON DOMINQUES ‘DOS SANTOS’ DROUIN DUCHENE DUFLOS DUHAUT DUHEM DUMÉNIL DUMONT DUMOULIN DUPONT DUQUESNE DUVAL EPVON ETIENNE FAUCHER FAUQUEMBERGUES FAUST FENARD FERNANDES FERRY FLAMENT FLORENTIN FRANCHOMME FRANÇOIS FREMY FRICHINGER FRION FRIOT FRITSCH GAILLARD GAILLOT GAUDRENOY GEISS GENAY GÉNIN GENNOIS GENOT GÉNY (GÉNI) GEORGE GEORGES GERARDGEORGES GÉRARDIN GERBÉ GILLE GIRONT GODARD GOMES GONÇALVES ‘GONÇALVES PINCHO’ GORMAND GOURDOUX GRANDEMANGE GRANDIDIER ‘GREGORIA DE ALBERTAO’ GROSJEAN GROSSELET GUEFFE GUERARD GUERREIRA GUERREIRO ‘GUERREIRO FERNANDES’ GUERRERO GUILLEREZ GUIOT GUITIENNE GUTH GUYOT HANS HARMANT (HARMAND) HARTENSTEIN HAUFFMAN HAYERT HEEFF HEISCH HENRY HERMAN HERMAND HESSE HIGEL HOUILLON HOURT HUGEUX HUMBERT HUOT HURAULT HUREL HURTEL HUSSON IGNACIA ILLER JACQUART JACQUEMIN JACQUOT JEANDIDIER JEVONNE JOLY JOSSEL JULIEN KIFFER KIRCHE KIRSCH KRISTIENNE KROMPHOLTZ KUNTZ LAMBERT LANGLOIS LANTONNIER LAPPIN LATRAYE LAURENT LEBLANC LECHE LECLERC LEFEBVRE LEMAIRE LEMIRE LENTZ LEONARD LEPETIT LESTAVEL LESTRAYE LETROU LHERINAIN LHOMME LHOTE LHUILLIER LICOUR LOISEAUX LOPES LORENTZ LOUBRY LOUIS LOURENCO LOUYS MADELENE MAHEU MAHIEU MAILLARD MAIRE MALDIDIER MALLARD MALRAISON MANGIN MARCHAL MARCHAND MARIA MAROTE MARREIRA MARSY MARTIN MARTINS ‘MARTINS NETO’ ‘MARTINS RODRIGUES GUERREIRO’ MARY MASSON MATHIEU MATHIS MEIER MELCHIOR MELINE MENDES MESURIE MEYER MICHEL MICHLER MIGUEL MILET MORIAN MORLOT MOSSE MOUCHOTTE MOUROT MULLER MUNIER NETO NOBLE OGER OGIER OLINGER OSWALD OTTIGNON PALTZ PAPEGAY PAQUIN PARANT PARISET PARMENTIER PAULIN PEIFFER PELLETIER PERRIN PERRY PETIT PETOT PFEIFER PICAVET PICHELIN PICOT PIERRAT PIERRE PIERROT PILON PLAY POIROT POUCH POULLMEYER POULMAIRE PROUVOST QUEVA QUIE RAZEL RECULAIRE RECULART RECULER RECULER (LECLER) RÉGALI REMON RÉMY RENARD REVOY RICHARD RIEFFEL RIMBEAU RITTIER ROBERT RODRIGUES ROLLOT ROQUEBUSE ROUGISSART ROUSSELOT ROUYER ROYEZ RUSTAUX SADELER SALEMBIER SAUFFROY SAUVEGET SCHAAD SCHARFF SCHUTZ SENDER SIFFRID SINTEM SION SIVAN STHOCARD STOCARD SUSINGER TANCHEL TEICHE TERESA THIEL THINOT THIRIAT THIRION THIRIOT THOMAS THURIOT TOUSSAINT TREDEL TREHOU VAGNAIR VAGNER VALANS VALENCE VANNAIN (VENNIN) VASSEUR VAZ ‘VAZ DE OLIVEIRA’ VERUNT VESSELOT VICENTE VICHARD VIDART VIDEMAN VIERLING VILLAUME VINCENT VINDEMANN VINDENMANN VIRIOT VOSTRY VUIDARD WAGNER WATTRELOT WENE WILLAUME WILS WOLFF WONNER XIMA ZORN

Pour l’Algérie je n’ai pas d’information sinon celles qui me viennent de mon grand-père donc c’est vraiment très parcellaire. Et j’ai pas mal de doute sur mon propre nom de famille puisqu’on ne le trouve sur aucun des papiers de mon grand-père (huhuhu). Pour le Portugal, il y a bien quelques archives en ligne comme pour la France, mais le souci c’est que les portugais ont à peu près 4 noms de famille et 3 prénoms pour tout le pays, que les noms s’accolent dans n’importe quel sens, les enfants héritent des prénoms de leurs parents qui deviennent leurs noms de famille, bref c’est un énorme bordel !! Donc le taux d’erreur est sans doute bien supérieur à la partie gauloise dont on peu remercier pour cela le zèle des agents d’état civil des temps passés (et les curés !!).

Donc si vous connaissez ces noms là dans vos familles, nous sommes peut-être cousins !! Le plus important c’est de relier bien sûr cela à des lieux. Et voilà les régions les plus représentées de mon arbre généalogique :

  • Alsace, Bas Rhin, France
  • Champagne-Ardenne, Marne, France
  • Franche-Comté, Jura, France
  • Ile-de-France, Hauts de Seine, France
  • Ile-de-France, Paris, France
  • Ile-de-France, Val d’Oise, France
  • Limousin, Corrèze, France
  • Lorraine, Meurthe et Moselle, France
  • Lorraine, Meuse, France
  • Lorraine, Moselle, France
  • Lorraine, Vosges, France
  • Nord-Pas-de-Calais, Nord, France
  • Nord-Pas-de-Calais, Pas-de-Calais, France
  • Normandie, Manche, France
  • Normandie, Seine-Maritime, France
  • Picardie, Aisne, France
  • Picardie, Somme, France
  • Algarve, Faro, Portugal
  • Ouled-Djellal, Willaya de Biskra, Algérie
  • Baden Wurttemberg, Allemagne
  • Sankt Gallen, Saint Gall, Suisse

Tu ne pouvais pas pleurer

Tu ne pouvais pas pleurer. Tu ne pouvais pas exprimer ta peine comme on le fait normalement, et donc ton corps a craqué et il a exprimé ta peine pour toi. Sans les divers facteurs qui ont précédé la crise de panique (l’absence de ta femme, l’alcool, le manque de sommeil, le coup de téléphone de ta cousine, le café), peut-être cette crise ne se serait-elle jamais produite. Mais au bout du compte ces éléments n’ont qu’une importance secondaire. La question, c’est de savoir pourquoi tu n’as pas pu te laisser aller pendant les minutes et les heures qui ont suivi la mort de ta mère, pourquoi pendant les deux jours entiers, tu n’as pas été capable de verser la moindre larme pour elle. Était-ce parce qu’une partie de toi se réjouissait secrètement de sa mort ? C’est là une pensée sombre, si sombre et troublante que tu redoutes de l’exprimer, mais même si tu acceptes d’envisager la possible vérité de cette pensée, tu doutes qu’elle soit en mesure d’expliquer ton incapacité à verser des larmes. Tu n’as pas pleuré non plus à la mort de ton père. Ni à celle de tes grands-parents, ni à celle de ta cousine préférée, quand elle a été emportée par un cancer du sein à l’âge de trente-huit ans, ni après la disparition des nombreux amis qui t’ont quitté au fil des ans. Pas même quand tu avais quatorze ans et que tu t’es trouvé à moins de trente centimètres d’un garçon frappé et tué par la foudre – toute l’heure qui a suivi, tu es resté assis à côté du cadavre de ce garçon dans un pré noyé de pluie, à le surveiller, à désespérément essayer de le réchauffer et de le ranimer parce que tu ne comprenais pas qu’il était mort -, même cette mort monstrueuse n’a pas réussi à t’arracher une seule larme. Tes yeux se mouillent quand tu regardes certains films, tu as versé des larmes sur les pages de nombreux livres, tu as pleuré lors de moments de chagrin personnel immense, mais la mort te fige et te bloque, te dépouille de toutes tes émotions, de tous tes affects, de tout ce qui te relie à ton propre cœur. Depuis le début, tu fais le mort devant la mort, et c’est ce qui s’est également produit au décès de ta mère. Du moins au début, les deux premières journées et les deux premières nuits, mais ensuite la foudre a encore frappé et t’a carbonisé.

Citation extraite de « Chronique d’hiver » de Paul Auster.

Le jour où je suis devenu M. Watoo-Ducasse

[Truc posté le 13/03/2015, mais remis à la date originelle ^^]

C’est dingue de se dire que 10 ans de cela, j’expliquais déjà que c’était le mariage ou rien selon moi ! Je n’ai jamais été un fan du PACS (me concernant évidemment) qui était pour moi plus un truc fiscal qu’autre chose. Le mariage était important pour moi parce que c’est le même acte qui a uni mon pôpa et ma môman, et parce que je ne vois pas pourquoi mon couple serait différent du leur. Mais au-delà du concept même, je n’étais pas spécialement un promoteur du mariage en tant que tel. J’aime l’idée du jour spécial et de ce rassemblement parfois hétéroclite de la famille et des amis. J’aime aussi le sacrement républicain (oxymoron…) et sa reconnaissance par la société. Mais l’amour n’a pas forcément à être sanctionné de cette manière, et le mariage sent aussi la naphtaline et des valeurs morales bien merdeuses.

Ce qui a changé ? Ce serait si romanesque de dire que c’est chérichou qui a changé la donne, mais en réalité non. On se dit depuis 8 ans régulièrement qu’on se veut pour mari et mari, mais c’était plus une boutade amoureuse qu’autre chose. Ce qui nous a bouleversé c’est cette période dingue qui a accompagné le vote à l’Assemblée Nationale du Mariage pour Tous. La Manif pour Tous et cette levée de boucliers de tout ce qui sent le souffre en France m’ont fait me sentir terriblement mal. J’ai vraiment été atteint par cette haine, cette manipulation consistant à nier l’homophobie ou à asséner avec une fausse humilité et un respect déguisé les pires horreurs. On a eu droit aux mêmes assertions dégueulasses que lors du PACS, époque qui avait déjà vu les fascistes de tout poil se réveiller, mais en 2013 internet et les réseaux sociaux ont encore agi comme un extraordinaire amplificateur.

La beauté du web a aussi consisté, comme toujours, à nous déprimer profondément des propos de certains, et à nous émerveiller sincèrement d’autres. Je pense que les audiences des retransmissions vidéos de l’Assemblée Nationale n’ont jamais autant crevé les plafonds, et ça a été une période très intense. Sa conclusion heureusement fut très positive, mais quand on compare à la manière dont ça s’est passé dans les pays voisins… Je me remémore la fête pour le mariage gay en Espagne il y a dix ans…

Pour se réconforter, il reste ce formidable florilège de Christiane Taubira, qui a gagné ses galons de Grand Commandeur de la Présidence des Pédés (c’est moi qui donne les décorations, arf). Si nous devons avoir de la reconnaissance pour une personne c’est bien elle. Et c’est fou mais sans elle, je pense que la loi était sérieusement en péril.

Résultat, après avoir manifesté, avoir subi l’opprobre de la Manif pour Tous et ses sbires, avoir entendu les incroyables argumentations des opposants dans l’hémicycle, on était à peu près certain d’une chose : il fallait se marier !

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Little Voice

Pour les plus fans, Jane Horrocks est le nom de l’actrice qui joue Bubble dans Absolutely Fabulous. Bubble l’assistante folle à la voix haut-perchée d’Edina Monsoon dont les actions et réactions sont de petits moments d’anthologie de cette série made in UK cultissime ! Mais lorsque je l’ai vu dans ce rôle en 1998 dans le film « Little Voice », je ne l’ai pas reconnue, et c’est quelques années plus tard que ça a fait tilt. Ce film est inconnu de tous mes proches quand je leur en parle, et j’ai l’impression d’être le seul à l’avoir vu. D’ailleurs il n’est trouvable qu’en DVD importé de Grande-Bretagne.

Il faut dire que ce n’est pas un grand film, et qu’il a un scénario un peu bancal, une narration assez équivoque ou moins accrochante en tout cas qu’une hollywooderie de base. En revanche, ce ne sont que de très bons comédiens, et puis ça ne s’explique pas (enfin si !), il m’a marqué à l’époque, et il reste depuis un de mes petits trucs cultes à moi que j’ai. Pourtant c’est du Miramax, production qui faisait encore à l’époque dans de l’indépendant qui allait devenir du « faux indé américain bien calibré » pas très longtemps après.

Le réalisateur Mark Herman avait aussi signé « Les Virtuoses » deux ans auparavant qui avait eu un joli succès, et on retrouve pas mal de comédiens de ce film, donc Ewan McGregor, pas encore la grande star que l’on connaît aujourd’hui. On y trouve aussi, et ce n’est pas rien, Michael Caine et Brenda Blethyn. Cette dernière incarne la mère de Jane Horrocks/Litlle Voice surnommée LV justement parce qu’elle est timide au moins de la rendre presque mutique. Lorsqu’elle s’exprime, c’est un tout petit filet de voix de gamine qui s’épuise rapidement dans un soupir ou un sanglot. LV a été traumatisée par la mort de son père, et elle vit dans le souvenir de celui-ci et surtout dans l’écoute réitérée de ses vieux 33 tours de Judy Garland, Shirley Bassey, Marilyn Monroe ou Edith Piaf.

Brenda Blethyn joue une paumée assez beauf et coureuse qui est à deux doigts de la maltraitance concernant LV. Elle fait la rencontre et jette son dévolu sur Michael Caine qui est un imprésario à la petite semaine, vraiment du genre minable. LV rencontre en même temps, et par hasard, Ewan McGregor qui est presque aussi timide qu’elle, et qui a une passion dans la vie : ses pigeons. Il a un petit crush pour LV, mais est incapable de lui parler, et elle de toute façon de lui répondre. Un soir Michael Caine découvre qu’LV est non seulement passionnée par les disques de son père, mais qu’il lui arrive de chanter. Et alors c’est un vrai miracle, elle imite à la perfection les Dusty Springfield ou Marlène Dietrich, avec une voix d’une beauté et d’une puissance stupéfiante.

Le film est basé sur une pièce de Jim Cartwright, mise en scène par Sam Mendes et déjà avec Jane Horrocks dans le rôle titre : The Rise and Fall of Little Voice. Il faut dire que je ne suis pas certain qu’une autre personne sur terre possède un talent pareil !!

Et donc j’aime ce film parce qu’il est justement un peu bancal, parce que ce n’est pas l’happy end que l’on pouvait escompter, parce que la fin arrive au deux-tiers, que l’histoire d’amour ne s’accomplit même pas, mais je sais pas il y a des trucs qui me touchent. Je crois que ça tient beaucoup dans les timidités de Jane Horrocks et Ewan McGregor qui sont très bien jouées, et dans ce potentiel caché qui s’exprime en révélant un inimaginable trésor. Dans le rôle de Brenda Blethyn aussi, qui exprime une détresse qui la bouffe mais qui ne se traduit que par violence et bêtise… On y retrouve ce truc anglais d’un humour noir et grinçant sur fond de misère sociale et intellectuelle. Et le moment paroxystique du film est un régal en termes de performance vocale pour Jane Horrocks, mais aussi un moment qui se révèle pour elle tout sauf une révélation, un breakthrough ou une renaissance, juste ce qu’elle fait lorsqu’elle « voit » son père.

Jane Horrocks - Little Voice

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J’écoutais tout à l’heure dans le métro le dernier épisode du génial podcast Radiolab.

Things ou l’attachement des gens aux choses, ou d’ailleurs aussi le détachement aux choses d’autres gens. Ces histoires de personnes qui relient des émotions et des souvenirs à des objets bien tangibles me sont particulièrement familières puisque je suis du genre à conserver une panoplie de mnémotrucs de toute ma vie. Pourtant je suis également du genre à jeter et me débarrasser de mes affaires sans émotion, mais j’ai des totems, des reliques, des amulettes et des grigris qui sont de petites choses insignifiantes mais des choses qui évoquent des périodes (joyeuses ou tristes d’ailleurs), des personnes ou des émotions.

Dans un de mes tiroirs, il y a ce petit bout de bois auquel je pensais. Un morceau de bois trouvé par mon amie Marie-Aude sur une plage de galets de Dieppe une fin d’année scolaire de 1984. Il nous faisait penser au bas d’un corps avec les deux jambes croisées.

Bout de bois usé par la mer

Une des histoires du podcast était à propos d’un homme qui se remémorait un épisode de son enfance et particulièrement ses huit ans. Et je me suis dit oh mais j’avais cet âge là moi aussi, du coup c’est fou c’était il y a VINGT ANS !! Et là il m’a fallu quelques secondes pour réaliser que 1984 et 8 ans bah ça faisait plutôt donc un souvenir vieux de TRENTE ANS !!! Eh ouai 38 ans, ça y est !! Hé hé hé.

Marie-Aude m’avait aussi donné ce caillou poli par les flots, que j’aime aussi énormément, et qui est dans un autre tiroir à malices. Je me souviens lui avoir dit que je garderai cela en signe d’amitié aussi longtemps que possible. A l’époque on ne savait pas si on aurait une amitié aussi durable. Force est de constater que nous sommes restés côte à côte (même classe, même table) pendant presque 10 ans, du CP à la troisième ! A la fin on était devenu une sorte de phénomène, les profs n’osaient pas nous séparer de peur de nous traumatiser (je sais que certains militaient pour cette rupture, mais au final personne ne voulait prendre la responsabilité d’une expérience aussi incertaine).

Caillou poli par la mer - Plage de Dieppe

Je n’ai plus autant de petits colifichets fétiches (j’aime les allitérations vous savez) comme cela, mais de temps à autre, j’enrichis tout de même ma collection. Je pense que le plus récent doit être cette mini boite à musique achetée à un concert de Diterzi. Souvenir de ce magnifique concert, de la soirée avec mon chérichou, et ces quelques notes qui sonnent et tintent spécialement à mes oreilles et mon coeur.

Il y a des trucs tellement mais tellement cryptiques, mais TELLEMENT moi !! Je pense à ces vieilles choses anodines du passé qui me fascinent, comme cette règle à calculer de Gaz de France que mon père a retrouvé dans une (très) ancienne armoire à son boulot (j’ai une certaine passion pour les règles à calculer et les abaques de toutes sortes).

Règle à Calculer Gaz de France

J’ai aussi cet agenda (vierge) et ce plan de Paris (et métro) de 1946 qui appartenaient à ma grande-tante et qui me la rappellent aussi.

Agenda et plan de Paris de 1946

Cette mezouzah aussi achetée avec Diego lors de notre périple en Israël est un cher souvenir qui célèbre pour moi l’amitié si précieuse pour mon Diegito.

Mezouzah

Et puis sinon j’ai aussi ma petite mallette à souvenirs…

Mallette à souvenirs

Mallette à souvenirs

C’est un truc que j’ai rempli au lycée, je me souviens. Ma chambre était blindée de ces petites choses de l’enfance et l’adolescence, et je me suis dit que j’allais commencer à jeter plein de trucs, plein de souvenirs. Du coup, j’ai passé ma chambre au tamis, et j’ai récupéré les trucs qui me parlaient le plus… Et pendant le lycée, j’ai ajouté des choses spécialement attachées à des personnes ou des soirées qui m’avaient marquées. N’IMPORTE QUOI !!! Le truc d’ado quoi… Des coquilles de pistache, des paquets de clopes vides, et je me rappelle super bien de tous les détails liés à ces peccadilles.

Mallette à souvenirs

J’ai ainsi sauvé mes cahiers d’écriture du CP, un Mickey et un Pif poche, des médailles de tennis et judo, une boite de bonbons que ma grand-mère m’avait donné et qui sentait bon l’anis et tant d’autres choses !!!

Et un des trucs les plus importants, ça doit être cette serviette orange à carreaux. C’était je crois pour mon quatrième anniversaire, et mon oncle demandait à ma mère ce qu’il pouvait m’acheter pour me faire plaisir. Ma mère m’a interrogé et j’ai répondu « je voudrais un baluchon » ! Eh oui, j’étais fasciné par Nestor le Pingouin à l’époque et surtout par son baluchon. JE VOULAIS UN BALUCHON. mon oncle m’a pris au mot et m’a confectionné un baluchon avec une branche de noisetier du jardin qu’il avait gravé au couteau à mon nom, et ma tante avait fait un baluchon avec la serviette qui contenait des bonbons et des conneries.

Eh bien c’est un des plus beaux souvenirs de ma vie. J’ai été heureux comme jamais, presque autant que cette fois où je me suis promené en ville avec mes oreilles de Mickey ! J’ai porté mon baluchon avec beaucoup de fierté et de prestance. Huhuhu.

Je conserve aussi mes lettres de colonie de vacances, mes journaux intimes et quelques autres conneries du même acabit. Après je ne pense pas non plus que je pleurerais si je perdais tout cela. Pour la simple et bonne raison que j’oublie régulièrement que j’ai ces trucs là, et que je les redécouvre au hasard de la recherche d’une enveloppe ou d’une agrafeuse dans un tiroir.

J’ai aussi conservé quelques objets chargés d’un affect bien plus négatif, et je ne m’explique pas pourquoi. Souvenir d’humiliation, de souffrance ou de mépris de moi-même, j’ai aussi ces breloques totémiques maléfiques dans les recoins de ma valisette. Comme quoi, j’ai très tôt été instinctivement attiré par Marc-Aurèle…

Ces 38 ans sont un peu effacés par le mariage qui approche, dans trois semaines nous y seront presque !! Ce qui est étrange c’est que de mon côté ou celui de chérichou, nos parents sont les plus âgés. J’en faisais assez ému la remarque à ma maman, d’abord en regrettant l’absence d’êtres chers et qui auraient tellement aimé être là, mais aussi un peu angoissé à l’idée que la génération de mes parents est la prochaine à passer à la casserole (ce qui fait chier, putain). Mais c’est comme ça évidemment.

Il faut que j’écrive à Marie-Aude (on est en contact via Facebook évidemment), que je connais donc depuis 32 ans, que je lui dise que j’ai toujours son caillou et son bout de bois de Dieppe.

Un discours de maire

JP s’est marié tout récemment, et je lis sur son profil Facebook un extrait du discours du maire qui les a mariés :

Notre république est laïque, notre mariage républicain est civil et laïc
L’égalité des droits ne se négocie pas, ne s’ajuste pas.
Votre mariage est la preuve de la capacité de notre société à vivre ensemble en respectant la liberté et la dignité de chaque individu.
Votre mariage nous permet d’apprécier le degré de notre civilisation à devenir plus humaine par la pleine égalité de toutes et tous.
C’est de joie dont je veux vous parler aujourd’hui.
La joie qui inonde nos visages en voyant l’amour qui resplendit dans vos sourires, dans vos regards complices, dans vos rires.
La joie que votre amour inspire, nous inspire.
La joie de passer une partie de cette journée à vos côtés.
La joie de sentir cette fierté aussi.
Ce mariage vous engage dans la vie, comme tous les couples qui vous ont précédés ici.
Parce qu’il témoigne d’un amour qui vous appartient, parce qu’il marque une nouvelle étape pour votre couple et une nouvelle reconnaissance aux yeux de tous ceux qui vous connaissent, et désormais aux yeux de la société.
C’est un moment particulier, pour ne pas dire exceptionnel, car il me revient la charge, mais aussi l’honneur, d’unir deux coeurs du même sexe.
Ce jour vous l’avez rêvé, aujourd’hui, ce rêve va devenir réalité.
Que cette journée soit pour vous inoubliable.

Pectus est quod disertos facit. Plus que jamais.

Général Kala, la meilleure méchante de l’Univers Connu

Et si le général Kala est la meilleure méchante de ce navet ultime et culte qu’est Flash Gordon, c’est en grande partie grâce à la voix géniale de Micheline Dax. Avec son récent décès, on a beaucoup évoqué sa voxographie dont la géniale Miss Piggy du Muppet Show, ou encore Ursula une autre méchante cultissime (de la Petite Sirène de Disney). Mais selon moi, la voix de Micheline Dax avait fait des merveilles en incarnant la scélérate, sans pitié et maléfique Kala !

J’ai découpé toutes les scènes avec Kala, et cela représente 2 minutes et 13 secondes sur un film d’1h47. Il ne doit donc dans l’Univers Connu n’y avoir que moi qui me souvient de ce personnage, et sans doute aussi de ce film. Mais vous savez comme sont les enfants (j’au dû voir ce truc dans les années 80 sur une VHS…), et elle m’a marqué !! Ça devait déjà être son côté maîtresse SM lesbienne qui me parlait sans doute. Arf. Ecoutez donc ces 2 minutes, et surtout cette voix si reconnaissable et cette gouaille de méchante qui remplit parfaitement son office.

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D’ailleurs je viens de voir que la comédienne Mariangela Melato est décédée l’année dernière. Flash Gordon est vraiment mauvais du début à la fin, pour ses décors, le jeu des comédiens, les effets spéciaux ou son scénario, mais c’est un film culte qui 35 ans plus tard a un vrai charme. On y trouve une pléiade d’acteurs : Max von Sidow, Ornella Muti, Timothy Dalton. Mais les deux héros sont plutôt connus pour ce rôle là les pauvres… (Je me souviens surtout de Melody Anderson dans Manimal, série phare des années 80 !!) Et ce décorum tout droit sorti d’un épisode de Musclor m’a toujours fait triper !!

Donc souvenez-vous ou apprenez-le : Micheline Dax c’était aussi Kala !!

General Kala - Flash Gordon

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Tout va bien hein, je n’ai rien écrit en plus d’un mois. Pfff c’est la lose. Et puis là mine de rien, ça fait une semaine que j’ai 11 ans. Oh là là c’est la bérézina (nougat et chocolat) ce blog !! Malgré tout je crois toujours que je vais m’y remettre et je n’ai pas complètement abandonné la place !! Il faut que je continue de vous narrer mon histoire avec chérichou, et puis tout de même je me marie dans deux mois tout juste !!

Sinon j’ai une liste de films, livres, ettouslestrucsdontjevousparlehabituellement qui date de l’été dernier et qui me fait peur quand je la regarde, mais je continue à entretenir avec sérieux et candeur. Arf. Bon bah au moins je sais que je serai incapable d’arrêter avant les 35 articles qui la compose, oui je suis freak à ce point.

liste_de_posts

Et encore une fois c’est con car dès que je reprends le clavier, je prends un plaisir fou, mais c’est comme le club de sport, si on arrête on est perdu !!

A suivre !!! Ou pas. :)

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Le test de la tache de trottoir

taches

Moi je vois un cuisinier avec une toque sur la tête.
Mes amis y voient plutôt :

Une méduse, un panache atomique ?
Moi je vois un nounours en guimauve coiffé d’un chapeau Philip Treacy et qui fait caca.
Moi je vois du vomi.
Et moi un chat tout aplati.
La Grande-Bretagne et l’Irlande qui auraient pris cher.
Moi je vois un Lion vu de haut et un fœtus à sa droite.
Popeye ?
Je vois un Dalek sous un parapluie retourné par le vent, suivi d’une figurine de Maléfice dans la Belle au Bois dormant, qui poursuivent un poisson.
Je vois un champignon nucléaire.
Une tortue écrasée avec ce qu’il y avait à l’intérieur… bha… à l’extérieur…
je vois un vieil homme acariâtre avec une queue de cheval et un monocle!

Enfant je passais tous les trajets de vacances (souvent 8 heures de bagnole non stop) à regarder les nuages pour y déceler des animaux, personnages et autres bêtes fantasmagoriques. Je n’ai pas cessé, et je suis toujours en train de voir des choses dans les figures les plus régulières, les motifs les plus répétitifs, et d’autant plus dans les œuvres de la nature ou celles plus urbaines qui constellent les trottoirs de nos villes.

Des roches sculptées par l’érosion de Capitol Reef aux rochers granitiques émoussés de l’Île de Sein, en passant par les traces d’un chewing-gum écrasé, et les boursouflures goudronnées d’un bout de trottoir, je continue à rêver éveillé, et j’aime ça.

It’s been too hard living but I’m afraid to die
‘Cause I don’t know what’s up there beyond the sky
It’s been a long, a long time coming
But I know a change gonna come, oh yes it will

A Change Is Gonna Come – Chanson de Sam Cooke (1964) interprétée par Otis Redding.

La revanche des gayks

Je rigole en lisant les commentaires sur la toute nouvelle série de HBO « Looking ». Une série qui met en scène des gays à San Francisco dans une optique Sex and the City ou Queer As Folk mais avec une couleur très actuelle, je ne sais pas si ça va m’accrocher, je suis encore dubitatif. Non ce qui me fait rigoler c’est que le héros est censé être un « level designer » (créateur de niveaux de jeux) de jeux vidéos mais qu’on le voit sans cesse sur 3DS Max en train de modifier la 3D de personnages, donc il est plutôt manifestement un « character designer » (créateur/animateur de personnages). Il faut lire quelques commentaires acerbes de gayks qui estiment donc que cette série n’est vraiment pas terrible et crédible. Huhuhu.