Hérédité vocale

Je suis souvent étonné lorsque je rencontre des parents/enfants ou des fratries à propos des ressemblances souvent dingues de leurs voix. Timbre, intonation mais aussi tics, manies, expressions et accents. On se concentre habituellement et de manière triviale sur les similitudes physiques, un petit trait par là, une expression de visage par ici.

Mais c’est parfois troublant de réaliser qu’on a la même voix que son père ou son frère, et que cette particularité là est finalement très héréditaire. C’est par exemple flagrant pour mon père et moi, et bien souvent mes amis sont troublés par la dissemblance physique avec mon frangin, mais l’extraordinaire cohérence dans la façon de s’exprimer, des expressions et des tics de langage plus « acquis » (qu’innés). Cette hérédité là est d’autant plus chouette, qu’elle cumule la biologie à l’osmose vocale naturelle qui lie les gens d’une même cellule familiale.

Rendez-vous sur la place des grands hommes (gays aussi !)

Au détour d’une émission sur le TOP 50 de 1991, voilà que je découvre ce clip de Bruel, et avec stupéfaction une promotion éhontée pour la théorie du djendeur (au moins !). Huhuhu. C’est fou ça, dans les potes qui se rencontrent à trente ans bah y’a aussi un gay. Le passage est quasi subliminal, mais en 1991 c’était loin d’être un truc banal. Bon je m’en rends compte 23 ans plus tard, mais mieux vaut tard que jamais.

Cette lumière !

C’est vrai ça je manque à tous mes devoirs en tardant à vous souhaiter une bonne année. Mais c’est parce que je vous souhaite tout le bonheur du monde à peu près 365 jours par an, ouai je suis comme ça.

J’ai passé Noël et le jour de l’An en Bretagne avec mon cher et tendre, et ce fut quelques jours très agréables. Que ce soit en famille du côté de Clohars-Carnoët (comme d’hab mais je ne m’en lasse pas), ou avec des amis pour la fin de l’année sur Saint-Gildas (sur la presqu’île de Rhuys formant le golfe du Morbihan).

La lumière bretonne en hiver est extraordinaire, et dès qu’une accalmie pointait le bout de son nez nous sommes sortis en profiter. J’ai beaucoup aimé ce petit coin vers Pont-Aven, Le Hénan, avec son moulin à marée et son étendue calme et réfléchissante.

Moulin à marée du Hénan sur l'Aven

Vue de l'Aven au niveau du Hénan

Je suis allé me balader tout seul sur la plage de Kercambre à Saint-Gildas entre deux averses et en fin d’après-midi. Impossible de se lasser ou de ne pas s’émerveiller de cette luminosité pure, changeante et cristalline, ces couleurs délavées mais perçantes, ces paysages à la beauté ennivrante.

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

Plage de Kercambre - Saint-Gildas-de-Rhuys

La conjecture de Naïri

La suite de « Le Péruvien« .

Les jours et semaines suivantes, nous avons commencé à échanger et parler plus avant. On s’est vite révélé nos penchants contre nature, et j’ai appris par la même occasion qu’il était bien sérieusement en couple (depuis 3 ans déjà). On a passé ensuite pas mal de temps à échanger à propos de nos situations matrimoniales. On était d’ailleurs particulièrement asynchrone puisque j’étais moi célibataire, puis en couple lorsque lui est devenu célibataire (et ce jonglage est encore arrivé quelques fois, lui en couple, moi non, etc.). Entre temps, nous nous sommes un peu rapprochés, et de plus en plus. C’était une relation amicale assez timide qui naissait, c’était particulier car nous étions une petite bulle d’oxygène l’un pour l’autre, étant en confiance mais n’étant pas vraiment une relation de boulot (on n’a jamais bossé directement ensemble) ni un ami de longue date, et ne sortant quasiment jamais ensemble en dehors du taf. Mais on se parlait beaucoup et de plus en plus intimement, on s’est découvert aussi beaucoup de points communs et petit à petit l’oiseau a fait son nid.

L’amitié a point au moment où je lui ai fait rencontrer des amis. Il avait aussi commencé plusieurs blogs, en ayant vu le mien, et nous nous retrouvions beaucoup quant à l’attrait de l’écriture. Régulièrement Naïri me demandait (surtout dès que j’étais célibataire) « Nan mais t’es sûr hein, y’a rien avec lui ? Il t’intéresse pas ? ». Je répondais irrémédiablement : « mais nan, il est en couple, et puis c’est trop tard, on est pote ! ». Je le pensais vraiment même si l’idée m’avait effleuré, et si certaines fois quand on se parlait, je lui trouvais un regard un peu trop bienveillant, un peu trop tendre, mais je traduisais cela par une belle amitié en devenir. Son mec, ses conquêtes par la suite et sa manière de draguer m’avaient confirmé qu’il ne pouvait décemment pas d’intéresser à moi. Non, non, non.

Par la suite, il a complètement intégré mon groupe de potes, et on est finalement devenu un peu moins proche qu’il ne l’est devenu de certains autres amis. Cela ne me posait pas de souci, je ne suis pas du genre jaloux en amitié, et puis nous avions le boulot ce qui restait cette petite bulle intime et intouchable.

En 2007, j’ai commencé mon histoire avec K. J’étais très bien avec lui malgré quelques anicroches, et surtout un truc qui me saoulait : il avait 10 ans de moins que moi. Je flippais vraiment de m’investir pour me faire larguer quelques temps plus tard, et être déçu d’une relation qui ne serait jamais équilibrée. J’avais 30 ans, la boite déménageait sur Vélizy, et je sentais que je devais changer des trucs dans ma vie. Donc j’ai cherché du boulot ailleurs, et j’en ai trouvé. Fin avril, j’avais posé ma démission, et nous vivions les derniers moments de nos accointances quotidiennes au travail.

A. n’avait rien vraiment montré de ce qu’il ressentait de mon départ. Bien sûr on s’était dit qu’on allait regretter notre connivence, et j’avais senti encore quelques moments curieux, et des regards qui m’avaient troublé, mais je mettais cela sur le compte de ma grande imagination et tendance à me faire des films en HD cinémascope son dolby surround.

Et puis il y a eu ce week-end en Bretagne fin mai. J’allais seul et on devait partager les couchages. Il se trouve que je devais dormir, il l’avait décidé, avec lui. Et c’est sur le matin du 20 mai 2007 que je l’ai senti contre moi comme jamais un ami ne se collerait… J’ai alors été submergé d’idées confuses et d’un trop plein d’émotions, de désirs et de culpabilité (oui j’étais encore en couple). J’ai même pensé qu’il dormait et qu’il ne savait pas ce qu’il faisait !!! Et puis j’ai dû me rendre à l’évidence, j’ai répondu alors sans vergogne à ses appels, parce que c’est ce dont j’avais envie depuis des années au final. On est resté longtemps sans pouvoir vraiment se regarder dans les yeux, juste à se toucher, se sentir et se goûter des lèvres. Il y avait une gêne pour moi drôle et étrange à se retrouver dans une telle position avec un pote tout simplement. C’était trop inattendu, surréaliste et j’étais juste incapable de savoir comment gérer ou identifier mes émotions.

Evidemment, toute la maison jasait déjà de nos tendres ébats, et nous n’en avons pas parlé tout de suite avec A. Moi c’est simple, j’étais complètement paumé, et une fois passé le feu de cette matutinale passion, je n’avais pas spécialement envie de tout foutre en l’air avec K. et de me lancer dans l’aventure avec A. La raison reprenait le dessus, mais je ne savais pas si c’était la bonne chose à faire…

Ensuite j’ai vécu quelques semaines ubuesques, où j’ai été un beau connard puisque j’ai continué avec K. trois semaines avant de rompre, sans même avoir l’honnêteté de lui expliquer. Je ne lui en ai parlé que l’année dernière. Rhoooooo !!! J’ai vu et revu A., il m’a expliqué que ma démission avait été un déclic chez lui, et que dormir avec moi était un stratagème tout à fait pensé. Huhuhu. Moi je ne savais pas quoi faire, coucher avec lui était encore bizarre et j’essayais de le prendre à la rigolade, mais parfois cette intimité sexuelle avec un pote me posait des problèmes. Je psychotais beaucoup là-dessus, et parfois je me disais “merde t’es en train de sucer la bite d’un pote, c’est trop chelou”. Je suppose que mes sentiments n’avaient pas encore bien vécu leur puberté. (Huhuhu.)

Il y a eu le concert d’Anabase* et mon anniversaire qui m’ont convaincu de rompre avec K., et de tenter la chose avec A. Je me sentais bien avec lui, j’avais toute cette histoire amicale qui me confortait dans ce que je savais et aimais de lui. Pourquoi pas tester le truc de l’amour = l’amitié + du cul ? Finalement un choix de raison, ce qui peut paraître naze et dont j’avais conscience à l’époque. J’avais même anticipé un truc encore plus con qui était que je connaissais bien mon défaut de m’amouracher et de me lasser au bout de 3 ou 4 mois. Là avec A., je savais que je ne pourrais pas faire ça parce qu’on avait trop d’amis en commun, et que je devais éviter de refaire le coup du connard fuyant et lâche. Eh ouai tout ce calcul là…

Il s’est à peu près passé ce que j’escomptais. En laissant tomber K., je me suis dit que c’était une connerie, et j’ai eu un mal fou à me faire à être en couple avec A. Alors que c’était idéal sur le papier, j’ai eu un gros passage à vide où j’ai tenu bon parce que je savais qu’un déclic se ferait ou pas, mais que je devais passer cette sale période qui m’avait fait foiré tant de relations.

Je n’ai pas senti le truc venir, mais il est bien venu. C’est début 2008 que j’ai réalisé à quel point j’étais amoureux de A. Comme si j’avais enfin baissé mes barrières, celles de mon manque de confiance, de ma culpabilité, de l’amitié construite ces dernières années, là j’écoutais enfin mon coeur, mon corps et mon esprit. Depuis que je n’ai plus l’impression de me taper un pote, ça m’a bien aidé aussi. Mouahahaha. Pour une fois, les trois étaient en accord, en harmonie, et je sentais une réciprocité telle que jamais je ne l’avais ressenti auparavant. Depuis le début, on a ce truc de se raconter quelque chose et de découvrir que l’autre était sur le point de dire exactement la même phrase.

Dire que Naïri avait raison depuis le début, il suffit de deux pédés dans un groupe, et hop, ça marche.

To be continué…

L’inconnu du lac

Le film avait fait couler beaucoup d’encre à Cannes, unanimement salué par la critique, et largement conspué par les homophobes lorsqu’il est sorti. Je suis très partagé dessus parce que ça ne me paraît pas un très bon film, même si je n’ai pas non plus trouvé cela mauvais. Il s’agit d’un scénario assez classique mais plutôt original qui a lieu sur les bords d’un lac principalement fréquenté par des gays qui en ont fait un lieu de drague estivale. On suit un jeune gars mignon, Franck, qui s’amourache de Michel qui accumule les conquêtes. Mais peu à peu le film tourne au thriller quand Franck est persuadé que Michel a noyé un des types avec qui il convolait. Étrangement et pris d’un désir un peu morbide, il n’en reste pas moins très attiré par le grand brun viril.

Je suis surtout globalement gêné par les scènes de cul plus qu’explicites. Mais c’est quelque chose qui m’est arrivé avec d’autres films récemment, j’en avais déjà parlé pour Shame ou Keep the lights on. Donc je ne vois pas ce que les scènes de cul « full frontal » apportent par rapport à des scènes suggérées, et moi ça m’excite et ça me distrait du sujet principal du film, du coup ça me dérange parce que je me sens comme un mateur et que je trouve que ce n’est pas le « sujet ». J’oppose à cela le fabuleux Weekend qui pourtant montre aussi quelques scènes avec subrepticement un sexe ou un acte sexuel, mais qui je trouve souligne l’action et la relation qui est dépeinte. Là dans l’inconnu du lac, une bonne partie du film ne fait que montrer ces relations sexuelles qui ont sans doute une certaine utilité documentaire ou pédagogique (laule), mais qui selon moi n’apporte vraiment rien au scénario (en tout cas de manière aussi répétitive). On voit même un tas de plans qui sont décalés pour se concentrer sur le sexe d’un homme, et on ne voit pas du coup le visage du personnage. Ce n’était pas difficile la plupart des fois de suggérer plus que montrer, et je ne comprends vraiment pas l’intérêt… Evidemment il y a ce côté cinéma-réalité, mais ça ne m’intéresse pas, ni la version hétéro ni la version homo (et rien ne me choque hein, ce n’est pas la question…).

Après j’ai aimé l’aspect sociologique de la drague gay, ainsi que le lien entre le jeune gars et un type un peu plus âgé qui traîne isolé sur la berge, et avec lequel il discute tous les jours. La relation qui s’instaure à travers leurs brefs dialogues est très touchante et pleine de non-dits délicats. Le film distille aussi un mélange intéressant entre pulsion sexuelle et meurtre, sans aller dans l’explication freudienne, qui crée un suspense et tient plutôt bien en haleine le spectateur. Mais je suis un peu déçu car le film reste superficiel alors qu’il aurait pu vraiment m’intéresser dans une peinture de moeurs un peu plus fouillée (par exemple).

Malgré tout, je me dis que le film est relativement une première et en tant que tel je me demande comment il vieillira, s’il marquera ou pas son époque. En tout cas, ce n’est pas mauvais c’est certain, mais selon moi pas aussi « passionnant » que ce que j’ai pu en lire ou entendre.

L'inconnu du lac

Man of Steel

Mein gott, cette daube… Et pourtant ça pouvait être pas mal, et puis c’est un chouette boulevard que de pondre un Superman. Mais là absolument toutes les erreurs ont été faites, toutes les maladresses et tant de conneries accumulées en si peu de temps !! Arf. Le seul truc que j’ai bien aimé c’est que le S de Superman est en réalité un symbole alien qui n’a rien à voir avec un S. Bon sinon le reste est à chier, allez, si, tout de même Henry Cavill est évidemment joli comme un coeur.

J’ai du mal à comprendre ce qui a pris à Zack Snyder pour avoir complètement adopté la DA et les éléments visuels des Chroniques de Riddick, de Matrix et de plein d’autres films de SF plus ou moins nazes, dont les inspirations sont aujourd’hui extrêmement datées voire éculées. Ça fait surtout très très proche de Riddick qui n’est pas la saga la plus qualitative de l’histoire de la SF (même si j’adore !)…

Bon bah c’est simple, tout est mauvais. Mal joué, mal monté, pas intéressant, histoire à la con, surenchères d’effets inutiles confinant au ridicule etc. C’est dingue que les critiques ne soient pas plus mauvaises que ce que j’ai lu…

Man of Steel

Le vrai est au coffre (Denis Lachaud)

J’ai vraiment beaucoup aimé l’écriture du bouquin, et c’est un roman très fort et intrigant. D’abord une histoire dans la peau d’un gamin qui a quelques problèmes avec ses camarades, et puis une grave rupture dans le récit, et quelque chose de très différent. Le début m’a fait penser à la classe de neige de Carrère tandis que la suite avait un ton troublant à la J’irai cracher sur vos tombes.

Au début c’est le petit Tom, un garçon de 5 ans qui vit avec ses parents en banlieue, et ça sur le coup c’est très Olivier Adam. Tom est un peu le souffre douleur qu’on traite de tapette, tandis qu’il se réfugie dans son monde intérieur et les quelques éléments qui le rassurent, dont son amie Véronique ou son ami le grutier Miguel. Mais à 8 ans, tout bascule dans l’horreur lors d’une sortie scolaire. On ne sait pas très bien ce qui se passe, mais Tom meurt dans un accident. Et ensuite, c’est Véronique qui prend la parole, elle venge Tom, et elle essaie surtout de survivre à la perte de son ami.

Le bouquin est terriblement dérangeant et d’autant plus lorsqu’on est homo je crois. L’auteur est juste excellent pour se mettre dans la peau de son petit personnage. La description de cette banale souffrance et de l’ostracisme de l’enfance est d’autant plus dure, mais très justement dépeinte. Quand Tom meurt, on passe vraiment dans une autre dimension, une histoire assez surréaliste voire fantastique. La gamine pète un peu un boulon, et en même temps on comprend ses émois et sa détresse, mais on est troublé par ce qui lui arrive, et par les étranges points de vue qui se succèdent. Le bouquin devient très très étrange, et la conclusion me laisse pantois. Est-ce que c’est génial ou complètement naze ? Arf, je n’arrive pas à me décider ! Mais au vu du style du roman et de la manière dont j’ai été alpagué, c’était vraiment pas mal du tout.

Le vrai est au coffre (Denis Lachaud)

Dead Can Dance au Zénith

J’avais vu le concert l’année passée au Grand Rex, et c’était tellement magique que j’ai voulu revoir cela.

C’était encore très bien, même si du coup sans la découverte ça m’a moins transporté que la fois précédente. Mais Lisa Gerrard est toujours aussi Diva et une extraordinaire chanteuse. Cela reste un privilège de les voir ainsi en live, et je pense que c’est un des trucs les plus marquant que j’ai vécu (si si).

Dead Can Dance au Zénith