• Matooyage
Au-delà des clichés ?

Publié le Lundi 20 Octobre 2003 - 18:55
Catégorie: Matooyage

Je viens de lire que le salon pédécopain (traduction personnelle de gay friendly) « Rainbow Attitude » de la porte de Versailles de ce week-end a attiré tout de même 28 000 personnes. Apparemment, c’est un bon chiffre, qui présage une seconde édition l’année prochaine.

Je suis très dubitatif quant au bien-fondé d’une telle manifestation. Je ne fustige pas l’idée de base qui est de proposer un contenu mercantile qui soit adapté à une communauté, soit… Mais quand on voit justement la teneur de ce contenu, c’est à se taper le cul par terre. Nous voilà donc au-delà des clichés avec des stands aux goûts : voyages, cosmétiques, fringues et sex shop.

J’ai vu dans le métro deux affiches qui illustraient ce leitmotiv, et deux affiches que j’ai vu comme deux preuves flagrantes d’une nouvelle gamme de clichés. D’abord un pédé plutôt butch qui étend parcimonieusement son linge, ensuite une goudou plutôt féminine qui est au volant d’un camion. Dans les deux cas, les clichés sont bien maintenus, puisqu’on ne fait qu’inverser la tendance, mais on reste dans un même répertoire. Mais surtout ce slogan est complètement trompeur et inepte puisqu’il s’agit simplement de replacer les homos dans un contexte sage et universel. Et quel est donc la valeur universelle sur notre planète ? Mais le fric bien sûr ! Et voilà la prophétie : les homos rachèteront leurs fautes par la sacro-sainte thune qui ouvre toute les portes, et donne son vernis de respectabilité à toutes les brebis. Ainsi nous voilà propriétaire d’un nouveau cliché qui fait rage depuis quelques années : les pédés ont un pouvoir d’achat au-dessus de la moyenne. C’est une cible marketing prisée, il faut donc la cerner, la catégoriser et l’exploiter. Ce salon est le maillon final de cette reconnaissance.

Je ne suis pas non plus complètement négatif et pessimiste. S’il y a reconnaissance, c’est déjà pas mal. Le problème c’est qu’il s’agit d’une mauvaise entrée en la matière pour moi. Car toujours et encore, ce n’est qu’un poncif qui nous met dans un case et nous oblige à nous conformer à un nouveau modèle. Maintenant on a le droit de s’enculer, mais seulement si on gagne bien sa vie. Et encore une fois, je reconnais que cette manière de penser est plutôt conforme à notre modèle de société, et que finalement c’est une manière comme une autre d’arriver à ses fins. Au final, ces banalités sur la gay attitude nous redorent le blason et surtout une couche d’honorabilité qui apparemment nous manquait.

J’existe puisque je consomme. C’est tout de même très américain comme conception. Seulement je ne sais pas si c’est bien de fonctionner en lobby et en communauté comme ça, même si je reconnais le bien-fondé de l’union (qui fait la force) et de la volonté de reconnaissance sous toutes ses formes. Néanmoins, j’opterais plus pour une reconnaissance basée sur une philosophie de tolérance et de compréhension, plutôt que sur un jeu de forces économiques. Enfin c’est vraisemblablement la règle du jeu social auquel nous sommes inscrits depuis des années.

Ce que je ne cerne pas c’est si, en définitive, nous avons vraiment le choix de notre mode d’émancipation. Est-ce que c’est vraiment la seule manière ? Je suis vraiment partagé entre la stupéfaction devant une telle mascarade, et l’envie de dire autour de moi : « vous avez vu ? Nous en sommes là nous aussi ! Vous scandez que nous n’existons pas, et bien fuck ! ». En effet, cet éclairage consumériste est un pas supplémentaire vers une meilleure visibilité, mais aussi une ghettoïsation malgré les efforts pour en faire un mouvement fashion et viral plutôt qu’un simple événement communautaire. Je ne veux pas être considéré comme un être à part, ou plutôt si, mais tellement singulier que je me réduise à mon propre modèle, partagé par moi et moi seul. Je m’emballe car j’aime bien ce sentiment de communauté et d’appartenance et je le trouve plutôt sain, lorsqu’il permet à des gens de se fédérer autour d’intérêts communs. Cependant, je trouve fallacieux cette philosophie lorsqu’elle mène à un catalogage et qu’elle se substitut à une intégration.

  • Matooyage
Netaholique ?

Publié le Lundi 20 Octobre 2003 - 17:05
Catégorie: Matooyage

Voilà, j’ai trouvé dans cet article la maladie dont beaucoup d’entre nous est victime, et on appelle donc cela le netaholisme, ou plus vulgairement la cyberdépendance. Quand on lit ce type d’articles, on sourit bien sûr à la description de ces pauvres hères qui s’accrochent au monde virtuel, à tel point qu’ils en perdent tout discernement et qu’ils se dopent vraiment à la connexion au web.

Evidemment, je ne parle même pas de moi, il faudrait laisser à M. le loisir de me décrire quand, compulsivement j’allume l’ordi en rentrant à l’appart, je check les mails de mes diverses boites, je regarde mes stats de blog, et enfin je vérifie si les gens ont pu laisser des commentaires dessus. Mais ce n’est pas aussi désastreux qu’il y a quelques années, quand je restais toute la journée sur le net, et qu’ensuite je bossais comme un malade pour rattraper mon retard. C’est drôle cette sensation de manque, quand on se retrouve dans un endroit non connecté, on en vient à se demander comment on peut trouver du plaisir à passer un week-end à la campagne. Je check bien mes mails sur mon téléphone WAP mais ça ne suffit pas… je suis même allé jusqu’à chatter par Yahoo!Messenger par ce moyen archaïque (j’ai honte !). Je restais des heures la nuit sur gayvox, yarps, dialh, et consorts à vouloir me caser ou bien tirer un coup, mais avant tout je puisais dans la rassurante présence sur le net qui me donnait l’illusion d’avoir une certaine importance dans cet univers pulvérulent. J’ai pris plaisir à annuler des dîners et des sorties pour rester bien au chaud devant mon écran à chatter des heures ou bien à poster dans des forums.

Heureusement, le déclic est arrivé, mes amis m’ont beaucoup aidé à sortir de ce cercle vicieux. J’ai eu une chance, c’est d’être trop vieux pour avoir connu le net à 16 ou 17 ans, sinon je ne sais pas si j’aurais eu la force de m’en extraire après coup. Là au moins, je me suis déshabitué pour quelque chose que je savais beaucoup mieux, mes amis étaient là pour me le prouver. J’imagine que lorsqu’on est en train de construire son réseau amical, la tentation du net est à la fois la douce illusion d’une panacée, et il faut savoir l’utiliser plus qu’à bon escient pour éviter de tomber dans le piège délétère de la dépendance.

A présent, j’arrive à me modérer mais je ne suis toujours pas complètement exempt de rechute ! Je me ménage donc, car c’est une dépendance qui n’est pas stigmatisée, en plus on peut facilement la faire passer pour du une nécessité tout à fait louable (il vaut que je check mes mails de boulot, tu comprends…). Et j’ai même l’hypocrisie de dire à M. que je ne bois pas ni ne fume, donc j’ai bien le droit à avoir ma drogue. Je joue même sur cela entre nous comme d’un échange de bons procédés (j’accepte bien tes travers, tu peux accepter les miens), ce qui prouve à quel point je peux alors me dédire de tous mes credo.

Mais en gros, je suis tout de même content de mon statu quo dans ce domaine (en partie depuis je vis avec M.). Je supporte carrément de me passer du net pendant quelques temps, je suis moins à cheval sur le fait de vérifier mes mails et je suis moins scotché en ligne. Mais oui oui je sais et je suis d’accord, le blog ce n’était peut-être pas super indiqué pour moi ! :euh:

Cyberdependance - Le monde informatique

  • Matooyage
Pas sommeil

Publié le Lundi 20 Octobre 2003 - 0:58
Catégorie: Matooyage

Zut, obligé de me relever. Sinon je crois que M. m’aurait viré du lit si je continuais à l’embêter alors qu’il était tout ensommeillé. :mrgreen:

Merde, mais j’ai pas sommeil moi. J’ai trop déconné d’avoir pris un café trop serré à 23h30, et surtout d’avoir dormi douze heures par nuit hier et avant-hier. Et pourtant, deux séances de stupre dans la journée, ça m’éreinte habituellement largement assez pour m’endormir sereinement (ouai je sais je suis un petit joueur). Bon ben, là j’en ai bien jusqu’à 2 heures du matin à poireauter. L’avantage d’un week-end bien reposant comme ça, c’est que même lorsque je dors très peu dans la nuit du dimanche, je pète le feu le lundi matin.

Ce week-end fut bien calme, on a pas vu grand monde… sauf A. et E. qui sont passés vendredi soir, un déjeuner avec Jeff et son mec samedi après-midi, et puis quelques potes avec qui nous sommes allés à Beaubourg aujourd’hui (enfin hier vu l’heure actuelle). Finalement, ce n’est pas si mal, mais c’est surtout qu’il n’y a pas eu de véritable soirée ni de folle party ! J’ai tout de même super envie d’aller me trémousser en boite ces temps-ci, donc j’espère bien que le week-end prochain sera plus festif.

J’ai eu Virginie au téléphone aussi ce soir. Cela faisait un certain temps, c’était bon de l’avoir au bout du fil mon amie. On a bien papoté et j’ai surtout bien hâte de la rejoindre le temps d’un week-end. Je pense y aller celui du 1er novembre en fait.

Bon allez, je vais faire un tour sur le web, voir si d’autres noctambules sont suspendus à leur clavier comme moi ! :langue:

  • Cinéphage
Ken Park

Publié le Dimanche 19 Octobre 2003 - 23:58
Catégorie: Cinéphage

J’avais beaucoup aimé « Kids ». Je l’avais découvert quand j’étudiais à Newcastle, dans un petit ciné de quartier. A l’époque, on disait que c’était le film « qui avait choqué Madonna », et en effet il y avait de quoi. Mais surtout c’était une réflexion pleine de sagacité (en même temps qu’une critique au vitriol) et de constats dérangeants sur le sexe chez les adolescents, ainsi que la manière dont l’âge de l’inconscience rencontrait celui des premières expériences. Et surtout, il présageait la manière dont le sexe se fait, de plus en plus jeune, sans repère ni raison et sans aucun discernement.

En ce sens, Ken Park est le juste dérivé de « Kids ». En effet, le film est trivial et largement plus voyeur en terme de scènes de cul. Je n’avais jamais vu de démonstrations aussi explicites, et ce n’est pas tant que j’ai été choqué de cette crudité (pas mal excité même) que je n’ai plutôt pas compris son intérêt, étant donné que ce n’était pas le prétexte à un trait de scénario mais la simple mise en abîme d’une série de faits.

L’histoire tourne autour d’une bande de jeunes de Californie qui se font littéralement chier, sont complètement en inversion de phase avec leurs parents, et cherchent à tout prix à passer le temps. Il y a donc plusieurs portraits qui se succèdent, et le film démarre par le suicide assez spectaculaire et gore de l’un d’entre eux. Cette mort est le prétexte à une séries de présentations des personnages dans leurs familles et environnements. Ils sont tous plus déstructurés et paumés les uns que les autres, les enfants vivant les affres de l’adolescence, et les parents sont engoncés dans leurs vies moroses. L’un des ados se tape la fille et la mère, tandis que le second ne supporte plus ses parents et expérimente le gasping en se branlant (une scène assez space… on le voit se branler et éjaculer tout en s’étranglant pour avoir une meilleure jouissance), il finit par assassiner ses grand-parents parce qu’il ne les supporte plus, une autre a un père catho intégriste complètement taré etc.

J’ai été un peu déçu par cette manière de montrer un environnement et des situations vraiment extrêmes et rien d’autre, ainsi que par les scènes de sexe qui ne débouchent sur rien de spécial dans le film (même si dans la réalité c’est assez plausible). En fait je m’attendais à un scénario mieux construit, et j’ai seulement vu un défilement de jeunes gens perdus et écartelés, qui baisent et c’est tout. Du coup, quel est vraiment l’intérêt de cela ? Et la surenchère dans le suicide du début et le crime des grand-parents ?! Vraiment, j’ai eu du mal à suivre.

Je ne peux pas dire que c’était complètement nul ou bien que je n’ai pas été sensible aux personnages, mais je ne vois pas où il veut en venir. Et finalement, ce qui m’a plu c’est que les mecs étaient plutôt bien montés, qu’on voyait leurs bites, que les scènes de cul (hétéros) étaient plutôt bandantes, et que le plan à trois de l’affiche est aussi beau que la photo (une scène vraiment très sensuelle, à la fois tendre et sexuelle…). Est-ce que c’était le but du film ? Non quand même pas ? Ou alors, j’ai raté le coche. Ouai ça doit être ça.

Ken Park

  • Exposage
Jean Cocteau, sur le fil du siècle

Publié le Dimanche 19 Octobre 2003 - 19:15
Catégorie: Exposage

L’exposition au Centre Georges Pompidou est une véritable rétrospective de cinquante années de création artistique polymorphe de l’artiste-poète que fut Jean Cocteau. Je me demandais comment on pouvait vraiment apprendre sur un homme aux talents artistiques aussi divers, et finalement je ne suis pas ressorti avec une compréhension plus claire de son oeuvre, mais par contre, on se retrouve plongé dans un univers artistique qui est incroyablement bien reconstitué, et qui permet de mieux appréhender les codes et l’environnement culturel, historique et social de Cocteau.

Je crois que pour vraiment en savoir plus, comme il s’agit très souvent de contenu non statique (beaucoup de films ou de livres qu’il faudrait lire en entier ou feuilleter au moins) il vaut mieux regarder un Théma sur Arte que venir à cette expo. Mais là, ce qui est remarquable, c’est qu’on doit mettre sa sensibilité à l’épreuve. Ce n’est qu’une affaire de feeling et de réceptivité face à cette oeuvre gigantesque et éclectique. On rentre dans un monde à l’expression plurielle et foisonnante qui peut plaire ou dérouter, mais qui ne laisse pas indifférent et qui permet de rentrer dans l’imaginaire et l’univers onirique complexe de Cocteau.

L’exposition se compose d’une myriade de documents de tout genre, des photographies, énormément de dessins, d’esquisses, d’annotations sur des bouquins, de lettres, mais aussi des éléments qui situent le personnage dans l’histoire au travers de coupures de journaux qui l’évoquent à certaines époques, ou bien des portraits de lui par tous les peintres qu’il fréquentait (d’ailleurs cette salle impressionne par le nombre et les noms présents) et des extraits de films, des oeuvres plastiques etc. J’ai été largement saoulé par la sur-représentation des dessins et autres griffonnages qui sans explication ni contexte ont fini par me paraître plutôt insipides. Par rapport à cela, je me demande toujours d’ailleurs s’il y a un tel intérêt à vider les fonds de tiroirs et à exposer certaines oeuvres qui sont des essais faits sur un cahier de brouillon. Comme pour Picasso dont on expose les moindres traits sur un bout de papier, on a sous les yeux des milliers de feuilles couvertes de graphismes (textes et dessins) mais sans vraiment savoir si c’est moi qui ne comprend pas ou bien si, en fait, on abuse un peu de ma crédulité. Mais cette abondante juxtaposition a le mérite de nous mettre dans l’ambiance de son génie créatif et de nous faire partager la genèse de son oeuvre.

On suit de sujets en sujets, les différentes étapes de la vie de Cocteau, et si une chose est bien réussie c’est la mise en scène de l’expo et son découpage thématique. On ne peut pas dire que les explications soient très pédagogiques, mais je me dis que c’est aussi laisser une certaine liberté de penser et de ressentir au visiteur, ce qui est très agréable. On flâne ainsi de salle en salle, et on s’abreuve de l’essence même de l’artiste en s’immergeant dans ses visions oniriques sous toutes leurs formes.

En définitive, c’est une bonne exposition pour son côté rétrospectif et l’opulence d’oeuvres présentées. Et c’est propice à découvrir Cocteau par son art plus que par un cours didactique qui décortiquerait l’homme. Par, contre il doit falloir deux ou trois heures pour vraiment tout observer, et c’est largement au-dessus de ma capacité d’attention. Donc je me suis plu à déambuler parmi les différentes salles à me concentrer sur ce qui attiré mon attention, et en zappant des choses certainement très intéressantes mais qui m’ont laisse plutôt indifférent. J’ai aimé lire les articles diffamatoires dans les journaux de l’époque disputant des moeurs spéciaux de Cocteau, ou bien de la censure des « Parents Terribles » avec l’assentiment public d’un Louis-Ferdinand Céline (quel gros connard celui-ci), découvrir la correspondance émue entre Genet et Cocteau tandis que ce dernier le défendait becs et ongles alors que Jean Genet risquait la prison à vie pour vols et autres larcins etc. Enfin, j’ai particulièrement aimé deux représentations filaires en blanc sur noir projetées sur un mur, des dessins géniaux, des dessins érotiques aussi absolument bandant et superbes, le portrait de Cocteau par Modigliani ou bien les « poèmes plastiques » sortes d’objets composites qui racontent une histoire en une pièce.

Jean Cocteau, au fil du siecle

  • Exposage
Comme un détail vu de loin

Publié le Dimanche 19 Octobre 2003 - 19:10
Catégorie: Exposage

Il s’agit de l’exposition de photographies de Cuba et du Chili que je suis allé voir avec Diego, jeudi soir.

L’endroit est très chouette, vraiment spacieux et aéré bien que tout en longueur, il y a vraiment de quoi mettre en valeur beaucoup de pièces et faire suivre un cheminement et une vraie histoire à un visiteur.

Le photographe, Alexandre Mostras, expose des photos qui pourraient être de simples images de vacances, mais qui prennent une autre dimension par leur taille justement, mais aussi par les sujets et surtout l’oeil bien spécifique de l’artiste. Ce sont des images de vacances par le fait que sur chaque cliché, il a mis en surimpression la marque du film et comme les encoches d’une véritable pellicule, ce qui donne l’impression d’une série de photos semblablement à un film continu et qui nous entraîne pour un voyage en Amérique du sud.

Les sujets sont aussi bien naturels que sociaux ou bien même purement urbains (encore une fois comme un témoignage de vacances), et ils ont de particulier l’omniprésence de l’homme dans son environnement ainsi qu’une distance de la scène qui permet de saisir à la fois la globalité et le détail (d’où le titre de l’expo). Enfin, certaines photos sont d’une beauté simple et désincarnée qui m’a beaucoup touché, et quelques images en montrant des scènes clefs de la vie quotidienne évoquent une multitude d’idées et de sensations.

Comme un détail vu de loin - Alexandre Mostras

Comme un détail vu de loin - Alexandre Mostras

Comme un détail vu de loin - Alexandre Mostras

Comme un détail vu de loin - Alexandre Mostras

  • Matooyage
Ouf c’est le week-end

Publié le Samedi 18 Octobre 2003 - 12:17
Catégorie: Matooyage

Décidément, en ce moment, je suis vraiment trop occupé au boulot. Je n’aime pas ça. Merde alors, j’ai toujours été une feignasse moi. Bosser d’accord mais si ça ne me donne plus le temps de pétasser avec mes copines dans les couloirs (cette semaine on a même pas eu le temps d’élire le plus beau cul moulé de la boite), ni surfer, ni même bloguer comme je voudrais. J’exagère un peu évidemment, mais c’est vrai que j’ai eu une semaine plutôt éreintante à terminer tard et plutôt dense niveau occupation. Outre cela, je suis sorti tous les soirs jusqu’à assez tard, du coup j’ai dormi douze heures cette nuit, et là je suis tranquillement devant mon ordi, à poil en peignoir. Humm c’est cool. Mon chéri me propose d’aller me chercher un croissant en plus… ***bouffée d’amour***

Mercredi soir j’ai dîner avec Donato. On a bien discuté et j’ai beaucoup apprécié partager certaines choses avec lui, et réciproquement. Il est aussi franc et direct avec moi que je peux l’être, parfois je suis même d’un manque de tact assez légendaire sous couvert d’une ingénuité quelquefois relativement feinte de ma part. Ce soir là justement, j’en ai un peu pris pour mon grade, au début j’ai été un peu interloqué mais en fait je me rends compte que j’aime ça. Et pour moi, l’apanage de l’amitié c’est aussi cette façon de se parler sans ambages et avec sincérité. Dans ma courte histoire, il s’agit souvent de ce genre de conversations qui m’a permis d’avancer à certaines périodes de perte de mes repères et d’engoncement dans des situations délétères. Là, je n’ai pas vraiment infléchis mes opinions, mais il m’a donné pas mal de grains à moudre et je lui en suis très reconnaissant. J’estime que communiquer comme cela révèle un vrai sentiment et beaucoup de considération.

Jeudi soir, j’ai enfin réussi à voir Diego. Il m’a confirmé sa fusion amoureuse récente et durable avec son S. J’en suis vraiment trop trop content, même si je souffre tout de même de son absence relative de mon environnement intime. Nous sommes allés voir une excellente expo photos vers République dont c’était le vernissage. En fait, j’avais reçu un mail de N. (sa femme C. est une de mes amies les plus chères, une copine d’IUT à la base, j’étais témoin à leur mariage) qui m’informait qu’il mixait à cette expo. Comme cela faisait longtemps que je n’avais vu N., j’étais très motivé pour y aller. Et j’ai bien fait car l’expo nous a beaucoup plus et la population était très cool (le photographe serait pédé que cela ne m’étonnerait guère). Ensuite, avec Dieg, nous sommes rentrés vers Oberkampf et somme allés dînés dans une crêperie gay hyper sympa, très bonne et pas cher : « Chez Imogène ». Les gens sont adorables là-dedans et puis c’est minuscule, très cosy et propice à la conversation en duo. On a mis à jour nos informations personnelles réciproques et ça m’a fait du bien ! On est pas parti tard car je me levais tôt, le lendemain matin, pour passer la journée en Belgique pour le boulot, et Dieg lui partait, pour le taf aussi, en Suisse.

Donc vendredi j’en ai voulu au monde entier, mais j’ai réussi à me lever à 6h15. Ô rage, Ô désespoir… tout de même ! J’ai chopé mon Thalys et j’ai eu une bonne journée de labeur à Bruxelles. Je devais rentrer le vendredi soir pour voir une amie, mais j’étais vraiment trop crevé alors j’ai annulé et suis rentré directement au bercail. La journée de boulot fut très productive par contre, donc j’en suis plutôt content. On a rencontré un mec génial pour faire l’acteur qui doit intervenir dans le flash que les belges nous réalisent pour le web, un type très charismatique et drôle. Il nous a fait des imitations de Kermit dont je ne me suis pas remis, et aussi des pubs radio excellentes. Il a une voix très nuancée et agréable, une gestuelle tout à fait conforme à ce qu’on attendait. C’est le genre de mec qui apparaît au premier abord plutôt sérieux et posé, qui a moins de cinquante ans, à la typologie tout à fait britannique et avec l’oeil pétillant qui vous réserve une blague tout à fait ironique et facétieuse à la seconde suivante. Je pense que ça va grave coller au rôle de présentateur qui doit à la fois présenter des choses hyper sérieuses à des vieux cons mais qu’on désire opiniâtrement doté du ton le plus décalé possible.

J’avais dans l’idée de rester ce soir là en Belgique pour visiter R. et peut-être revoir Xarro (les deux avaient passé un week-end chez moi pour la Gay Pride), mais en fait ce n’était pas encore le bon créneau. Ce départ s’était décidé trop vite et comme j’avais rendez-vous le soir même… Et au final, je suis rentré me reposer aux creux des bras de M. On est allé se couché à 23h30. Je ne me sens même pas coupable de crime de dilapidation de week-end !

  • Boukinage
Drôle de bazar

Publié le Vendredi 17 Octobre 2003 - 21:12
Catégorie: Boukinage

C’est le troisième bouquin de Jospeh Connolly que je lis, et finalement je suis plutôt déçu par celui-ci et par l’auteur. Il s’agissait pour moi de vérifier ce que j’avais pressenti lors de la lecture du second opus. En fait, j’ai découvert cet auteur il y a trois ans pour « Vacances anglaises », qui est plus connu à présent en France vu qu’il a inspiré à Michel Blanc son « Embrassez qui vous voudrez ». Le film m’avait déjà alors relativement déçu en comparaison de la truculence du bouquin, mais surtout je m’étais terriblement fait au caractère « so british » des personnages, et je n’ai pas réussi à transposer cela dans un environnement gaulois. Il y a quelque chose dans le flegme britannique et dans une notion de trashitude qui ne passe pas du tout à mon avis de notre côté de la manche. J’avais aimé ce bouquin donc, même si la fin m’avait un peu lassé avec des retournements de situation de moins en moins crédibles et surtout de plus en plus rudimentaires. Mais rien que pour cette galerie de personnages mise dans des situations si excentriques et abracadabrantes, ça valait la peine d’être découvert. Aussi l’année suivante, j’ai lu la suite, « N’oublie pas mes petits souliers », qui reprend les mêmes protagonistes et leur fait subir de nouvelles humiliations et vicissitudes. Et là, ça m’a plus ou moins rapidement saoulé, c’était vraiment la même trame, et je ne trouvais pas beaucoup d’originalité à ce qui était narré.

« Drôle de bazar » est décevant en cela même, la trame et le mode de narration sont absolument identiques aux deux autres. En conséquence, je n’ai pas encore été dépaysé et même tellement versé dans son style et ses ficelles de roman, que j’ai facilement prévu les revirements de l’histoire et autres situations vaudevillesques. Je me suis dit qu’il ne devait vraiment rédiger que des bouquins de ce style et avec cette plume. De ce genre il peut en effet en écrire un par an, il ne change qu’imperceptiblement les lieux, personnages et interactions et hop.

Mais sinon, le livre conserve les qualités intrinsèques aux autres, c’est-à-dire que c’est plutôt plaisant à lire, bien rythmé et pas mal ficelé même si cela finit de manière tellement extravagante, qu’on se dit qu’il pourrait faire faire à ses personnages à peu près n’importe quoi pour retomber sur ses pattes. Et les thèmes restent vraiment analogues, la femme bourgeoise adultérine et castratrice (elle pète littéralement la gueule de son mari), le mari faible et veule, le fils obsédé, la fille qui essaie de se faire sauter pour se tirer de chez ses parents. Et avec cette famille, on fait interagir une autre famille aussi déstructurée, qui se compose d’un père (ami du mari, et amant de la femme de la première famille, mais qui finit par sauter la fille debout dans le salon) à la ruine, une mère complètement aliénée avec sa mère à elle qui ne l’est pas moins, un fils (petit-ami de la fille de la première famille mais avec qui il ne peut pas bander) qui se fait chopper par un de ses collègues de bureau etc. Et bien sûr, ajoutons à cela des quiproquos, une conjoncture un peu chaotique, et tous les faux-semblants feignent de voler en éclats, avec ce sempiternel masque de flegme britannique pareillement à un vernis intact sur le plus vermoulu des parquets victoriens.

Donc, je ne crois pas que je renouvellerai l’expérience de lire cet auteur !

Drole de bazar - Joseph Connolly

  • Outside
Renova ou la publicité pour l’anulingus

Publié le Mercredi 15 Octobre 2003 - 15:07
Catégorie: Outside

Est-ce que vous avez vu la dernière campagne de pub dans le métro parisien pour Renova ? Je suis resté scotché dessus la dernière fois, et j’ai essayé de comprendre la scène et sa signification.

Renova communique depuis déjà quelques temps sur le PQ avec à la fois un produit et un ton décalés. Le produit c’est du papier hygiénique imbibé de lotion hydratante (une sorte de lingette à se nettoyer les seufs quoi !). Les précédentes affiches étaient déjà très ciblées sur les hommes, comme on le voit ci-après :


Pub RenovaPub Renova
Pub RenovaPub Renova

Et là, je ne l’ai compris qu’en allant sur le site, il s’agit d’un concours de photos pour illustrer une nouvelle campagne. Malheureusement, je n’ai pas encore trouvé d’images sur le web. On voit un homme et une femme avec en fond un espèce de décors d’usine grisâtre et un chiotte. Le mec est en caleçon et est penché en arrière, tandis que la femme tente de le lui arracher (en ayant la main qui passe derrière le mec, pour découvrir ses fesses) en faisant mine de vouloir le torcher.

Le mec est clairement en train de sourire et paraît excité, et la fille aussi avec un air plutôt malicieux et espiègle. C’est une scène éminemment sensuelle et sexuelle en fait. Il y a à la fois ce sous-entendu érotique mais aussi une mise en abîme avec une relation maternelle. En effet, ce pourrait aussi être une scène où la mère torche son bébé. Seulement là, il y a un jeu et une fuite du mec. Là où on est surpris c’est que ce n’est pas une pub pour Calvin Klein ou Dim, mais pour du PQ !

En conséquence, la fille veut que son mec ait le cul propre, et ça fait partie d’un jeu sexuel. J’en conclus qu’elle veut pratiquer sur son compagnon un anulingus. Si c’est pas honteux d’étaler ça comme ça éhontément dans le métro ! En tout cas, les hétéros ont encore franchi un pas dans leur émancipation sexuelle.

La photo est vraiment très belle, et le décalage crée certainement un effet propice à une certaine rétention (c’est l’intérêt d’une pub, s’en souvenir mais surtout se rappeler de la marque et du produit). Mais déjà je me demande pourquoi est-ce que les hommes sont la cible de prédilection ? Est-ce qu’on a les fesses moins propres que les femmes ? Mais trêve de balivernes, si quelqu’un a compris le fin mot de l’histoire je suis preneur.

  • Matooyage
Dîner au Kremlin

Publié le Mercredi 15 Octobre 2003 - 12:11
Catégorie: Matooyage

Et oui, c’est chic hein ? Un dîner sur la Place Rouge !
Bon non ok, j’avoue, c’était au Kremlin-Bicêtre chez un homonyme (enfin homophone plutôt parce qu’il y a deux t à son prénom). J’étais donc invité chez Matthieu, avec Andrew et Séb. Matt nous a préparé un bon petit plat qui avait mitonné toute la journée, suivi de chèvre à la papaye (j’ai retenu ça, c’était pas mal du tout) et d’une charlotte aux fraises. ‘tain, les dîners de blogueurs, c’est pas des repas de pédés. Enfin si de pédés là en l’occurrence, mais non quoi… enfin vous voyez ce que je veux dire quoi !

J’étais content de faire la connaissance d’Andrew, on a pas mal discuté boulot étant donné nos accointances en la matière… mais surtout le fait qu’il hésite entre un job qui ressemble au mien (marketing), et un qui est similaire à celui de M. (études). Nous avons aussi échangé des propos sous la forme d’une controverse concernant la manière dont nous pouvons descendre certains blogs mais sans forcément être méchant. Séb et moi sommes passés pour de vraies harpies, mais nous étions sincères dans notre sourire plutôt complice et ironique à la lecture de certains écrits. Sans nous placer au dessus ni juger le fond de ce qui était écrit, c’est surtout le manque de recul et d’humilité qui nous choque ou nous amuse parfois. Ce à quoi Drew voyait de la sincérité et une certaine notion de profondeur d’âme, d’où notre conversation argumentée.

Je suis rentré vers minuit et demi chez moi, les invités de M. étaient malheureusement déjà partis. C’est dommage car M., S., T. et C. sont des gens que j’apprécie et que j’aurais aimé saluer. M. est l’amie de mon M. qui est allée s’installer en Malaisie pour rejoindre son homme (qu’elle ne fréquentait que depuis quelques mois), et qui vit depuis une belle histoire aux antipodes.

La fin de la soirée fut torride. Ca se passe de commentaire mais putain : Rhaaaa lovely !!