• Outside
La meilleure des campagnes e-marketing ?

Publié le Mercredi 15 Octobre 2003 - 11:38
Catégorie: Outside

J’ai reçu au moins 4 fois depuis quelques jours un mail (forward de forward de forward bien sûr) qui demande d’aller sur houra.fr pour constater un « bug ». Une coquille survient lorsqu’on tape le mot « vibromasseur » dans la zone de recherche, on tombe alors sur ceci :

Les Vibros chez Houra...

Je me demande si c’est une véritable erreur, ou bien une connerie volontaire d’un mec de l’IT de chez eux (mouai) ou plus sûrement une campagne virale des plus efficaces et délibérées pour amener un maximum de trafic sur leur site sans dépenser une thune.

D’un point de vue marketing, c’est un formidable outil, cela donne une campagne ciblée (les gens qui s’envoient ça comme une blague, et qui ne sont donc pas choqués par le côté graveleux) et qui a un fonctionnement endémique. Je pense que ça marche mieux qu’une bannière sur Yahoo, et en plus c’est gratos.

  • Cinéphage
American Splendor

Publié le Lundi 13 Octobre 2003 - 19:57
Catégorie: Cinéphage

Ce film n’est pas évident au premier abord, j’ai un peu été surpris par le mélange entre fiction et réalité. Et puis j’ai compris que c’était le propre reflet de la vie de ce personnage, puisqu’il a écrit des BD en mettant en scène sa propre existence.

« American Splendor » c’est le titre d’un magazine de BD d’un certain Harvey Pekar. Ce dernier ne réalisait que les textes, et était illustré par des dessinateurs très connus de l’époque et de ce style, tel que Robert Crumb. En fait, je connaissais ces BD car j’en avais vu une ou deux fois dans Psikopat, mais je n’avais retenu que le nom du dessinateur (Crumb justement). Or ce Harvey Pekar est dessiné exactement comme il est (pas beau du tout), il raconte ses déboires dans tous les domaines et exhale son mal de vivre dans toutes ses bulles. Il a conservé son emploi de documentaliste en hôpital toute sa vie, et a en même temps sorti ses BD et tenté d’en faire la promotion. Il est non seulement dans ses BD mais sa femme et ses amis, collègues de boulot aussi.

Le film raconte son histoire, il est à la fois interprété par des comédiens incroyables (dont celui qui joue Harvey est fabuleux) et aussi par les gens eux-mêmes qui interviennent de temps en temps à la façon d’un documentaire (mais en beaucoup plus drôle). Le ton du film est extraordinaire, car on a vraiment l’impression d’être dans la BD, et la mise scène apporte encore plus cette grisante impression. Le film est drôle par son humour noir et son décalage avec le côté aseptisé américain de base (le mec est crade, il veut tirer sa crampe et galère, il est misanthrope, il râle tout le temps), mais pas seulement ça car la mise en abîme avec le vrai personnage (Harvey Pekar himself !) remet les choses à leur place.

Il y a vraiment des scènes très drôles (notamment la rencontre avec sa femme), d’autres plutôt émouvantes et prenantes (son cancer qu’il raconte dans une de ses meilleures BD, la relation paternelle avec la fille d’un autre dessinateur), et aussi des moments inclassables de mélanges entre les acteurs et les personnages réels. J’ai aussi beaucoup aimé les passages de Pekar au David Letterman Show (véritable institution américaine), et la manière dont il a géré son image pendant ses passages. Il savait bien qu’on se foutait de sa gueule, et qu’il n’était là que pour sa promo, et la manière dont il fait un esclandre lors de sa dernière émission est excellente.

Ce film est une oeuvre complètement conforme à son personnage, une gigantesque saga dépressive mais finalement pleine de petits riens qui font un bonheur relatif dans lequel il se sent bien. Et en prime, une définition du « nerd », la meilleure que j’ai jamais vu !

American Splendor

  • Boukinage
La fin de l’éternité

Publié le Lundi 13 Octobre 2003 - 19:25
Catégorie: Boukinage

J’aime beaucoup Isaac Asimov, et surtout ses bouquins sur les robots… ah le cerveau positronique et les lois de la robotiques, c’est vraiment génial. J’avais aussi à l’époque été très impressionné par l’idée de base de sa saga « Fondation ». Il créait ainsi une science, la psychohistoire, qui a l’aide d’ordinateurs très puissants et de lois statistiques basées sur des études sociologiques, permettaient de prévoir l’évolution des sociétés selon des probabilités connues. Cette connaissance presque divinatoire avait alors permis à l’humanité de contrôler un peu mieux sa destinée, et ainsi éviter le chaos. Dans ce bouquin, Asimov a écrit finalement le prologue de Fondation. Il s’agit d’un roman basé sur une nouvelle que j’ai lu, il y a quelques années, et qui m’avait beaucoup plu. La structure du roman en fait un ouvrage beaucoup plus conséquent mais surtout doté d’une intrigue plus riche et alambiquée (mais incroyablement plaisante à lire).

L’histoire repose sur le fait que l’homme dès le 27ème siècle a découvert le moyen de voyager dans le temps, au moyen de champs temporels qui lui permettent de se soustraire aux époques et de créer des couloirs qui relient les périodes historiques aux autres. Cette zone de communication entre les âges, c’est l’Eternité. Dès lors, les hommes ont utilisé ce moyen pour faire du commerce entre les époques. Faire venir des denrées, des minerais, des technologies etc. L’Eternité est dirigée par les éternels qui sont des hommes soustraits de toutes les époques et formés à une fonction dédiée. L’Eternité en étudiant le fonctionnement du temps a commencé à agir en étudiant les probabilités et en remarquant que les changements effectués en amont avaient des répercussions sur le futur, et qu’ainsi la réalité était altérée. De ce fait, les éternels ont commencé à changer la réalité pour apporter un bonheur optimum à l’humanité. Statistiquement une modification à l’instant t a un effet qui s’estompe avec le temps, comme si la réalité tendait à revenir à son état initial. Les éternels agissent donc parfois de manières complètement infimes (changer un objet de place) mais dont les conséquences (une personne ne retrouve pas un objet ou bien trop tard par rapport à ce qui aurait du arriver) changent le devenir du monde et évite une période de chaos.

Voilà la trame de fond, et ensuite le bouquin expose une intrigue géniale où il est question de l’origine de la trouvaille des mécanismes de l’Eternité, d’un technicien (celui qui va dans le temps pour changer des choses précises) et d’une galerie de personnages très bien sentie. Asimov a ce talent à la fois, pour décrire les situations sociales, mais aussi pour ne pas se perdre dans des conjectures scientifiques ineptes. L’intrigue amoureuse est aussi bien traitée et écrite que les explications scientifiques et l’aventure en elle-même. En outre, je lui trouve un style excellent, très SF américaine des années 50/60 (donc je me délecte particulièrement). Je me suis régalé en lisant ce bouquin qui nous emporte dans une histoire fantastique mais dont les racines sont contemporaines. Asimov utilise souvent ce genre de ficelles qui permet de donner plus d’authenticité à ses récits. Le tout est une version vraiment complète et aboutie de la nouvelle, c’est brillamment écrit et surtout, le voyage onirique est assuré !

La fin de l'eternite - Isaac Asimov

  • Télévisage
Convergence familiale

Publié le Lundi 13 Octobre 2003 - 13:42
Catégorie: Télévisage

Ce dimanche, comme les dimanches où je suis chez mes parents, nous nous sommes retrouvés vers 12h30 tous les quatre devant la téloche. En effet, mes parents, mon frère et moi, nous sommes unanimement motivé pour regarder le « Vrai journal » de Karl Zéro, une émission qui nous fait rigoler ou nous consterner sur des sujets d’actualités vraiment bien traités (parfois à prendre avec des pincettes et un certain discernement bien sûr). Donc nous étions bien confortablement installés après un bon petit-déj (grasse mat oblige) avec cafés et petits gâteaux pour tout le monde.

En regardant l’émission d’hier, je suis resté sur le cul lors du reportage sur l’euthanasie. J’ai halluciné, en fait, sur l’intervention de Philippe de Villiers qui manifestement a été pris au dépourvu par la question du journaliste. En effet, lorsqu’on lui a demandé sa position sur le sujet et s’il estimait que cela devait être ou non discuté à l’assemblée, sa réponse fut : « Dans euthanasie, il y a nazi », puis il a ajouté qu’il rapprochait cela de « l’eugénisme ». On s’est tous regardé sur le canapé complètement abasourdi par l’imbécillité du propos et la manière donc il avait répondu, qui n’est pas vraiment ce qu’on attend d’un député (même aussi facho que De Villiers). Je comprends qu’on se pose la question de l’euthanasie en la mettant en perspective avec des débordements possibles inacceptables (décider de supprimer des vies selon des critères économiques ou sociaux), mais dans ce cas là c’est vraiment pour des personnes malades et incurables, qui souffrent et demandent à mourir.

Sinon, on a aussi maté les guignols, et là je me suis bien pété de rire avec Tapie qui couvre les problèmes de justice de Juppé. Mais surtout l’enquête de Peter Falk sur la canicule auprès de Bernadette, c’est un must !! Et le coup de la choucroute qu’elle se promène sur le caillou, je n’en pouvais plus.
Quand il lui dit : « Vous en avez un joli chapeau », et elle de répondre très posément : « non non, je n’ai pas de chapeau ». « Aaah je vois, vous avez eu un accident de sèche-cheveux… » rétorque l’inspecteur Colombo. :mrgreen:

  • Télévisage
Un Piaf contre les Gaulois

Publié le Dimanche 12 Octobre 2003 - 2:18
Catégorie: Télévisage

Un week-end chez les parents. Samedi soir. Toutes télévisions allumées.
Choix cornélien… Papa regarde un reportage sur les celtes sur Arte dans le salon, Maman mate l’hommage à Piaf sur France2 dans leur chambre en faisant des mots fléchés.
C’était trop dur de choisir alors j’ai alterné entre l’un et l’autre !

L’émission sur Arte était vraiment pas mal, elle mettait bien en exergue les dernières fouilles et trouvailles sur les celtes et gaulois, ce qui dépoussièrent définitivement nos vieux credo sur nos ancêtres. Enfin ancêtres… je ne sais pas s’il reste beaucoup de purs descendants de gaulois (et pis je préfère pas, bonjour la consanguinité lol). Comme ça j’ai regardé un peu la téloche avec mon père, ça nous a permis de communiquer un peu (on a toujours besoin d’un tiers ou d’un sujet extérieur à nous pfff). Bien sûr, on a pas manqué de se disputer sur des opinions, notamment politiques, enfin c’est mon père quoi. Avec ce dernier, argumenter sur un avis correspond à peu près à la controverse de Valladolid, c’est donc long, inexorable et complexe ! Somme toute j’ai pu échanger avec lui, je suis donc content.

J’ai donc épisodiquement rejoint ma maman et squatté le lit parental pour m’émouvoir devant cet hommage à Piaf avec un Drucker aussi baveux et déliquescent que possible. Aznavour, je l’ai trouvé plutôt bien en fait. Et puis quand on se désintéressait (assez souvent), on se remettait aux mots fléchés de Femme Actuelle.
On a vite rempli la grille qui n’était pas toujours des plus simples.
Ne va plus au casino ? Réponse : « rien » (celle-ci c’est ma mère qui a trouvé et j’ai mis un certain temps à capter)
Sèche au fumoir ? Réponse : « cigarette »
Verre de contact ? Réponse : « apéro »
Ca forme le caractère ? Réponse : « écriture »

Mireille Mathieu m’a fait mourir de rire, j’adore surtout quand elle prononce des mots en leur rajoutant des lettres. Elle nous a fait un « Piaf est vérrrrrrrrrrrrritablement une arrrrrrrrrrrtiste innnnégalée ». Nan nan Mireille, je t’assure, y’a qu’un n à inégalée ! Bruel a été médiocre dans son interprétation de Padam, par contre Axelle Red, Isabelle Boulay, Liane Foly, Florent Pagny et Patricia Kaas on grave assuré.

Et il est indéniable que Piaf qui chante, c’est un phénomène saisissant. On ne peut que vibrer à son écoute et essayer de se mettre au diapason de sa passion, qui est paroxystique lorsqu’on l’observe sur scène. Les paroles de ses chansons, son timbre et son interprétation m’émeuvent et me transportent véritablement.

Mais l’émission était évidemment un hommage donc un O.T.O.H.E. (Objet Télévisuel Outrageusement Hagiographique et Encomiastique) dont Drucker est le spécialiste absolu. En conséquence, je crois qu’ils ont volontairement mis sous silence une bonne partie de sa personnalité et éludé des moments clés de son existence pour rester dans le registre apologétique et louangeur. Il ne faut pourtant pas ignorer ses amours nombreuses et tumultueuses ainsi que son caractère plus que déterminé et son penchant pour la picole. Moustaki, Aznavour, Meurisse, Montand ont été évoqués mais sans même dire (puisque tout le monde le sait) qu’ils furent ses amants ! Enfin, toutes les deux secondes Drucker montrait à la caméra le CD de l’émission (avec les sempiternelles interprétations des stars d’aujourd’hui) quand ce n’était pas le DVD, et évidemment les CD, concerts et autres actualités des personnalités du plateau. Je suppose que c’est la règle obligée du passage au petit écran…

  • Outside
Il s'appelait Yves Duteil

Publié le Vendredi 10 Octobre 2003 - 17:29
Catégorie: Outside

J’ai un collègue et pote de boulot qui, il y a quelques années, s’amusait à changer son nom sur Yahoo!Mail pour s’amuser et faire rire ses cyberinterlocuteurs. Pendant quelques temps, notamment, il avait pris comme nom d’emprunt : Yves Duteil. Mais il gardait toujours le même YahooID qui n’a rien à voir avec le patronyme du chanteur susnommé.

Ce qui est dingue c’est qu’il avait reçu, même après avoir remis son véritable état civil, ce mail qui est tout de même pétant de rire et à l’air totalement véridique. Quoique, j’ai mis du temps à réaliser que PacaBête était vraiment Pascal Pellerin.

> A: “DUTEIL Yves” < --------@yahoo.fr>
> Objet: LA LANGUE DE CHEZ NOUS
> Date: Fri, 10 Nov 2000 00:13:37 +0100
>
> Cher Yves DUTEIL,
> Si je vous écris c’est que, comme beaucoup de gens
> j’apprécie vos chansons. Vous aimez tellement notre
> langue que je trouve que votre bouche “caresse les
> mots” comme si elle avait peur de leur faire mal, ou
> qu’ils lui imposaient un certain respect (comme
> lorsqu’on se trouve en face d’un personnage qui en
> impose). Bref, je ne veux pas vous cirer les
> “pompes” mais j’apprécie vos chansons d’une manière
> générale, et “La langue de chez nous” en
> particulier.
> Mon fils Stéphane a quitté la France pour le Québec
> il y a 4 ans, il a rencontré Dominique voilà 2 ans
> et ils ont décidé d’unir leurs destinées le 11 Août
> l’année prochaine.
> Les parents de Dominique (ils n’ont qu’une fille),
> dont nous avons fait la connaissance l’an dernier au
> Québec et qui sont venus nous rendre visite cet été,
> nous disent “Avec Stéphane, nous n’avons pas perdu
> notre fille, nous avons gagné un gars”. C’est très
> gentil, mais en plus dit avec leur accent, çà fait
> très chaud au coeur. (Je ne sais qui en France a dit
> : “Parler avec accent, c’est parler du pays tout en
> parlant d’autre chose” – Je crois que c’est Francis
> Jammes, mais je n’en suis pas certain).
> Dans un peu plus d’un mois, nous allons passer, ma
> femme et moi, notre premier Noël au Canada (à
> Massons Angers près d’Ottawa) nous voudrions offrir
> à Jacques et Annie, les parents de notre future
> belle fille un CD ou un coffret de vos chansons et
> que vous leur dédicaciez ” La langue de chez nous”.
> Pourriez-vous nous accorder cette faveur ?
> Comment faire ?
> Acheter à Agen et vous l’envoyer, ou bien que vous
> m’en fassiez parvenir un contre remboursement.
> Merci d’avance. Jean-Pierre

  • Matooyage
BlogStar

Publié le Vendredi 10 Octobre 2003 - 15:08
Catégorie: Matooyage

Ben ouai le titre est ma vision syncrétique de la soirée d’hier, j’étais à un dîner de blogueurs, et on a maté PopStar !! Et non, ce n’était pas un trait narcissique supplémentaire (nan nan !).

J’étais donc invité chez Seb avec Manu et sa charmante kolok, Aude. C’était très cool, on se connaissait tous les trois (mecs) mais on ne s’était jamais vu tous ensemble. Et puis j’ai donc fait la rencontre d’Aude dont j’avais entendu parlé sur le blog de Manu.

Cette soirée ne fut que persiflage et médisance, un vrai moment de bonheur !! Qu’est-ce qu’on a rigolé entre PopStar toujours aussi ridicule et cheap, et nos calomnies blogosphériques qui ont atteint des sommets. Les blogs qu’on aime lire, ceux que l’on n’aime pas, ceux qui nous font marrer et d’autres qui nous indiffèrent… Mais bon nous n’avons pas non plus bloqué là-dessus étant donné qu’Aude n’était pas vraiment dans la même sphère ! Seb nous avait concocté un plat de folie : du poulet au cacahouètes. C’était Yumee de chez Yumee !! :langue:

Je suis rentré vers minuit pour choper un métro tranquillement et rejoindre M. directement dans le lit conjugal (hummm). J’ai regretté qu’on ne soit pas le week-end, car j’aurais allègrement prolongé la soirée.

Information notable de la soirée : Morgane a été viré de PopStar. Excellente décision ! :twisted:

  • Matooyage
Je ne me doutais de rien

Publié le Jeudi 9 Octobre 2003 - 19:32
Catégorie: Matooyage

Hier, dans le métro, une dame évoquait à sa comparse le cas de son fils qui doit avoir sept ou huit ans et qui est relativement angoissé de nature. Notamment, elle décrivait, un peu en souriant, une attitude assez singulière chez lui. En effet, il est déjà très préoccupé et soucieux de son avenir et il stresse énormément quant à sa scolarité, et généralement il pose beaucoup de questions sur son avenir. Il demande à sa mère ce qu’il va devenir plus tard, où va-t-il habiter, que sera son job etc. Elle racontait cela plutôt comme une anecdote, une simple lubie de gamins qu’elle règle à coups de « mais tu as bien le temps de voir », « ne t’en fais pas pour le moment, c’est quand tu seras adulte que tu regretteras l’insouciance de l’enfance » etc. J’espère d’ailleurs qu’elle était un peu plus explicite avec son fils, parce que sinon je doute qu’il ait saisi toute la portée des réponses laconiques et humoristiques de sa maman.

J’avais envie de lui dire qu’elle avait en effet besoin de lui répondre mais de ne surtout pas lui mentir. Je crois qu’il faut simplement lui expliquer que, ni elle, ni lui, ni personne ne peut connaître l’avenir, mais qu’il sache simplement que le futur est une conséquence du passé. On récolte ce qu’on sème, en positif comme en négatif. Du coup, il faut simplement savoir qu’au mieux on agit, au mieux on devient. Et aussi expliquer à ce bout de chou que quoi qu’il arrive dans sa vie, ses parents seraient là pour lui, et que les sentiments qu’ils se portent sont avec certitude passés, présents et futurs.

Je ne sais foutrement pas si ce sont les bons mots, mais instinctivement c’est ce qui me vient quand j’y pense. Et finalement, j’ai pensé à mon enfance et à mes craintes de l’époque. J’ai des souvenirs saisissants de mon passé et notamment de la maternelle et l’école primaire (ce qui à priori n’est pas un cas général). Je me souviens également mais de manière parcellaire de ce que je pensais à l’époque. J’avais peur que mes parents soient au chômage car la conjoncture était dégueulasse (influence télévisuelle inexorable) et du jour au lendemain cela pouvait leur arriver. Du coup, j’avais la flippe qu’on se retrouve au dépourvu et qu’on devienne indigent. J’ai toujours eu cette fébrile sensation d’être sur le fil, et de tout juste échapper au vide sans fond de la misère. C’est pourtant étrange car, bien que venant d’une famille modeste, je n’ai jamais manqué de rien. Et pourtant l’environnement plutôt humble où j’ai passé mon enfance reflétait cette crainte atavique. Cet effroi a perduré dans la suite de mon parcours, puisque je n’ai pas voulu vraiment poursuivre des études classiques uniquement car je pensais que mes parents ne pourraient pas assumer cela, et que je devrais me mettre à bosser rapidement (assertion totalement stupide mais à laquelle je croyais sincèrement). Depuis que je travaille et encore à présent, j’ai assez peur de l’avenir, et je suis un garçon plutôt pessimiste et fataliste. Je peux difficilement m’imaginer sans travail (en changer par contre oui, heureusement) car cela me ferait grave paniquer, alors qu’il n’y a pas vraiment de raisons objectives à cela.

Et je me dis, en effet, en tant que môme, est-ce que je me doutais de tout ça ? De moi, là, avec mon parcours scolaire, puis professionnel, mes expériences de vie, mes espoirs et mes convictions ? Non, je voulais être archéologue. Je voulais faire des recherches dans les fouilles précolombiennes pour trouver les cités d’or (avec Esteban, Zia, Taooooo les cités d’orrreuuuuh !). Est-ce que je savais que j’étais pédé comme un foc ? Bon… ouai ouai, faut avouer que oui. Bien sur, j’étais amoureux de ma copine Morgane en CE2, mais je kiffais bien aussi Laurent en CM1 sans mettre de nom sur ça. Mais je ne me voyais pas l’assumant comme aujourd’hui, je me considérais plutôt comme un suppôt de Satan, une engeance de la nature, un être doté de pulsions bizarres et qu’il fallait réprimer (et encore je suis né dans une famille prolo de gauche et laïque !). Déjà qu’en tant qu’adolescent on a pas idée de ce qu’on sera dans six mois, vu qu’à cet âge on rencontre des gens nouveaux tous les week-end et que les orientations se font un peu au gré des envies, alors pour un enfant je comprends le stress que cela peut représenter.

J’aurais bien aimé être rassuré sur pas mal de points en tant que gamin. Mais bon, je sais bien qu’en tant que parents, on repart à zéro et on refait toujours les mêmes conneries. En outre, je comprends tout à fait qu’il est difficile de mettre en perspective les problèmes qu’on a résolu depuis longtemps. Et d’ailleurs obstacles franchis sans difficulté puisque dans le cas de l’incertitude, il a suffit d’attendre que le temps passe et les craintes se sont naturellement estompées… pour laisser place aux regrets. Donc je pense qu’un gamin à besoin d’être rassuré mais pas seulement en le faisant vivre dans un conte de fées, ou bien en molletonnant son existence, mais plutôt en faisant preuve de franchise et de confiance en son exercice de la raison. Ouai, on ne sait pas ce qu’on va devenir. Bien sur le faisceau des possibles se réduit comme peau de chagrin avec le temps, mais nous-mêmes que serons-nous dans quelques années ? Heu…. ?

  • Matooyage
Soirée OFF

Publié le Mercredi 8 Octobre 2003 - 22:57
Catégorie: Matooyage

Je suis fatigué.

Je suis seul chez moi ce soir, et c’est assez agréable en fait. Je devais aller à Beaubourg avec M., mais ce dernier avait oublié un dîner avec un excellent pote à lui. Je ne me sentais pas trop de l’accompagner, et n’ayant trouvé de comparse pour aller voir l’expo Cocteau, je me suis replié dans mes pénates.

Donc c’est une soirée toute calme et tranquille. Je crois que j’en avais besoin car je suis totalement naze. Le boulot me vide pas mal l’esprit en ce moment, et du coup je suis moins partant que d’habitude pour bouger. Quoique lundi et mardi soir, j’ai passé la soirée avec, respectivement, Jeff et Nabil. C’était vraiment bien d’ailleurs de passer du temps en duo avec eux. Cela faisait longtemps et du coup, on en a profité pour évoquer nos devenirs mutuels.

J’ai tenté de me mettre un film sur le câble, mais c’est un drame. Plus on a le choix et moins on sait quoi regarder, du coup je fini par zapper toutes les deux minutes trente, ou bien j’éteins. Je me suis retrouvé à manger devant la chaîne FX (qui passe à 90% des daubes) et j’ai tenté un film des années 80 assez minable mais drôle (« StarFighter »). Demain, c’est « le déclin de l’empire américain » sur Arte, il ne faut pas que j’oublie de l’enregistrer. J’aimerais bien le voir avant de visionner « Les invasions barbares ».

Allez, je vais passer un coup de fil à Virginie, histoire de lui raconter ma vie qui passe, et prendre des nouvelles de la sienne. On s’est eu au téléphone hier, mais elle mettait juste une dernière touche à sa thèse. Je n’ai pas trop de niouzes de Diego, il est en pleine passion amoureuse alors je prends mon mal en patience. Je lui ai fait à peu près le même coup il y a un an et demi avec M., alors je ne dis trop rien (sinon je vais me faire engueuler).

Ah oui, en rentrant ce soir par le RER, mon esprit divaguait tandis que je rentrais au radar et je me suis demandé si finalement le film Matrix n’était pas un indice mis dans notre monde virtuel pour nous éveiller en douceur. Un peu comme si au lieu de nous débrancher brutalement, on nous refilait du Matrix en suggérant les idées idoines au scénariste (à moins qu’il soit un de ceux à l’extérieur), pour nous informer de la réalité tronquée de notre existence. Woooooh ! Ensuite, en montant les escalators, je me suis dit que c’était une bonne soirée pour ne rien faire, se reposer et surtout arrêter de lire de la SF.

  • Cinéphage
Paï

Publié le Mercredi 8 Octobre 2003 - 12:15
Catégorie: Cinéphage

Le film repose sur le mythe fondateur de la communauté maorie, il y a bien longtemps le premier maori, Paikea, serait arrivé en Nouvelle-Zélande sur le dos d’une baleine. Et de nos jours, une toute jeune fille (une dizaine d’années) prénommée comme le premier guerrier Paikea (Paï), fière de ses origines et de sa culture, mène son combat pour être reconnue parmi ses semblables même si elle est une fille. Seuls les premiers nés males peuvent apprendre les coutumes selon les traditions ancestrales, et le grand-père de Paï refuse de lui transmettre son savoir. Elle épie donc les garçons en secret, et apprend de son oncle le style de combat. La relation avec son grand-père (assez misogyne sur le coup mais plus par tradition que conviction) se gâte sérieusement, mais elle finit par prouver sa valeur et sa spiritualité en chevauchant une baleine comme son lointain aïeul.

C’est un film très beau et authentique, qui est construit comme un conte des temps modernes. Paï réalise le mythe de son peuple et prouve donc que la valeur tient plus dans le coeur que dans les règles discriminatoires. Du coup, c’est à la fois la transmission des valeurs spirituelles tout en faisant accepter une certaine évolution de moeurs plus conforme à nos valeurs actuelles. Il y a une poésie incroyable dans les images et les relations de ces gens, ces gens qui sont encore empreints de leur culture tribale mais qui sont avant tout des néo-zélandais. J’ai aussi découvert une partie des coutumes maories avec une langue vraiment belle, des combats hallucinants (en se tirant des tronches de folie pour se faire peur), des tabous et des rapports sociaux assez rigides et codifiés. Le film est aussi le récit un peu amer de la survivance d’une communauté traditionnelle au sein d’un pays occidental, et comme pour tous les autres peuples, c’est une symbiose difficile voire impossible.

Paï représente l’espoir dans ce marasme, car elle réconcilie les traditions et la jeune génération des guerriers maoris. C’est une belle utopie bien sur, mais bon… ça fait aussi du bien de voir ce genre de film.

PS : note pour moi-même, dès que le tatouage facial est à la mode en France, je m’y mets tout de suite. J’adore !

Pai