I Want Your Love

Le film avait plutôt bonne réputation, en tout cas ça m’avait intrigué. On le présentait comme un film indépendant qui flirtait avec le porno mais proposait un bon scénario.

Bah en fait, l’histoire est d’une vacuité assez déplorable, et les scènes de cul ne sont même pas de l’ordre du porno. On est dans un entre-deux plutôt médiocre et parfois même lamentable. Ça patauge dans des dialogues hipster-indé-sibyllins et quelques bites qui se dressent difficilement dans des étreintes qui ne sont pas des plus affolantes. Pfff.

Décevant. :)

I Want Your Love

Le Péruvien

En fait, tout cela a dû commencer en 2003 (putain dix ans quoi…), je me souviens nous étions au 3ème étage du bâtiment Copernic, et on le voyait fumer ses clopes dans la salle fumeur. C’est ma copine Naïri qui m’avait fait la remarque la première. « Dis donc, il serait pas un peu comme toi lui ? » Cela m’avait fait rigoler car ça faisait quelques temps que je le voyais déambuler, et il ne ressemblaient en effet pas aux autres avec son air de Néo dans Matrix, mais surtout j’étais presque certain qu’il était pédé pour une seule chose. Sa manière de fumer ! C’est très subtil mais la manière de tenir sa cigarette est sans doute un des traits comportementaux les plus révélateurs d’une pédésexualité affirmée.

Et rapidement on a spéculé avec Naïri, elle étant déjà persuadée qu’il devait être l’homme de ma vie. Bah oui hein, deux pédés dans cette boite über-machiste ne pouvaient que se trouver. Et évidemment quand deux tapioles se retrouvent dans un même endroit, forcément ils se kiffent et finissent ensemble. Aaaaah ces préjugés et conclusions à l’emporte-pièce. J’expliquais ainsi maintes fois qu’il fallait un peu plus pour que cela fonctionne (une grosse bite par exemple, arfff), lui démontrant que si cette logique s’appliquait à elle, elle devrait automatiquement se mettre en ménage avec un de ces pisseurs de codes au teint gris qui, bien qu’étant hétérosexuels, n’étaient pas forcément les plus affriolants de la région.

Surtout on ne connaissait pas son nom ou son prénom, mais on voyait seulement son attitude taciturne et renfrognée… Jamais un sourire, et un rapide « bonjour » à peine esquissé, et seulement en réponse. On s’est aussi demandé de quel origine il pouvait être, elle misait sur du reubeu métissé, et moi selon les jours je lui trouvais un air brésilien, marocain ou navajo. Huhuhuhu. Je le surnommais finalement « Le Péruvien », un peu à la «Joe l’Indien» dans Tom Sawyer, et il faut avouer que ça lui allait terriblement bien. Je ne le trouvais pas à tomber par terre, mais son attitude fermée m’intriguait, et il avait un certain charme.

Il s’est ensuite passé pas mal de temps dans cette situation où nous ne le voyions qu’aux pauses, et où le surnom est resté mais sans aucune avancée.

Et puis, à la même époque où je m’émerveillais des tâches de chewing-gum en forme ibérique, j’ai remarqué que le Péruvien arrivait souvent en même temps que moi le matin, donc tard (à cette époque j’arrivais au boulot vers 10h), et avec l’air aussi fatigué que moi. J’ai attendu des semaines avant de prendre mon courage à deux mains et de pouvoir l’aborder. Dieu sait que je ne suis pas timide, mais c’était très incongru de parler comme ça à quelqu’un qui ne m’avait sans doute jamais remarqué, qui n’était certainement pédé que dans ma tête, et dont je ne savais juste absolument rien.

On prenait tous les deux le tram de La Défense à Suresnes-Longchamps et on marchait jusqu’aux quais de Seine ce qui laissait du temps pour nous rencontrer, mais on a bien dû cheminer ainsi l’un derrière l’autre pendant quelques années. Et puis un jour, je ne sais pas ce qui m’a pris, mais on descendait de la même rame, et il était 10H15, et je trouvais ça vraiment drôle car je marchais quasiment dans ses pas. J’ai accéléré le pas, et je lui ai dit « Salut ! Bon on arrive tous les deux super tard tous les matins, c’est marrant hein ? ». Aheuuuummm… Il a fait de son mieux pour grogner un truc, mais clairement il m’avait reconnu, et a même fait un sourire en acquiesçant. On a ensuite marché les quelques minutes jusque la boite en échangeant des banalités (tu viens d’où, tu mets combien de temps pour venir etc.).

Quand je suis arrivé dans le bureau j’ai dit à Naïri : « J’ai parlé au Péruvien !!!!! ». Et puis j’ai réalisé que je ne connaissais rien de lui, ni son nom son prénom, ou son job exact. Alors j’ai pris le trombinoscope de la boite et j’ai passé en revue tous les gens de tous les étages de Copernic, et je l’ai trouvé au bout d’une heure de chasse endiablée (ouai j’avais un taf de dingue) dans les organisations et les annuaires. Son trigramme en main, je savais déjà qu’il bossait dans les bateaux, et qu’il s’appelait A. et que son nom suggérait finalement qu’on avait plus affaire à un chinois qu’à un péruvien.

To be continué…

iTMOi (In the mind of Igor) d’Akram Khan au Théâtre des Champs Elysées

J’avais été très enthousiaste à la découverte des spectacles d’Akram Khan précédents (Vertical Road et Desh), mais là j’avoue avoir été un peu frustré. Je crois que c’était un peu trop intello pour moi comme démarche, mais surtout comme résultat. Alors que j’attendais la beauté sans fioriture et l’expression gestuelle pure d’un Vertical Road, ou bien la portée narrative et terriblement touchante d’un Desh, je n’ai eu dans iTMOi ni l’un ni l’autre.

Pourtant le spectacle m’a pas mal plu, c’est toujours aussi bien dansé, chorégraphié et « composé ». Mais je pense que le message n’est pas passé. Ce spectacle s’inscrit dans le centenaire du Sacre du Printemps de Stravinsky (et Nijinski), et Akram Khan joue sur la notion de sacrifice en recomposant à sa manière le ballet mythique. Ce n’est pas une démonstration très « tape-à-l’oeil » des prouesses athlétiques et graciles des danseurs, et non plus un récit explicite ou aux effets visuels saisissant (même si les lumières et les costumes sont assez bluffant). Comme je n’ai pas bien compris ce qui se passait sur scène, et que formellement ça ne m’a pas non plus complètement passionné, j’ai vite décroché, et me suis même ennuyé à quelques reprises.

Mais comme je suis un gros béotien dans le genre et que je percevais une certaine « facilité » dans les autres spectacles, j’ai là l’intuition qu’iTMOi répond beaucoup plus aux normes et aux attentes de la danse contemporaine. Il me faudrait sans doute juste un peu plus d’expériences et de culture dans le domaine !

iTMOi d'Akram Khan au Théâtre des Champs Elysées

Ron Mueck à la Fondation Cartier

J’avais d’abord vu cette pièce connue de Ron Mueck : un gros monsieur tout nu assis dans un coin avec l’air morne et renfrogné. C’était pour l’exposition Mélancolie en 2005, et ça m’avait drôlement marqué. Cette nouvelle exposition à la Fondation Cartier était une extraordinaire occasion de mieux connaître l’ensemble des oeuvres de l’artiste et quelques nouveautés. On comprend aussi, grâce à des vidéos, les méthodes de conception de ces fascinantes créatures, et c’est COMPLETEMENT DINGUE !!!

Il lui faut des mois pour réaliser les modèles, faire des moulages en latex, ajouter de la peinture, fabriquer une armature en ferraille, puis recouvrir le tout. On trouve deux types d’oeuvre, et elles jouent toutes sur la taille, soit beaucoup plus grande que la réalité, soit plus petite. Dans tous les cas, on est fasciné par les détails ultraréalistes et en même temps super inquiétants. J’admire le talent de plasticien de l’artiste évidemment, mais aussi tout le déferlement narratif qui est créé ex-nihilo juste en regardant les œuvres et en laissant courir son imagination. On passe par toutes les gammes d’émotions et de réactions, entre rires, angoisse, incompréhension, et surtout on s’attend presque à un regard qui vous interroge ou une parole qui s’échappe tant ces personnages ont l’air vivants (malgré leurs proportions).

Certaines scènes ont même des doubles ou triples lectures, comme ces deux jeunes (Young couple) qui ont tout l’air de deux amoureux, ou un frère et une soeur (ils se ressemblent en fait…), et puis en y regardant de plus près le gars la tient par le poignée de manière un peu agressive ou violente. Au final, on lit sur les traits des sentiments contradictoires et on pourrait finir par croire qu’il s’agit des quelques minutes avant un viol ou une agression sordide. Juste avant c’était un gentil petit couple tout mignon, arf.

C’est surprenant car de prime abord, on pense juste à de (très) jolies reproductions de la réalité, mais on réalise bien vite que l’oeuvre de Ron Mueck est beaucoup plus profonde et dérangeante que cela. J’aurais adoré y retourner une seconde fois même, alors que c’est quelque chose de très rare pour moi. En outre, c’est une expo qui peut parler à tout le monde et qui n’a rien de compliqué à appréhender ou apprécier. Une sacrée réussite !

Ron Mueck à la Fondation Cartier

Des Embruns sur la Vergue

Notre cher Capitaine a créé un nouveau blogue dans lequel il poste d’anciennes photographies. J’en parle parce que depuis la dizaine de jours qu’il a commencé à y publier des photographies, je suis stupéfait de leur qualité, des sujets, des anecdotes qui s’y rapportent, mais aussi de la pose ou des émotions qui émanent de ces clichés antédiluviens.

Souvent les photos de cette époque sont abîmées ou on n’arrive que trop rarement à voir correctement les visages. J’ai la chance d’avoir quelques clichés sympas de mes grands-parents malgré tout comme je l’ai montré récemment. Mais là c’est une qualité bluffante, et une résolution qui permet de saisir une attitude, un rictus, l’émotion d’un regard ou l’espièglerie d’une pose. J’adore ça car non seulement ces photos ont une centaine d’années (putain quoi !!!), mais elles figurent des jeunes gens à l’exacte réplique de ceux d’aujourd’hui. Ok les modes ont changé (et encore, elles vont et viennent), et la photo n’est plus forcément l’oeuvre d’art d’alors, mais j’adore ces visages si nets et aux traits identifiables. Ils semblent si proches !

J’imagine que dans une centaine d’années la donne sera tout autre. Si une mégabombe à IEM ne vient pas annihiler nos jolies photos en réseaux, nos descendants auront des images saisissantes de vérité, et tout un tas de choses ainsi transmises. C’est un véritable bouleversement en terme d’échelle par rapport à ce qui était transmis d’une génération à l’autre auparavant. Bon sauf qu’on va transmettre tellement et tellement de trucs inutiles… (genre mon fil Facebook intégral ^^)

Surtout cliquez sur ces photos, allez voir sur le site Vergue les versions hautes définitions, les visages apparaissent en grand avec leurs imperfections et leur authenticité, c’est génial. Par exemple, je me régale de cette baigneuse de Deauville de 1919 dont l’attitude me paraît si provocante et irrévérencieuse pour l’époque. Mein gott, et ce téton qui point sous l’étoffe, n’est-ce point des plus affriolant et dégradant ? Hu hu hu.

Baigneuse à Deauville - 1919

La photo (encore une fois à voir en haute déf !!) de ce prisonnier allemand est fascinante. Surtout avec les explications et l’anecdote rapportée par Laurent sur le post en question.

Prisonnier allemand, 1918.

Après j’avoue aussi triper sans vergogne sur les beaux gosses de l’époque. Et le petit Léon Hourlier sur cette photo est particulièrement comestible. MIAM !! Ce look alors que nous sommes en 1913 correspondrait parfaitement à la coiffure et la moustache d’un bon petit flashcocoteux de la Java. Et ce regard… Léon était un cycliste qui a remporté quelques courses, mais il est mort pour la France deux ans plus tard, alors aviateur, en 1915 à 30 ans à peine.

Léon Hourlier, 1909.

Enfin il y a aussi le choupinet-touink-BelAmi-Têtucoverable Jeff Smith, un boxeur qui se montre là avec tous ses charmes en 1913 aussi.

Jeff Smith, Boxeur en 1913

C’est fou comme ces photos pourraient être celles d’un gars d’aujourd’hui, vous voyez ce que je veux dire ?

Jeff Smith Grinderisé

Dynamo au Grand Palais

Avec « Dynamo » on avait l’exposition typique du Grand Palais, une grande rétrospective thématique avec des centaines d’œuvres diverses et variées. Mais surtout c’était un ensemble qui s’appréciait de manière très instinctive et « réflexe », on est dans les courants de l’art cinétique qui jouent sur la lumière, les formes, les couleurs, les rythmes, le mouvement… L’expo est avant tout une expérience sensorielle et souvent ludique, et donc blindé de gamins. Moins cool.

Dynamo au Grand Palais

On ne peut pas dire que le parcours pédagogique soit autant à la hauteur que d’habitude, et on zappe les quelques explications superflues pour passer de l’appréciation d’une oeuvre à l’autre. J’y suis allé avec des amis, et on a passé un très bon moment, mais je ne peux pas dire que c’était un grand enrichissement culturel ou artistique. J’ai été intrigué et j’ai expérimenté des choses impressionnantes, de vraies « attractions » visuelles et sensorielles, mais ça faisait donc un peu « Palais de la Découverte ».

Je suis toujours content de retrouver des néons de Flavin, et j’ai aussi beaucoup pensé à Aurélie Nemours et ses palettes de couleurs (qui était absente de l’expo d’ailleurs, mais je suppose que c’était hors sujet). Il y a aussi Felice Varini et ses dessins géométriques qui ne sont visibles que d’un point de vue précis. Le jeu consistait là à tromper l’oeil en proposant un motif qui paraît du coup flotter dans les airs.

Dynamo au Grand Palais

Et sinon plein de trucs marrants qui faisaient aussi penser à une autre expo de Pompidou d’il y a quelques années qui m’avaient aussi un peu déçu sur le fond : Los Angeles 1955-1985. Là aussi on trouvait des œuvres avec quelques néons sans explications ou sans « concept » explicite, et du coup ça me paraît parfois sympa mais sans plus. Mais l’expo reste parfaite pour se concocter des fonds d’écran !!

Dynamo au Grand Palais

EXPO1: New York au MoMA PS1

Le MoMA PS1 c’est une extension du célèbre MoMA de Manhattan mais dans le Queens. On y voit des œuvres et expositions encore plus avant-gardistes et contemporaines que dans le musée d’origine, et là c’était une première expo sur le thème de la ville de New York (comme son nom l’indique). Il s’agit donc d’un ensemble d’œuvres plus ou moins « plastiques » (on va de la peinture à la vidéo en passant par montage, collage, assemblage, système expérientiel et j’en passe), et j’ai énormément aimé cette plongée dans l’Art contemporain avec un nombre incroyable de facettes représentées.

Du coup on voit des artistes qui ont brodé sur le thème de l’écologie, de la ville, il y a des choses très très noires et pessimistes, et globalement on ne peut pas dire que l’exposition reflète une certaine joie de vivre. On retrouve aussi la crise et ses impacts sur la société, et finalement l’expression d’un certain désamour des artistes pour l’urbain et son mode de vie inhumain. D’autres étages ou pièces sont décollées du sujet, et là on y trouve quelques trucs plutôt très très très étrange (mais cool hein !). Par exemple cette entrée digne de Blade Runner :

Ou encore une ode à la biologie humaine (je crois) et son système reproductif de plus en plus aidé, assisté, amélioré et « technifié » :

Mais sur l’expo, j’ai retrouvé avec plaisir une oeuvre d’Olafur Eliasson (Your waste of time) que j’avais tant aimé il y a dix ans à la Tate Modern. Et c’est encore une oeuvre « weather » puisque c’est une pièce où on a amené des bouts du glacier Vatnajökull et où on conserve cela avec une température glaciale, donc diamétralement opposé au soleil de la dernière fois (putain je fais des liens vers des articles que j’ai écrit y’a DIX ANS !!!). L’artiste joue sur le réchauffement climatique, et sur la consommation énergétique nécessaire pour conserver cette glace dans cette pièce, qui a donc une influence encore plus négative sur le réchauffement climatique.

J’ai été aussi très impressionné par Adrián Villar Rojas (La inocencia de los animales) qui présente un truc assez énorme. Là j’ai pensé à Yang Fudong que j’avais vu à la biennale d’Art Contemporain chinois de Montpellier (ouai truc de fou) en 2005. Il avait investi tout un amphithéâtre de la fac de pharmacie pour en créer un nouvel univers fait de nature et de pépiements d’oiseaux. Là c’est un ensemble terrible de béton et de structures post-apocalyptiques très impressionnantes. Mais on retrouve l’idée d’une sorte d’amphi qui n’a pas résisté à cet Armageddon. On arrive sur des portes murées, des murs brisés, des recoins mystérieux interdits, et ce béton craquelé qui semble aussi avoir souffert. Comme si c’était des ruines de notre civilisation dans quelques milliers d’années. FLIPPANT !!!

EXPO1: New York au MoMA PS1 - Adrián Villar Rojas (<em>La inocencia de los animales</em>)

EXPO1: New York au MoMA PS1 - Adrián Villar Rojas (<em>La inocencia de los animales</em>)

EXPO1: New York au MoMA PS1 - Adrián Villar Rojas (La inocencia de los animales)

Il n’y avait presque personne quand j’ai visité l’expo et je regrette que des trucs aussi dingues mais percutant soient boudés par le grand public. Evidemment il y a des choses qui touchent moins que d’autres, mais j’ai passé deux heures à déambuler, essayer de comprendre ou juste ressentir, et cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti autant « stimulé » par de l’Art. Eh bien c’est cool, ça fait du bien !

EXPO1: New York au MoMA PS1

Le Monde fantastique d’Oz

J’ai vu ce film en me disant que ce serait une merde, mais j’ai eu tort et j’ai été étonné de plutôt apprécier. Ce n’est certes pas un chef d’oeuvre, mais c’est un film de bonne facture avec quelques bonnes surprises côté comédien, et un une adaptation de l’archi-connu magicien d’Oz qui tient relativement la route. Il y a certes un petit côté « Alice » de Burton qui m’a fait très peur pour la direction artistique parfois un peu trop fantaisiste, mais force est de constater que les effets spéciaux sont là un peu mieux travaillés.

Heureusement James Franco est toujours aussi chouette, et encore une fois irrésistible. J’étais plus méfiant de Mila Kunis ou Rachel Weisz, mais j’ai eu tort, car j’ai trouvé ces deux dernières excellentes dans leurs rôles des frangines sorcières qui tournent mal. Et du coup ce « Wicked » non chanté ne fonctionne pas trop mal… Il y a bien quelques fonds verts un peu trop visibles, ou bien des effets qui souffrent de l’omniprésence de trucages (on ne peut pas tout avoir au même prix !!), mais globalement ce n’est pas mal.

Un petit film du dimanche soir sans prétention…

Le Monde fantastique d'Oz

Sleep no more au McKittrick Hotel

Vous êtes à New York et bien évidemment vous voulez aller vous faire une comédie musicale à Broadway. Ok, ok. Mais vous avez aussi un truc vachement bien à tester en plein cœur de Manhattan pour beaucoup moins cher ($85), beaucoup plus original, interactif et jamais vu avant.

Nous sommes arrivés le samedi soir à 23h au Mckittrick Hotel, entre la 27ème rue et la 11ème Avenue, il n’y avait qu’une poignée de personnes à l’entrée qui attendaient. Nous avions réservé pour ce créneau horaire précis, et rapidement nous avons pénétré dans cet endroit sombre et un brin inquiétant. Après quelques minutes d’intendance (à l’américaine : efficience et politesse extrême), de lourds rideaux rouges s’ouvrent sur l’atmosphère feutrée et surréaliste d’un club de jazz des années folles. Et tout y est : la chanteuse aussi sexy d’une Jessica Rabbit, les musiciens en tenues classiques, les micros antédiluviens, la distribution d’absinthe au bar, et un mélange hétéroclite d’olibrius en tourisme tel que nous avec jetés de-ci de-là quelques personnages déjà bien campés.

Vous pouvez rester quelques temps là, mais rapidement un comédien directement issu d’un film avec Errol Flynn ou Douglas Fairbanks vous invite à démarrer votre expérience. Tout commence dans un ascenseur… On nous souhaite la bienvenue dans l’hôtel, et nous comprenons que les règles du jeu vont suivre. L’homme nous explique que nous allons pouvoir nous promener librement dans les 5 étages et 9300 m2 (!!!) mis à notre disposition et pendant le temps que l’on veut. On est libre de faire ce que l’on veut, d’aller où on veut. En revanche, il faut que l’on soit seul, et que l’on reste muet. On observe mais on ne se parle pas. D’ailleurs il nous conseille de nous perdre les uns les autres, et nous tend des masques style « Eyes wide shut » pour nous anonymiser et nous rendre invisibles à nous-mêmes.

Avec Diego, on écoute en souriant et on papote doucement comme deux vieilles copines, même si je vois bien que Douglas Fairbank nous regarde du coin de l’œil en train de contrevenir au règlement comme les deux bons français que nous sommes. Mais c’est qu’il doit avoir l’expérience le bougre ! En effet, l’ascenseur s’arrête au 3ème et l’homme tend la main vers Diego l’invitant à avancer. Diego s’exécute ne remarquant pas que je suis stoppé dans mon élan par l’homme en question qui me barre le chemin. Je ne vois que le regard perdu de Diego dans les portes qui se referment inexorablement sur mon ami. C’est deux étages plus haut que nous sommes tous relâchés dans cet hôtel mystérieux, tous un peu refroidis et craignant à présent un traitement similaire à celui expérimenté par Diego.

Je pénètre dans un couloir blanc et nu, un peu moderne, rien de spécial, mais je suis tout de suite emporté et abasourdi par la musique qui s’insinue dans tous les recoins de l’endroit. La musique est forte, mais de toute façon on ne doit pas parler, et elle est vivante et narrative. Ce sont des musiques de film que j’ai reconnues à quelques reprises, notamment du Bernard Herrmann (qui a signé la plupart des bandes originales des films d’Hitchcock), et elles se prêtent particulièrement bien à la déambulation dans des mises en scène telles que celles que j’allais expérimenter fébrile. Nous étions nombreux, mais en quelques minutes d’exploration, on se perd, et on n’aperçoit plus que des errants masqués qui tentent de comprendre ce qu’ils sont en train de vivre.

Et voilà que je débarque dans ce qui ressemble à un hôpital psychiatrique, des bureaux de médecins, des chambres de malades, des laboratoires aux expériences interdites, un alignement de baignoires remplies à l’allure flippante. Bref, un vrai décor de jeu vidéo gore ou de film que je déteste !!! Mais je suis pris par cette mise en scène parfaite, ces instruments réels, ces armoires qui fourmillent de dossiers médicaux (des trucs vrais, écrit à la plume et tout !!), d’échantillons et de bouts d’histoires incompréhensibles. Je m’assois et passe dix bonnes minutes à lire des rapports médicaux, des dossiers de patients et c’est fliiiiiippant !!

C’est alors qu’un attroupement se fait autour d’une baignoire, du coup je m’y rends panurgement. Une fille est dans l’eau nue, et elle marmonne des trucs chelous tout en trempant des lettres dans la flotte… Une infirmière débarque et la tire de là, et elles partent toutes les deux suivies par une horde de visiteurs affublés de leurs masques vénitiens blancs. Je décroche, et décide de prendre la direction opposée… Bien m’en a prit, j’ouvre une porte, et me voilà seul devant une scène digne du pire des cauchemars pour moi. Je suis dans une pièce immense, des centaines de mètres carrés, aux murs de briques nus, et couverte d’un labyrinthe de taillis et hautes branches coupées… Là dans ma tête, ça dit « REDRUM REDRUM » quand en plus je me retrouve avec une montée hallucinante dans la musique (de « Vertigo »). Outre cela, il n’y aucun éclairage sinon une fantomatique lumière noire qui donne à l’ensemble une sensation de nuit à l’extérieur. Je parcours le chemin tracé par le dédale, et au bout je découvre stupéfait un immense bouc empaillé avec des yeux plus vrais que nature. Aaaaaaaaahhhhh !!!!!

Je sursaute quand je réagis au fait que d’autres invités m’ont rejoint, ils suivent l’infirmière qui a pris une personne au masque vénitien à partie. Elle l’entraîne dans un chalet à part, et ferme précautionneusement les volets en bois, nous n’en saurons pas plus. Je rebrousse chemin, et voilà qu’un salon de l’hôtel se découvre comme par magie. Un bar, des fauteuil, des tables et chaises, et une femme blonde diaphane à robe rouge toute lynchienne qui paraît être une cartomancienne « joue » une scène. La salle est pleine d’invités aussi intrigués que je le suis, et j’en reconnais un parmi eux. Diego !!!! Ouf, on s’est enfin retrouvés. On échange quelques mots discrètement, et l’on ne se quittera plus.

J’ai l’air d’en raconter beaucoup, mais il n’en est rien puisque le nombre de pièces à explorer est énorme, et les comédiens sont là pour ajouter un peu de piment au tout. Il s’agit souvent de sortes de chorégraphies ou de pantomimes, parfois quelques scènes plus explicites, mais on n’est loin d’être dans du théâtre formel. L’histoire tourne autour de « Macbeth » mais j’avoue que j’ai du mal à avoir compris quoi que ce soit à ce que j’ai vu. Macbeth vu par Lynch sans doute… Huhuhu. Mais cela ne gâche aucunement le plaisir, car le temps passé à chercher un sens à tout cela est le véritable but du spectacle.

Le mélange d’inquiétude, d’amusement, d’intrigue et de performance (à la fois celle du spectateur, et celle des protagonistes non masqués) produit une expérience extraordinaire que je n’avais jamais vécue. Si vous allez à New York, je vous conseille plus que jamais ce « Sleep no more » au McKittrick Hotel.

Sleep no more au McKittrick Hotel

Star Trek Into Darkness

Le scénario tient sur un timbre-poste mais j’ai trouvé que c’était un blockbuster bien sympathique et efficace. Exactement dans la lignée du premier opus, ce second Star trek « nouvelle nouvelle génération » nous redonne encore une bonne occasion d’aller au cinéma. C’est de la chouette SF qui tient la route, des effets spéciaux assez dingues, et ce qui manquait pas mal au premier : un putain de super excellent méchant !!! Aaaaah y’a pas à dire, un bon méchant comme un Heath Ledger en Joker dans « The Dark Knight », ça redonne toujours pas mal de peps et de saveur à un « film à héros ». Là c’est Benedict Cumberbatch, connu aujourd’hui pour son rôle de Sherlock Holmes dans la série éponyme UK, qui s’y colle avec sa froideur incarnée, et il est absolument parfait.

Au final tout le sel du scénario repose sur la perfidie, le machiavélisme et les plans diaboliques du méchant qui se joue terriblement bien des adorables Chris Pine (James T. Kirk) et Zachary Quinto (Spock) pendant la plus grande partie du film. Après vous ajoutez quelques blagounettes à la Kirk, des mouvements sourcils à la Spock, quelques autres gimmicks (un peu agaçants peut-être au final) directement tirés de la série des sixties, et le film est dans la boite. Les effets spéciaux superbes viennent donner un peu de brillant et de polish tout en justifiant d’aller le voir au cinéma.

Il y a tellement de merdes à gros budgets que je salue ce film divertissant sans être débile, et plutôt bien foutu.

Star Trek  Into Darkness