• Matooyage
Yosemite National Park

Publié le Lundi 17 Août 2009 - 17:20
Catégorie: Matooyage

Nous avons fait notre premier arrêt « Parc National » dans le fameux Yosemite, qui est certainement un des plus connus. Etant là en plein milieu du mois d’août, on n’a pas la chance de voir une végétation plus verte et luxuriante, et surtout de gigantesques chutes d’eau, nous nous contentons donc d’une rivière rachitique et de cascades asthmatiques. Mais cela n’entame en rien la beauté du panorama :

Yosemite National Park

Comme je disais, les chutes sont réduites à leur portion congrue, mais cela donne encore quelques belles percées dans la roche granitique :

Yosemite National Park

Et il y avait le fameux Mirror Lake que j’attendais de voir avec impatience, tant j’en avais vu des photos. Bon, effet pétard mouillé pour ce lac qui se résume en ce moment en une flaque d’eau saumâtre qui ne reflète pas grand-chose. C’est marrant car je reconnaissais parfaitement le paysage environnant, mais il manquait juste la flotte. Cela reste un beau spot assez incontournable.

Yosemite National Park - Mirror Lake

Le repas de midi fut un désastreux bacon burger dont il semblait que l’intégralité avait été plongée dans la friture. Et le passage au « store » du coin me fait toujours rire. Les amerloques sont capables de disneyiser absolument tout leur patrimoine. Enfin, nous avons trouvé pléthore de magnets pour notre pote qui s’en fait ramener par tout ceux qui voyagent dans notre cercle amical. Le caissier était un trans en devenir assez épatant. En effet, il avait une voix de crécelle avec des ongles très longs, mais il pesait certainement un quintal et n’avait pas le profil évident (en tout cas celui qu’on imagine idéal) pour faire illusion. C’était assez cocasse de voir les gens qui ne se rendaient pas du tout compte de cela, ou bien ceux qui regardaient ailleurs pour ne pas avoir à y penser plus longtemps.

Nous avons roulé pas mal de temps pour sortir de Yosemite et réaliser que le parc est aussi immense que magnifique. Les montages érodées, la marque des glaciers, la végétation riche et harmonieuse, les lacs qui déboulent au détour d’un virage en épingle, tout cela contribue à nous plonger dans de vrais décors de carte postale.

Nous étions en route pour Mamoth Lakes quand Shirka (notre bien aimée GPS) nous indique de prendre un chemin bizarre qui sortait carrément d’une grande route nationale. Je recommande de rester sur cette route qui indique en plus la bonne direction, mais A. avait trop envie de tester la voiture je pense. Donc nous voilà sur un chemin vicinal non goudronné qui passe dans la forêt, et absolument désert !!

On se serait cru dans un film d’horreur, vous savez quand on se demande pourquoi ils ont quitté la grande route ces cons là !!? Ce n’est vraiment pas crédible. Et quand A. s’arrête en plein milieu de la piste pour aller fumer et pisser derrière un arbre… Mais ces imbéciles, ils sortent de la bagnole en plein milieu d’un décor digne d’un X-Files. On venait de passer devant une caravane chelou coincée entre deux pins, et chérichou venait d’évaluer à tendant vers 1 la probabilité qu’elle abrite un sérial killer génétiquement modifié. Bref, il voulait me faire peur, et… ça a marché !!!! Rhaaaaa !

Heureusement, nous avons fini par rejoindre, et de manière beaucoup plus directe que la grande route, notre « motel 6 » à Mammoth Lakes. Et là je dis : « Rendez-moi mon hôtel Nikko !!! Rendez- moi ma vue, ma clim qui ne fait pas de bruits et ma salle de bains de rêve !!! ». Au lieu de cela, nous sommes dans une chambre fumeur avec des robinets des années 50 qui ont fait du bruit toute l’année. A San Francisco nous avons eu le sosie de Margaret Cho (Are you gaaaay??? You can tell Mummyyyyy!!) à l’hôtel, et celui de Yoko Ono à la loc de bagnole (que j’imaginais en train de dire qu’elle était en plein milieu d’une performance), mais là l’accueil était tenu par une de ces employées que l’on ne voit qu’aux US dans les endroits cheaps, c’est-à-dire une grand-mère de 102 ans obséquieuse et sympathique qui devrait depuis longtemps être en retraite.

Ajoutez à cela LCL qui m’appelle à 3 heures du matin pour savoir si je suis content de mon assurance habitation. Hu hu hu.

Mais bon ce n’était qu’une courte étape, et nous filons gaiement vers la Vallée de la Mort.

  • Matooyage
Premières impressions de San Francisco

Publié le Dimanche 16 Août 2009 - 15:34
Catégorie: Matooyage

Eh bien nous y voilà !! Nous sommes donc arrivés à San Francisco hier après-midi pour trois semaines de vacances. Nous ne restons qu’une fin de journée sur SF puisque nous partons en roadtrip, et que nous finissons par quelques jours dans cette même ville. Il ne s’agissait donc là que d’une prise de contact, et d’une première tentative de se sentir en vacances. :mrgreen:
J’ai profité de l’avion et de sa dizaine d’heures (et de la NULLITE d’Air France concernant la diffusion de films !! Pff que des vieilles merdes et même pas en VOD !!) pour me remettre à jour concernant mes articles en souffrance. Me voilà donc prêt pour tenter autant que faire se peut de chroniquer ce voyage…

Notre voyage va donc consister à réaliser la boucle suivante :

Plan de notre roadtrip

Et concernant SF, nos premières impressions sont très positives. La ville est agréable, belle, délicieusement européennes dans l’architecture et l’urbanisme. Les rues de San Francisco ressemblent bien à celles de la série éponyme. Il semble que tous les voyages aux US sont aussi l’occasion de se réconcilier avec ses images d’Epinal du pays véhiculées par leurs créations audiovisuelles. Et pour Chérichou, nous sommes avant tout dans les décors de son auteur favori : Hitchcock (la visite de Bodega Bay est prévue pour la fin du séjour).

Notre première nuit se devait d’être sympathique et l’hôtel Nikko nous a fourni le genre de vue dont nous rêvions.

Vue de notre chambre à l'Hôtel Nikko

Et la vue d’Alcatraz est aussi une autre vision cinématographique qui fait son effet..

Vue d'Alcatraz
.

Mais SF n’est rien sans le Golden Gate !!!

Vue du Golden Gate

Et pour les pédés du monde entier, Castro Street !!! Nous y avons dîné, et j’ai été impressionné par ce déluge de drapeaux qui n’est pas sans faire penser au Marais, mais en encore plus visible et militant. En revanche, cela semble être une poche bien isolé et plus ghettoïsante que jamais. A voir dans deux semaines… Bon je me fais engueuler parce que je blogue, donc je file avant qu’il me quitte.

Vue de Castro Street

Allons faire les Thelma et Louise ! :mrgreen:
PS : Vous pouvez facilement suivre où nous sommes grâce au widget “latitude” sur la droite.

  • Cinéphage
Là-Haut (Up)

Publié le Dimanche 16 Août 2009 - 2:01
Catégorie: Cinéphage

On croit être parvenu à un sommet de l’art, et Pixar à chaque fois, quasiment, arrive pousser le bouchon un petit peu plus loin. Même si j’ai une petite préférence pour WALL-E, je dois avouer que j’ai été subjugué par la qualité de « Là-Haut ». Son inventivité, sa tendresse, sa drôlerie, mais aussi sa capacité à nous surprendre, à nous emmener là où on ne pensait pas aller, et même à évoquer des sujets graves, tellement loin des dadas de Disney…

Carl est un vieux monsieur seul, veuf depuis que sa femme a été emportée par la maladie, et foncièrement misanthrope. Le début du film évoque en astucieuses et habiles ellipses, la manière dont ils se sont rencontrés, et leur rêve inachevé : aller installer leur maison à « Paradise Falls » en Amérique du Sud. Alors que la situation en ville s’envenime sérieusement, le vieux bonhomme équipe sa maison de centaines de milliers de ballons d’hélium et fonce dans son curieux aéronef vers le sud. Seulement, il a aussi emporté avec lui par erreur un jeune scout, Russell, qui veut gagner son badge d’aide aux personnes âgées. Ces deux là vont devoir communiquer et se découvrir, et surtout affronter bien des épreuves pour atteindre leurs rêves.

Un peu comme dans WALL-E, le film est en deux parties assez distinctes, et force l’admiration dans sa capacité à mêler des propos très « adultes » avec des moments cocasses et purement jubilatoires. Pour cela on trouve encore une galerie de personnages principaux et secondaires très drôles et hauts en couleur. Et aussi incroyablement que cela paraisse, les auteurs ont réussi à faire passer une mort horrible (mais bon le début de Bambi après tout est aussi un bon exemple), et un acariâtre en plus d’un scout obèse dans le scénario. Je ne vous dis pas tout des autres personnages car ils sont une trop belle découverte pour la déflorer ainsi.

En tout cas, ce mélange passe très bien et donne un véritable film, en plus d’un divertissement puéril. La technologie est juste parfaite, avec ce style dans les personnages qui est à peu près celui des « Incredibles », et une 3D (je parle du rendu, par du relief) dont la beauté et le réalisme dépassent l’entendement. La réalisation me paraît aussi de plus en plus soignée et importante pour ce genre d’oeuvre. En revanche, je ne suis pas fan de la 3D avec les lunettes, ça me fait mal aux yeux, ça n’apporte rien, ça assombrit l’écran. Et puis, on est au cinéma donc l’effet d’immersion me paraît évident, et superflu d’en ajouter plus. J’avais eu un avis identique pour Bolt, que j’avais aussi vu en 3D avec des lunettes.

Enfin, Pixar dépasse largement à présent le cadre du Tex Avery qui est encore le fait de leurs concurrents. En cela, ils viennent avec leurs derniers films de largement donner leurs lettres de noblesse au film d’animation pour gamins.

Là-Haut (Up)

  • Exposage
Kandinsky (1866-1944) au Centre Georges Pompidou

Publié le Dimanche 16 Août 2009 - 1:55
Catégorie: Exposage

Ahhhh, Kandinsky !! Ma référence ultime en terme d’Art ! Je dois à une prof d’histoire de première de m’avoir fait découvrir cet artiste. Depuis lors, je le révère et suis super ému dès que je tombe sur une de ses toiles. Donc là, c’est une extase permanente, un bouleversement de tous les instants, puisque cette rétrospective nous montre à peu près tout ce qu’il y a de majeur dans l’oeuvre de ce peintre d’exception.

La scénographie est très linéaire puisqu’il s’agit le plus simplement du monde d’un accrochage chronologique. J’ai été plutôt déçu par les explications disponibles et encore une fois il fallait se procurer l’audio-guide pour vraiment en profiter. Heureusement, j’ai assez lu et me suis assez documenté depuis quinze ans pour largement prendre mon pied. Car j’aime tout chez cet homme, de ses peintures classiques et d’inspiration russe des débuts, à ses découvertes et tâtonnement dans l’abstraction (ma période préférée, alors que les « ponts » et « cavaliers bleus » commencent à s’estomper dans des formes symboliques et géométriques), jusque ses oeuvres très formelles et géométriques à la Malévitch, et enfin à ses drôles de créatures biomorphiques qui auraient leur place dans « Spore » (le jeu vidéo).

Mais contrairement à Malévitch (qui est l’inventeur du Suprématisme, donc une abstraction très froide et détachée du réel), Kandinsky, même dans ses phases les plus géométriques et abstraites, ne se détache jamais de ses émotions. Elles sont même l’incroyable moteur de cette foisonnante création. Et n’importe qui peut s’en rendre compte, car il fait parler les formes et les couleurs. C’est un délire de sentiments qui s’imprime en nous, de la colère, de la tristesse, de la joie et de l’amour qui se retrouvent ainsi jetés sur la toile.

Kandinsky est à mon avis le seul peintre qui a réussi ainsi à transposer des émotions sur la toile. Il est, en mon opinion, la preuve tangible de la synesthésie, cette faculté de mixer les sens. Car avec Kandinsky les couleurs ont un son, et les sons ont une forme, les émotions des couleurs, et les odeurs des formes etc. L’expérience sensorielle et émotionnelle proposée par ses peintures dépasse alors l’entendement, et même s’il ne parle pas à tout le monde de la même manière, je ne pense pas qu’il puisse laisser insensible.

C’est alors que je me suis trouvé à me plaindre même de l’opulence de l’exposition. En effet, je crois qu’il y a trop d’oeuvres exposés, et que chacune à son tour tend à émousser les capacités des visiteurs. C’est comme si vous étiez dans une parfumerie, que vous arrivez à sentir les premières fragrances, mais que rapidement vous êtes perdus dans les odeurs, et vous ne sentez plus rien. Il me semble que le même drame se produit lors de cette expo. Il y a tellement de choses qui passent dans cette peinture, que l’on se retrouve au bout d’un moment insensible aux oeuvres, et qu’on passe sans plus trop comprendre. Il reste bien évidemment toujours cette beauté formelle, mais ce n’est pas cela qui est remarquable, selon moi, chez ce peintre. Il faut s’approprier ses « impressions » (titres de nombres de ses toiles) et les décoder pour soi. On est parfois aidé par des titres comme cette « voix au téléphone » (qui n’était pas présenté à Beaubourg pour le coup) ou bien ces « petites joies ». Les « improvisations » laissent libre cours à notre interprétation, comme elles ont laissé libre court à son imagination.

Le peintre est mort, mais ses oeuvres conservent une extraordinaire actualité, et en effet qu’y a-t-il de plus intemporel que les émotions ? Les points, lignes, plans qui sont l’alphabet de l’expressionniste composent un langage universel par excellence. Ces oeuvres parlent à tout le monde, à son niveau, à ses références, à sa sensibilité, et il fait découvrir de nouveaux mondes de sensations, de plaisirs, de lecture et de compréhension intime de l’autre et de soi-même.

Vous comprendrez à me lire à quel point cette exposition est fantastique, mais encore une fois mon seul reproche, qui n’en est pas un, est ce foisonnement de tableaux. Kandinsky se déguste avec parcimonie, et doit se savourer lentement, petit à petit, avec ouverture d’esprit et acuité aux aguets.

Kandinsky au Centre Georges Pompidou

  • Cinéphage
Very bad trip

Publié le Dimanche 16 Août 2009 - 1:49
Catégorie: Cinéphage

J’ai, comme beaucoup de gens, succombé au film avec tous ces échos positifs que j’ai eu. Et m’attendant à une grosse bouse, j’aurais moi aussi certainement été agréablement surpris. Je ne suis donc pas du tout dithyrambique à propos de ce film, même si j’ai passé un bon moment.

Bon le scénario tient sur un timbre-poste, c’est l’histoire de quatre potes (enfin trois potes et le frère de la copine de l’un d’eux) qui vont célébrer un enterrement de jeune garçon de l’un d’eux à Las Vegas. Ils sortent le soir, et gros black-out, on arrive directement au lendemain. Sauf qu’en plus de cela, le futur marié, Doug, manque à l’appel, il y a un tigre du Bengale dans la salle de bains, un bébé dans le frigo, il manque une dent à l’intello coincé du cul du groupe, et ils ont la plus terrible gueule de bois de leur vie. Ils vont donc passer le film à enquêter pour tenter de reconstituer les événements de la veille, et surtout retrouver leur pote.

Ensuite c’est un enchaînement de gags qui fonctionnent à moitié. Disons que ce n’est pas drôle à se taper le cul par terre, même si ça m’a arraché quelques éclats de rire. Il semble que les choses soient à moitié faite, et qu’on n’a malheureusement pas exploité tout ce que le scénario pouvait promettre. Que ce soit l’histoire du bébé, du tigre ou du mariage, les péripéties auraient dû se régler de manière plus drôle et complexe. J’avais à chaque fois la sensation d’un pétard mouillé. Jusque la manière dont il retrouve Doug qui est assez plate, et avec un tas d’effets inutiles ou ridicules. Même le teubé de service ne va pas jusqu’au bout de ses débilités, ce qui est dommage.

Du coup, on termine avec une gentille comédie plutôt bourgeoise et coincée, alors que le potentiel pour en faire un OVNI bien marrant et trash était manifeste et évident. Malgré tout, j’ai passé un bon moment, et c’est vrai que ce n’est pas un navet inregardable.

Very bad trip

  • Cinéphage
Whatever works

Publié le Dimanche 16 Août 2009 - 1:46
Catégorie: Cinéphage

Tiens, un Woody Allen de chez Woody Allen mais sans Woody Allen. Car le réalisateur nous avait habitué à des films européens avec d’autres comédiens, mais le voilà de retour à New York, de retour avec ses histoires d’amour contrariés et ses prises de tête légendaires. Il s’est même trouvé un comédien qui joue le rôle qu’il tenait à l’époque, et le type lui ressemble même physiquement, impossible de se tromper.

Eh bien c’est un grand plaisir de se refaire un Woody Allen « classique ». D’autant plus que celui-ci nous propose un point de vue assez original et plutôt sympa. Il se met donc dans la peau d’un type ronchon, atrabilaire et misanthrope, Boris Yellnikoff, qui ne veut surtout pas se mettre en couple. Et voilà que lui tombe sur le coin de la tronche une jeune fille charmante, Melody, qui s’accroche à ses basques. En même temps, la mère (celle qui joue Sarah, la soeur de Ruth dans SFU) de la jeune fille débarque, le père (c’est drôle car c’est Hiram, le coiffeur de Ruth dans SFU) enchaîne, et c’est un maelström familial qui se met en place. Ajoutez à cela un prétendant à la jeune femme en la personne d’un canonissime new-new-yorkais (joué par Rhaa lovely!! Henry Cavill), et c’est bientôt le chaos.

Mais la morale du film, alors qu’on pourrait l’attendre un rien posée, sérieuse ou assagie de la part d’un Woody Allen vieillissant, est au contraire carrément irrévérencieuse et sulfureuse. Les choses sont dites et clairement dites : il faut trouver son bonheur où il est ! Rien d’autre ! Donc les modèles sexuels ou les normes sociales éclatent en lambeaux, pour la plus grande joie et l’atteinte des aspirations profondes des uns et des autres.

On ressort alors du film avec beaucoup de pêche, et l’agréable sensation d’émancipation, de liberté sexuelle et morale enfin acquise. Malheureusement ce n’est qu’un film…

Whatever works

  • Cinéphage
Ong-Bak 2

Publié le Dimanche 16 Août 2009 - 1:38
Catégorie: Cinéphage

Bon, j’avais vu le 1 donc je devais bien voir le 2. Et le seul lien entre les deux films réside uniquement dans le héros qui est ce même jeune thaï qui manie si bien les arts martiaux. Cela tombe bien il se trouve que c’est lui, Tony Jaa, qui réalise ce second épisode. Sinon le scénario est tellement imbuvable et con que je ne ferais pas l’affront de le narrer plus avant.

Donc c’est un film correct de baston, et on en a pour son paquet de pop-corn. Il s’agit en définitive d’un film très traditionnel de combats, Kung-Fu et autres arts martiaux, et comme les films que les puristes aiment tant, c’est du combat et que du combat. C’est un genre dont je suis féru, et qui a été beaucoup gâché par les productions américaines qui n’ont jamais pu s’empêcher d’y ajouter des armes, des explosions, des effets spéciaux, de la poésie ou des amourettes.

Là c’est « roots » et, je pense, assumé comme tel. On a uniquement des combattants à mains nus ou armes blanches, bâtons, fléchettes etc. Les chorégraphies sont dignes des Bruce Lee ou Jackie Chan des premières heures (ou encore JCVD dont le « Blood sport » reste pour moi une référence en la matière) et pour qui apprécie un peu ce type de baston, c’est un moment très agréable.

Il reste que le film se termine en eau de boudin comme c’est pas permis (et doit durer 1h10 !!), ce qui donne vraiment une impression d’inachevé et de gros foutage de gueule. C’est très simple, le héros se fait tuer à un moment où tout allait plutôt bien pour lui (il venait de bousiller l’équivalent d’Uma Thurman dans Kill Bill avec ses yakuzas), mais hop c’est la fin. Hu hu hu. (Oui je spoile, mais bon merde quoi c’est Ong-Bak 2 !!!)

Ong-Bak 2

  • Cinéphage
J'ai tué ma mère

Publié le Dimanche 16 Août 2009 - 1:32
Catégorie: Cinéphage

Ce film a eu un joli succès par le bouche-à-oreille depuis Cannes, et le fait qu’il soit écrit et réalisé par un si jeune auteur, et qu’Anne Dorval (la Criquette/Ashley du Coeur a ses raisons) y soit, m’ont convaincu de ne pas le rater. J’en suis ravi car j’ai adoré le film. Evidemment comme tout premier film il n’est pas exempt de certaines maladresses, mais globalement c’est une belle prouesse, et dans l’absolu une excellente oeuvre.

Xavier Dolan réalise donc là son premier film, mais il incarne lui-même le rôle principal, celui d’un jeune homme (ado confirmé) qui a un mal fou à vivre seul avec sa mère. Il lui trouve tous les défauts à cette mère, relativement dévoué, et va même jusqu’à avertir au lycée que sa mère est morte pour éviter d’avoir à l’évoquer. Ce qui est original et bien plaisant dans cette histoire, c’est que la mère en question (merveilleusement interprétée par Anne Dorval) est loin d’être parfaite. On la découvre aussi banalement indifférente à son fils, souvent égoïste, et parfois capable de petites mesquineries bien perverses. Bref, on peut facilement s’identifier avec sa propre relation mère/fils… Et quand en plus, on découvre que le fils est homo, alors ce n’est même plus de la fiction.

Ajoutez à cela une très belle et mature écriture, certaines lignes de dialogue vraiment marquantes dans le drôle comme dans le dramatique, et des passages qui sont de belles petites leçons de vie. Banales mais qui font un bien fou à voir illustrées ainsi, avec en outre, un auteur/comédien qui arrive à toucher de par sa fragilité et sa connerie toute adolescente. L’accent québécois est souvent à couper au couteau, mais tout à fait compréhensible, et diablement charmant (moi j’aime en tout cas).

Je me demande bien ce que ce type va faire à présent, mais j’espère bien qu’il aura, avec ce premier succès, toutes les billes pour continuer dans cette voie. On y retrouve un peu de la veine de « Tarnation », même si c’en est très éloigné, mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire un parallèle avec l’ami Caouette, assez précoce aussi dans son genre.

J'ai tué ma mère

  • Boukinage
Histoires mystérieuses (Isaac Asimov)

Publié le Dimanche 16 Août 2009 - 1:24
Catégorie: Boukinage

Je continue ma lente mais régulière découverte de l’oeuvre du maître de la SF, et c’est en lisant sa bio que j’ai voulu jeter un coup d’oeil à ses nouvelles SF mâtinées d’intrigues policières. On en retrouve une bonne partie dans ce recueil « d’histoires mystérieuses ».

Asimov présente donc dans une poignée de nouvelles son Hercule Poirot. Il s’agit du Docteur Urth, un grand scientifique spécialiste des moeurs extraterrestres et, ironie du sort, un agoraphobe qui n’est jamais parti à plus de quelques kilomètres de sa maison. Ce dernier résout donc tous ses problèmes de son bureau, avec l’aide de son seul intellect et beaucoup d’espièglerie. On reconnaît bien là la patte de l’écrivain qui s’en donne à coeur joie dans le calembour et l’ironie, avec ce personnage qui lui ressemble finalement beaucoup, présomption et manque de modestie inclus !!

En revanche, même si le héros est plaisant (entre Poirot et Jessica Fletcher), les nouvelles ne sont pas ce qu’Asimov a pondu de mieux en terme de style ou littérature. Cela reste un bon divertissement pour le féru de SF en général, et d’Asimov en particulier. Chacun de ces épisodes est l’occasion de la résolution d’un crime qui démontre à quelle point l’imagination de l’auteur est galopante, intelligente et sans fin.

Histoires mystérieuses (Isaac Asimov)

  • Boukinage
Seul dans le noir (Paul Auster)

Publié le Samedi 15 Août 2009 - 1:55
Catégorie: Boukinage

Je lis Paul Auster depuis 1995, et depuis je n’ai que rarement manqué ses parutions. Comme pas mal de ses fans, je suis assez circonspect de ses dernières oeuvres. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais un peu décevant tout de même. Disons que c’est un peu comme s’il avait une bonne idée, et qu’il en faisait un bouquin, mais pas plus que cela. On retrouve évidemment sa plume superbe et son univers génial, et je me régale toujours en goûtant à ses nouvelles productions, et en sombrant allègrement dans ses histoires louches. J’attends tout de même avec hâte un prochain “grand” roman.

Cet opus là ne surprendra pas du tout les aficionados (c’est déjà ça) puisque c’est tout l’univers austérien qui se déploie en long, en large et en travers. Mais c’est une toute petite histoire d’un gars qui se retrouve seul chez sa fille et sa petite fille, dont le petit copain vient de mourir en Irak. Entre sa fille qui ne se remet pas de son divorce, la petite fille traumatisée, et le grand-père qui psychote sur la perte de sa femme et ses malheurs, c’est dans une atmosphère de grande morosité et mornes perspectives que le narrateur (le grand-père donc) se réfugie dans l’écriture. Pas n’importe quel écriture, puisqu’il s’agit d’un personnage qui se retrouve dans un monde parallèle au nôtre. Un monde dans lequel, il n’y a pas eu de 11 septembre, mais en lieu et place une effroyable guerre civile qui déchire le pays.

Pour qui connaît un peu Paul Auster, en disant cela j’ai tout dit, et c’est bien le problème… Je n’ai eu aucune surprise à la lecture du bouquin, et il était aussitôt découvert, dévoré et expédié. Pff, dommage.

Seul dans le noir (Paul Auster)

  • Exposage
Planète Parr au Jeu de Paume

Publié le Samedi 15 Août 2009 - 1:37
Catégorie: Exposage

Comme beaucoup de gens, je pensais naïvement que j’allais voir une exposition dédiée à l’oeuvre de Martin Parr, un photographe que j’aime beaucoup (sans être fan de Vincent Delerm, oui oui). En fait, il s’agit de la collection même de l’artiste, avec en fin d’expo quelques unes de ses séries (séries “Luxury”, “Small World”, et projet “The Guardian Cities Project”).

Donc je suis entré là avec un peu d’appréhension, mais cette impression a vite été infirmée devant l’excellence et l’intelligence, le sens politique et l’ironie même de cette collection. Un truc de dingue !!! Martin Parr collectionne en effet des photographies de ses pairs, à la fois dans le medium, mais aussi dans le style ou le manifeste social et politique. On s’en prend alors plein les yeux et il se déverse des tonnes d’affects qui ne laissent forcément pas indifférent.

Et en plus de cela, on trouve une kyrielle d’objets, de bibelots en toc, de colifichets et “goodies” qui matérialisent à leur manière toutes les formes de propagande. Martin Parr met ainsi face à face dans une inquiétante réciprocité des montres Sadam Hussein, un mug Ben Laden, et un poignard à l’effigie de George W. Bush. On voit des jeux bien officiels pour jouer à la guerre du Golfe, ou encore des petits personnages belliqueux pour que tous les enfants du monde puissent bien intégrer ces données au plus tôt.

L’exposition est très bien faite, même si peu documentée, mais l’accrochage parle de lui-même, et les codes qui sont ainsi mis bout à bout sont assez limpides pour se passer de commentaires. Martin Parr propose ses séries en fin d’exposition, et j’ai encore une fois été parfaitement conquis par son travail. Il est tour à tour grave, drôle ou ironique, et je suis de nouveau surpris par cette si large palette d’expression. On se demande vraiment comment il peut prendre au vol des clichés aussi spontanés au premier coup d’oeil. Et puis, on se pose, on observe, on décrypte, et alors le moindre angle, rictus, regard, cadrage, deviennent sujets à toutes les métaphores.

Planète Parr - Jeu de Paume

  • Boukinage
La pluie avant qu'elle tombe (Jonathan Coe)

Publié le Samedi 15 Août 2009 - 1:16
Catégorie: Boukinage

J’ai lu, et même dévoré, un certain nombre de romans de Jonathan Coe, et je le considère vraiment comme un écrivain de talent. Il est pourtant un romancier tout ce qu’il y a de banal, un raconteur d’histoires quoi, et même un raconteur d’histoires d’amour, d’amitié et de famille, donc un de ces auteurs qui peuvent en un clin d’oeil tomber dans la littérature de bas étage (du Marc Lévy quoi). Mais Jonathan Coe c’est tout le contraire, et mieux encore.

Et là, je crois qu’il n’a jamais été autant « borderline ». Il se met en effet dans les codes narratifs les plus éculés et casse-gueule en prenant comme narratrice une femme âgée qui vient de se suicider, Rosamond. Elle laisse à sa nièce le soin de retrouver une jeune fille aveugle, Imogen, et de lui donner des cassettes audio ainsi qu’une liasse de photographies. Tout cela est très mystérieux, et ne trouvant plus trace de la fameuse Imogen, la nièce et ses deux filles décident d’écouter les bandes. C’est alors que Rosamond explique l’histoire familiale d’Imogen, sur trois générations de mères. Elle commente chacune des photographies, et explique comment fatalement Ivy n’aime pas Beatrix qui n’aime pas Thea qui n’aime pas Imogen…

Aussi le procédé narratif est très classique et très hollywoodien dans la forme, mais, et c’est ce qui est dingue, Jonathan Coe délivre un roman d’une force et d’une intensité émotionnelle effarante. A plusieurs reprises, je n’ai pas pu le lâcher et j’ai continué à le lire en marchant dans les couloirs de métro. Il évoque ces histoires familiales, ces bouleversantes relations conflictuelles, névrotiques et ataviquement funestes entre ces femmes qui n’arrivent pas à s’aimer.

Comme dans beaucoup de ses romans, l’auteur fait vivre à ses personnages des péripéties terribles et dans lesquels leurs psychologies sont des clefs majeures de leurs comportements. Evidemment, l’identification fonctionne à plein régime, et j’ai retrouvé bien des similitudes (non fortuites) avec des personnes existantes ou ayant existé…

Souvent dans les Jonathan Coe les lieux et les références culturelles sont importantes, et ce bouquin ne fait pas exception. Le changement c’est la possibilité en un clic d’accéder à ces références, et de donner à la lecture une intéressante résonance. Ainsi l’écrivain donne à sa narratrice une passion pour une musique particulière : Bailero (des « chants d’Auvergne ») de Joseph Canteloube. Evidemment en quelques clics, j’ai pu écouter ce morceau magnifique, et il a rythmé une partie de ma progression littéraire. De même, il insiste énormément sur l’importance de la région, le Shropshire, avec des descriptions de ses villes, notamment « Much Wenlock ». ses routes et ses panoramas. Avec un peu de google maps, on arrive rapidement à se faire une idée précise de la région, et on peut même évaluer la qualité des descriptions de l’auteur.

J’ai été abasourdi aussi quand j’ai découvert l’homosexualité de la narratrice, et extraordinairement Jonathan Coe me semble avoir écrit un magnifique roman lesbien. Il arrive avec une subtile alchimie à évoquer la sexualité de son personnage comme très annexe car c’est avant-tout une femme (forcément…), mais il en fait aussi un des axes de son existence. Il est en cela très militant mais sans en paraître le moins du monde, ce qui fait un bien fou à lire, et paraît merveilleusement naturel. Il décrit les histoires d’amour de Rosamond avec une intensité et une authenticité qui vous fait vous sentir lesbienne vous-même, et vous dire « c’est drôlement sympa !! ». Hé hé hé.

Je le conseille sans ciller, car il s’agit là pour moi de grande et merveilleuse littérature, qui sait nous émouvoir, nous interpeler, nous ébranler dans nos certitudes, tout en étant bien écrit et en restant un divertissement de qualité.


Joseph Canteloube – Bailero

La pluie avant qu'elle tombe - Jonathan Coe