Les Valeurs de la Famille Matoo

Samedi soir, j’ai briqué à donf l’appartement, car j’avais invité (sur une bonne idée de Monsieur mon méri M.) mes parents et mon frère à dîner. C’était surtout important car mon père n’était jamais venu, et je trouvais cela un peu inique. Et dans ma stratégie humaniste et rationnelle de reconquête du territoire paternel… heu non, faut pas exagérer, je ne suis pas aussi calculateur. C’était simplement une bonne idée que de les inviter sur Paris, en plus j’avais grave la flemme de bouger en banlieue.

Nous avons passé une bonne soirée, M. redoutait un peu quelques silences inopinés, mais rien n’est arrivé du genre. Au contraire, l’ambiance était plutôt détendue et cool. Mon frère et ma mère connaissent bien M. et l’apprécient, et mon père n’a pas été trop ouf (ouf !). Il a juste eu deux ou trois phases d’autisme où il se figeait reculé dans le canapé avec le col de son pull remonté sur le bas de son visage, avec un sourire qui pouvait faire croire qu’il se foutait grave de notre gueule. Mais non, je le connais bien. Arf. Voilà, M. je te présente le MatooDad. :mrgreen:

Ma maman est toujours aussi à l’aise dans ses baskets avec nous, et ça c’est la meilleure des preuves d’amour et de considération qu’elle peut me donner. J’ai profité de leur présence pour leur montrer ce que j’avais acheté pour le Noël de mon grand-oncle et ma grande-tante, ce qui est le casse-tête annuel. En fait, sur le net, j’ai trouvé un site qui vend des journaux d’époque (qui viennent d’archives et de collections originales). J’ai donc dégoté des quotidiens qui correspondent à leurs dates de naissance respectives, 19 décembre 1913 et 6 mars 1915. Le repère est simple, mon grand-oncle va avoir 90 ans, il est né juste avant la guerre, et sa femme en plein dedans. Les deux journaux sont des exemplaires originaux et chargés d’histoire et d’émotions. Cela fait vraiment bizarre de remettre en contexte ces deux personnes qui me sont très proches, et dont l’existence a point dans une époque tellement différente d’aujourd’hui. A la lecture de ces feuilles de papier jaunies, le petit encart qui donne des nouvelles de la santé de Sarah Bernhardt, la réclame pour l’élixir des bonnes soeurs de Bab-el-Oued (qui guérit de toutes les complexions et autres grippes ou rhumatismes, avec témoignages à l’appui), la partie financière qui donne les chiffres des « rentes », l’article qui fait part du réarmement progressif de la France, les faits-divers qui évoquent un incendie à La Roquette ou celui de la « Voleuse » qui a été arrêtée et qui n’était pas, comme on avait pu le penser au premier abord, une cleptomane, et bien on est plongé dans un passé dont on sent les réminiscences dans la société d’aujourd’hui mais dont les valeurs sont vraiment surannées.

Ma môman m’a aussi dit qu’elle leur avait justement expliqué qu’elle venait dîner chez moi, et que j’habitais avec un garçon avec qui j’étais en couple. Ma grande-tante a rétorqué : « Tu sais, on parle avec ton oncle, alors on s’en doutait un peu. Mais Mathieu on l’aime, alors on s’en fout, le tout c’est qu’il soit heureux. »

‘tain, même ma grande-tante de 88 ans m’avait grillé… :langue:

34 Commentaires

  1. ma grand mère de 90 ans, le seul truc qui l’avait gèné quand je lui ai expliqué que je vivais avec un garçon, c’était
    1-d’avoir été mise au courant le dernière (« alors que j’étais la première à m’en douter, tu sais »)
    2- que mon copain ne fut pas catholique…
    (si ce n’est que ça…)

  2. Jsuqu’à sa mort, j’ai joué avec ma mère à « je sais que tu sais mais on dit rien ». Jeu à la con. La veille de sa mort, à l’hôpital, elle me dit « pour toi, je mle fais pas de souci, je sais que tu es heureux avec L., mais ton frère ? » Elle m’a foutu les boules. Pas eu le temps de dire « je sais que tu sais et j’aimerais bien en parler maintenant ».

  3. « je trouvais ca inique », c’est un peu comme les « silences inopinés. »
    Ca n’est absolument et surtout pas pour lancer la polémique ou blesser ou quoique ce soit, mais souvent l’emploi maladroit de mots plus grands que soi décridibilise un texte alors qu’un emploi plus modeste de mots plus modestes aurait suffi (c’est là un des travers de ce blog que par ailleurs j’aime lire pour ses autres qualités).
    (et je tiens vraiment à préciser que ca n’est là qu’une observation, et non un jugement).
    (et puis voilà)
    (j’espère ne pas avoir été trop inique)

  4. Y’a pas de mal ! D’ailleurs je sais que c’est un de mes défauts depuis longtemps… Mais ça m’amuse vraiment d’utiliser des mots chelous. Voilà c’est juste pour le plaisir. Pas pour être grandiloquent ou pédant (faut pas exagérer), simplement pour une sonorité qui me plait, ou parfois un usage qui colle plus à ce que je veux exprimer.

    Mais je suis d’accord avec vous ! Parfois j’en fais trop, je me branle la nouille en utilisant des mots plus grands que moi (et je mesure 1m68 lol) mais vraiment c’est comme cela que je suis. Et je me moque de moi-même à ce propos, et ça me fait marrer.

    Voili.

    :mrgreen:

  5. « des mots plus grand que soi? »
    inopiné ne fait I m 68 qu’une fois écrit sur une grande affiche. Les mots ne sont jamais plus grands que soi, ils sont plus grands que les lecteurs que ça bouffe.

  6. je me demande si la formulation « j’espère n’avoir pas été trop inique » de TomA est correcte…
    « Inique » suppose qu’il y ait un point de comparaison… Autant, dans le texte qui nous intéresse et qui nous vaut ce déferlement de réactions, le mot inique avait sa justification puisqu’il introduisait la notion de comparaison entre la façon dont le père et la mère avaient été traités, autant « j’espère ne pas avoir été trop inique » me semble incorrect car il manque un des éléménts de comparaison. Inique par rapport à quoi, TonA?
    Ensuite « trop » inique… On est ou on n’est pas inique, c’est à à dire comme le rappelait justement Matoo « injuste à l’excés ». Peut on être « trop » excessif? n’est ce pas redondant, superflu et inapproprié?
    au fait. je mesur 1.65m c’est sans doute pour ça que je fais des réponses longues !
    bonjour chez vous 🙂

  7. Tinkiet mon babe, m’en vais tous leur casser la geule t’va voar ! Allez, viens y
    me raconter les mots que je connais pas à moi tout seul …

    :marteau:

  8. moi suis d’accord. laisse de style « je connais des mots difficiles et je les mets dans une phrase pour vous montrer que je les connais » à Amélie Nothomb.
    Il lui reste que ça la pauvre.

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