Le gisant et le transi

Voilà le bon exemple d’un manque que je considère incroyable de la part d’une exposition dans le traitement de ses oeuvres, et en particulier du Louvre que je considère comme LE musée pédagogique par excellence en Histoire.

On entre dans une salle et au milieu des bijoux ou des tentures en soie, on voit deux sortes de stèles funéraires. Ce sont deux espèces de socles dont l’un est une représentation réaliste et apaisée d’une femme avec les mains jointes, et l’autre une saisissante reproduction statuaire d’un homme décharné et manifestement à moitié décomposé. Les seules mentions notées sont les noms des personnages et un sombre intitulé archéologique : « gisant » pour la femme et « transi » pour l’homme. J’ai demandé à Nab de consulter son audioguide, mais il n’a pu qu’en tirer une information parcellaire sur le parcours de l’œuvre jusqu’à nous.

Vraiment, j’ai trouvé fou qu’on n’en dise pas un minimum sur les pratiques funéraires de l’époque, qui sont passées de la représentation de la personne vivante et lénifiée, à celle d’un corps en décomposition avancée. J’ai donc cherché l’info en rentrant et j’ai trouvé l’explication suivante qui est exactement ce que je voulais savoir.

Le Moyen Âge créa la figure du gisant: le défunt était représenté allongé à plat dos sur une dalle, sauf en Angleterre où, aux XIIIe et XIV² siècle, il était couché sur un côté, les jambes croisées, dégainant son épée. Vers la fin du XIIIe siècle, les traits du gisant, idéalisés jusqu’alors, se rapprochèrent de ceux du modèle. A la fin du Moyen Âge apparut la figure du «transi», où le mort est représenté dans toute l’horreur de la décomposition.

[Source : Yahoo !Encyclopédie]

C’est un peu glauque ok, mais bon c’est drôlement intéressant puisque forcément la manière dont on représente les morts, gisant puis transi, implique une philosophie et métaphysique complètement différentes. Or, je n’imaginais pas des personnes en 1400 ayant l’idée de sculpter des corps en décomposition de personnages importants pour orner des tombeaux (comme à la Basilique Saint-Denis par exemple). J’ai lu aussi qu’il y avait là une manière de considérer le transi comme une représentation plus humble de la mort et plus conforme au détachement et au renoncement des choses matérielles pour celui qui meurt.

L’attachement acharné aux choses matérielles lors de notre passage sur terre est donc une perte, une rupture et sera récompensé par un Jugement défavorable. La représentation de la mort va se modifier, dotant celle-ci d’un caractère laid, morbide mais à la fois érotique, sensuelle et terrifiante.

[Source : Un mec de l’Inserm évidemment]

Gisant, sans plus d'information Transi du cardinal Jean de Lagrange, Musée du Petit Palais, Avignon

14 Commentaires

  1. Ben aujourd’hui, j’aurai appris « transi » en matière de statuaire, je ne connaissais que « gisant »… M’enfin, avec le 1er mug de kawa, ça a du mal à passer, j’dois dire… 😮
    « Gisant », du verbe « gésir »… Mais « transi », y’a pas d’verbe… ? Ben si, « transir »… Merci m’sieur Bescherelle…:book:

  2. Le louvre n’est pas le musée pédagogique que l’on croit… dommage ca aurait été marrant de faire comme le palais de la découverte. ou meme une fete foraine avec un petit train de l’horreur, des gisants et des transis qui surgissent du noir! et des jeux de lancers pour exploser des vitraux ! :petard:

  3. Le Louvre est un musée pédagogique ? Eh ben, j’apprends des choses… Ah oui, nos chers François croient aussi que c’est le plus grand musée du monde (il y a de quoi être fier, en effet). Mais on oublie (un peu bizarrement d’ailleurs), que le plus grand musée (grâce à sa taille et ses collections) se trouvent bel et bien à Saint-Pétersbourg, dans le pays de Poutine…

    Mais bon, il ne faut pas le dire aux gens de l’Hexagone, il faut bien leur laisser un peu de fierté, car il est vrai, ils rament dur en ce moment… Vive la France ! Vive UMP !!!

  4. savez vous que le louvre est déficitaire? lol

    je déteste le louvre. je déteste ce musée. c’est chiant à mourir…

    quand on pense qu’Orsay est juste de l’autre côté… et est tellement meilleur… pauvres touristes…

  5. Pffff… On va pas commencer à se plaindre d’avoir le Louvre, y’a des Moscovites qui ont de bien meilleures raisons de se plaindre 🙄
    pour en revenir au sujet, donc: 1400, c’était la grande peste à Paris, à peu près. y’avait pas une relation avec cet épisode, pour le passage du gisant au transi (mort omniprésente, faucheuse, crainte de Dieu, ferveur inégalée, Jugement dernier, etc etc) ?

  6. Inside ta source sûre est dans les choux – ils ne peuvent pas virer les vendeurs des librairies puisque les librairies sont JUSTEMENT une de leurs plus grosses sources de revenus.

    Non, par contre, ce qu’ils SONT EN TRAIN DE FAIRE : adieu la gratuité aux enseignants (dès septembre), adieu la gratuité aux auditeurs libres de l’école du louvre (actuellement), et bientôt adieu la gratuité aux étudiants de l’école du louvre… leurs tarifs ont augmenté, et vont bientôt recommencer.

  7. rololo… Tatou je te conseille de prendre une UV d’économie parce que là t’es à côté de tes pompes. je prendrais même pas la peine de t’expliquer.

    Quoi qu’il en soit il y a 125 vendeurs pour les librairies du Louvre (!!!), et je te certifie qu’il va y avoir dégazage d’un bon paquet d’entre eux.

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