Le jour d’après

Bon déjà l’auteur du film : Roland Emmerich, j’avais beaucoup aimé son « Stargate » qui reste un film culte pour moi dans ce mélange parfait entre fantastique, exploitation des fantasmes mythiques et historiques et aventures punchy, malgré une fin abominablement américaine. A tel point qu’il devrait faire des montages spéciaux et couper les 5 dernières minutes de tous ses films pour l’export. Et puis « Independance Day » qui reste un des blockbusters les plus vulgaires et insultants que les US ont pu pondre. Ce film est un ramassis de clichés plus éculés les uns que les autres, une quasi-insulte au monde entier qui passe par la valorisation encomiastique du surhomme américain (pléonasme pour le Roro) dans tous les domaines : morales, physiques, philosophiques, politiques, humains, militaires. Il n’y a que les effets spéciaux qui ne sont pas spécieux dans ce truc ! Et puis, évidemment comment ne pas citer le navet intégral qu’était Godzilla ! Le seul truc qui m’avait plus c’était le fait de donner la responsabilité du réveil du lézard à la reprise des essais nucléaires français.

Là, j’avoue que je m’attendais à une spectaculaire daube estampillée « catastrophe », mais je voulais absolument voir les effets spéciaux dont la bande-annonce était truffée. Et je pensais sérieusement que les US allaient sauver le monde, que leur merveilleux pays allaient encore montrer l’exemple à la Terre entière, que scientifiquement ce serait choquant, et que la bande-annonce ne soit en définitive qu’une concaténation des effets spéciaux de tout le film. Et bien, non… enfin disons que c’est plus subtil que cela.

Bon alors je vous préviens je spoil à mort, mais on s’en branle puisque le scénar n’a RIEN d’original, il est aussi neuneu que l’on peut imaginer ! Donc, le point de départ du film c’est Dennis Quaid qui est un super scientifique qui est jamais à la maison. Donc il ne s’entend pas très bien avec son fils, Jake Gyllenhaal (la bombe humaine de Donnie Darko, putain je veux le même), qui lui reproche implicitement son absence. Et puis y’a l’ex-femme qui est un docteur « courage » qui s’occupe avec vocation et don de soi des enfants cancéreux. Et le truc c’est que la glace des pôles fond à cause de l’effet de serre. Or Jack prévoit une catastrophe climatique à cause de la modification des courants marins (et notamment le changement de salinité induit par l’apport massif d’eau douce) et qui renverrait l’hémisphère nord à une période glaciaire.

Et patatras, contre toute attente, le point de rupture est atteint, et alors en quelques jours le monde change de visage. Des gigantesques ouragans se forment sur le monde, et foutent le boxon en tuant des millions de gens et réduisant à néant de grandes villes comme Los Angeles ou New York. Je n’y connais rien en climat alors c’est vrai que du coup le côté scientifique ne m’a pas spécialement choqué, et puis de toute façon c’est un film et je sais encore apprécier la fiction (même irréaliste).

Un truc qui ne dépaysera pas : la réalisation. Copier Coller de « Independance Day », mais alors vraiment ! Vous avez le papa héros et la maman héroïne, qui s’aiment mais le travail de papa a tout foutu en l’air, et pourtant c’est grâce au travail de papa que tout va s’arranger. Enfin toute la galerie de personnages n’est qu’une succession de clichés de l’Amérique bien-pensante. On a donc la mère médecin admirable, le black clodo sympa avec son chien (sympa aussi le chien), le fils coincé et intelligent amoureux de sa copine de classe qui est belle et innocente, le pote black petit-génie (pour compenser du clodo certainement), le concurrent riche et bourge newyorkais qui a des visées sur la copine (le salaud, mais ça n’ira pas bien loin) et les sempiternelles petites saynètes d’inconnus qu’on suit quelques secondes ou quelques minutes avant qu’une catastrophe ne les engloutisse (snif snif snif). Vous avez dit conventionnel ?

En fait, le fiston se rend à New-York pour un concours d’étudiants, et est pris dans la tempête qui ravage la ville. Son père décide de s’y rendre coûte que coûte, et d’aller le secourir malgré l’oeil de l’ouragan qui s’approche (et congèle tout sur son passage en un instant). D’ailleurs l’ouragan, il crie comme un méchant monstre qu’il est pour bien nous faire comprendre qu’il est du côté obscur de la force.

Ce qui est bien dans ce film (si si) : les effets spéciaux. Ils sont véritablement impressionnants de réalisme et de gigantisme. C’est la première fois que je suis bluffé à ce point, tant dans la technique, que dans l’intégration au film. Hallucinants ! Et autre chose en fait, quelques petites piques ou réactions critiques à l’encontre des US, et cela sous forme de blagounettes assez réussies qui tempèrent un petit peu la vigueur chauvine de Roro. Par exemple, les US au début du film sont en plein déni de réalité et persistent dans le refus des accords de Kyoto, ensuite ils font leur mea culpa quand la moitié du pays est sous la glace ! Et quand les américains fuient, ils se réfugient forcément au sud… au Mexique ! Alors la presse fait état d’une inversion des flux migratoires des plus comiques en montrant des amerloques qui traversent le Rio Grande pour se réfugier au Mexique, tandis que des camps de réfugiés sont créés pour eux. Le Mexique décide même de fermer ses frontières à l’immigration américaine, ce que le président négocie avec l’effacement de la dette latino-américaine. Et puis, de dernier fait un discours de fin pétant de rire (les 5 minutes de montage à supprimer pour l’export) où il remercie les « so-called » nations du tiers-monde de les avoir accueillis et secourus. Mouarf. Bien essayé.

Mais en filigrane de tout cela, les américains sont tout de même de sacrés couillus, ce sont pas les mexicains qui auraient pu survivre à un truc comme ça, et ça on le fait bien comprendre. Parce que ça reste un américains qui a découvert le pot aux roses, qui est parti chercher son fils (oui oui bien sûr, il l’a retrouvé, un peu frigorifié, mais c’est tout), et cette dernière image du film avec ces centaines de gens qui ont réussi malgré tout à survivre et qui démontre à quel point cette nation (qui sait prier Dieu à bon escient, on le serine tout le film) en a des grosses comme des noix de coco. Donc humble oui, mais à l’américaine. Et maintenant, je trouve que c’est quasiment un genre à part que cette auto-congratulation qui suinte dans les blockbusters de ce type. Et c’est d’autant moins gênant que c’est grossier et facilement identifiable, du coup on en fait un cliché pardonnable et rien d’autre.

Au global, c’est une excellente histoire avec un sujet porté par des effets extraordinaires et des acteurs qui assurent bien. Le film est donc très agréable à regarder, sans vraiment de longueurs (de 2h, on aurait pu peut-être juste virer 10 minutes de propagande quoi), et une morale qui change un tantinet de ce dont on a l’habitude. Un bon vieux film catastrophe de chez nous en Amérique !

Le jour d'après

30 Commentaires

  1. Je suis pas d’accord avec cette réaction à l’américanisme systématique typiquement française , lassante et répétitive :blah:
    J’aime bien cette naïveté et ces héros simples :mrgreen:
    ID4 est un film aussi génial et bon que les autres de R Emmerich qui est au cinéma ce que les cathédrales sont à l’art :mur:
    J’ai tellement jubilé en voyant ce DAY AFTER que je vais le revoir encore :love:

  2. ça m’énerve parce que j’aime bien ta façon d’écrire, j’aime bien ton blog, ce que tu racontes et même ta critique pas très objective de cinéma, mais j’aime vraiment pas ce côté le-film-est-nul-parce-que-américain, cet espèce d’antiaméricanisme primaire, parce que t’as oublié une chose: les américains sont très (trop?) patriotiques et ça se reflète dans leurs films, mais de là à les considérer comme de la daube américaine patriotique qui lance des messages de propagande ou catho à tout bout de champs…

  3. #AS#> Comme JS l’a remarqué je n’écris pas objectivement sur le cinéma mais tout le contraire !! Et en fait, je dois avouer que j’aime beaucoup les américains, comme tous les peuples ils ont leurs qualités et leurs défauts, et surtout comme tout le monde, certains sont cons et d’autres pas. Mais je persiste et signe dans ce que j’ai moi pensé de ce film… c’est simplement le compte-rendu de mon ressenti selon ma culture, mon expérience, mon histoire, mon référentiel, ma sensibilité etc. Je peux me tromper dans certains jugements à l’emporte-pièce, mais en terme de cinéma mon interprétation m’appartient. Sinon ce n’est plus de l’art ! :blah:

    Mais merci de ta remarque, je vais réfléchir à deux fois à mon attitude du coup ! :ok:

  4. Faut quand même rappeler que Emmerich n’est pas du tout américain, mais bien ALLEMAND ! Les teutons n’en sont pas très fiers d’ailleurs, mais j’imagine que c’est le fait d’être étranger qui le rende si vulgairement « patriotique » envers les américains… J’irai pas voir ce film en tous cas.

  5. Nabil, heureusement que l’art n’est pas une accumulation de naïveté et de héros simples. d’ailleurs la simplicité n’est pas toujours synonyme de naïveté, au contraire il me semble. et c’est pas parce que certains critiquent Emerich dont on oublie le nom à peine prononcé qu’on doit en faire une cathédrale… on peut rigoler avec les amerloques sans en faire des héros. entre parenthèses certains américains sont aujourd’hui assez contents de l’antiaméricanisme forcené des français je crois. sans doute car l’héroïsme n’est jamais simple. (sauf contre les extra-terrestres).

  6. Justement je ne parle que de l’héroïsme contre les extraterrestres, les tornades, comètes, dinosaures, morts vivants, QUE des trucs simples (n’empêche que dans Undead il y a une morale d’un très grand humanisme à propos des morts-vivants et le fait qu’il ne faut pas les exploser nécessairement …. épatant :gene:

  7. Update: les premieres cascades de Canicules II sont tournees en ce moment meme dans des studios hyper-secrets a Al-Khobar(KSA). Les effets speciaux misent sur 44 degres et une absence de vent (une tempete de sable serait un plus, mais peu credible en France). J’ai vu les premiers rushes et c’est pas mal du tout: la clim’ tombe en panne a 40 degres et les pitis vieux commencent a tomber comme des mouches. Attention spoiler! Heureusement, ceux qui ont assez prie sont sauves par une nuee de cafards geants venus du fond des chiottes…

  8. ouaip ben j’irai le voir moi ce film! non pas que j’aime ces films aux hauts sentiments patriotiques qui lorsqu’ils montrent les autres pays comme la france en ont une image ridicule (le francais au bérêt cherchant sa baguette en 2CV dans une petite rue parisienne)!:berk:
    Non j’irai le voir juste pour les effets speciaux….et après je dirai mon avis!
    Beau blog et interessant! J’m bien 😉

  9. J’ai pas encore vu le film mais je note que pas mal de critiques américains ont trouvé le film tout à fait idiot — on rigole du moment assez ironique quand les Mexicains ferment la frontière aux Américains qui fuyent les désastres ( « In fact, the weather gets so bad that millions of Americans flee to Mexico, which closes its borders. » d’une critique de Californie). Les Canadiens n’ont pas de chance — pour eux, c’est trop tard ! Et Independence Day, c’était d’une bêtise — on ne pouvait pas le prendre au sérieux, bien pire qu’un Star Trek. Mais on aime les FX, c’est sûr, et moi j’irai voir The Day After Tomorrow surtout pour éprouver en « live » la destruction de New-York et de Los-Angeles tout en mangeant mon popcorn. Et, Matoo, ce n’est pas antiaméricain de trouver idiots des films américains qui le sont ! J’apprécie tes critiques, de films et de bouquins.

  10. « …une quasi-insulte au monde entier qui passe par la valorisation encomiastique du surhomme américain… »

    euh… :doute::book::help:tout le monde a compris si j’en juge par la frénesie des contributions ce que signifiait le mot « encomiastique »…
    bien bien bien bien…:eek::hum::book:

  11. je suis vraiment d’accord, y’a énormément de films américains qui sont pas artistiques du tout, même pas intéressant avec des scénarios vraiment ridicules… Et j’ai pas critiqué ta subjectivité, mais j’ai juste dit que c’était un peu mettre tout dans le même sac de considérer les films américains comme nuls 🙂 Mais bon je suis ni pro ni anti US, seulement, je trouve l’idée du film bien alors je suis frustrée que tu dises qu’il est nul :p et puis bon le surhomme américain, c’est vrai que ça peut être pris pour une insulte (et encore faut la chercher loin) mais en même temps, c’est ce qui fait le cinéma américain,… enfin chacun son avis, mais c’est dommage de juger un film avec sa provenance, il est peut-être nul ce film, mais de cause à effet, c’est pas à cause d’Hollywood 😉

  12. Justement je ne le juge vraiment pas sur sa provenance !!! J’vous juuuuuure Madame ! (Ne jurez pas Marie-Thérèse !!)

    Et encore une fois, j’ai bien aimé ce film !! Pour un blockbuster je trouve qu’il remplit parfaitement sa fonction « entertainment ». 😈

  13. Bhé j’ai passé un bon moment devant ce film en tout cas, c’est agréable à regarder et c’est tout ce que je lui demandais (je n’attends pas la même chose de chaque film)

  14. Oh hello les amis du cinéma,
    je cherche dans ma mémoire sans hélas retrouver le nom du chien dans le Jour d’Après.
    Si vous vous en souvenez, merci de me le communiquer.
    N

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

:bye: 
:good: 
:negative:  
:scratch: 
:wacko:  
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose:   
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail:   
:-(     
:unsure:  
;-)  
 
Partages