Paul Auster dans le métro

Puisque j’ai la tête dans les affiches en ce moment, voilà aussi ce qui m’attriste plus que me choque : la campagne de pub démentielle pour le dernier bouquin de Paul Auster. Voilà l’affiche en question :

Affiche du métro pour le dernier roman de Paul Auster

Et là, l’avalanche sur les couloirs de métro qui en sont placardés à outrance (sur les grands couloirs des Halles donc on ne peut vraiment pas y échapper, pire que « juvabien juvamine » trois fois de suite à la télé) :

Affiche du métro pour le dernier roman de Paul Auster

J’aime beaucoup Paul Auster, j’en suis fan depuis une dizaine d’années, et même si j’ai une nette préférence pour ses oeuvres plus anciennes, je trouve toujours dans ses romans beaucoup de qualités dont cette patte qui le caractérise, et dont je me délecte. Il y en a des meilleurs et des moins bons, et je ne suis pas un aficionado complet (pas comme les pro-Nothomb qui ont l’air de révérer tout ce qu’elle pond par exemple) mais j’ai beaucoup de considération pour cet auteur qui est un très très bon vendeur de bouquins depuis quelques années. En effet, en tant qu’auteur à succès et familier des best-sellers, je suppose qu’il est devenu un « produit » essentiel et profitable de sa maison d’édition. Et je sais que le monde de l’édition n’est plus depuis longtemps conduit par l’amour de l’art, mais par l’universelle et oecuménique loi du marketing. J’ai toutefois encore du mal à voir les bouquins vendus comme des barils de lessive.

Or il y aura certainement des têtes de gondole pleines à craquer du dernier Paul Auster dans les espaces Culture de mon pote Michel-Edouard, une chose que l’éditeur aura assurément payé très cher. Ce qui me désespère c’est qu’on puisse comparer alors cet écrivain avec un Dan Brown. Eurk ! Mein gott !

D’un autre côté, je suis plutôt content qu’un écrivain que je considère comme un « bon romancier » ait touché tant de gens et devienne une référence pour tout le monde. Manque de pot, nous sommes en pleine promotion de la rentrée littéraire. Il peut nous écrire une bouse, on en fera autant des choux gras !

J’aurais préféré découvrir cette nouveauté dans une vitrine de librairie ou sur un étal de la Keufna. Mais je ne suis peut-être qu’un élitiste à mon tour d’avoir une telle vue de la littérature…

12 Commentaires

  1. J’aurais préféré découvrir cette nouveauté dans une vitrine de librairie ou sur un étal de la Keufna. Mais je ne suis peut-être qu’un élitiste à mon tour d’avoir une telle vue de la littérature…

    Tu t’en sors bien sur la fin. 😆
    Je pense que tout ceci permettra à une nouvelle génération de découvrir cet excellent romancier qui nous aura tant fait vibrer avec M. Vertigo par exemple.

  2. La question que je me pose est tout de même, au fond, est-ce que tout ce battage publicitaire a pour conséquence de faire vendre _un_ produit – le livre qui fait l’objet de la réclame – ou bien est-ce que ça retentit aussi sur l’écrivain moins (re)connu, l’envie de lire ayant été communiquée par la rencontre d’un livre. Je ne suis pas du tout certain que ça aille de soi.

  3. Il semblerait que tu possèdes des dons divinatoires: son dernier semble bien moins bon que les précédents… (les numéros du loto, non? y a pas?)

  4. Je suis tout à fait d’accord avec toi ! Mais que veux-tu ? Aujourd’hui on vend un livre comme une boîte de haricots rouges. (sauf que généralement c’est meilleur ! le livre, s’entend). Il y a encore peu de temps la publicité était interdite pour les livres, mais ce n’est plus le cas… Du coup, non seulement on est matraqué par les grands éditeurs (bon dans le cas d’Auster, pas trop grave) mais en plus le système est inégalitaire : en effet, peu de petits éditeurs ont les moyens de se payer trois panneaux de publicité à la suite (même un d’ailleurs !). Bref, continue d’aller flâner en librairie, y’a que ça de vrai ! Tu trouveras des bouquins aussi bons qu’Auster. Tout cela ne m’empêchera pas de dévorer le prochain. a +:blah::blah:

  5. Hé vous vous souvenez de la pub Mercurochrome ?
    Mercurochrome : le pansement des héros ! Mercuro Mercuro Mercurochrome : le pansement des héros des héros Mercurochrome le pansement le pansement des héros !
    :pompom:

  6. EXCELLENT le rappel de la pub « mercurochrome »… tu m’as fait éclater de rire !!!! cool pour démarrer
    la journée
    🙂
    perso je relis un roman qui s’appelle « quelle nuit sommes-nous ? » de Hafid Aggoune
    éditions Farrago), c’est super
    beau et rien sur les murs du métro… de la vraie littérature, ça doit pas coller aux murs crasseux

    y’a un site : http://www.hafidaggoune.com

    lul

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