Le temps qui reste

Autant j’avais aimé « Sous le sable » qui pourtant était un film plutôt contemplatif et introspectif, autant je n’ai pas été totalement emballé par celui-ci. Malgré une superbe photo et de bons comédiens, je n’ai pas vraiment aimé l’histoire et n’ai pas accroché aux rapports humains et intimes pourtant habilement mis en exergue. J’y vois pourtant beaucoup de qualités, mais manifestement je n’ai pas eu de déclic.

Le magnifique Melvil Poupaud, magnifié par l’oeil d’Ozon qui devait le trouver aussi beau que nous, est un photographe de mode homo, assez connard dans le genre, qui apprend soudainement qu’il va mourir d’une tumeur maligne dans les trois mois. On suit le personnage jusqu’au bout de son existence raccourcie par la maladie, dans son rapport avec sa famille, son petit ami et certaines préoccupations existentielles.

J’ai bien aimé le personnage de Poupaud qui n’est pas le petit pédé lisse et convenu auquel on n’aurait pu s’attendre, mais une bonne pédale hautaine et une connasse de première avec sa famille et ses relations. De même, ses réactions lorsqu’il apprend son agonie prochaine sont finement interprétées par le comédien, et rendues par les plans d’Ozon. Ce dernier qui filme toujours aussi bien, on retrouve un goût esthétique aussi léché et raffiné. Romain (Melvil Poupaud) vit comme il le peut ses dernières semaines, et tente de trouver une manière de se comporter face à son entourage.

Le film a cette qualité de ne pas tomber dans le pathos, de ne pas jouer les tire-larmes ou la mièvrerie, pour mieux nous entraîner dans cette inextricable fin de parcours. Un cheminement rectiligne et inexorable qu’emprunte Romain avec une sobriété dérangeante et digne à la fois.

Mais les attitudes des parents et du personnage à ses parents, la frangine, la grand-mère (Jeanne Moreau ressemble quand même de plus en plus au docteur Zaïus – lifté – dans la planète des singes !) ou la rencontre inopinée et capillotractée avec Valéria Bruni-Tedeschi ne m’ont vraiment pas convaincu. Je ne sais pas… pas vraiment crédible, trop convenu finalement.

Il reste un film à la réalisation impeccable et à l’image d’une saisissante beauté, mais pas plus que ça. Il me semblait que « Sous le sable » explorait le deuil avec une pertinence hallucinante et un foisonnement de sentiments et sensations. Et tout cela par un battement de cil ou un regard, une manière de filmer, des petits riens qui font beaucoup. Mais là, je n’ai pas perçu autre chose qu’une description prosaïque et un peu stérile, sans relief. Je ne dis pas que le film est mauvais, mais un peu décevant par rapport à ce que j’attends d’Ozon (dont je suis fan depuis longtemps).

Le temps qui reste

L’avis des copines : Oli, Michel, Niklas et Blogisbeautiful.

9 Commentaires

  1. ben moi je partais avec un a priori négatif (l’affiche, qui faisait très: « faites des gosses! ») et une appréhension certaine de comparaison avec le très touchant « Ma vie sans moi ». ben finalement, ça n’est pas dut out traité de la même manière. autant moi aussi j’ai trouvé que c’était un peu un connard au début le perso de Poulpaud, autant j’ai appris à l’apprécier justement sur ces dernier sjours. il ne joue pa sl’hypocrite, qui va s’épancher et se réconcilier avec tout le mond eparce qu’il va crever parce qu’il a besoin de soutien. il est plus dans l’isolation et même, il protéègele sperosnne sautour d elui (ses parents, son petit ami). Bon, c’est clair, qu’il est incroyablement beau. La rencontre avec tedeshi est peut être le point le plus « bateau » du film mais en fait, c’est dans cette acte qu’il peut trouver un peu à quoi se raccrocher, ce qui se comprend car ainsi, il laisse peut êtr eune part de sa conscience derrière soi…En fait, ça me semble plus un film d’ambiance qu’un film coup d epoing avec scénes clefs. ca risque d’en emmerder certains mais ca reste quand même bien efficace pour nous rappeler qu’à 30 balais, ben..on a déja fait du chemin et qu’on a déja vécu la moitié de sa vie…(:pleure:).
    Ah, et pour ta phrase honteuse sur Jeanne Moreau, tu mérites 100 coups de fouet!:-(

  2. pas totalement dépourvu de fondements les critiques
    mais il y a bcp d’aspetcs positifs dans cette critique
    j’avais moi aussi été ébloui par sous le sable
    la différence : rampling star absolue
    pour le temps qui reste : l’idée (bonne) est de faire de melvil un personnage pas très digne et pas très sympa au début du moins
    la rencontre avec la grand mere peut paraitre convenue : j’ai un peu tiqué sur l’album de photos
    mais qui aujourd’hui est proche de ses grands parents ?
    et de ses parents ?
    ozon sauve la scène d’une phrase (terrible) : toi tu me comprends parce que tu es comme moi toi aussi tu vas mourir
    j’ai pensé en l’entendant à ce que devait en penser Moreau la star à titre personnel
    et puis critiquer les vieilles stars liftées c’est un lieu commun : que fera l’auteur de la critique lorsqu’il aura 70 ans ? et rampling dans 20 ans devra t-elle rester cachée derrière des lunettes noirs pendant les retrospectives de ses films ?
    les allusions à la paternité sont en creux : lorsqu’on va mourir on a envie d’avoir un enfant ???
    et le personnage répète trop je deteste les enfants pour qu’evidemment on le croit
    et pui j’adore valeria bruni tedeschi alors : la serveuse au grand coeur elle avait pas fait jusqu’à present
    elle montre une chose : qu’elle peut tout faire sans etre ridicule (commissaire de police, folle qui s’echappe d’un asile, millionaire nevrosée…, femme de pédé dans le delicieux coquillages et crustacés)
    je ne suis pas d’accord avec la dernière partie de la critique : la dernière partie du film est à mon avis la plus forte : la transformation physique de l’acteur est hallucinante et moi des petits rien des battements de cil j’en ai vus beaucoup
    peut etre le critique est il un peu trop proche du sujet…
    il reste que la direction d’acteurs est éblouissante mais c’est tout le talent d’ozon (giraudeau dans pierres brulantes, devos, rampling…)
    et que le film vous poursuit…
    on peut etre un salaud (adieu paris) et avoir peur de la mort (ou reciproquement)
    on est avant tout un etre humain et la mort est aujourd’hui l’un des derniers tabous…

  3. Ben t’as pas aimé ? Moi je continue de penser que c’est son film le plus noir et parmi les plus réussi parce que pédé mais pas trop … Je l’ai encore regardé ce week end en dvd et à chauqe fois je me fais avoir. Bien vu sur Jeanne Moreau et son aspect simiesque … Ell est de mieux en mieux classée au Botox Office lol !

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