Livre 4 – X

Souviens-toi que tout ce qui arrive, arrive justement. Tu le remarqueras, si tu observes avec exactitude. Je ne dis pas seulement : arrive selon la suite, mais encore selon la justice, et comme si quelqu’un assignait à chacun selon son mérite. Continue donc d’observer comme tu as commencé, et, ce que tu fais, fais-le avec cette pensée, la pensée d’être un homme de bien, selon l’idée qui constitue proprement l’homme de bien. Ce principe, conserve-le pour toutes tes actions.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Un peu limite cette idée de « justice » qui laisse un peu trop la place à l’immobilisme et à un déterminisme vénéneux. « Selon la suite » oui, mais parfois il faut savoir refuser et lutter contre l’inexorabilité d’une situation. Par contre, j’aime beaucoup la seconde phrase.

4 Commentaires

  1. Je vois pas le même déterminisme que toi dans le mot « justice ». Je pense que c’est un appel à ne pas se liguer contre les évènements puisque ce qui est arrive est proportionnel au mérite, donc à ce qu’est ou fait la personne. Je ne pense pas que ce soit un appel à l’immobilisme, mais plutôt à essayer de voir comment ré-interpréter les evènement difficiles à surmonter pour les transformer en facteurs positifs de progrès. Ne pas dire « oh c’est déguelasse, c’est injuste ce qui m’arrive » mais plutôt « puisque ça arrive, qu’est-ce que ça m’apprend, ou qu’est ce que je peux en faire? ». En bon stoïcien.
    Sinon tu peux aussi louer un bon porno et repeindre le salon en blanc. Il en parle aussi Marc Aurèle.

  2. Tu as trop bien expliqué ce que je pensais aussi qu’était derrière cette expression. Merci mon chou. Arf. :petard: Mais j’y vois de même de temps en temps en filigrane une attitude un peu fataliste qui n’est pas très constructive(et qui est bien le fait de cette philosophie).

  3. Les Anciens ne pensaient pas du tout de la même façon que nous. On pourrait même dire qu’à bien des égards, les japonais (contemporains) sont plus proches d’eux que nous. Par exemple, la notion du destin (analogue à « unmei » chez les penseurs japonais) prend un sens totalement oublié chez nous. En gros, tout ce qui nous arrive est juste et logique; il est donc absurde de se révolter contre cela. Ce qu’il faut faire, c’est s’insérer dans la trame. C’est pourquoi les japonais ont du mal à comprendre les occidentaux qui cherchent à tout prix à se construire un bonheur « compliqué » alors qu’il faut juste savoir goûter l’instant présent.
    Bien entendu, ça entraîne une passivité, une indifférence pour les autres plus malheureux que nous. On a la compassion mais on n’agit pas beaucoup. Le cas d’Epictète est très intéressant: il fut esclave, en a souffert (son maître l’avait torturé pour entendre « un stoïcien crier », en vain mais il eut la jambe brisée) mais jamais il n’a prétendu abolir l’esclavage. Il recommendait juste, et c’était déjà beaucoup, de ne pas oublier que les esclaves étaient des hommes.

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