Rêver, grandir et coincer les malheureuses

Excellente surprise que ce one man show de Frédéric Recrosio, un comique suisse, que j’ai vu ce soir même au théâtre Trévise à l’invitation du Niklas. Son spectacle est sous-titré « biographie sexuelle d’un garçon, pas mieux », et c’est en effet un parfait résumé du spectacle de ce type de 28 ans (à tomber par terre) qui livre là un saisissant et drolatique « Sex and the City » à la sauce masculine et hétérosexuelle.

Comme dans toute bonne biographie, il commence à nous parler de son enfance, et en particulier de cette journée où en cours d’éducation physique, alors qu’il avait 11 ans, il a simplement pris son pied en montant à la corde. Première découverte de la jouissance, suivie par bien d’autres, lorsqu’il découvre les joies de l’onanisme. Et hop, nous voilà dans le bain, ce charmant garçon va par le menu nous narrer ses expériences, initiations, petites hontes ou secrets inavoués, conseils et autres diatribes sur le SEXE. Mais incroyablement, extraordinairement (!), il n’est jamais vulgaire ou de mauvais goût, tout juste graveleux ou scabreux. Même ses remarques machistes s’auréolent d’une telle remise en question et autodérision qu’elles s’étiolent d’elles-mêmes et sont vraiment caustiques.

Mais alors il parle, il disserte même, de cul avec un humour, une aisance, une désinvolture et une attitude décomplexée digne du meilleur épisode de « Sex and the City ». Et comme il est particulièrement opiniâtre et sagace à mettre en scène ses petits non-dits (ça c’est du vécu se dit-on !), il se retrouve à prendre à témoin le public qui marche à 100% dans la combine, s’identifiant parfaitement avec l’auteur. Donc le spectacle fonctionne très bien, il est très fluide et d’une saveur globale très euphorisante et originale.

Alors évidemment c’est terriblement hétéro… Du coup certaines blagues tombent un peu à plat (pour nous les dèpes), et quand il interpellait les mecs sur des particularités de la gente féminine, on se regardait un peu en chien de faïence, et sourire en coin, avec mon camarade. Mais dans l’ensemble, j’ai beaucoup ri, même si un peu moins que la majorité du public, qui n’était pas si nombreux mais assurément conquis (bon je lui aurais bien fait coucou dans sa loge, ok).

Il parle de sa verge qui n’est pas très longue et nous en fait un croquis, tandis qu’il se renseigne sur l’anatomie du vagin en nous schématisant le tout, et puis il conseille même sur la manière dont il faut le sucer… « Et la goutte au bout du gland, ce n’est pas sale. C’est rien que des bébés… » Mais tout ça avec son petit accent suisse adorable, et quelques blagounettes interculturelles qui sont de bon aloi. Il réalise le stupéfiant exploit de n’être jamais (complètement… ça dépend aussi bien sûr de la tolérance de chacun) choquant, et de ne jamais franchir cette ligne.

Frédéric Recrosio nous régale aussi de trois chansons, accompagné d’un orgue de barbarie, et il est contre toute attente également très drôle et percutant dans ce registre. Notamment sa chanson où il scande un « je t’aime pas » à chaque fin de phrase est irrésistible.

En conclusion, allez-y ! On passe vraiment un très bon moment, et ce type n’arrête pas de débiter des cochoncetés pendant près d’une heure et demie. On en prend pour son grade (filles et mecs), et on en apprend de bien bonnes sur nos congénères hétérosexuels. 😉

Frédéric Recrosio - Rêver, grandir et coincer les malheureuses - Théâtre Trévise

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