Magnolia

Il y a quelques temps de cela en lisant le blog de Nij, et en voyant un de ces articles dans lequel il évoquait le film « Magnolia », je me suis dit que je devais aussi en rajouter une couche. Ce film est vraiment dans mon panthéon des plus beaux films de l’Univers (si si). Je prépare d’ailleurs un post qui parlera un peu plus avant de ces films qui comptent pour moi, et « Magnolia » en fera résolument parti.

Un peu sur le mode de « Short cuts » d’Altman (qui est aussi un excellent métrage), « Magnolia » de Paul-Thomas Anderson est un film qui se fonde sur les hasards des rencontres et des télescopages de personnages et d’intrigues, et surtout sur ces moments singuliers de l’existence où tout peut arriver. Des moments où les coïncidences peuvent prendre les abords les plus extraordinaires et où les circonstances les plus hasardeuses viennent changer les destinées des quidams que nous sommes. Alors tout est possible, et nos actions sont liées les unes aux autres, d’une manière qu’on ne peut même soupçonner.

Dans la vallée de San Fernando, un vieillard fortuné (Jason Robards, le méchant de « Philadelphia ») et mourrant demande à son infirmier (Philip Seymour Hoffman) à domicile de rechercher son fils, un homme qu’il ne voit plus depuis des années. La jeune femme (Julian Moore) du moribond qui l’a épousé pour le fric se retrouve finalement désespérée par la mort de son mari. L’infirmier parvient à contacter un étrange gourou du sexe (Tom Cruise) qui apprend aux hommes à dompter et dominer les femmes. Un enfant participe à un jeu télévisé pour génies en herbe, qu’anime une grande star du petit écran. La fille de ce dernier a des problèmes de drogue, et fait la rencontre inopinée d’un policier (John C. Reilly). A cette même émission, vingt ans plus tôt, c’est un autre homme (William H. Macy) qui avait gagné, et qui vit toujours dans les fantômes de cette victoire.

Une jolie brochette de comédiens donc, qui sont absolument magnifiques dans ce film. C’est d’ailleurs à mon sens le meilleur rôle de Tom Cruise, et les autres ont été ensuite beaucoup vus dans d’autres oeuvres. Julian Moore est une simple et édifiante merveille dans « Magnolia ». Elle est belle, touchante, terriblement vraie et transmet ses émotions à l’écran avec une sincérité rarement éprouvée. Il y a même Felicity Huffman (la femme de William H. Macy d’ailleurs) qui tient un petit rôle, en s’occupant du gamin au jeu télévisé.

Tous ces personnages se croisent ou agissent indirectement les uns sur les autres. En tout cas, pendant cette journée charnière, tout va basculer et être remis en question. Des crises dont certains ressortiront libérés, meurtris, déçus, endeuillés, amoureux, absous ou un peu plus humains.

Avec une musique d’Aimée Mann à vous faire tomber par terre en prime, et une réalisation d’une bluffante efficacité, rendant le film naturellement intelligible, sensible et lui conférant un ton d’une stupéfiante justesse. « Magnolia » pourrait être pathétique ou beaucoup trop « américain » dans l’exaltation des sentiments et des passions, mais il est au contraire tout en nuances, dans cet incroyable chassé-croisé en clair-obscur.

Et ce final !! Ce final qui m’a laissé sur le carreau quand je l’ai vu au cinéma, tellement c’était beau, frappant, incroyable, fascinant, délirant ! Il faut voir cela ! Certains ont au contraire réprouver cette fin énigmatique et en apothéose, alors que moi, tout au contraire, je la trouve essentielle. Cette conclusion termine justement cette journée extraordinaire par un événement qui défie le sens commun, et qui donne au film un coup de fouet inattendu. Oh là là, comme j’aime cette scène !

Et si je dois conclure par une scène que je révère particulièrement, c’est celle de Julian Moore dans la pharmacie. Elle joue le rôle de cette jeune femme qui va perdre son vieux bonhomme, qu’elle n’a épousé que pour sa thune, mais dont elle se rend compte qu’elle l’aime vraiment. Elle est complètement dépressive et survoltée, elle va en urgence chez son toubib qui lui prescrit des médocs très fort pour la calmer, en plus de trucs pour son mari. Et quand elle débarque dans la pharmacie, un jeune assistant et le pharmacien la regarde avec suspicion. Ils passent un coup de fil discrètement pour vérifier qu’elle n’est pas junkie, et quand le jeune fait mine de plaisanter en lui demandant ce qu’elle a pour prendre tout ça…


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Julian Moore est remarquable du début à la fin, et on peut en dire de même de tous les autres comédiens. Hein quoi ? J’en fais trop ! Mais nan je vous juuuuuuuure madaaaame ! Il faut le voir !

Magnolia

34 Commentaires

  1. Je n’ai qu’un mot : courez le voir dans votre cinéma / DVD club / fn@c / ami / P2P préféré….
    C’est un des rares films que l’on peut acheter sans l’avoir déjà vu, et une fois qu’on l’a vu, on court acheté la BO.
    C’est envoutant, et le film reste dans les esprits longtemps après l’avoir vu.
    :pompom: :pompom: :pompom:

  2. bon ça né pa la peine de sapezantir allez y courez y c d larmes salvatrices pr espri aveuglé par la vacuité doeuvr tro Dcoré kon ns ser a tt lé repas bisous ps:a koz 2 toi je fou plu ri1 o taf!!

  3. J’avais été assez déçu en salles. La dernière heure a le rythme d’un soap type Les feux de l’amour. Mais au moins PT Anderson est un très bon réal, avec pas mal d’idées très chouettes. Je trouve PUNCH-DRUNK LOVE bien plus réussi et maîtrisé.

  4. L’un de mes films préférés. Il faudra que je republie mon article dessus, tiens. Un seul défaut : je n’arrive pas à remettre la main dessus, ni en dévédé de location, ni en dévédé à acheter à la FNAC. J’ai plus qu’à le trouver sur internet.

  5. bof… souvenir de m’être fait chier pendant la séance, d’avoir trouvé Cruise ridicule quand il faisait semblant de pleurer à la fin, et surtout gêné de m’être rendu compte après tout combien de film est bourré de codes de l’église de scientologie, comme la pluie de grenouilles par exemple (j’ai oublié la signification depuis mais bon…)

    pour julianne moore peut être, plutôt revoir far from heaven alors

  6. cre> Je ne suis pas très objectif, je le crains ! Et j’ai lu pas mal de fois le rapprochement avec le soap comme tu le décris… Alors peut-être mais c’est pas grave ! :petard: Et « Punch Drunk Love » était génial, je suis d’accord !!

    Les Tamaris> J. Moore est aussi incroyable dans « Far from heaven » en effet !!

  7. PT Anderson est de toutes façons une perle du cinéma US. Boogie Nights, Punch-Drunk Love et donc Magnolia sont des ovni à Hollywood. Le réalisateur sait donner à ses comédiens une justesse et surtout les sortir de leurs univers.
    Le meilleur exemple est ici Tom Cruise, dont c’est certainement l’un des plus beaux rôles. Certainement parce qu’il s’est laissé guider par un metteur en scène au lieu de prendre sa place comme dans chaque film qu’il produit.
    J’aime ce moment où face à cette journaliste qui le touche, il décide de se taire, de lui faire face comme un animal blessé… Et puis alors
    cette scène entre lui et Jason Robards m’a fait chialer, c’est un moment d’une beauté et d’une rage fulgurante.

    Bref, ce film est une merveille, aussi dans mon panthéon cinématographique

  8. Ce film m’avait bouleversé.
    Je me l’étais visionné plusieurs fois pour essayer de comprendre pourquoi, par-delà l’évidence de certains ingrédients dramatiques. Il se peut que la pluie de crapauds en soit la clé. Il se peut que nos misères, nos rébellions, nos amours, nos stupidités, nos rancoeurs et nos pardons, ressemblent à cet improbable « miracle » final et qu’au fond il faille simplement s’avouer que, oui, « ça arrive »…

  9. Merde alors, je ne suis vraiment pas le seul à partager ce fix sur Julianne Moore ? What the heck ?
    J’ajoute juste que
    – Julianne Moore jouait déjà dans short cuts d’Altman,
    – la bande annonce était un modèle du genre : travelling latéral éblouissant, avec montée en puissance fantastique, je l’ai depuis 1999 sur mon PC, la regarde régulièrement,
    – Chryde : et Julianne dans the big lebowski ! méconnaissable.
    – En revanche à contre emploi dans Hannibal, film pourri de toute façon,

    Hehe : http://vanb.typepad.com/versac/2004/04/magnolia_1.html je relis un moment de sensiblerie sur mon blog.
    (Il y a d’aileurs un truc incroyable sur ce billet : un commentaire d’Eolas avant l’ouverture de son blog. Quand on ne l’appelait pas encore « maitre »)
    Merci matoo pour le souvenir.

  10. C’est mal d’employer des mots dont on connait à peine le sens. Surtout quand on fait autant de fautes d’accord.

    Et dire qu’il se murmure ici ou là que tu veux un jour publier tes « chroniques »… Hu hu hu… 🙂

  11. La pluie de grenouilles, ça a une origine soit égyptienne soit biblique, je sais plus trop donc ne pas tout mettre sur le dos de la Scientologie et de Tom cruise. C’est un film indépendant américain dont je doute que Cruise ait pu avoir la moindre influence sur le contenu du film.

  12. Je ne peux laisser dire que ‘Hannibal’ est un film merdique !
    Il était de toutes façons impossible à quique se soit de livrer une fidélité totale au livre de Harris, et de pondre un film dont 1/3 serait consacré à la fascination d’une ville italienne (qui ne crève pas d’envie de visiter Florence depuis cette lecture ??).
    Je trouve le jeu de A. Hopkins absolument éblouissant, peut-être pas au niveau du ‘Silence…’ mais quand même, qu’elle présence !!!
    Je suis pas contre plus déçu par la fin, car celle du livre (qui à priori aurait fait renoncer la délicieuse Jodie) était géniale de perversité.

    Sinon, pour les grenouilles. Faut pas tout croire de Télérama, les grenouilles font aussi parti des évangiles, faut retrouver où, mais c’est certains que ça n’a pas été inventé par ce génie de Ron Hubbard 🙂

  13. pour 1fo lé ga plui 2 grenouille = 1 D 7 plaies Dgypt envoyé par dieu annoncé par moise a Pharaon pour kil Delivre le peupl juif et kil puiss rejo1dr la terr promise:blah:0103

  14. Nico> Nan mais au lieu de me dire ça pourquoi est-ce que tu ne m’aides pas à faire moins de faute, je sais pas moiu, envoie moi un mail !? 🙂 Moi je veux bien me corriger, y’a pas de soucis ! Sinon j’adore utiliser des mots dont je connais à peine le sens, vraiment j’aime beaucoup. Et comme j’aime faire ce que j’aime, je le fais. Oui je suis un peu stupide, mais ce n’est pas une surprise pour toi mon cher !?

    Et sinon, non je ne compte pas publier mon blog. Mais si c’était le cas, j’espère qu’il y aurait un correcteur. :book: Et oui je fantasme sur l’écriture d’un livre, mais j’ai conscience de ma médiocrité, cela restera donc probablement une douce chimère. Il se murmure donc des bétises.

    bngorgon84> Il y a de grandes chances pour que tu sois un troll, mais qui que tu sois, arrête d’écrire en sms !!!!!!!! Je capte que dalle, et ça commence à m’agacer.
    :berk:

  15. @Cyril: C’est dans l’Ancien Testament (EXODE) les grenouilles sont la 2ème des 7 Plaies D’Egypte( on mentionne aussi parfois 10) envoyés par Dieu à Pharaon qui ne voulait pas laisser partir Moïse et son peuple.

    Moi non plus je ne comprend rien à ce qu’écrit bngorgon84 et pourtant Matoo tu es plus djeun que moi:-):kiss:

  16. Merci chère Queen of Sheba !
    J’savais bien qu’il ne fallait pas trop facilement imputer ça aux potes de Ron, PT Anderson a tout de même des références d’un autre niveau, et je l’en remercie 🙂

  17. Si j’ai bon souvenir (c’est pas gagné), dans les commentaires du dVD, Thomas Anderson raconte que s’il a opté pour des grenouilles, c’est plus pour le côté totalement incongru et surréaliste de la chose que pour la référence biblique, qui doit être accidentelle. Il raocnte aussi qu’il a pu arriver exceptionnellement d’avoir des pluies de bestioles aprés certains cyclones. Mais bvon, ça demande confirmation, c’est vague dans ma mémoire. :smiley gateux:

  18. Et dans la série Julianne-Moore-et-les-pilules, voir absolulent « Safe » de Todd Haynes – nettement plus subtil, me semble t’il, que « Magnolia ».

  19. Je suis totalement d’accord, ce film est splendide et rentre dans la catégorie, si maigre, des films d’une grande qualité.
    En parlant de Julianne Moore, je me souviens, il y a deça 7 mois, où je me trouvais à Londres en visite chez un ami; où nous l’avons croisée dans la rue. Oui, tout bêtement, elle faisait ses courses, alors mon ami a eu le culot de l’aborder pour que l’on puisse faire une photo avec son portable. Bon, oui, je sais, ca fait un peu groupie, mais elle a été d’une aimabilité et d’une gentillesse immense! Respect, Miss Moore ! ;o)

  20. Tout D’abord je vous présente mes excuses.En second lieu cédant a vos instances je m’emploierai desormais a écrire en toutes lettres

  21. Magnifique film en effet…

    Absolument rien à voir cependant avec une quelconque influence scientologue. Bien au contraire (ie pour les scientologues, la psychologie est l’ennemi #1), ce film est typiquement jungien. La pluie de grenouille symbolise, ou plutôt est, la manifestation physique de la catharsis des différents personnages. Le magnolia est une référence directe à Carl C. Jung et à son rêve d’une éblouissante fleur de magnolia après l’Armistice de 1918.

  22. il serait peut-être temps que je réagisse, mais en ce moment le nij était far far away.
    J’ai rien à ajouter sur ce billet, je suis tout à fait d’accord, mais bon, chez moi c’est plus synthétique, c’est tout!!
    La pluie de grenouille quant à elle est inspirée d’une des 10 plaies d’Égypte. Il suffit de demander!:rigole:
    Ps: Matoo, tu as oublié le « fantasmagorique et éblouissant blog de Nij, à l’image de sa personalité »:petard:

  23. Salut à tous, je viens de me le remater.
    Avez-vous compris à quoi sert le mort dans le placard au début ? qui l’a tué ? qui est le ptit jeune black et qu’est-ce qu’il raconte dans son rap (il dit au flic que dedans se trouve le nom du meurtrier) ? surtout, quel est le rapport avec le schmilblik ?

    Ce film j’ai svt adoré, mais ya vraiment bcp de points obscurs.
    Un autre exemple : pourquoi ces intro/outro sur le hasard ? ce film parle à mon sens d’interactions, pas du tout du hasard et de la nécessité.

    Alors des fois l’obscurité se dissipe : je peux ainsi confirmer Xavier XXL (comment 26) sur les grenouilles. Réf biblique ou pas, elles font bien suite à un cyclone. Le père du ptit surdoué parle de El Niño au début du jeu TV pour expliquer l’averse qu’il vient de subir.

    Mais finalement, chef d’oeuvre à revoir 10 fois pour tout comprendre ou bon film opportuniste sur les bords ?
    Moi je me méfie : les américains sont passés maitres dans l’art du faux chef d’oeuvre genre The game ou Cube, dont on sort en se disant qu’on a rien compris donc que ca doit etre vachement intelligent.
    Je crois que je vais me le reremater 😉

  24. bonjour à la cinephile que tu es, peux tu me dire exactement selon p-t anderson pourquoi ce dernier a intitulé son film « magnolia », y a t’il vraiment un lien avec ce que symbolise la fleur?

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