La Nuit des morts-vivants

Temps de lecture : 3 minutes

Ce film est une oeuvre cultissime de Georges A. Romero, et comme elle ressort au cinéma, et que je ne l’avais jamais vu, j’ai comblé ce manque cruel (grâce à l’initiative d’un p’tit mec bien cool). En effet, quel film ! Evidemment il possède un truc kitsch et certaines scènes qui donne plus envie de rire que de frissonner, mais j’ai été fortement impressionner par les qualités de réalisation du film, et aussi par sa portée sociale et politique inattendue.

J’avais vu « 28 jours plus tard » ou « Shaun of the Dead », et l’inspiration de « La Nuit des morts-vivants » que j’avais seulement lue, est là bien évidemment confirmée. On retrouve donc une curieuse épidémie qui frappe les USA, apparemment c’est à cause d’une sonde qui revient de Vénus avec une radioactivité très forte, et qui rend la vie aux macchabées. Ces derniers sont de surcroît cannibales mais plutôt faiblards. Quelques personnages débarquent à l’improviste dans une maison pour se protéger. Il y a une jeune fille blonde, Barbara, et choquée par la mort de son frère, un jeune couple adorable (un grand costaud et une jolie blondinette), un couple américain standard (donc réac et veule) avec leur fille qui est blessée, et enfin un black qui s’occupe spontanément de Barbara la teubée. Les morts-vivants débarquent de plus en plus nombreux, et les résistants vont devoir y faire face, en attendant que les secours débarquent.

On n’est dans le film d’horreur de base à maints égards, mais le film a toujours l’air d’aller un peu plus loin dans beaucoup de domaines, et ainsi l’auteur invente véritablement son style. Par exemple, le jeu des comédiens et comédiennes est parfois d’un expressionnisme qui aurait plu à Fritz Lang, et qui finalement est extrêmement décalé pour 1968, en plus de ce magnifique noir et blanc qui produit de saisissants contrastes. Et le truc dingue, c’est tout de même que le héros du film est le black !!!

Faire un film à cette époque avec le personnage principal, un vrai gentil adorable, fort, musclé, débrouillard et américain couillu qui soit noir, et qui, en outre, botte le cul du veule WASP qui veut se cacher seul dans la cave, et les trahir (évidemment)…. Dingue !! Et très plaisant donc ! Romero ne fait pas ça innocemment, et quand on pense aux années 65-68 qui virent aux USA des « riots » successifs et leurs conséquences émancipatoires pour les communautés afro-américaines, on n’est encore moins étonné. Et à la fin, alors qu’il est le seul survivant, il est abattu par erreur par un WASP qui tire comme à la foire…

Et puis évidemment, on rigole bien car les morts-vivants ont beaucoup d’humour, et dévorent leur prochain avec une frénésie assez comique. On a aussi droit à quelques scènes ou dialogues qui sont bien cocasses, et donne à l’ensemble ce charme désuet et sympathique des vieux films d’horreurs.

Le film a vraiment un style unique, et il se regarde encore très bien à notre époque, mais surtout on sent l’ampleur singulière de l’oeuvre en comparaison des productions du même genre. Je suis très content de l’avoir vu ! (Pour une fois, je n’ai même pas eu peur, et je n’ai pas fait de cauchemars ensuite !!)

La Nuit des morts-vivants

10 Commentaires

  1. film très intéressant mais pour l’émancipation des Afro-américains mouias:mur:65-68 c’est aussi l’assassinat de Malcolm X, de MLuther King, du noyautage et de l’éradication des Blacks-panthers par un ami qui leur voulait du bien (JEHoover), des émeutes de Watts et du lynchage qu’ont subi les 2 athlètes qui avaient levé un poing ganté lors de la cérémonie du 200 m olympique de Mexico en 68.

  2. Pour info, ce livre est à présent dans le domaine public (et oui), et visible légalement sur Google Vidéo par exemple, ici. C’est pas super glamour comme film, mais ça se regarde 🙂

  3. Ah bin mince, je ne savais pas qu’un film de 1968 pouvait tomber dans le domaine public. J’avais toujours en tête le fameux délai de 70 ans après la mort des derniers ayants-droits (mais les choses sont peut-être différentes aux USA, je sais pas, j’ai déjà du mal avec le droit audiovisuel français…)

    Sinon, en salle, est-ce que le public réagit toujours par anticipation lorsque le grand black fout une baffe à la cruche ? Au bout d’un moment, c’est quand même la scène que tout le monde attend :p

  4. moi je trouve que la premiére scéne est tellement cheap qu’elle en est flippante!Ensuite c’est un grand bonheur de kitsch mention spéciale à la blonde ambiance Emma Peal en plein seuvrage échappée de sa désintox.Sans cela saluons la critique sociale en filigranne d’abord dans le couple de WASP mais aussi dans le denouemment qd le black est abattu je crois que là Romero adresse un acide pied de nez (plutot un fuck d’ailleurs)à la sociéte américaine et au racisme ambiant de l’époque(?).L’absurdité qui réside dans le fait d’abattre le survivant et vainqueur met en exergue ,a mon sens,celle inhérente au racisme et au rejet aveugle en général.Culotté pour l’époque!!!Et puis c’est un film culte merde!!!!!

  5. L’histoire du domaine public, c’est parce qu’il y a eu un problème au moment de l’enregistrement du copyright. Et Romero s’est fait gaulé pour le dépot du terme « living-dead », c’est pour ça que les suites ne s’appellent pas « Dawn of the living-dead » ou « Day of the living-dead »…
    Te reste à voir ZOMBIE, LE JOUR DES MORTS-VIVANTS et LE TERRITOIRE DES MORTS pour boucler la tétralogie.

  6. Dans une histoire totalement différente mais ancré dans l’horreur et confinant au malaise le plus total, ne manquez pas jeudi soir sur Action le film Schizophrenia. Vous m’en direz des nouvelles !

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