La tourneuse de pages

Temps de lecture : 2 minutes

La bande-annonce m’avait fait un très bon effet, ça faisait un peu « la main sur le berceau » dans une ambiance toute chabrolienne. Mais le film est bien décevant au final, l’ambiance qui se veut oppressante et pleine de suspense, se révèle lourde comme le plomb, sans raison particulière que celle de vouloir se donner un genre. Des invraisemblances scénaristiques, une mise en scène empesée et des comédiens figés, en plus d’un rythme ahanant, font que je n’ai vraiment pas été emballé.

Une gamine passe une audition en tant que pianiste. Elle échoue par manque de concentration, à cause de l’arrogance d’une pianiste virtuose (Catherine Frot) qui fait partie du jury, et qui signe un autographe en plein morceau. Une dizaine d’années plus tard, la gamine est devenue une belle jeune femme (Déborah François) qui est en stage chez un avocat parisien (Pascal Grégory), qui habite une demeure cossue de banlieue. Il cherche quelqu’un pour s’occuper de son fils pendant que sa femme, qui se trouve être Catherine Frot, prépare un concert. Déborah François se propose pour le job, et elle se retrouve chez ce couple bourgeois. La pianiste a perdu toute confiance en elle suite à un accident, et elle souffre du trac. Or elle succombe au charme de la jeune fille qui connaît la musique, et devient rapidement sa tourneuse de page, tout en fomentant sa froide vengeance.

Le film manque cruellement de crédibilité du début à la fin. A beaucoup de reprises on se dit que ça a beau être une oeuvre de fiction, et qu’on a le droit d’imaginer les rebondissements les plus alambiqués, tout de même ça ne le fait pas vraiment. Ensuite l’auteur se plait à mettre en place une ambiance très « thriller » et inquiétante, ce qui fonctionne plutôt bien. Mais il ne se passe jamais rien ! Donc on finit par se dire : « tout ça pour ça ? ». Même le côté bourgeois qui là fait vraiment très Chabrol n’est pas utilisé à sa juste mesure, et ne sert pas à grand-chose.

Il reste une oeuvre servie par de bons comédiens, et à la musique omniprésente assez bien sentie. On espère à tout moment que ça décolle, et certaines scènes sont prometteuses, malheureusement pour retomber et s’essouffler aussi vite. Même le côté saphique de l’intrigue m’a laissé de marbre, c’est trop gros, trop peu crédible.

Bref, on peut s’en passer, et c’est dommage car les ingrédients n’étaient pas mauvais du tout.

L’avis des copines : Niklas.

La tourneuse de pages

13 Commentaires

  1. (allez, lançons-nous dans une contre-critique !)

    J’ai beaucoup aimé ce film. Il est vrai que quelques invraisemblances se font sentir, mais elles sont je trouve gommées par les qualités du film. Tu dis qu’il ne s’y passe rien alors que j’y ai trouvé beaucoup de choses intéressantes : l’ambivalence incroyable de Mélanie, magnifiquement interprétée par Déborah François (qui est fort jolie qui plus est, mais je comprends que ce point me touche plus que toi hihi) qui ne se contente pas de se venger, mais qui est prise au jeu de la séduction, et que j’ai sentie pour ma part tout aussi troublée que sa victime. Catherine Frot est magnifique en femme blessée, dans sa chute que l’on sent inexorable. Et nous sommes pris dans cette ambivalence, nous spectateurs qui n’arrivons pas à prendre partie pour l’une ou l’autre, ces victimes-bourreaux dépassées par leurs sentiments.

    Je le conseille à tous ceux qui aiment à se laisser embarquer dans les relations troubles, il y a de quoi s’approprier quelques uns des questionnements soulevés par le film.

  2. La présence de Catherine Frot pourrait me pousser à voir ce film, malgré ton avis plus que réservé. Catherine Frot et moi, c’est une grande histoire d’amour même si elle ne le sait pas 🙂

  3. Je cite le Matoo: « Ensuite l’auteur se plait à mettre en place une ambiance très « thriller » et inquiétante, ce qui fonctionne plutôt bien. Mais il ne se passe jamais rien ! Donc on finit par se dire : « tout ça pour ça ? ». »
    C’est justement ce que je trouve intéressant, tout comme l’ambiance très lourde, comme tu l’as noté. L’ambiance est tellement lourde et sévère qu’on à peine à croire qu’elle va se venger et en même temps on attend que ça, et ça ne vient pas…enfin même si…..chuuuut.
    S’il elle agissait au moment où on s’y attend et d’une manière attendue, le film n’aurait plus aucun charme et l’ambiance lourde serait devenu ridicule certainement.
    Bon, c’est clair que ça se passe dans un microcosme bien précis (et un peu comme les Woody Allen ou Desplechin) mais cette grande froideur où surnagent fugacement des sentiments a son charme, j’ai trouvé.
    Le truc too much, c’est peut être l’histoire du libidineux et du pied, ouais…

  4. Je ne vois pas ce que les deux scènes au cours desquelles Déborah François appelle sa mère apportent à l’intrigue… c’était superflu.

  5. après avoir vu une espèce de déchet de pellicule nommée « miami vice », je suis allée voir « la tourneuse de page » j’aime le titre
    j’aime Catherine Frot, j’aime le piano, j’aime l’affiche, j’aime aller au cinéma.
    J’ai aimé ce film, je n’attendais rien de précis, j’ai juste admiré le jeu des acteurs.
    J’aime ce style de film, pesant, oppressant. J’aime le dos de Catherine Frot dans sa robe noire fourreau décolleté dos.
    J’aime sa classe, son allure, son désarroi face à son amour naissant pour son bourreau…
    A la fin, elle s’évanouit : de honte ? ou parce qu’elle ne reverra plus la femme qu’elle aime ? elle s’évanouira comme
    si elle mourrait,

  6. Damien dit :
    Je ne vois pas ce que les deux scènes au cours desquelles Déborah François appelle sa mère apportent à l’intrigue… c’était superflu.

    Elle téléphonera à sa mère et à son père, comme pour fortifier sa vengeance, comme pour y puiser des forces, car, ne croit-elle
    pas que c’est aussi un peu leur vengeance et qu’elle leur doit bien ça…Eux, qui croyaient tant en elle, qui avaient tant sacrifié.
    Leur avait-elle expliqué le pourquoi de son échec au concours d’entrée du conservatoire ? non, elle avait tout
    enfoui au fond d’elle-même, et les années à venir n’ont été qu’une longue attente pour obtenir enfin sa vengeance envers celle
    qui avait détruit à jamais son espoir de devenir une grande pianiste (la meilleure ?), qui avait détruit l’espoir de ses parents.

  7. j’ai beucoup aimé.
    en en reparlant avec ma copine (avec qui je l’ai vu) nous n’avons pas reussi à nous souvenir de la fin.
    le gosse fait son numero au piano, le pere s’en fout vu qu(il vient d’apprendre que ../.. et elle tombe dans les pommes (enfin c ma version) et apres?

  8. après toute vos critiques , j’ai bien compris le film , cette vengance si bien calculé, mais tellement lente , je n’aurais jamais pensé a une telle fin , je la croyais vraiment amoureuse de cette femme , je pensais aussi qu’elle voulait se débarasser de tristan par jalousie . mais non , un film très bien tourné

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