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Pectus est quod disertos facit. ∼ Pédéblogueur depuis 2003 (178 av LLM).

L’Arménie à l’épreuve des siècles

Si l’on peut être certain de la qualité d’un bouquin rien qu’à sa couverture, c’est bien dans cette collection d’exception qu’est « Découvertes Gallimard ». Je dois avouer que je n’ai jamais été déçu par un bouquin de cette série. Ils sont assez chers mais la qualité de l’objet, des illustrations et surtout des textes, font que cela en vaut largement la peine. Souvent je me procure ces ouvrages lorsque je ne connais pas grand-chose sur un sujet, et je sais comme cela qu’en sortant de cette lecture, je serai un tout petit peu moins stupide.

J’ai été curieux de l’Arménie depuis quelques années, depuis que je fréquente régulièrement une copine de boulot que j’apprécie beaucoup, et qui est d’origine arménienne. Forcément on se pose des questions (comme mes collègues s’en sont posés sur les homos à mon contact par exemple), et j’ignorais avant de la connaître ce qu’était l’histoire de ce petit pays. J’en sais à présent un peu plus.

Ce petit (mais pesant !) livre expose chronologiquement les épisodes majeurs de l’histoire de l’Arménie des origines à nos jours. Toujours avec ce même ton, à la fois érudit et pédagogue, et orné de superbes photographies, paysages, monuments, les auteurs (Annie et Jean-Pierre Mahé) nous expliquent phase après phase la stupéfiante destinée de cette communauté chrétienne d’orient.

Il est déjà drôlement impressionnant d’apprendre que le territoire de l’Arménie « historique » était dix fois plus grand qu’il n’est aujourd’hui, et on découvre comment au fur et à mesure des conquêtes et des redécoupages, le pays a peu à peu été grignoté. Et il y a les déplacements de population et les pogroms successifs qui se concluent par le terrible génocide de 1915, qui montrent tout ce que ce peuple a souffert pendant des siècles. En regard de cela, la riche histoire culturelle et « humaine » de l’Arménie se décline sous toutes ses formes, et on comprend que c’est la seule garante de l’unité et la survivance de cette communauté. En symbole ultime, on trouve la religion puisque les arméniens ont une Eglise chrétienne qui leur est propre, et qui fut le cas de discriminations de la part des musulmans ou aussi des autres confessions chrétiennes.

La christianisation du pays est véritablement un épisode fascinant de son histoire (encore un grand saint illuminateur qui convertit un roi et son peuple en 314), et aussi une première dans le monde, puisqu’il s’agit de la première nation dont la religion officielle est chrétienne. Rapidement, le pays est attaqué par les peuplades limitrophes et les premières agressions commencent. Les luttes intestines et les multiples divisions en petits royaumes arméniens n’arrangent pas les choses, et l’Arménie est fragilisée. La culture arménienne est élaborée pour mieux résister, ainsi la création d’un alphabet contribue à fixer une langue propre et à ancrer l’identité de la communauté.

Dire qu’ensuite, les influences ont été sassanides, abbassides, byzantines, seldjoukides, mongoles, turcomanes, ottomanes et puis finalement russe (URSS) et enfin le territoire actuel qui est une minuscule république indépendante. Mais envers et contre tout, les arméniens ont conservé leurs us et coutumes et ont résisté aux génocides à la fois humains et culturels. On découvre donc tout cela et bien plus dans ce petit bouquin qui est passionnant.

L'Arménie à l'épreuve des siècles - Annie et Jean-Pierre Mahé

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