Pour quelques métros de plus : La tafiole, la pute et la vieille.

Ce matin, le métro, la tête dans le cul comme tous les matins, une rame un peu plus bondée que d’habitude, je sens que je ne vais pas être assis, et ça me gave. Je fous mes écouteurs, et je rentre dans la rame… Ironie du sort, mon baladeur m’a cheuflisé ce morceau :


L’homme à l’harmonica – Ennio Morricone

Car je le vois… Le strapontin libre. Et je la vois… Cette pute. L’harmonica entame ses premières plaintes, et le duel se met en place. La musique me rend hystérique à l’intérieur, je suis un vrai cowboy, et elle va pas me marcher sur les pieds cette teupu de mes deux. Je lui jette un regard décidé, et je sens le sien qui glisse sur mon visage aussi renfrogné et motivé. Je suis le mieux placé, mais j’ai un obstacle… Un mec est juste devant moi, je dois le contourner, mais sans lui signifier cet eldorado qu’il a bien ingénument ignoré.

Un dernier regard échangé, l’harmonica se déchaîne, il va falloir dégainer.

Une goutte de sueur virtuelle perle à nos fronts, masses laborieuses qui nous moutonnons tous les jours dans le métro. Et là, c’est le drame ! Une vieille, oui vous avez bien entendu, une IEUVE, une de celles avec le regard mauvais et la mise-en-pli argentée, dont on se demande ce qu’elle fait dans le métro à cette heure-là d’ailleurs. Bref la ieuve est en train de nous griller en beauté, elle s’avance telle une walkyrie et lacère de ses griffes acérées les gens qui se tiennent sur son chemin. Elle est rapide comme l’éclair, une vrai ieuve bionique, et elle va arriver à ses fins.

Alors la teupu dans un dernier espoir, elle était la mieux située à présent, dégaine et tente la feinte de la dernière chance. Moi, je ne sais pas, je ne sais plus. Je suis dépassé par les événements, et cette musique qui m’oblige à faire quelque-chose. Mein gott, tant de drames à huit heures du matin, ce n’est pas possible !!

Mais il faut faire des choix dans la vie. J’ai fait le mien en une demi-seconde. D’ennemis, nous sommes alors devenus complices. Je me suis négligemment déplacé de cinquante centimètres pour me placer juste dos à la vieille, et face à la pute. La vieille a bien tenté de me dire un mot, mais moi le jeune rebelle aux écouteurs dans les oreilles, je l’ai ignorée. J’ai gagné deux secondes avant qu’elle me tapote sur l’épaule d’un air démoniaque, et me bouscule pour passer. Deux secondes qui ont permis à ma nouvelle comparse de s’emparer du strapontin tant convoité.

Quand la vieille est passée, elle a découvert qu’elle était bredouille. J’ai échangé un demi-sourire de victoire avec la teupu, et j’ai renoncé à mon petit confort matutinal. Nous avons scellé notre pacte, lorsque quatre stations plus tard, la pute s’est levée et m’a habilement laissé sa place. La ieuve a bien essayé de ruser, mais l’union fait la force…

Je m’assois sur le strapontin, et le morceau suivant vient encore conclure cette nouvelle aventure ferroviaire, tout en restant dans le thème. Aaah j’adore ma boite à musique stochastique !!


Pour quelques dollars de plus – Ennio Morricone

Je savoure mon duel à l’ombre des tunnels parisiens, et souris à mon western du matin. C’est alors que je me dis que c’est largement blogable, et que j’adorerais que la teupu se soit dit « La tafiole là, je ne vais pas lui laisser ma place ! ».

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