Hugs and Kisses (XOXO)

Je me sens culturellement très proche des anglo-saxons d’ici et de là, des anglais ou des américains ou des australiens, mais il y a vraiment un truc qui nous différencie. Et je crois que je suis encore plus sensible que la moyenne à ce sujet, donc ça doit aussi pas mal venir de moi.

Mais voilà, nous les frenchies on bisoute à tout vent sans vergogne. C’est vrai qu’on ne connaît pas quelqu’un qu’on va lui taper deux bises sans ciller, et c’est quatre chez moi en ma banlieue adorée. Par contre, même si ce mouvement intime et si peu chaste est très banal pour les batraciens en chaleur que nous sommes, jamais il ne me viendrait à l’idée de serrer dans mes bras un ou une amie. Nan mais oh !!! C’est comme dans Dirty Dancing, vous vous souvenez de la première leçon ? « Ceci est mon espace, et ceci est ton espace. Tu restes dans le tien, et moi dans le mien. » (This is my dance space. This is your dance space. I don’t go into yours, you don’t go into mine.)

Au contraire, les rosbifs et autres amerloques ou wallabies des antipodes ne sont pas très branchés bisous. Et c’est tellement habituel pour moi, que ce soit au boulot même ou dans la vie courante, que je me penche toujours pour baiser à tout va. Et du coup, je sens souvent cette petite réticence, même si nous sommes mondialement connus pour notre propension à la bisette prodigue, et qu’on a dû leur dire que c’était parfaitement normal. Eh bien moi, c’est le contraire, je ne me suis jamais habitué au « hug » et l’embrassade bien virile ou plus tendre, qui consiste à simplement se prendre dans les bras.

Pourtant c’est cool, et on peut en saisir toutes les subtiles et délicates nuances. Entre les mecs hétéros qui se tapent dans le dos en se touchant à peine le corps, ou bien ces filles qui se rapprochent en vous collant leurs lolos dans la tête (hu hu hu), ou encore ces pédales qui en profitent pour vous toucher du haut en bas, et se servent de leur pénis comme d’un appendice préhensile de plus pour vous explorer les régions intimes et tenter d’en deviner les reliefs et anfractuosités (ouai les filles, vous savez pas ce que vous ratez…).

Le hug est vraiment un truc classique, et totalement équivalent à notre bisouillage, dans le sens où ça arrive fréquemment entre amis, mais surtout pour se dire aurevoir. Je me souviens même qu’après avoir rencontré des gens sympas, c’est un geste qui démontre un certain intérêt amical de fin de soirée. Ou encore familial, quand j’avais rencontré quelques membres de la famille (anglaise) de M. par exemple, j’avais aussi été salué de la sorte. Ouai c’est tout à fait comme le « Allez, on se fait la bise hein ?! Mouackssss. »

Or, je dois avoir un petit problème, ou bien j’ai vraiment été super marqué par la première leçon de Dirty Dancing, mais je suis super gêné de serrer les gens dans mes bras comme cela. Nan mais vraiment über-gêné !!! Enfin je n’essaie de ne pas trop le montrer, et c’est con de ma part, parce que je trouve que c’est très agréable et super sympa comme manière de montrer son affection. Cela m’avait fait le coup dans mes premiers voyages linguistiques en 4ème à Spalding (à côté de Peterborough), où le fils de la famille (Jamie, 16 ans) m’avait hugged pour la première fois de ma vie. Ouh là là, quelle érection, je m’en souviens encore. Alors forcément, je n’ai pas tout de suite compris que c’était juste un truc amical et sans ambiguité. Cela me plaisait énormément de sa part en tout cas.

Bref, tout ça parce que samedi soir, je suis allé boire un coup au Klein pour célébrer l’anniversaire de Steve. C’était génial de notamment revoir mes deux héroïnes de podcast : Katia et Kyliemac (et Meg dont j’aime beaucoup l’humour et l’ironie mordante). Et donc c’était plein de ces gens qui vous saisissent dans leurs bras parce qu’ils vous aiment bien, ou vous disent simplement bonjour. :mrgreen: Et c’est en partant que j’ai eu droit à une série de hugs en bonne et due forme. Je ne m’y attendais pas, et hop hop hop !!! Aaaaaaaah ! Mais bon j’ai bien assuré, et j’ai essayé tant bien que mal de répondre en huggant à mon tour. :mrgreen: C’est drôle car je pense que c’est très symétrique à certaines attitudes que j’ai pu repérer chez certains anglo-saxons qui se mettaient à la bise. Huhuhu.

Mais la prochaine fois, je ferais du hug training (et pas du dog training qui est autre chose bande de sacripants). Et je prendrai ma pancarte « free hugs » pour m’entraîner et me désinhiber avec tous les rosbifs, wallabies et ricains qui le voudront bien. Huhu.

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21 Commentaires

  • Grâce à toi, je viens d’apprendre que contrairement à ce que je crois depuis (schrfffflll)5 ans, on dit bien « anfractuosité » et non pas « infractuosité » (deux fractuosités, trois fractuosités, qu…)
    Merci Matoo!
    :kiss:

  • « je me penche toujours pour baiser à tout va. »
    😆
    Le hug comme la bise peut être très formel. J’en ai fait maintes fois l’expérience.

    Une fois encore, tu as l’art de raconter…

  • OOoooooooh I’m TOTALLY one of those guilty parties that hugs you! Eek! I’m sorry if it makes you feel strange!
    But I totally understand the weirdness that surrounds « the hug » for you – the Frenchies, I mean. It’s just not part of your culture!
    Other than the muffin man, I very rarely hug French people – only because it makes you all recoil in horror!
    But… I’m a really huggy person, and I love to show affection, so I hug lots of people in Australia, but here, pretty much Mickaël is the only exception! So in a strange way, I’ve adopted both ways of doing things – hugging and bise-ing… and when I do hug someone here, it does actually show a certain comfort level on my part. So you should feel flattered, in a way 😉
    I do apologise if I made you feel weird – but you’re just so huggable!
    And this is the biggest coincidence – you’ll hear that on the next episode of the podcast, we talk about this very subject!!!!!

  • Comme je te comprends, Mat… Bossant avec beaucoup d’anglo-saxons, je peux témoigner aussi de leur quasi aversion pour la bise… Mais certains n’étreignent pas non plus et ça manque de contact inter-bosses du bas… Mais bon, ça m’empêchera pas de t’en faire quatre à Paris une prochaine fois… de bises hein, pas de bosses… Gourmande ! :rigole:

  • Tout à fait d’accord avec toi…
    Et pourtant je suis une de ces chimères franco-britannique très attaché à certaines de mes habitudes françaises, et anglaises…
    Et concernant les marques d’affection, de loin, je préfère la bise…
    Puis, le hug a un truc plus superficiel que la bise… Tu connais peu les gens parfois que tu « hug », intimité dérangeante (!!), moins classe qu’un baiser sur la joue…

  • « ou encore ces pédales qui en profitent pour vous toucher du haut en bas, et se servent de leur pénis comme d’un appendice préhensile de plus pour vous explorer les régions intimes et tenter d’en deviner les reliefs et anfractuosités »

    Ach mein Gott !! Suis-je le seul à découvrir cette technique ? 😮

  • « Hugs » ou bises, ce qui est le plus gênant pour moi ce n’est pas le contact mais la comédie de l’affection. Pourquoi donc embrasser des gens qu’on connaît à peine? ou qu’on n’aime franchement pas? La poignée de mains mérite d’être réhabilitée.

  • Je suis comme toi… j’ai dû mal avec les hugs avec des « inconnus » ! Autant quand j’ai vécu en Angleterre je trainais pas mal avec des français, des espagnols et des italiens donc j’en faisais pas trop (on se « bisait »), autant quand je suis allé voir mon pote aux USA, vasy que tout le monde te prend dans leurs bras !!
    Faut dire que la bise, je trouve que cela permet de garder une certaine distance avec l’autre : on se touche sans vraiment se toucher (d’ailleurs je suis souvent surpris par ceux qui embrasse la joue au lieu de la frôler avec la leur), alors que le câlin c’est plutôt réserver aux gens dont on est vraiment intime (famille, petit ami, très bon pote). C’est pourquoi notre idée de la bise je trouve ça plus logique ^^

  • Pas facile de gérer la relation avec l’autre, surtout si celui ci n’a pas la même culture que toi.
    Pour ma part, j’ai toujours trouvé très touchant cette coutume méditerranéenne qui consiste à se taper le coeur avec le poing après avoir serré la main de quelqu’un – rien à avoir avec « moi tarzan », mais juste pour dire « je te porte dans mon coeur »… et en discutant de ça avec quelques personnes, j’ai vite compris que c’était une « coutume » dont le sens s’est complètement perdu et dont on ne pense pas au moment de le faire. La prochaine fois que tu bisoutes quelqu’un, réfléchis-y, dis toi que tu lui fais la bise pour une raison bien précise. Profites-en pour te demander quel parfum il met et regarde s’il a bien nettoyé ses oreilles… bref, mets du sens à ce que tu fais 🙂

  • Ouais, et bah en Allemagne… (Fait pas ta tête de cochon Mat’ ! 🙄 )
    …On se cueille la bisouille sur les lèvres ! ^^’
    Entre filles, entre fille-pédésexuel, entre pédésexuels tout court !
    Que de bons gros SMACK ! on a pu se faire le matin à 8h avant d’entrer en cours…
    Au final, on se retrouve à 8:15 avec des lèvres hydratées, glossées rose ardente, pailletées flashy purple, irisées cherry red et au délicieux goût framboise, cassis, haleine Banania :berk:
    DAS ALLES IST DEUTSCHLAND ! =D

    Nous aussi, intégrons ces coutumes teutonnes terribles !
    Je commence : :langue:

  • C’est complètement fou ce billet : en rentrant hier d’une soirée, je discutais justement un ami du fait de se serrer dans les bras et lui comme moi avions du mal avec cette pratique. Je trouve ça très agréable et j’aimerais pouvoir laisser les gens me toucher, mais en fait, seules quelques personnes peuvent me toucher (heu, pour être exact, une seule personne : « mon mec du moment »).

  • il n’y avait pas un article là dessus, un truc scientifique, qui détaillait les « cercles » avec lesquels chaque être humain fonctionne inconsciemment dans sa vie ?

    Si je me souviens bien, il y avait d’abord le  » au delà d’1,50m », dans lequel on laisse à peu près tout le monde sans se sentir le besoin de reculer plus loin, même les gens un peu inquiétants. entre 1,50 et 1m de rayon autour de soi, on ne laisserait entrer sans reculer ou froncer les sourcils que les gens de qui ont se sent plus proche socialement, comme des collègues de bureau, des voisins, des connaissances. entre 1m et 75cm de soi, on ne laisse se tenir sans être gêné que des amis proches, de la famille, ou des personnes présumées de confiance comme un medecin ou un coiffeur. Ensuite il y a le cercle en dessous de 60cm de rayon autour de soi, dans lequel on ne considère « à sa place / à une place non gênante  » que les personnes avec lesquelles on a une grande intimité comme le conjoint par exemple.

    enfin bien sûr ça se modère, c’est à dire qu’on peut faire la bise à un collègue de bureau sans être mal à l’aise, même s’il est plus proche de nous pendant un moment. On peut aussi prendre l’ascenseur tout serré avec des gens qu’on ne connaît pas du tout… Mais si on se retrouvait dans la même configuration à l’arrêt de bus, avec tout le monde serré contre soi, on trouverait ça malsain au possible :mrgreen:. Ce genre de fonctionnement nous porterait à considérer comme des situations « bizarres », ou sources de malaise social, le fait par quelqu’un qu’on a assigné à une catégorie de franchir le cercle qu’on aurait attribué à cette catégorie, et surtout hors des convenances habituelles de franchissement de ces cercles.

    je sais qu’en lisant cet article dont décidément les références ne me reviennent pas :hum: , j’avais pensé directement au hug amère loque, que j’adore et qui me fascine, et que je me sens toujours aussi mal à l’aise ou bizarre d’échanger quand j’en ai l’occasion.
    à la limite, le coup du petit bisou sur la bouche pour dire au revoir aux amis intimes me paraît moins socialement transgressant, faut le faire :gene: 🙂

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