Taxi driver

Temps de lecture : 2 minutes

Ce soir, j’ai encore été mis bien à mal avec mes préjugés. Rhalàlàlà.

Je quitte le resto avec mes collègues vers 23h30. Je veux arriver le plus vite possible chez moi, donc je chope un taxi sur les Champs, et j’indique que je veux aller à Ménilmontant. Le chauffeur est un jeune reubeu, 25 ans maximum, et pas super aimable au premier abord. C’est-à-dire qu’il est quasi-mutique et grogne deux trois trucs que je peine à capter. Il me demande si j’ai un chemin de prédilection. Je lui suggère de prendre Châtelet par les quais, puis Sébastopol, Répu et Oberkampf.

Il obtempère, en me disant que les quais étaient bouchés hier, mais qu’il allait faire une tentative. Et lorsqu’on arrive là, les quais sont totalement obstrués !! Donc on met une plombe à en sortir, et je vois le compteur qui défile connement. Pfff. On arrive vers Oberkampf, et je vois qu’il y a déjà 19 euros au compteur. Je lui demande s’il prend la CB.

Il me répond : « Je suis désolé monsieur, mais je ne prends pas la machine. Pourtant je devrais, y’a plein de gens qui me le demandent… Mais c’est 2% à chaque transaction… ». Et narquoisement je réponds : « Bah oui mais évidemment le liquide c’est assez pratique… ». Et il me rétorque très simplement et sincèrement : « Ah mais moi je disais cela car faire toutes les courses en liquide, c’est surtout dangereux. Si je me fais agresser, ce qui est déjà arrivé, je préfère refiler des tickets de CB plutôt que des biftons. » Ah oui, en effet, je n’avais pas pensé à cela. Huhu, prends-toi ça dans la tronche le bobo.

Du coup, je lui demande de m’arrêter à un distributeur car je n’ai pas assez pour moi, et voilà ce qu’il dit : « Oh là, mais je ne vais pas vous faire payer cela. On a été dans les embouteillages et tout, mais on a fait que quelques kilomètres. Par rapport à la distance, je ne vais vous faire payer que 13 euros du coup. Je trouve ça très malhonnête de faire payer les gens pour l’attente dans le trafic, surtout la nuit. »

Alors là, je suis juste sur le cul car jamais un chauffeur de taxi ne m’avait dit cela. J’enchaîne : « Nan mais, je n’ai qu’un billet de dix sur moi, donc arrêtez-moi devant la poste rue Oberkampf et comme ça je vous règle. »

« Hein ? Mais monsieur, vous n’allez quand même pas aller au distributeur pour trois euros. Mais non, dix euros, ça ira allez. »

Là, je reste interdit, je me dis que je viens de rentrer dans la Quatrième Dimension.

« Mais vous savez, habituellement c’est moi qui laisse un pourboire et pas le contraire !! »

Cela le fait rire, et il conclut : « Allez, à charge de revanche, on ne sait jamais, merci monsieur. »

Je prie pour le recroiser, et lui donner un énoooorme pourboire, car ce n’était pas un taxi comme les autres, comme vous pouvez le constater. Et encore une fois, mes premières impressions ont été mises à rude épreuve. Hé hé hé.

11 Commentaires

  1. Comme quoi, il ne faut préjuger de rien.
    surtout qu’il aurait pu estimer que tu avais choisi ton chemin, en dépit de ses avertissements. Tout le monde voit le genre « Je vous l’avais bien dit mon p’tit monsieur ». Ou ce type était « de la famille » ou tu avais un bon karma.

  2. Belle leçon d’humilité, qu’il fallait avoir les coucougnettes de raconter, monsieur Matoo.

    Mais faut avouer que les vendeurs/chauffeurs de taxi/chargés de clientèle qui tirent la tronche dès le départ ne font rien pour dissiper les mauvaises impressions.

    Quoiqu’il en soit c’était très classe de sa part. 😉

  3. jusqu’ici je suis tombé sur des charognards qui avaient même pas l’air contents d’avoir fait une course à 50 euros 🙂

    j’aimerai bien tomber sur un type comme ça 😛

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