Gilets jaunes et jaunes gilets

J’étais déjà mi-figue mi-raisin sur le démarrage du mouvement. Clairement les manifs pour la défense des bagnoles et de l’essence, ce n’est pas mon truc (alors que les transports en communs gratuits pour tous oui). Mais au-delà des discours angéliques sur la nécessité de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, je sais bien que tout le monde n’a pas le choix, et que le coût du transport (individuel car/quand il n’y a pas d’alternatives) est un couteau sous la gorge de beaucoup de gens ric-rac tous les mois. Mais lire d’un côté la tartufferie du gouvernement quant à l’augmentation des taxes liées à la défense de l’écologie, et de l’autre un mouvement qui ne promeut que « le pouvoir d’achat » avec des témoignages assez troublants de gens qui se plaignent de ne pas pouvoir consommer comme ils le voudraient (au-delà donc d’un vrai problème vital de déplacement, de logement ou de subsistance), ça me glace les sangs. Alors que je voyais le mouvement comme une émanation plutôt à gauche, plutôt anti-président des riches à laquelle je souscris, j’ai été carrément calmé par cette couverture.

Comment vous dire que ce truc là fait que je NE PEUX PAS être solidaire des gilets jaunes. Il y a forcément un truc. Et c’est hallucinant de lire les propos des plus libertariens à base de « trop d’impôts » se joindre aux propos de prolos qui scandent la même chose. Mais enfin les gens, moins d’impôts c’est aussi moins de services publics, moins de social, on se tire une balle dans le pied là… Et voir les politiciens de droite, extrême-droite, et gauche, extrême gauche, TOUS tirer la couverture pour ce mouvement informe qui draine dans le désordre le plus stochastique, des revendications tout à fait audibles et intéressantes, et des horreurs racistes ou débiles, ça me rend… triste. Triste et mutique, contrairement aux Internets qui n’en finissent pas de bruisser, et de nous les briser par la même occasion (et je fais quoi moi là ? Bah oui, je l’ouvre, je suis incorrigible. ^^).

J’ai été horrifié par le curriculum de certains manifestants qui apparaissent en fer de lance (notamment le gars des veilleurs…), les fakes news qui vont bon train, mais en attendant le bordel s’intensifie et les manifestations qui ont déconné dernièrement ne servent évidemment pas le mouvement. Cela me saoule aussi car je sais que certain·e·s sont vraiment apolitiques (même si cela ne veut pas dire grand chose, et pas spécialement positif dans ma bouche) et sincères dans leur ras-le-bol et dans ce phénomène qui est plus « la goutte qui fait déborder le vase ». Mais vous voilà aujourd’hui à 1000 km de la taxation de l’essence, dans un flou complètement dingue de tous les côtés.

J’écoutais à la radio (il est interdit de regarder la télé pour avoir des news, il n’y a QUE la radio, et encore elles sont en train de lamentablement céder à la béeffémisation de leurs programmes) une vision des choses à laquelle je souscris plutôt, même si j’ai l’impression que c’est encore une fois beaucoup trop tard pour revenir sur les histoires d’essence. Mais c’est intéressant d’approcher cette révolte qui a l’air de venir de populations péri-urbaines qui bossent, et qui sont relativement coincées avec leurs voitures. « Relativement » car quand on se penche un peu, et il me suffit de prendre exemple sur ma propre famille, on sait bien que la bagnole est autre chose qu’un simple moyen de transport individuel. Dans mon milieu, on doit trouver un boulot, trouver un appartement et s’acheter une voiture. La voiture elle-même reflète le niveau de vie, et le niveau de réussite sociale de la personne. Clairement on est conditionné depuis longtemps pour répondre à ces valeurs, et je pense qu’attaquer la bagnole ce n’est pas seulement le moyen de transport. C’est aussi un des éléments de fierté des un·e·s et des autres. Une voiture c’est ce qui fait un adulte moyen responsable et respectable. Il y a des coins, notamment en banlieue parisienne, ou les transports en commun sont excellents, et où avoir une voiture est malgré tout une condition sine qua non d’émancipation. Avant d’expliquer que l’on doit faire autrement et que c’est meilleur pour notre environnement, il faut sans doute s’attaquer à ce système de valeurs, qui jusque là satisfait très bien… les fabricants de bagnoles.

Mais encore une fois, après les dégradations de ces jours derniers, on est au-delà de ces considérations sociologiques. J’ai été choqué moi aussi par les atteintes à l’Arc de Triomphe, même si c’est un monument éminemment napoléonien, parce que c’est un symbole fort de la République, et j’y tiens. La tombe du soldat inconnu est aussi un lieu sacré selon moi. Mais les débordements sont ce qu’ils sont, et les gens sont un peu cons, on doit s’offusquer mais ce n’est pas la peine non plus d’en faire des tonnes. C’était marrant de lire aujourd’hui les réactions de Pamela Anderson à ce sujet, auxquelles, une fois n’est pas coutume, je souscris totalement.

De même, je n’aime pas qu’on tape sur les flics, d’ailleurs je n’aime pas qu’on tape sur quiconque. Les invites à agresser les policiers me choquent énormément. Et encore une fois, ce n’est pas incompatible avec cela, qui me convient également :

Je crois que ce qui m’ennuie le plus c’est cette bipolarisation de la société et des opinions. Mais où sont les nuances, où sont les débats intelligents et mesurés, argumentés et ouverts à la critique autant qu’à l’auto-critique ? J’ai l’impression qu’il faut prendre parti dans ce gros merdier. Eh bien nan. Arf arf. Je lisais aussi des bêtises comme le fait qu’on vive en dictature ou je ne sais quoi. Il faut vraiment raison garder et en exerçant un petit benchmark, on voit à quel point nous sommes libres. On ne verrait justement pas ce genre de manifestations dans un pays en dictature. Et j’aime bien les manifestations, j’aime bien qu’on lutte contre ce gouvernement et qu’on dise haut et fort ce qu’on a sur le cœur.

J’ai aussi lu que la révolution (la française, celle de 1789, oui) avait eu ses propres exactions… Mais enfin on est en République et en démocratie, ça n’a rien à voir avec une monarchie absolue et tout un système aux relents féodaux. Même si notre système actuel a ses défauts et reproduit un nauséabond déterminisme social mêlé de népotisme avec une fausse méritocratie à la clef (oui j’en pense beaucoup de bien ^^), il est modifiable de l’intérieur. C’est ça la beauté de ce truc dans lequel on vit !!! Mais là gangrenés par l’imbécillité et nourri de « pouvoir d’achat », j’ai peur qu’on soit vraiment foutu. Piouuuu.

Et encore s’il s’agissait d’une révolution bolchévique, je serais dans la rue (et même une révolution qui fout la merde pour avoir des trains, des bus et plein de moyens de transports gratos pour tout le monde partout !!!), mais non putain c’est une révolution pour l’essence moins cher dans ma voiture steuplé. Merde, nan c’est pas possible, je ne peux pas.

16 Commentaires

  1. Perso j’etais méprisant au début avec les gilets parce je me disais que les imbéciles veulent payer leur essence moins cher alors que leurs petits enfants ne verront peut être jamais d’oiseau dans le ciel car il n’y aura plus de faune à l’etat sauvage. Et même si je n’aurai pas d’enfants, ça me fout quand même bien les boules.

    Je pense différemment aujourd’hui même si une partie importante des gilets est à ce niveau de bêtise et n’a pas de problème de pouvoir d’achat mais de grosses frustrations dont la société n’est pas forcément responsable (on ne peut pas vouloir moins d’etat et reprocher à la société ses frustrations).

    Un problème est que peu de personnes votent, ont une éthique politique. Le pouvoir d’achat, le droit à consommer est l’alpha et l’omega. Ça ne choque personne que MBappé touche plus de 50 millions et profite d’une niche fiscale. On veut moins de taxe et on se moque des conséquences pour les hôpitaux et les écoles.

    Et la nouvelle vient de tomber, on repousse les nouvelles normes du contrôle technique qui permettait notamment d’ecarter Les vieilles voitures qui polluent comme 50.

    Moi aussi je suis frustré. Je suis frustré de voir aussi peu de conscience collective, de voir des ânes qui ne votent pas, qui ne manifestent et ne se mobilisent jamais pour le progrès, et qui tout à coup occupent l’espace de manière non démocratique. Ce qui me frustre c’est d’y voir les électeurs de notre futur Bolsonaro. Des imbéciles qui iront voter pour le premier connard qui leur promettra l’essence à 1€ le litre et des lendemains qui chantent.

    Je pense qu’il faut regarder passer le train de la connerie. Je ne sais pas où il nous mènera mais de toute manière les idées nobles, qu’elles soient de droite ou de gauche, sont minoritaires.

    1. « Ça ne choque personne que MBappé touche plus de 50 millions et profite d’une niche fiscale. » Ce qui est choquant par contre, c’est cet exemple de Mbappé pour dénoncer les excès du football alors que lui au moins paye ses impôts en France, ce qui n’est pas le cas de beaucoup d’autres. Cette tendance à toujours vouloir que le noir soit plus vertueux que le blanc me choque. C’est affichage de celui qui n’a pas la bonne couleur pour dénoncer quoi que ce soit me répugne, me dégoûte.

      1. Remplace Mbappe par n’importe quel footballeur de la couleur qui te convient, puisque POUR TOI la couleur compte. (J’ai pris le dernier exemple qui est sorti à ma connaissance dans la presse). J’ai pris un homme, pourquoi ne m’as tu pas traité de sexiste ? Ça ne te « répugne » pas sur ce point visiblement ?

        Sinon oui il y a une niche fiscale pour les footballeurs, et il paie ses impôts en France car il n’a pas le choix, exerçant son métier sur le sol français (et ayant une clause dans son contrat stipulant que son club paie ses impôts à sa place, quel que soit le montant). Mais peu importe, ce n’est pas parce qu’un mec / une femme paie des impôts qu’il / elle est légitime à gagner des dizaines de millions. (La même rémunération de Carlos Ghosn, qui est un tout petit peu plus méritant qu’un footballeur, me répugne tout autant.)
        C’est indescent et rien ne justifie ces écarts de salaires entre le balayeur du stade et lui. Alors oui il fait vendre des tshirts à plus de 100€ aux mêmes qui défilent dans la rue. La boucle est bouclée, pour ça ils ne défilent pas.

  2. J’ai le sentiment que tu as écris cela avec une dizaine de jours de retard… Tu penses encore qu’il ne s’agit QUE dune revendication sur le prix de l’essence et la pouvoir d’achat uniquement ? Tu ne penses pas qu’il s’agit avant tout d’un sentiment très largement partagé d’inégalité sociale généralisée ? Inégalité de traitements fiscal, politique, judiciaire, médiatique, etc. Inégalité parce que le gouvernement est encore plus méprisant que le précédent.
    Pour avoir rencontré plusieurs ministres et cabinets de celui-ci, j’en viens à ne plus vouloir me rendre aux réunions de « concertation » parce qu’on y atteint un tel degré de suffisance, de mépris et – pour résumer- de foutage-de-gueule que je ne parviens plus à me retenir de hausser très fort le ton.
    Pour ne pas nuire à ceux que je représente je ne vais plus serrer les mains et écouter ces discours insupportables.
    Macron fait son fanfaron, nanti qu’il est de son pouvoir de monarche républicain grâce au mode de scrutin aberrant et à l’absence d’équilibre des pouvoirs de la Ve RF.
    Oui il y a de gros connards parmi les manifestants, et alors ? En 1793 on n’était déjà en République et c’était la merde, idem sous les différents régimes jusqu’au 2 décembre 1804. La république, c’est aussi la RDA et l’URSS et la Turquie actuelle et la Chine.
    La démocratie ce n’est pas ça.

    1. D’accord avec toi, j’ai en effet écrit avec à l’esprit le début des manifs et cette histoire d’essence, et j’ai un peu mélangé avec les revendications actuelles.
      « Tu ne penses pas qu’il s’agit avant tout d’un sentiment très largement partagé d’inégalité sociale généralisée ? Inégalité de traitements fiscal, politique, judiciaire, médiatique, etc. Inégalité parce que le gouvernement est encore plus méprisant que le précédent. » MAIS SIIIIII PUTAIN !!! Mais tellement. Seulement ce n’est pas ce que je lis dans les revendications actuelles des GJ, désolé. Encore une fois, ce serait une révolution bolchévique, je serai avec eux ! Un truc soutenu par les droites à ce point, JE N’Y ARRIVE PAS. Et je suis sans doute très con hein (j’ai le droit moi aussi ^^), mais je préfère Macron à Fillon, encore aujourd’hui. Je dois sans doute être trop old school en termes d’échiquier politique.

  3. On pouvait encore considérer que la Ve république est une démocratie jusqu’au référendum de 2005 sur le traité européen.
    Le peuple a choisi par l’expression la plus pure de la démocratie – le référendum- de ne pas signer ce truc (« espace de concurrence libre et non faussée » en premier article !)…
    Eh bien le gouvernement et le Parlement sont passé outre, sans vergogne, tranquille, en expliquant que les Francais étaient des cons en somme.

    1. D’acc avec toi aussi pour le référendum de 2005. ^^ Mais c’est vrai parfois que les gens sont cons et qu’il vaut mieux ne pas leur demander (genre la peine de mort dans les années 80). Je sais que je suis chiant à avoir cette voie/voix du milieu, mais il me semble qu’il vaut mieux jouer dans les nuances. Désolay!!!

  4. Mon cher Matoo, force est de constater que nous sommes nombreux à partager une évidente perplexité tant s’agissant du mouvement des « gilets jaunes » (si tant est qu’il soit cohérent d’appeler cela un mouvement ou, plus adéquatement, un magma de contestations disparates contradictoires) que des rares soutiens du gouvernement. Ta jolie prose me permettra de converger quasiment totalement et m’abstenir d’écrire sur le sujet.

    Oui, on ne peut qu’être perplexe lorsque l’on est comme toi (et donc moi … pour ceux qui en douteraient encore) attaché aux principes d’une démocratie exprimés dans le cadre de la République, la nôtre étant la cinquième du type depuis la Révolution Française. Comment ne pas être dubitatif quand on entend des vociférations absconses exiger que l’on démette un gouvernement issu d’une majorité parlementaire élue en parfaite conformité avec les lois de la République ? Comment ne pas s’inquiéter que l’on brutalise les forces de l’ordre, les symboles de la République (des préfectures, l’Arc de Triomphe et j’en passe …) au motif que ceux qui s’illustrent lamentablement ainsi revendiquent une légitimité autoproclamée du seul fait que leur situation serait inextricable ?

    Au risque de décevoir ceux qui me résument à un idolâtre du Président de la République, j’oscille comme toi entre la compréhension des fins de mois difficiles sinon impossibles et la nécessaire évolution des usages. Autant j’entends parfaitement qu’il soit nécessaire d’infléchir nos comportements de mobilité (et là, nous nous rejoignons clairement sur l’impérieuse nécessité de disposer de services publics performants et adaptés), autant j’estime qu’à l’instar du Ministre de l’Intérieur l’exécutif a vraiment tout raté depuis plusieurs semaines en la matière. C’est même cela qui est particulièrement troublant : les gardiens du temple sont ceux qui alimentent la citerne permettant de faire en sorte que ledit temple brûle. Là dessus, Emmanuel Macron n’a pas pris la dimension du rejet -il n’est pas le seul – sinon de la saturation de celles et ceux qui ne peuvent plus comprendre les intérêts d’un « cap » qui leur semble discutable parce que générateur d’inégalités les condamnant.

    J’ignore de quoi demain sera fait et, au moment où je vais m’envoler, je n’exclus rien sauf peut-être le fait que le Président remette en jeu son mandat. Je n’exclus pas que les radicalisés, ivres de violence et de chimères, creusent le fossé et fassent germer l’ivraie d’une guerre civile redoutable qui ouvrira un boulevard aux néo-fascistes que chacun a bien reconnu dans les tentatives de récupération du soulèvement populaire actuel – d’extrême droite à droite comme de gauche à extrême gauche. Parce qu’enfin, je crois lire dans tes écrits du jour Matoo que tu redoutes la fin de cet équilibre démocratique dans lequel nous vivons encore, équilibre instable certes mais qui demeure garant de nos libertés fondamentales et individuelles. Moi aussi, j’ai peur de ce retour ténébreux de violences, d’arbitraire, et de négation du Droit. J’ai peur de ces lendemains obscurs où le constat de l’impossibilité de vivre ensemble aboutira à la radicalisation, la bipolarisation extrême qui eût cours notamment pendant la Terreur.

    On a le droit évidemment de ne pas choisir le camp misérabiliste des gilets jaunes qui pulvérise le consentement à l’impôt tout en réclamant des services publics, de ne pas choisir le camp du gouvernement qui fait mal ce pour quoi il a été élu en oubliant qu’il avait certes promis que la France soit plus libérale mais également qu’il convenait de davantage protéger au prix d’un « en même temps » qui permit à chacun d’entendre ce qu’il voulait entendre et, ce faisant, d’être amèrement déçu 18 mois après avoir voté. On a le droit de refuser les violences sans donner raison au pouvoir, on a le droit de comprendre certaines revendications de gilets jaunes sans accepter le « tous pourris » et le fait qu’il faille conspuer les élites. On a le droit d’être choqué des paroles/actes racistes, homophobes sinon poujadistes de certains gilets jaunes sans fermer les yeux sur l’amateurisme d’un Premier Ministre plus raide qu’un Alain Juppé de 1995. On a le devoir de comprendre qu’une partie des français décroche sans les absoudre quand ils colportent des « fake news » aussi grossières que celles dont Donald Trump abreuve les américains.

    Que l’on regarde qui se met en avant sur les contestations :
    – une porte-parole avide de notoriété (http://www.uneviedetto.com/archives/2018/11/15/36865958.html)
    – des recyclés de mouvements de droite identitaire proches de Dupont-Aignan, voire carrément du Rassemblement National
    – un ex-veilleur de la Manif pour Tous
    – etc.
    Je ne crois pas beaucoup aux révolutions (les tentatives insurrectionnelles actuelles n’en étant clairement pas une), je crois surtout que ce ne sont que des putschs destinés à remplacer ceux qui étaient installés par des impétrants. Remplacer ceux qui profitent par d’autres qui feront de même, c’est finalement en creux ce que Marx expliquait et c’est, avec tout ce que tu as rappelé dans ton article, cette impression de furieux retour de la lutte des classes qui m’hallucine.

    Naturellement, je suis mal placé puisqu’on me fera le procès d’être un privilégié qui n’appartient même pas à la classe dite moyenne. Je m’honore toujours de payer des impôts, beaucoup d’impôts dans la mesure où j’estime que c’est normal que je contribue au financement des besoins collectifs d’une société à laquelle j’appartiens (même si certains discours incitent à m’en exclure tant à raison de mon salaire que du fait que mon homosexualité qui répugne ceux qui voudraient rogner certains de mes droits). Mal placé mais je m’en fous, je le dis quand même et m’assimiler à une classe dirigeante sans voir que mes valeurs sont plus nuancées, c’est à la manière d’un Mélenchon sectaire et autoritaire, refuser le débat. Moi, je vote à chaque élection, j’analyse ce qui se passe dans ce pays qui dispose de forces et de vitalités mais qui cède parfois à des facilités proférées par les ambitieux qui sont obnubilés par la conquête d’un pouvoir dont ils ne sauront pas quoi faire. A la fin de ce sidérant épisode, comme je l’écrivais le 20 novembre dernier (http://www.uneviedetto.com/archives/2018/11/20/36880999.html), tout le monde sera perdant et perdu. Emmanuel Macron va devoir revoir tout son logiciel, on verra bien s’il en est capable, si la rue se détache enfin d’une question personnelle qui ne résoudra rien.

    Beaucoup de choses sont à faire, il faudra clairement s’attacher à soigner la méthode et la façon de les faire puisque le temps de la verticalité est révolu. Il reviendra peut-être lorsqu’un régime autoritaire remplacera notre bien commun, cet équilibre démocratique si particulier.

  5. Hello mon p’tit Mat,

    Pour ajouter ma modeste contribution au débat… et aussi réagir au commentaire de Tto ci-dessus, vu d’ici (i.e. : mon coin paumé en Bretagne), de mon encore plus modeste poste de travail (i. e. : tout aussi paumé dans les finances publiques hospitalières), et sans trop vouloir me la jouer « lutte des classes », j’ai quand même envie de dire ceci :

    Quand les « braves gens d’en bas » commencent à comprendre ce qui se passe vraiment « en haut », et qu’ils ont encore assez de matière grise (malgré leurs heures d’abrutissement passées devant leurs multiples écrans) pour faire le lien avec tout ce qu’il leur est demandé de payer (et/ou de ne pas/plus toucher alors que ça apparaît sur leur bulletin de salaire), quand ces « braves gens d’en bas » (et finalement pas si « en bas » que ça, quand on y regarde bien…) doivent trop souvent compter leurs €uros, pendant que ces messieurs-dames « d’en haut » se gavent sans retenue ni pudeur (et je pèse mes mots), les deux mains et les deux pieds dans le pot de confiture de nos impôts, taxes et charges, quand ces « braves gens d’en bas » se rendent en même temps compte que leur(s) voix (vocale, mais aussi dans les urnes) n’est ni entendue, ni considérée… et bien ces gens-là commencent par ne plus voter (qu’on me rappelle avec quel taux d’abstention l’actuel président de la République a été élu…) et finissent par descendre dans les rues, à allumer des feux, et à en découdre avec les forces de l’ordre.

    Je ne pense pas qu’il faille absolument avoir fait l’ENA ou avoir lu Victor Hugo pour comprendre ça… Je crois même que c’est la base lorsqu’on veut être un tout petit peu crédible en évoquant la République (la Ve surtout..) et la démocratie – et je ne parle que d’ « évoquer » – je n’ai pas osé écrire « pratiquer ».

    Ne serait-ce que par souci d’exemplarité et pour assurer un minimum de crédibilité… à défaut de légitimité… qu’on commence par revoir dans la transparence et la décence les avantages et les rémunérations de ces messieurs-dames, qui ont tout de même été élus –me semble-t-il– pour SERVIR et contribuer à l’évolution du système, non pas pour en user et en abuser…
    Que chaque €uro public dépensé par l’Etat soit justifié (oui, oui : JUSTIFIE, au sens comptable et surtout ETHIQUE du terme, désolé !). Et que ce soit VERIFIABLE et consultable par toutes et tous (oui, oui : c’est possible ! oui, oui, ça existe !! Merci la dématérialisation et l’open data).

    Ensuite on pourra commencer à discuter calmement.

    Dans l’intervalle, peu importent les revendications, les valeurs et les couleurs politiques « des braves gens » : ils seront dans la rue et attendront de voir ressortir la guillotine. Ca s’appelle la colère du peuple. Et oui, c’est dégueulasse. Mais là, même si ça me fait mal de le dire : c’est pourtant légitime.

    1. Je suis d’accord avec toi, je sais bien que c’est de la colère et que c’est donc désordonné et que ça part un peu dans tous les sens. Et je n’en suis pas mécontent. Ce qui me chiffonne c’est clairement un mélange des genres (politiques) qui me déplaît et m’empêche d’adhérer, en plus d’un foutras qui n’est pas mon truc.

      1. Ca serait pourtant relativement simple à résoudre, et ça couperait du même coup l’herbe sous le pied des extrémistes et des dégagistes… En plus de rectifier l’image et la légitimité de nos « gouvernants ».

        Encore faut-il que les concernés acceptent de sortir les squelettes des placards, fassent leur mea culpa, et mettent la main au porte-feuille… Comme le reste de nous autres « braves gens »…

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