Marche ExisTransInter 2019

Temps de lecture : 3 minutes

Bon bah comme je reprends le blog, il y a tout de même quelques articles que je dois poster, même si ça raconte des trucs de l’année dernière. Tant pis c’est un peu gloubibloga (^^). Dans le genre il y a cette marche d’octobre 2019, à laquelle je me rends depuis quelques années en tant qu’allié naturel, puisque dans LGBT il y a T. Et puis si vous me connaissez un peu, vous savez que Stonewall compte énormément pour moi, et donc le fait que l’émancipation des LGBT a commencé surtout par une révolte de trans a beaucoup de sens, et un peu de devoir.

C’était une très belle marche, parce que bien évidemment plus petite que la grande Pride avec son acronyme croissant et rugissant, et donc plus chouette, plus sympathique, et politique aussi. Aussi parce que les trans ont encore beaucoup de droits à conquérir, et la nouveauté était l’inclusion et la mise en avant des Inter (on parle d’intersexuation) ce qui est un autre pan des LGBTQI+, dont les combats sont moins avancés, mais qui méritent qu’on s’y attarde.

On retrouvait dans cette marche, toutes les mouvances assez « nouvelles » (pour moi, vieille baderne un peu à l’ouest surtout) qui revisitent le spectre du genre, et proposent des alternatives qui me rendent très joyeux et optimistes. C’est pour moi toujours plus de manière de mieux vivre avec ses désirs, ses envies et sa nature propre, et changeante. Moins d’étiquette, plus de libertés, mais aussi moins de facilité de se comprendre, moins d’évidences simples et intuitives (mais forcément restrictives et cloisonnantes). On ne peut pas tout avoir… J’en parlais déjà il y a des années avec l’explosion du modèle hétéronormé, qui est une source extraordinaire de créativité relationnelle, mais un vrai labyrinthe pour réussir à trouver l’autre avec qui s’accorder.

Mais ce qui faisait plaisir à voir dans ce défilé, c’était l’attitude des gens et leur jeunesse explosive et joyeuse. Ça sautillait dans tous les sens, les uns retrouvaient les autres dans de grandes embrassades, et c’était un fouillis de drapeaux qu’on essayait de décoder avec mes potes tout aussi largués. En comparaison avec la Marche des Fiertés, la moyenne d’âge était clairement beaucoup plus jeune, et on sentait bien avec tous les drapeaux célébrant la pansexualité, qu’on voyait surtout à une génération beaucoup plus « fluide » comme on dit aujourd’hui en termes de sexualité et de genre. Ce qui était drôle c’est aussi que c’était un défilé de « lesbians who look like Justin Bieber », mais tous, les garçons comme les filles, et les autres aussi.

Le moins drôle, alors que les pancartes politiques célébrant l’intersectionnalité des luttes fleurissaient dans le défilé, ce fut le passage à Barbès-Rochechouart. Il y a toujours des bandes qui traînent dans le coin pour vendre des cloppes à la sauvette, et généralement c’est une zone un peu « chaude » (sans dramatiser non plus). On n’a pas échappé aux insultes et quolibets, à des remarques horribles sur des trans ou des questions (« Hey t’es un mec ou une meuf ? ») qui n’étaient qu’une autre manière de provoquer et lancer des méchancetés. Je me disais que c’était bien là que s’arrêtait une certaine conception de l’intersectionnalité justement, même si c’est un concept qui me parle beaucoup.

Il n’en reste pas moins que c’était une très belle démonstration, et que cela me réjouit de voir qu’elle prend de plus en plus d’ampleur avec les années.

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