Víkingur Ólafsson

Temps de lecture : 3 minutes

Beaucoup de gens bossent de chez eux, c’est assez commun aujourd’hui, et on s’y fera rapidement j’espère. Là ce qui me manque c’est clairement le mobilier adapté, les collègues à proximité, mais aussi le fait de se déplacer au bureau, avec cette succession de sas familiers qui sont autant de portes spatio-temporelles et intergalactiques vers le réveil. Et donc là le plus difficile pour moi, c’est de me lever, me doucher, m’habiller, et m’asseoir directement sur la table de la cuisine (je laisse mon mari dans le salon) pour bosser. J’aime bien avoir cette marche jusqu’au RER, le train-train quotidien du train de banlieue, la marche jusqu’à l’immeuble de bureaux… Je ne parle à personne, j’écoute un podcast ou de la musique, ou je reste simplement dans mes pensées, qui divaguent…

Mais le truc cool que je n’ai pas au boulot, c’est que je peux écouter de la musique en même temps que je bosse. Impossible pour moi d’écouter des gens qui chantent, car cela fixe trop mon attention. J’alterne entre mes deux genres favoris qui doivent être à peu près aux antipodes des mélomanes de tout poil : de l’électro et du classique. Et encore même l’électro finit par me poser des problèmes, c’est à dire que je finis irrémédiablement par me lever pour danser, ce qui n’était pas l’objectif initial.

Je vous propose de jeter une oreille à Bicep par exemple, ce duo (nord-)irlandais génial qui compose des musiques à se damner tant elles sont belles, subtiles et en synchronisation avec toutes vos cellules, à l’unisson de votre rythme vital… Bon bah ça pour bosser, j’aime beaucoup, je peux écouter pendant des heures. Mais il y a un risque certain d’érection à but déambulatoire et déhanchements imprévus asymptomatiques.

Bicep – Opal (Four Tet Remix)

Mais celui qui est vraiment le candidat idéal pour devenir mon compagnon de labeur c’est celui qui m’a donné le titre du post : Víkingur Ólafsson. Bon déjà avec un nom pareil qui fleure bon l’Islande et le vieux norrois, il m’avait largement conquis le bougre. Mais quand vous apprendrez qu’il est un éminent interprète de Philip Glass dont il a magnifié les déjà sublimes études pour piano, vous comprendrez pourquoi il m’est devenu un parfait vademecum. Regardez un peu cette dextérité, ces doigts qui volent sur le clavier, cette énergie et cette fougue qui sont à la fois tout en tension, en force, mais également légèreté et agilité.

Etude N°6 pour piano – Philip Glass – Víkingur Ólafsson

Donc l’intégrale des interprétations de ce monsieur sont parfaites pour travailler en gardant sérénité et une certaine alacrité, malgré l’inadaptation de ma cuisine pour bosser. Mais encore une fois, aucune plainte de ma part, et pour le moment ça se passe plutôt bien. Ce qui me saoule ce serait plutôt justement de bosser. Arf arf.

Je serais mieux en vacances à vraiment glander ou m’occuper avec de l’écriture, de la lecture et des petits travaux dans la maison. Là c’est une curieuse situation faite d’enchaînement de conférences téléphoniques et de moments plus ou moins propices à produire des « choses  » (documents, études, rapports, tableaux etc. le baBA du gratte-papier quoi). Mais toutes les réunions sont encore teintées de virus et d’échange de banalités à ce sujet. D’ailleurs on va bientôt s’en lasser, et surtout on va bientôt « tous » être malade et avoir d’autre chats à fouetter. Au final, je bosse pas mal en quantité d’heures passées attablé, mais cette situation qui nous implique tous nous met dans une sorte de torpeur étrange. Je me demande vraiment comment le boulot va évoluer semaine après semaine, alors que tout est en train de s’arrêter de tourner sinon les processus les plus « humains » : manger, dormir, acheter du PQ. (Hu hu hu.)

Mais on fait semblant pour le moment, semblant de se dire que pas mal de choses peuvent se faire avec 90% des gens en télétravail, alors que c’est totalement faux. Chaque chose en son temps, à chaque jour suffit sa peine (vas-y que je t’enfile des perles). En bon stoïcien, je ne m’inquiète pas trop, je verrai à quoi demain ressemble, demain.

4 Commentaires

  1. Merci beaucoup pour les découvertes. Et m’isoler dans une bulle de musique m’aidera peut-être à retrouver l’efficacité que je n’arrive pas à atteindre dans ce télétravail forcé (décidément pas mon truc …)

    1. C’est en tout cas ce genre de musique qui me permet moi d’avoir cette bulle justement. Mais le truc c’est qu’on a juste pas la tête à ça en ce moment, je me tâte de plus en plus à prendre une semaine de congés, histoire de complètement déconnecter. :-/

  2. Moi je suis complètement hébétée. Difficile de me concentrer… Deux gnomes et le chatminou à la maison cela n’aide pas. Sinon j’aime bosser en écoutant de l’ambiant japonaise (ouais c’est pointu ) ou celles d’AphexTwin. Pas de chant également ça me déconcentre !

    1. Les gamins je crois que ça reste le truc mortel en ce moment, c’est terrible !!! J’ai tout de même de la chance là aussi. Et les chats, on ne peut pas dire qu’ils souffrent du confinement, ils adorent ça ! 😀

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