Les gens qu’on aime : #31 quelqu’un qui nous a énormément aidé à un moment difficile de notre vie

Temps de lecture : 2 minutes

Dr. CaSo a lancé un défi : écrire un article par jour sur les gens qu’on aime. Et comme j’aime bien des gens, et que j’aime bien écrire, et que j’aime bien Dr. CaSo, je vais m’y coller.

Dernier jour du défi avec double-post puisque Dr. CaSo nous a intuitivement proposé 31 jours en novembre. Hi hi hi. Eh bien, cet article est dédiée à Marie-George L. qui a été médecin pendant très longtemps, j’imagine, au 6 rue Deguerry dans le 11ème arrondissement à Paris. J’ai habite au 8 bis pendant quelques années, et je passais incrédule devant ce curieux cabinet qui ressemblait plutôt à une salle d’attente de liseuse de bonne aventure. Mais comme souvent, j’avais tout à fait tort en jugeant ainsi à l’emporte-pièce (je le fais de moins en moins).

J’ai déjà parlé de cette médecin qui m’a suivi pendant quelques années, alors que je la surnommais avec une particulière clairvoyance : « Dr Queen FAP1 Médecin ». Elle m’avait rapidement cerné en me demandant de but en blanc lors de notre première rencontre si j’étais homo. J’avais trouvé ça tellement gonflé et génial. Avec en plus, son cabinet en bordel, ses deux chats sur mes genoux, et elle qui fumait, c’était la totale.

Mais c’était aussi une femme incroyablement sympathique et une praticienne de grand talent, qui connaissait parfaitement son boulot et l’exerçait avec humilité, habilement mêlée à expertise et expérience. Elle appelait tout le temps un confrère pour vérifier une idée, ou n’hésitait pas à demander des examens complémentaires et à envoyer ses patients chez des spécialistes. Je lui ai moi-même envoyé pas mal de copains en mal de docteur dans mon quartier, et ils l’ont tous adopté. C’est comme ça qu’elle m’avait dit qu’elle ne comprenait pas pourquoi mais elle avait une patientèle très très gay. Elle suivait également beaucoup de séropos depuis des années, et elle s’était du coup bien rencardée, mais surtout elle a beaucoup de potes pédés. Hu hu hu.

J’en parle au passé, car elle a pris sa retraite, et depuis nous la pleurons tous.

Elle avait tout de suite détecté mon diabète de type 1, et m’avait envoyé illico chez un endocrino qui lui-même m’avait tout de suite expédié aux urgences. Et quand j’ai chopé la syphilis, et que j’ai dû lui montrer un affreux chancre sur ma bite, et que j’ai dû lui envoyer mon mari pour qu’il se fasse aussi piquer les fesses avec une grosse dose d’antibios (après avoir risqué de bousiller mon couple, je vous rassure), eh bien elle m’a super engueulé, mais elle a été adorable parce qu’elle avait un faible pour moi et mes conneries. Elle me trouvait dingue (avec mon étrange manière stoïcienne d’avoir pris le diabète) mais sans doute un peu attachant, hu hu hu.

En tout cas, moi j’y étais très attaché. Et elle restera dans mes souvenirs pendant pas mal d’années j’imagine. ^^

Notes de bas de page

  1. FAP = Fille à Pédés
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1 Commentaire

  1. Ahah la grosse piqure dans les fesses. Cette bonne vieille technique infaillible (mais pas la seule en france, les antibio en prise orale aussi apparement).
    C’est tellement dur de trouver un bon toubib …

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