« Homosexuels et lesbiennes dans l’Europe nazie » au Mémorial de la Shoah

J’ai profité du retour à Paris et des vacances pour aller voir cette expo, que je ne pouvais pas rater au vu du sujet. En effet, j’ai déjà évoqué le Paragraphe 175 ou l’autrichien 129 ou encore le bouquin évoquant la vie et les vicissitudes de Rudolf Brazda, et le sujet des déportés homos m’intéresse au plus haut point. Et justement, c’est pourquoi je trouve à la fois l’expo importante, mais elle m’a aussi un chouïa déçu. Disons que c’est une toute petite exposition, à la fois dans la taille et l’ambition, même si c’est top qu’elle existe.

Il s’agit d’une simple salle avec quelques documents et pas mal d’explications pour cadrer le sujet. La pédagogie de l’ensemble est plutôt bien fichue et ficelée, mais disons que je n’ai pas appris grand-chose sur sur le sujet et c’est un peu une frustration pour moi. Mais pour qui ignore tout du sujet, c’est vraiment une bonne chose qu’elle existe, et cela vaut le coup d’y aller. Je rappelle que l’endroit est complètement gratuit et un bel et émouvant endroit à visiter dans l’absolu.

On suit dans cette exposition les différents moyens de coercition contre les homos pendant la guerre, même dans des pays dans lesquels il y avait avant une certaine tolérance (France et Allemagne en figure de proue). On y voit aussi des archives intéressantes qui pointent toujours sur des cas particuliers avec des noms et des visages qui aident à rendre le phénomène plus proche et touchant pour le visiteur. Je pense notamment à Rudolf Müller ci-dessous, dont on apprend qu’il a accepté une castration suite à une arrestation et condamnation, et est mort à la suite.

J’ai aussi appris l’existence de ce docteur Magnus Hirschfeld qui est en photo ci-dessous, et était un activiste luttant contre le paragraphe 175. Il a fui le nazisme et est mort en exil à Nice. Il était aussi homo et organisait les Power Poufs de l’époque, auxquelles j’aurais bien pu assister et contribuer. ^^

On a aussi toutes les explications sur la vie dans les camps, le statut terrible des homos et les conditions dans lesquelles ils ont vécu. Le triangle rose était un opprobre supplémentaire à une époque où l’homophobie était une règle assez générale dans la société, et donc chez la majorité des prisonniers.

Il y a en plus un petit documentaire avec notamment Jean-Luc Schwab et deux autres personnes qui parlent de ce sujet. On comprend d’ailleurs qu’il y a peu de recherches académiques à ce sujet en France, beaucoup plus en Allemagne. Suzanne Robichon insiste sur l’invisibilisation des lesbiennes, notamment parce que l’homosexualité féminine n’était pas illégale. Néanmoins des études récentes permettent de largement nuancer cela, notamment parce que certaines femmes qui portaient le triangle noir (asociaux) étaient en réalité lesbiennes. Il y a d’autres exemples qui permettent de mettre en valeur l’oppression subie par les lesbiennes à l’époque. Cela va du mariage blanc, à l’abandon de la vie de couple, des attitudes androgynes, de l’abandon de leurs métiers et donc des arrestations déguisées et des déportations bien réelles.

Donc vous voyez, en réalité, j’ai appris quelques petites choses. Mais si on compulse le dossier de presse ci-dessous, on a absolument toutes les informations sur l’exposition, et presque le contenu complet. Donc je reste mi-figue mi-raisin…

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