Musée Carnavalet (Histoire de Paris)

Ce qui est bien avec un blog millénaire c’est que je peux facilement retrouver la première fois que j’ai parlé du musée. J’y suis retourné plusieurs fois depuis, car il est gratuit et tellement gigantesque qu’il vaut mieux le faire bout par bout et y consacrer une paire d’heures à chaque fois. Mais là la grosse nouveauté c’est qu’il a été fermé pendant cinq longues années pour être complètement rénové et repensé.

Et déjà cette cour aménagée pour le café du musée fait très plaisir, et sera sans doute un endroit prisé dans le futur. C’est déjà le cas aujourd’hui car avec sa réouverture d’il y a quelques semaines, il est encore la proie de la curiosité des parisiens et des quelques touristes. Il y avait donc BEAUCOUP de monde dans le musée. La réservation d’un billet en ligne est obligatoire et permet de respecter des quotas et des horaires d’entrée. En revanche c’était complètement raté pour ce coup là (évidemment so French) vu qu’il y avait la vérification préalable du pass sanitaire avec un seul gars complètement dépassé et une queue de 50 mètres dans la rue de Sévigné. Pffff. Je ne jette pas la pierre au type qui était très poli et compétent, mais il était seul et faisait face à des gens terriblement cons. Entre ceux qui te sortent le pass au dernier moment, dans un tas de feuilles en ne sachant laquelle est la bonne, ceux qui cherchent sur leurs mobiles, et ne savent pas mettre la luminosité à 100% etc. Bref encore un bon moyen pour exercer sa misanthropie ordinaire envers son prochain. ^^

Il y a énormément de choses positives sur ce nouveau-vieux musée parisien. Déjà la rénovation est somptueuse. Rien n’a été abandonné ou remisé, tout est juste remis à neuf, décapé, repeint et surtout mis en lumière. Car l’ancien musée était bien sombre et tortueux, là tout est dans une belle lumière pas trop crue, mais au contraire idéale pour profiter des collections. Et ce qui reste bien c’est évidemment ce musée de ouf avec énormément de pièces de toutes sortes, autant artistiques qu’artisanales que des marques du passé qui viennent en de multiples formes, dont des salons reconstitués selon les époques et les styles du temps.

L’accompagnement pédagogique et muséologique était assez nul avant, et là ils ont mis le paquet. Les cartels sont nombreux, très bien écrits et bilingues. Et surtout il y a tout un parcours pour les enfants à hauteur d’enfant qui est topissime ! Des cartels spécifiques (accompagnés d’un petit ballon, ça c’est naze ^^ ) expliquent dans un langage simple et accessible des notions pour les minots, et les enjoignent même à s’interroger sur des œuvres ou chercher une particularités. De même les dispositifs interactifs ou les jeux pour les gamins sont très bien disposés et ne gênent pas le reste des spectateurs, tout en invitant le plus grand nombre à en profiter. C’est un point très très positif pour ce musée qui a bien bénéficié aussi d’investissement sur le volet scénographique.

En revanche, comment peut-on encore continuer à écrire en blanc sur des vitrines !!!! Mais merde quoi !!! Déjà dans les séries policières ou scientifiques, ça n’a pas l’air pratique du tout d’écrire sur une vitre, mais dans un musée ce n’est pas mieux. Et pourtant on a encore des tas de vitrines sombres (d’où ce choix coupable) où on doit se contorsionner pour essayer de choper le texte et éviter le reflet ou simplement un fond trop clair qui rend le texte illisible.

Mais le pire du pire dans ce musée, et ce qui n’a été AUCUNEMENT amélioré, qui était son défaut principal et l’est toujours : il n’y a aucun parcours logique, on se perd en quelques minutes et la signalétique est inexistante ou merdique. C’est fou ça ! J’imagine bien sûr que c’est la difficulté inhérente à ces deux hôtels qui ont été assemblés, et qui sont un véritable dédale. Mais alors il faut au moins marquer les salles de manière efficace, et expliquer le cheminement de l’une à autre !!! Là les salles sont numérotées mais ne se suivent pas, ou alors c’est comme aux échecs parfois il faut sauter une case de côté, ou parfois la première salle est au beau milieu d’un étage. Ne parlons pas des escaliers qui ne permettent pas de monter aux étages supérieurs. Mein gott !! Tout ce qu’on entendait autour de nous c’était : « Bon bah on est encore paumé ! », « Mais on est déjà passé là deux fois non ? », « Mais là on fait le truc à l’envers non ? », « Mais on est passé directement au 18ème, il est où le 17ème ? » etc.

Je reproche aussi de ne pas proposer des parcours thématiques pour s’y retrouver mais aussi faire un choix éclairé dans ce pandémonium muséal. C’est vraiment possible de mettre en signalétique quelques parcours majeurs selon des thèmes, des envies ou des périodes. Là tout est offert, mais sans donner de lisibilité aux collections ou à la maîtrise de l’espace. Le résultat c’est que les gens sont à touche-touche au sous-sol et au premier niveau, et que certaines pièces (notamment des salons superbes) sont vides, car les gens ne les trouvent pas !!!

Je regrette aussi que l’approche soit à la fois chronologique et thématique mais tout dans l’à-peu-près, avec des pièces anachroniques dans des salles, ou des mélanges étranges d’une époque. Il y a aussi certains portraits superbes et des œuvres importantes qui ne sont pas mis en valeur, ou même mal accrochées. De même on ne retrouve pas des repères temporels qui sont des moments essentiels dans l’histoire de Paris, par exemple je n’ai pas vu (ou j’ai raté c’est possible) de mention marquante de la Saint-Barthélemy. Il n’y a pas non plus de focus sur des parisiens ou des gens qui ont habité à Paris comme Molière par exemple, malgré un très beau tableau de lui dans une salle « comme ça ».

Bon vous aurez compris, je suis critique ! C’est juste que le potentiel est dingue !!! Et le plus gros a été fait j’imagine, c’est-à-dire que le musée est flambant neuf, bien éclairé et documenté. Mais avec un peu de travail et d’imagination (mais il manquait peut-être de l’ambition ou des moyens), on aurait pu avoir un musée qui décolle vraiment et qui se démarque. Il n’en reste pas moins que c’est un endroit superbe, et absolument génial à visiter.

Je mets un bémol à mes critiques d’organisation et de fil de visite pour la section consacrée à la Révolution Française, qui a toujours été la plus importante et emblématique du musée Carnavalet. Cela reste un endroit fascinant et passionnant, et qui accompagne le visiteur dans la chronologie des événements de la Révolution. Et là sur le coup, c’est bien expliqué et « fléché », il y a vraiment un parcours clair et intéressant. Cette collection est super riche et on y trouve plein d’objets qui rappellent la période et qui sont très attachants, comme cet encrier.

Cette partie du musée présente aussi pas mal d’anciennes maquettes qui illustrent des épisodes de la Révolution (et des Révolutions à venir…). Elles étaient hyper détaillées et en zoomant on pourrait croire à des photos d’époque.

Le sous-sol, avec tous les objets du néolithique et d’archéologie jusque l’Antiquité et le Moyen-Âge, est assez bien organisé et bien expliqué. Il y a quelques problèmes pour se diriger, mais globalement on est happé par les œuvres et c’est très drôle de retrouver Paris avant qu’elle soit Paris. J’ai notamment adoré découvrir ce retable de l’église St Merri, bien abîmé, qui présente une sublime Cène (de 1542). Les drapés, les mouvements des corps et des mains, tout est absolument génial.

Il y a aussi cette ancienne porte de l’hôtel de Ville à tête de Méduse qui fait son effet !

J’ai aussi tripé sur cette cheminée, apparemment « à la française », du 17ème complètement plaquée de boiseries peintes et avec des portes.

Le musée est très connu également pour la reconstitution de salons de l’ancien-régime, notamment 16-18e. Lorsque des hôtels étaient détruits, le musée récupérait des boiseries, des décors et des éléments pour les intégrer à des collections. Cela donne des ensemble sublimes, comme cette reconstitution d’un cabinet privé de l’hôtel Colbert de Villacerf.

Et ils ont clairement récupéré de sacrés pièces, comme ce plafond complètement dingue.

Enfin, mon préféré : le salon Demarteau (1765-1770) avec notamment des panneaux Fragonard. Je veux trop vivre là !!

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