11 septembre

On se souvient tous, ou pour la plupart (les adultes quoi), de ce qu’on faisait ce jour funeste. C’est fou comme on a pu être marqué par ce drame newyorkais alors que nous ne sommes que français, mais c’est comme ça. Vingt ans plus tard, la date est autoporteuse et lourde de sens, on sait exactement de quoi on parle quand on dit 11 septembre, tout comme dans les séries américaines on entend la stance Nine Eleven. Malgré tout, on sent une certaine patine et brume qui se posent sur l’événement. Peut-être parce que d’autres drames plus récent ont pris la place, peut-être aussi parce que les changements politiques opérés depuis l’ont vraiment placé dans l’histoire, distancié par le temps mais aussi par l’inexorable reprise des affaires courantes.

(C’est tellement pratique Google Photos, j’ai choisi une photo de juillet 2001, je ne sais pas du tout où et comment j’ai pu prendre cette photo d’époque et ce crépuscule sur La Défense.)

J’avais déjà écrit sur les dix ans du 11 septembre 2001.

Le souvenir est prégnant car c’était mes premières années de boulot, et Internet commençait tout juste à rentrer dans nos vies. Je me souviens quand Grégory nous a annoncé le truc, on s’est tous regardé et mon réflexe a été d’aller sur le site Hoaxbuster (ce site français qui a plus de 20 ans, c’est fou tiens ça aussi) tant cela paraissait improbable. Ensuite on était tous paralysé et dans la stupeur, incapable de reprendre le boulot. Tous les sites d’information étaient tombés, on n’avait évidemment pas encore de smartphone, et les Internets n’avaient carrément pas les épaules pour contenir une telle demande. J’ai finalement eu la « news » sur le site de Boursorama (c’est fou ça aussi quand on y pense) quelques heures après les premiers événements, c’est-à-dire que c’était encore la première tour. Il y eut ensuite la seconde tour, le vol 93 etc. Bref, toute cette histoire qui nous a tant fait peur, tant cela nous faisait craindre une troisième guerre mondiale.

Il n’y a finalement pas eu de troisième guerre mondiale telle qu’on pouvait s’y projeter, mais il y a bien eu une troisième guerre mondiale c’est juste qu’elle a pris une forme contemporaine qui tranchait terriblement avec nos imaginaires du vingtième siècle qui venait tout juste de s’achever. Et comme toutes les guerres, c’était bien moche et dégueulasse, sans vainqueur au final, juste des représailles qui ne laissent que de la haine dans les deux camps, et un sentiment d’inachevé qui se révèlera le ferment de futures guerres toutes aussi iniques et meurtrières. L’occident continue encore de se la jouer avec un certain impérialisme, même si avec toutes les « bonnes » intentions (mais certains sont en réalité vraiment bonnes et plutôt humanistes). En face, c’est à la fois un autre monde, d’autres mœurs et d’autres valeurs, dont certaines qui me hérissent le poil, mais qui sommes-nous pour dicter ce qui est bon ou pas, pour déterminer les limites de la liberté de pensée et d’agir, même si c’est l’opium du peuple qui a embrumé le cerveau de trop de gens dans le monde.

Quelques mois plus tôt en décembre 2000, à 24 ans, je visitai New York pour la première fois de ma vie, c’était aussi mon premier vol en avion tout bêtement. C’est un souvenir très important et chouette avec Diego, le même Diego dont j’ai parlé il y a quelques semaines à Sitges, et avec qui nous avons arpenté les rues de NYC. Il ne me reste que cette photo scannée il y a longtemps, et des photos argentiques que je ne retrouve plus.

On avait vu RuPaul au Roxy, et c’était en soi un événement qui nous avait mis des paillettes dans les yeux, en plus d’un jour de l’an 2000/2001 inoubliable.

Tout cela était bien dans nos esprits quand neuf mois plus tard, les infos TV nous ont montré l’attentat terrible qui a tué 3000 personnes dans cette ville que les français aiment tant.

On aussi rapidement glosé sur la CIA qui avait formé les personnes qui ont fomenté cette attaque dingue, et ce retour de bâton monumental. Tout ce qui s’en est suivi continue de nous hanter, et ce n’est pas fini. 20 ans plus tard. Récemment encore avec cet échec hallucinant qui a vu les Talibans reprendre le contrôle de l’Afghanistan… Impossible de savoir quelle est la bonne solution, et je n’arrive pas à donner de bons ou mauvais points, je pense comme d’habitude que tout le monde est à la fois innocent et coupable, bon et mauvais, humaniste et tyran, vrai et hypocrite… Donc on n’est pas prêt de s’en sortir. Et avec nos propres attentats, nos propres morts, et notre propre société, la France est loin d’avoir des leçons à donner à quiconque.

Vingt ans…

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4 Commentaires

  • Merci de ce témoignage souvenir , intelligent et plein de bon sens.
    C’est important tellement de toujours se souvenir du 11 Septembre ; de ce drame immonde parmi tant d’autres drames aussi même si la connerie humaine historique ne fait que se répéter éternellement et comme disais mon chouchou Balavoine  » on ne refait pas l’histoire je veux le droit au désespoir »…
    Respect profond et hommage à tous ces pauvres gens innocents décédés à leur famille leur amis et aux pompiers aux civiles et caetera qui ont souvent perdu leur vie pour tenter l’impossible c’est à dire de sauver plein d’autres vies…

  • je me rappelle ce jour là comme si c’était hier, j’ai tout suivi à la télé (je ne travaillais pas ce jour là), c’était hallucinant..j’adore New York, et comme toi, javais vu les tours, j’y étais avec mon chéri une vingtaine d’années plus tôt, on avait même pénétré à l’intérieur, je me rappelle du hall grandiose, mais on n’était pas monté au sommet, je le regrette un peu aujourd’hui..On y est retourné il y a quelques années, et j’ai été submergée par l’émotion dans le musée sous les tours. Beaucoup de personnes pleuraient sans retenue, c’est un musée tellement émouvant..

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