Requiescat

Depuis le week-end dernier, et cela se vérifie tous les jours depuis, j’ai senti un vrai changement dans les rues et dans la ville. Paris grouille de monde, du matin au soir, les terrasses sont blindées le midi et en soirée, des files d’attente se forment devant des commerces ou des restaurants, la musique, le brouhaha des conversations et le bruit des bagnoles résonnent de nouveau de concert, sans arrêt. Le métro est de nouveau blindé aux heures de pointe, le RER du matin pour La Défense est désormais à touche-touche avec le voisin masqué, mais toujours phtisique. Bien sûr tout cela est revenu très progressivement à une certaine norme d’avant le célèbre 16 mars 2020, le jour où tout s’est arrêté.

Bon, cela fait déjà de longs mois que la pollution a rétabli sa prééminence sur nos poumons, que les oiseaux ne se font plus entendre, et que les voitures ont repris leur vociférante présence. Et là, j’ai reçu ce matin l’annonce officielle de la reprise en 100% présentiel au bureau à partir du 1er octobre, avec un changement malgré tout. Cette reprise se fait en considérant les 2 jours de télétravail par semaine généralisé à toute l’entreprise en « standard » (c’est à dire qu’un manager ne peut s’y opposer). Ce n’est pas un petit truc inaperçu ou sans conséquence, et c’est bien la marque d’un changement majeur à l’avant-COVID. Evidemment cela arrive aussi parce que les avantages pour l’employeur ont bien été pesés, et sont avérés, mais c’est aussi une avancée pour certains employés donc je regarde le verre exactement comme il est : à moitié plein et à moitié vide. ^^

Entre les crises d’allergie qui ont repris, et l’appel du bureau qui s’intensifie, et le monde, et le bruit toujours croissant dans les rues et les transports, je me suis senti plutôt oppressé ces derniers jours. C’est aussi peut-être l’aspiration nantaise et l’idée d’aller plus souvent me réfugier en Bretagne qui me fait cet effet. Evidemment Nantes est loin d’être une bourgade calme et rustique, mais je crois que ça n’a vraiment rien à voir avec le cœur de Paris. Ce dernier me manquera bien évidemment, et je suis certain même d’arriver à ressentir parfois le manque de ses chères nuisances. Néanmoins pour le moment, le sentiment est assez clair : j’en ai ma claque !

Je me rendais compte il y a quelques jours que le purificateur d’air était devenu un outil assez important pour lutter contre les crises d’allergie et avoir un air relativement dépollué à l’intérieur de l’appartement. De même, j’ai acheté des écouteurs avec réduction de bruit qui sont particulièrement efficaces. Ils m’ont réconcilié avec les balades parisiennes diurnes, les bagnoles qui grondent et klaxonnent, et le métro bondé, en cela qu’ils permettent un cocon de calme olympien qui n’est vraiment pas un luxe pour moi aujourd’hui. Mais en réalité, c’est un luxe, bien évidemment que c’est un putain de luxe ! Et j’entrevois très clairement les villes d’un futur proche où on ne sortira qu’avec des masques pour supporter la pollution, où les purificateurs d’air intérieur seront légion, et où il faudra réellement s’équiper pour supporter les agressions sensorielles extérieures. Encore des choses qui ne sont et ne seront pas disponibles pour tout le monde, et pour toutes les bourses. Encore un futur privilège et une rupture de plus dans l’égalité entre les pauvres et les moins pauvres.

Grosse pêche aujourd’hui. ^^

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9 Commentaires

  • Je suis retourné à Paris deux fois ces 15 derniers jours , les premières fois depuis mars 2020. Comme toi, j ai été assommé par la foule, le métro bondé , le “monde d avant” mais masqué. J adore Paris, je suis parisien jusqu a l âge de 25 ans, mais aujourd’hui , je ne supporte pas cette agitation, ces vélos et trottinettes en nombre , ces métros bondés ….
    Nantes te sera comme un village , c est une ville apaisée, avec certes de l animation et de l activité, mais plutôt sereine et qui donne de l énergie plutôt qu elle n en prends .

  • Je ne sais pas si on peut comparer, mais je viens de passer d’une ville de plus d’un millions d’habitants à une bourgade d’environ cent trente mille habitants. Et pour l’instant, ce qui me manque le plus (à part les copines et l’immense appartement) c’est la bonne bouffe. Je ne sais pas si tu sors beaucoup, mais dans mon petit bled il n’y a pratiquement rien de décent, et ça me manque beaucoup, parce que j’imagine que mon moral passe par mon estomac 😉 J’espère que la Bretagne t’apportera du calme… et plein de bonnes choses qui te feront du bien!!

    • Là-dessus, tu sais à quel point en France on trouve à peu près de tout partout. Sachant qu’il y aura dans mon nouveau chez-moi juste un petit tropisme pour le beurre demi-sel et la farine de sarrasin. Je devrais survivre sans trop de souci !!! :rire:

  • Très contente pour toi , ton homme et vos deux petites chattes que vous quittiez vite Paris que personnellement je ne peux plus supporter  » pardon pour les vrais Parisiens » mais la cadence est devenu infernale ,la pollution terrible et caetera… Aussi plein de bonheur à tous les quatre dans la si jolie ville de Nantes et bonne dégustation de très bons mets Bretons 🙂 🙂 🙂

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