Iwak #12 – Collé

Sur une idée de la fée Kozlika en 2020, voilà Iwak (Inktober with a keyboard). Un mois d’écriture sous contrainte à la manière de tous ces dessinateurs qui publient de chouettes dessins sur les Internets. (#Blogtober ça fonctionne aussi.)

Collé mais le mot en anglais est « stuck » qui pour moi revêt plus une acception de « coincé » ou « bloqué », même si c’est littéralement le participe passé du verbe « to stick » (qui est bien « coller »).

28 décembre 2014, c’est le second jour de notre merveilleux voyage de noces. Nous sommes dans le désert d’Atacama, et on a décidé d’attaquer par les geysers d’El Tatio. On n’est pas très haut, seulement 4200m d’altitude ( ^^ ), et tout autour les montages sont à plus de 5500. Rien que cela, c’était assez grisant. Il fallait arriver la nuit pour attendre le petit jour, et voir dès les premiers rayons du soleil qui vont changer la température de l’atmosphère toute l’activité géothermique prendre vie.

C’est tout un plateau qui se couvre de fumeroles, et on passe d’un petit geyser à un plus grand. Il fallait faire attention tout de même avec l’altitude, mais c’était tellement beau et impressionnant que je me suis rapidement oublié.

Et voilà le Matoo qui sautille et qui passe d’un côté à l’autre, qui rigole et qui pépie dans les flaques. Mais voilà quelques minutes plus tard, un énorme mal de tronche me tombe dessus, et je me sens nauséeux et pas bien mais pas bien du tout. Ok c’est ça le mal des montagnes. ^^

Le chérichou me prend par le bras et m’emmène doucement à la voiture. Ça suffit, on redescend dans la vallée pour calmer tout ça. Heureusement je me suis rapidement senti mieux. Et on a trouvé sur le chemin une direction pour des piscines d’eau naturelles chaudes (genre température absolument idéale). On était très tôt le matin et carrément tout seul pour en profiter, en plus des tas de petits poiscailles venaient nous pédicurer gratos. Bonheur !!

Après en avoir bien profité, on reprend la route pour rentrer à San Pedro de Atacama. Mais sur le chemin du retour, j’aperçois sur ma droite des énormes cactus que je voyais depuis ce matin. Je voulais absolument qu’on s’en rapproche pour les photographier. Il me faisait penser aux cactus géants dans les Mystérieuses Cités d’Or, c’est vous dire si c’était important. ^^

Je vois une piste avec des traces de 4×4 sur la droite, et je dis à Alex « Vas-y tourne là, je veux aller vers les cactus là-bas, ça va être super !!! ». Mais voilà qu’après 5 minutes, on réalise que ce n’était pas une piste, mais le lit d’une rivière à sec, et du sable très SABLE qui nous empêchait de plus en plus de rouler. Et puis BAM, coincés, la voiture était totalement bloquée, avec une roue ensablée. Nous étions enlisés. On était loin de la route qui était plutôt une piste, mais on pouvait toujours l’atteindre. Aucune réception mobile dans cette zone désertique, et très peu de voitures qui passaient au loin. Cela nous a aussi permis de nous rendre compte que nous avions une voiture à 2 roues motrices et non pas 4, ce qui fait toute la différence dans ce genre de situation. ^^

Et là phénomène assez classique entre moi et mon mari qui nous retrouvons face à une situation stressante. Moi je me mets à débiner comme un moulin à paroles, et lui se ferme comme une huître. Ma logorrhée le stresse encore plus, son mutisme m’angoisse et me rend encore plus disert. Bon ça ne se finit pas bien ces histoires quoi. Hu hu hu. « Nan mais on fait quoi ? On creuse sous la roue ? On essaie de mettre des trucs dessous pour que ça agrippe ? On va sur la route pour essayer de choper un signal ? On a de l’eau ? On va mourir ??? »

On était à ce point là de notre jeu psychologique à finalité explosive. Quand j’ai aperçu une voiture qui se rapprochait de nous, mais qui passait par une vraie piste à quelques dizaines de mètres de là. (On était dégoutés.) Je reprends : « On essaie de demander de l’aide ? On va les voir ? On fait quoi ? On va mourir !!!!! ». Comme j’étais le seul hispanophone, il fallait faire quelque chose, et quand je sors de la voiture je vois que les gens se sont en réalité rapprochés de nous à pieds. C’était des chiliens qui étaient venus voir des potes à eux qui leur faisait visiter le coin. Et là on a constaté pour la première, mais vraiment pas pour la dernière, la gentillesse et la serviabilité des chiliens. On est tombé que sur des gens polis, sympas et adorables.

Ils ont proposé de nous remorquer pour nous sortir du sable, ils avait un câble et une voiture assez classique mais 4×4. Néanmoins on a rapidement constaté que l’endroit où nous étions était vraiment impraticable, et qu’il risquait de s’enliser à leur tour. Ils nous ont alors proposé (alors qu’ils allaient dans le sens inverse !!) de nous déposer à San Pedro de Atacama en voiture pour demander de l’aide. On était à 45 minutes en voiture de San Pedro, et ils nous ont déposé jusqu’à notre hôtel. Tellement tellement cool de leur part. Mais maintenant il fallait bien qu’on récupère notre bagnole abandonnée dans le désert.

Je ne me sentais pas capable de parler en espagnol au service de dépannage de la voiture de location, et j’ai demandé de l’aide à la réceptionniste de l’hôtel. Elle a accepté et elle les a appelé en expliquant la situation. On était tous les deux en face d’elle, et je lui montrait sur Google Maps où était en gros la voiture. Elle s’est mise à dire (en espagnol) : « Est-ce que l’un des deux est resté avec la voiture ? Sinon c’est un abandon de véhicule ? ». Je fais non de la tête avec un signe genre « aidez-moi » !! Et elle répond tout de go « En effet j’ai un seul de mes clients devant moi, l’autre est resté dans la voiture. Et d’ailleurs il est en plein milieu du désert sans eau, et il risque sa vie, il faut leur envoyer très rapidement du secours !!! ». Ouf !

Après, on devait retourner rapidement à la voiture. La réceptionniste nous propose d’appeler un de ses potes taxi qui pourrait nous emmener là-bas. On accepte, on se dit que c’est vraiment cool, et qu’on ne va pas discuter quoi que ce soit. Le type arrive, et il n’a pas l’air très aimable ou sympathique de prime abord. On négocie un prix (il nous l’annonce et on dit ok en réalité), et on part avec lui. Quelques minutes plus tard, on commence à discuter avec mon espagnol balbutiant, et le type se révèle charmant. Vraiment sympathique et qui cherche par tous les moyens à nous rassurer.

Quand on arrive sur place, on se gare sur la piste ferme, et on va à la voiture. Il nous dit qu’il ne repart pas tant que la dépanneuse n’est pas arrivée. Il va même essayer de sortir la voiture en forçant un peu sur le moteur (mais ça ne marche pas). Et quand la dépanneuse arrive, il aide le gars à installer le matériel et discute avec lui pour être sûr qu’il se comporte parfaitement avec nous. Vraiment un chic type. Il est même monté dans notre voiture pour aider le dépanneur. Voilà la vidéo du sauvetage !!

Inutile de vous dire qu’on devait normalement 30€ de taxi au gars, mais qu’on lui a donné 150€ (qu’il a d’abord refusé poliment) pour nous avoir sauvé la vie, et aussi notre mariage par la même occasion. ^^

Et là contre toute attente, on arrive à l’hôtel et il n’est que 13h30. MAIS COMMENT EST-CE POSSIBLE ?? (On était parti à 3h du matin pour El Tatio…)

Du coup, pour ne pas rester sur une mauvais impression, on est reparti visiter des salars et des lagunas et des très jolis trucs avec des flamants roses. J’ai gardé un stress terrible dès que la voiture dérape sur des graviers, je suis toujours persuadé que je vais m’enliser et perdre la vie, mais pour le moment ça n’est pas encore arrivé. ^^

La Laguna Chaxa au coucher de soleil a heureusement clos cette journée éprouvante.

Et là, je me suis dit « Merde mais j’ai déjà raconté cette histoire non ??? ». Et j’ai cherché « cactus » dans mon blog, et je viens de réaliser que c’est un des articles de l’Iwak de l’année dernière !!!! Bon c’est presque la même chose, mais j’ai complètement réécrit le post, vous pouvez comparer du coup ma mémoire et mes enjolivements d’une année sur l’autre même.

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