Iwak #22 – Ouvert

Sur une idée de la fée Kozlika en 2020, voilà Iwak (Inktober with a keyboard). Un mois d’écriture sous contrainte à la manière de tous ces dessinateurs qui publient de chouettes dessins sur les Internets. (#Blogtober ça fonctionne aussi.)

J’aime bien cette photo, prise dans mes archives de la Pride 2019, qui professe que « L’ouverture d’esprit, n’est pas une fracture du crane ». C’est tellement joliment dit !! ^^

Je pense souvent à la chance d’être queer et d’avoir cette sorte d’obligation à voir au-delà des normes et des figures imposées de la société. Une chance évidemment à relativiser au parcours du combattant ,qui consiste à survivre au chemin semé d’obstacles, pour qui ne se conforme pas exactement aux modèles standards. Et je ne mets pas spécialement en avant l’orientation sexuelle, tout le monde l’expérimente plus ou moins sur des sujets variés. Néanmoins être pédé n’est pas une sinécure, surtout quand on est le genre efféminé et parfaitement flamboyant comme je l’étais à partir de 5 ans.

Mais voilà, j’ai survécu, sans trop de séquelles, ou du moins des trucs qui m’ont construit plus que détruit, et qui m’ont rendu plus fort (puisque pas tué). L’ouverture qui en résulte est plutôt quelque chose que j’ai apprécié dans certaines occasions et surtout lors de rencontres d’autres olibrius. Ce qui me surprend c’est que cela perdure. Avec l’âge, j’ai maintenant 45 ans bien tapé, je me demande quand est-ce que je vais devenir un vieux con. Et je sens bien que ça vient. Oui je parle du passé, de ma jeunesse, de quand c’était mieux à certains égards, mais le souvenir de l’opprobre et de l’ostracisme est le plus fort, et me pousse encore et toujours à me remettre en question, et à réinterroger mes valeurs ou celles de mon prochain.

Ces dernières années, j’ai été le plus sensible je pense à cette notion maintenant bien connue d’inclusion, mais aussi au recul qu’on peut dorénavant avoir sur certaines injustices ou xénophobies systémiques, ou encore l’ouverture plus grande à la fluidité des genres et des sexualités. Plutôt que d’ajouter des catégories et de définir de nouveaux standards, pourquoi ne pas tout faire voler en éclat dans le domaine des relations amoureuses, sexuelles et carrément humaines ? Toutes les combinaisons sont possibles, et la liberté est totale. Evidemment avec cela, vient le flou des relations binomiales et un certain vertige apporté par ce vent d’émancipation universel. Et quand on reçoit une liberté pareille, certains s’en réjouissent et n’y voient qu’une ouverture à de nouvelles possibilités, tandis que d’autres n’aspirent qu’à un modèle le plus défini possible mais rassurant.

La fréquentation des manifestations queer ou trans, et même touiteur, me montre à quel point c’est un vrai changement majeur et plutôt quelque chose de joyeux et fort naturel, un vrai souffle novateur et émancipatoire. C’est drôle de constater à quel point dans ce monde là, je ne suis au final, en tant que pédé monogame cisgenre, un de ces vieux modèles obsolètes et pas loin d’être réac ipso facto. Hu hu hu.

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