Iwak #27 – Étincelle

Sur une idée de la fée Kozlika en 2020, voilà Iwak (Inktober with a keyboard). Un mois d’écriture sous contrainte à la manière de tous ces dessinateurs qui publient de chouettes dessins sur les Internets. (#Blogtober ça fonctionne aussi.)

Je suis souvent en train de me dire « Oh là, il suffira d’une étincelle et ça va péter ! ». Et puis inexorablement, ça fait pfuitt. Non pas que je sois un adepte des révolutions, mais j’aimerais parfois qu’on aille un peu plus entièrement dans une direction, et qu’on teste de nouvelles choses. J’ai aujourd’hui juste l’impression de ne vivre que dans un monde qui ne tient qu’avec des rustines, et que le truc fuit à mort, mais on continue de rouler de guingois, et on colle une rustine de plus pour tenir encore quelques kilomètres.

C’est particulièrement prégnant pour l’écologie, où l’hypocrisie ambiante est absolument terrible. Personne ne veut renoncer à rien, et moi comme les autres de prime abord. Mais j’ai l’impression que la prise de conscience n’est pas globale. On va dans le mur à fond les ballons, et tout ce qui est proposé c’est d’y aller mais en respectant les limitations de vitesse. Les efforts à faire sont dans ce domaine incommensurables, un truc à bouleverser toute la société, mais c’est ça ou un futur impossible, une rapide décadence de la planète entière.

Il faut consommer local, vrac, sans emballage, le plus végé possible, il faut arrêter de consommer l’inutile c’est à dire tout ce qui dépasse de la base de la pyramide de Maslow. Adieu les Internets et les portables, après tout on ne vit avec que depuis vingt ans hein ? Mais a-t-on assez de matériels pour se passer de l’immatériel, ou bien est-ce aussi une solution ? Evidemment les réponses ne sont jamais ni évidentes, ni binaires. Et dans une société ou le « pouvoir d’achat » est asséné toutes les cinq minutes, et où l’objectif de réalisation de soi passe par sortir d’un magasin un samedi avec des tas de sacs de fringues, que ce soit l’avenue Montaigne, le forum des Halles ou Tati, chacun doit pouvoir obéir aux stances du capitalisme absolu.

Ou pire, on est prêt à faire la révolution pour abaisser le coût de l’essence. Même si je comprends l’absolue nécessité de certains d’avoir un véhicule, et de ne pouvoir faire autrement. En réalité, beaucoup pourraient y renoncer pour prendre les transports en commun mais ne veulent absolument pas le faire. La voiture est aussi une certaine réalisation de soi pour notre société. C’est le symbole universel d’émancipation pour un adulte, il suffit de voir comment on en parle en famille, dans toutes les familles, quels que soient les moyens. Et c’est vrai que la bagnole est un symbole séduisant de liberté acquise, d’indépendance et de choix de mouvement totalement individuel et au pouvoir démiurge.

J’ai conscience également que chacun voit midi à sa porte. Ma mère renoncerait à son portable et aux Internets en 2 centièmes de seconde (mieux que X-Or), mais fais-lui abandonner sa bagnole pour aller à la boulange qui est à 15 minutes à pinces ? Tu peux mourir !! (Et réciproquement ! ^^ )

On n’a donc pas le cul sorti des ronces. Et les étincelles peuvent pleuvoir, on ne bougera pas. Pas avant l’incendie, et ce sera trop tard.

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