Le robinet à merde

Virgile s’explique sur un sujet que je lui ai vu évoquer pas mal de fois sur Twitter. Faut-il vraiment débattre avec l’extrême droite, est-ce que cela a du sens de laisser un champs d’action démocratique à des gens qui ne cherchent en réalité qu’à tuer cette propre démocratie ? Pour lui, on devrait clairement lutter contre l’expression même de ces gens, et refuser en bloc une telle politique. Je suis encore très partagé à ce sujet. C’est tentant mais c’est contraire à mon côté Bisounours qu’il décrit dans son article, et j’ai peur de vraiment être très/trop mou du genoux, et ça me fait chier. ^^

Le principe du fascisme, c’est de pirater le système, de retourner les outils de la démocratie contre elle-même. Et ça fonctionne. Les médias invitent les candidats d’extrême-droite à des débats, dans la plus pure tradition démocratique de liberté d’expression et d’égalité des temps de parole, afin de confronter les idées des uns et des autres, dans l’espoir que le citoyen se forge une opinion éclairée, bla bla bla. Sauf que le fascisme ne marche pas comme ça, et s’il en faut un exemple récent, Donald Trump en a été la parfaite illustration : le débat est perdu d’avance parce qu’on ne joue pas avec les mêmes règles. Ces gens ne cherchent pas la vérité, ils se foutent de la réalité et des raisonnements logiques, ils ne veulent pas avoir raison, ils veulent juste avoir le pouvoir et leur façon de l’obtenir est de noyer tout le monde sous la merde. Littéralement. Les mecs balancent tellement d’horreurs, c’est un feu nourri, une mitraille, une pluie d’obus, on n’a même pas fini de débunker une connerie qu’il y en a déjà deux, trois, cinq, dix autres qui suivent le lendemain, les prénoms français, l’endoctrinement LGBT à l’école, le roman national, les femmes voilées, la menace islamiste, le wokisme à l’université, Besançon qui ne veut pas fêter Noël, la cancel culture, on ne peut pas suivre et pendant ce temps non seulement on ne parle pas d’autre chose, mais en plus, vu la surface médiatique que ces « débats » offrent, ces idées rencontrent toujours davantage de terrains fertiles, elles essaiment et la peste se répand. Toni Morrison disait que le but du racisme, c’était de nous faire perdre notre temps. C’est exactement ça et n’importe quel militant de n’importe quelle minorité l’a expérimenté.

L’ombre du Z par Ad Virgilium
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